Folle journée de Nantes 2013


La Folle Journée de Nantes 2013
L'Heure exquise

en région Pays de la Loire
du vendredi 25 au dimanche 27 janvier 2013

à Nantes, La Cité, Centre des congrès de Nantes
du mercredi 30 janvier au dimanche 3 février 2013

Découvrez le programme
et les pianistes invités
à cette nouvelle édition

Le thème de la 19e édition de la Folle journée de Nantes en 2013 sera L'Heure exquise

La Folle Journée a choisi pour sa 19ème édition de retracer un vaste panorama de la musique française et espagnole de 1850 jusqu'à nos jours, soit de Georges Bizet à Pierre Boulez, avec un accent mis sur ce qui constitue véritablement l'âge d'or de la musique française : des années 1870 aux années 1940.
Tandis que s'éteignent les derniers feux du romantisme avec Alkan (dont on célèbre cette année le bicentenaire), et à l'heure où Bizet révolutionne l'opéra français avec Carmen, Camille Saint-Saëns, César Franck puis Vincent d'Indy, fondateur de la Schola cantorum, et dans leur sillage Chabrier, Fauré, Duparc, Chausson, Gabriel Pierné, Charles Koechlin et Albert Roussel sont à l'origine d'un véritable renouveau de la
musique française, tant dans le domaine de l'écriture orchestrale que dans celui de l'art vocal avec la mélodie. Pensée en couleurs et en dissonances douces, épurant les lignes mélodiques et assouplissant les formes, cette musique toute de subtilité et de raffinement ouvre la voie aux deux compositeurs les plus novateurs au tournant du siècle : Claude Debussy et Maurice Ravel, qui renouvellent en profondeur le langage musical et
préparent les grandes conquêtes à venir. Le "temps" de Debussy et Ravel - également celui de Reynaldo Hahn ou de Paul Dukas... -, c'est aussi une époque étonnamment fertile qui voit se côtoyer à Paris, la "ville-Lumière", les figures les plus marquantes du monde artistique : peintres, poètes, musiciens au premier rang desquels les compositeurs espagnols Albéniz, Manuel De Falla et Granados, venus étudier dans la capitale et qui exercent à leur tour une influence profonde sur les musiciens français ; c'est aussi tout ce climat d'effervescence et d'émulation artistique dont la Folle Journée 2013 se fera l'écho.
Mais bientôt ce sont les Années Folles et l'apparition du jazz, importé d'outre-Atlantique, qui bouleversent le paysage musical français ; Erik Satie et les musiciens du fameux "Groupe des six" auquel appartiennent Darius Milhaud et Francis Poulenc se plaisent, sous la houlette de Jean Cocteau, à exalter la veine populaire et pittoresque de la musique française. Puis c'est l'éphémère groupe "Jeune France", fondé par quatre musiciens
partageant la même vision humaniste de l'art et auquel appartient Olivier Messiaen, qui témoigne à la fin des années 1930 de la vitalité de la création musicale française ; auteur du célèbre Quatuor pour la fin du temps, écrit en captivité, Messiaen devenu professeur au Conservatoire de Paris influencera durablement toute une génération de compositeurs, parmi lesquels Pierre Boulez - ce dernier s'inscrivant bien sûr, après Henri Dutilleux et Maurice Ohana, dans cette lignée de compositeurs qui ont forgé, tout au long du XXe
siècle, l'identité musicale de la France et dont les oeuvres seront à l'honneur durant cette édition.

Biographie des compositeurs

Les pianistes invités

Rédaction CREA/Nantes
Textes Crea : Charlotte Bruard-Tartarin, Ariane Charriau, Marie-Pauline Martin, Sophie Chauveau
ISAAC ALBÉNIZ (1860-1909)
Albéniz est une figure centrale du renouveau musical de la fin du XIXe et du début du XXe siècle en Espagne. Dans ce pays où le peuple a gardé intactes, plus qu'ailleurs encore, ses traditions et les richesses de son folklore, Albéniz saura mieux que personne, échappant aux poncifs d'un pittoresque facile, trouver des accents de vérité dans la restitution de l'âme de sa terre natale. Doté de dons exceptionnels, il jouit rapidement d'une réputation internationale grâce à son extraordinaire talent de pianiste et d'improvisateur. Sa rencontre avec Felipe Pedrell - l'initiateur en Espagne de ce retour aux sources du folklore - l'amène toutefois à se consacrer plus pleinement, à partir des années 1880, à la composition ; la Suite espagnole (1886) et les Souvenirs de voyage (1887) sont déjà très représentatifs de cette faculté du compositeur à traduire l'âme atavique de l'Espagne dans un langage qui renouvelle en profondeur les possibilités d'expression du piano. Puis c'est au contact des compositeurs de la nouvelle musique française - d'Indy, Chausson, Debussy, qui lui font à Paris un accueil chaleureux -, qu'il franchit les étapes qui le conduiront vers le plein épanouissement de son génie créateur. Fixé à Paris à partir de 1893, Albéniz ne cessera, durant les quinze années qui lui restent à vivre, d'enrichir sa palette harmonique et sonore et d'exploiter de nouvelles possibilités de l'instrument, ouvrant ainsi la voie aux grandes conquêtes pianistiques du XXe siècle. Il signe avec Ibéria, ensemble de douze pièces pour piano d'une éblouissante virtuosité, son oeuvre la plus aboutie et, assurément, l'un des chefs-d'oeuvre de toute la musique espagnole.
SC
CHARLES VALENTIN ALKAN (1813-1888)
Prodige du clavier, Alkan aurait pu mener une formidable carrière de virtuose si son talent n'avait été éclipsé par les deux personnalités majeures du Romantisme en France : Liszt et Chopin. Issu d'une famille juive très musicienne, Charles Valentin Morhange adopte le prénom de son père, Alkan, pour nom de famille. Dès son plus jeune âge, il manifeste un prodigieux don pour le piano, qui justifiera son surnom de "Berlioz du piano" ; Premier Prix de piano du Conservatoire de Paris à 11 ans, Grand Prix de Rome dix ans plus tard, il connaît dans les années 1820 un grand succès et fréquente les milieux intellectuels de Paris. Il se lie d'amitié avec George Sand, Victor Hugo, Delacroix, Liszt et Chopin mais face à l'engouement du public pour ces derniers, il privilégie l'enseignement et la musique de chambre avant de se retirer de la vie musicale parisienne en 1845. Personnalité élitiste, énigmatique et difficile, perpétuellement tendue vers un mystérieux idéal - il rêvait notamment de mettre la Bible en musique -, Alkan a composé une musique innovante et diversifiée qui suscite depuis ces dernières années un intérêt nouveau. Hormis quelques pièces de musique de chambre et des transcriptions, son oeuvre, principalement écrite pour le piano, comporte une centaine de pièces : études, caprices, fantaisies, impromptus, menuets, préludes, sonates...
AC
GEORGES BIZET (1838-1875)
Compositeur brillant, au talent précoce, Georges Bizet bénéficie d'un contexte familial très favorable à l'expansion de ses dons naturels. Fils d'un professeur de chant et d'une mère excellente pianiste, il sait lire la musique à 4 ans, jouer du piano à 6 ans, intègre le conservatoire à 9 ans et compose une symphonie (Symphonie en ut majeur), d'une forme irréprochable, à 17 ans. Vainqueur du Grand Prix de Rome en 1857, Bizet se spécialise dans la composition d'opéra. Il rédige quelques opéras d'inspiration italienne, sans grand succès, puis s'attelle à son premier grand ouvrage : Les Pêcheurs de perles. Mais ni cet opéra, ni les compositions qui suivent, comme la musique de scène L'Arlésienne (d'après Alfonse Daudet) et surtout le chef-d'oeuvre qui le fait connaître au monde entier, Carmen (d'après Mérimée), ne remportent le succès escompté du vivant de leur auteur. Or, à peine une décennie après la mort de Bizet, l'exotique Carmen fait sensation à Londres, Saint-Pétersbourg, New York, pour le chatoiement de ses couleurs et le naturel de son style. Si Bizet est aujourd'hui internationalement connu pour cette oeuvre, il serait dommage de réduire sa générosité de coeur, son don inné de la mélodie et l'ampleur de son talent à cet unique opéra. Bizet occupe au contraire une place essentielle au sein de la musique classique française : il offre à l'opéra un nouveau souffle et établit, avec l'originalité de langage qu'on lui connaît, l'indispensable liaison entre Berlioz et Debussy.
AC
PIERRE BOULEZ (né en 1925)
Ardent défenseur de la musique nouvelle, non seulement comme compositeur mais aussi comme chef d'orchestre, théoricien, et fondateur de l'IRCAM (Institut de Recherche et Coordination acoustique/musique), Pierre Boulez apparaît comme une personnalité majeure du paysage musical français. Élève de Messiaen au Conservatoire de Paris, il se montre très tôt soucieux de la diffusion de la musique contemporaine et de l'évolution des rapports du public et de la création ; fondateur en 1954 du Domaine musical, qui lui permet de révéler à l'attention du public de très nombreuses oeuvres contemporaines, il se fait connaître au même moment comme compositeur par Le Marteau sans maître, qui traduit une volonté de rupture avec les organisations sonores traditionnelles de l'Occident. Animateur avec Stockausen de l'Académie d'été de Darmstadt en Allemagne - centre de l'avant-garde musicale dans les années 50 -, il entame parallèlement une carrière internationale de chef d'orchestre qui l'amène à diriger les plus grands orchestres américains et européens. Nommé en 1976 directeur de l'IRCAM, puissante institution dont la vocation est d'héberger la création musicale et toutes les recherches s'y rapportant, il fonde simultanément l'Ensemble intercontemporain, avec lequel il effectue d'importantes tournées. Son catalogue comme compositeur comprend une trentaine d'oeuvres allant de la pièce soliste (sonates pour piano, Dialogue de l'ombre double pour clarinette, Anthèmes pour violon) aux oeuvres pour grand orchestre et choeur Le Visage nuptial, Le Soleil des eaux, ou pour ensemble instrumental et électronique, Répons. Ses dernières compositions sont sur Incises, créée en 1998 au Festival d'Edimbourg, Notations VII, créée en 1999 par Daniel Barenboim à Chicago, et Dérive 2, créé à Aix-en Provence en 2006.
SC
ANDRÉ CAPLET (1878-1925)
D'origine normande, André Caplet reste profondément marqué par ses racines : rigueur, simplicité, ferveur religieuse et don de soi-même, au point de devenir l'apôtre de ses contemporains. Caplet fut en effet un grand chef d'orchestre, dirigeant l'opéra de Boston et l'Odéon ; il fut aussi le plus proche collaborateur de Debussy, son interprète de prédilection - assurant notamment la création du Martyre de Saint Sébastien -, et l'orchestrateur de certaines de ses partitions. Injustement méconnues, ses propres compositions témoignent d'une intériorité saisissante et d'une rare force d'imagination. Sa musique religieuse surtout, Messe à trois voix, Le Miroir de Jésus, est empreinte d'une poésie mystique très fine et personnelle. Remarquables également par leur travail sur les timbres, ses mélodies et ses oeuvres instrumentales empruntent des chemins inédits, exceptionnellement sensibles et adroits, dont Penderecki et Ligeti revendiqueront l'influence.
M-PM
EMMANUEL CHABRIER (1841-1894)
Premier musicien "impressionniste", ami de Manet, admiré de Debussy et Ravel, il étudie le piano et la composition à Paris, parallèlement à des études de droit et à une carrière de fonctionnaire au Ministère de l'Intérieur - qu'il abandonne au bout de vingt ans pour se consacrer entièrement à la musique. Auteur d'opéras-comiques à l'époque de sa jeunesse, par ailleurs wagnérien convaincu, il entend en 1879 en Allemagne plusieurs grands opéras de Wagner ; désormais toute son oeuvre témoignera de l'influence du maître de Bayreuth. L'autre grande source d'inspiration de Chabrier est évidemment l'Espagne, qu'il visite après 1880, notant les airs de danse et le rythme des castagnettes dans les rues andalouses et les transcrivant ensuite pour orchestre symphonique, comme dans sa rhapsodie pour orchestre España (1883), qui fit sensation lors de sa création à Paris et qui reste, avec la Habanera pour piano (1885), une des oeuvres les plus célèbres du compositeur. Revenu à l'opéra avec Gwendoline (1886) et Le Roi malgré lui (1887), qui oscillent entre un langage wagnérien passionné et une forme plus conventionnelle de musique de scène à la française, il compose pour orchestre - sa Marche joyeuse (1888) est une de ses oeuvres les plus populaires - et pour le piano, avec notamment les Dix Pièces pittoresques, qui mêlent musique populaire, motifs impressionnistes (Sous-Bois) et rythmes empruntés à la musique ancienne (bourrée, menuet), et la fameuse Bourrée fantasque, composée en 1891 et orchestrée quelques années plus tard.
SC
ERNEST CHAUSSON (1855-1899)
Issu de la bourgeoisie cultivée, Chausson entreprend des études de droit, avant de se consacrer entièrement, à partir de 1877, à la musique. Élève de Massenet puis de Franck au Conservatoire de Paris, il assiste en 1882 à la création du Parsifal de Wagner à Bayreuth. Révélatrice de l'influence de Wagner et de Franck, son oeuvre n'en affirme pas moins, et très rapidement, son originalité : chromatismes tendus, expansion mélodique flamboyante, riche palette aux raffinements impressionnistes, et cette mélancolie persistante qui imprègne l'ensemble de sa production. Le caractère français de sa musique est par ailleurs évident dans l'élégance et la clarté des plans structurels. Disparu prématurément en 1899, Chausson laisse une oeuvre relativement réduite mais d'une extrême qualité : le Poème de l'amour et de la mer, le Poème pour violon et orchestre (créé par Eugène Ysaÿe en 1896) tout comme le fameux Concerto en ré majeur pour piano, violon et quatuor à cordes figurent de fait parmi les chefs-d'oeuvre de la musique française de cette fin de siècle.
SC
JEAN CRAS (1879-1932)
Contrairement à d'autres comme Albert Roussel, Jean Cras n'a jamais arrêté sa carrière d'officier de marine, qu'il mena de front avec ses activités de compositeur. Ses premières créations datent de ses années de formation passées à l'Ecole Navale de Brest. En 1919, il se lie d'amitié avec Henri Duparc, qui ne tarit pas d'éloges sur son élève et le considère comme "le fils de son âme". L'oeuvre de Jean Cras est influencée en premier lieu par son expérience dans la marine : ainsi, sa suite symphonique Journal de Bord se divise en trois "quarts", chacun décrivant l'état de la mer et du ciel. Il est également l'auteur de nombreuses mélodies, de pièces de musique de chambre, d'oeuvres pour pianos et d'un opéra sur un sujet mythologique, Polyphème.
CB-T
CLAUDE DEBUSSY (1862-1918)
Poète des sons et des formes, coloriste ne souffrant aucune comparaison, Debussy apparaît comme un phénomène incomparable dans l'histoire de la musique tant il modifie, et de façon irrémédiable, le langage musical de l'époque. Formé au Conservatoire de Paris au piano, à l'harmonie puis à la composition, Debussy remporte en 1884, le Grand Prix de Rome. Il fait rapidement preuve d'un farouche esprit d'indépendance qui le détourne, dès ses premières compositions, de la rigueur des formes classiques pour se concentrer sur l'effet sonore et les sensations qui en découlent. Très marqué par les poètes symbolistes (Mallarmé le fascine et il lui rend un vibrant hommage en orchestrant son Prélude à l'après-midi d'un faune), par les peintres impressionnistes, Debussy tombe également sous le charme de la musique orientale. De ces diverses influences sensorielles et du rejet de Wagner qu'il idolâtra dans un premier temps, va naître une écriture musicale très personnelle, cherchant davantage à suggérer une atmosphère plutôt qu'à l'imposer. Sa musique procède par touches poétiques, décalages harmoniques, rythmes audacieux. Longtemps mal accueillie par ses contemporains, elle fit l'objet de violentes controverses ; et ce n'est qu'au début du XXe siècle que l'on commence à mesurer l'ampleur de son oeuvre avant-gardiste. Pelléas et Mélisande, la symphonie La Mer ainsi que de nombreuses oeuvres pour piano et pour musique de chambre témoignent aujourd'hui du génie de celui qui trône désormais au sommet des compositeurs français.
AC
MANUEL DE FALLA (1876-1946)
Contemporain et successeur d'Isaac Albéniz, Manuel De Falla est sans doute le plus grand compositeur espagnol depuis l'âge d'or de la musique espagnole au XVIe siècle. Pianiste précoce, il quitte en 1907, Madrid pour Paris, où il séjournera sept ans, assistant à l'émergence de l'esthétique impressionniste au contact de Debussy, Ravel et Dukas, qui l'encouragent et influencent l'évolution de son style. C'est alors qu'une épreuve va le marquer profondément : une maladie vénérienne, contractée à l'âge de 36 ans, le retient dix mois à l'hôpital ; vécue comme un châtiment divin, cette maladie entraîne le compositeur vers une forme d'ascétisme, d'austérité âpre et décharnée dont un grand nombre de ses oeuvres porteront désormais la marque. De retour en Espagne, il compose les évocatrices Nuits dans les jardins d'Espagne, heureuse alliance du raffinement et du folklore populaire, puis L'Amour sorcier dans lequel s'épanche une sensualité souveraine. À partir de 1919, De Falla abandonne la veine andalouse pour adopter un style inspiré de la musique traditionnelle castillane, plus apte à concentrer l'expression et à servir une recherche croissante de dépouillement. Retiré près de Grenade où il mène durant vingt ans une vie de réclusion et de recueillement mystique, il compose alors de nombreux chefs-d'oeuvre, parmi lesquels Les Tréteaux de maître Pierre ou le Concerto pour clavecin, fruits de cette évolution vers une écriture plus essentialisée et purement ibérique, qui s'avèrera être la quintessence de l'art du compositeur.
SC
VINCENT D'INDY (1851-1931)
Compositeur et pédagogue, Vincent d'Indy a été formé au Conservatoire de Paris. Elève de César Franck, à qui il voue une grande admiration, il prend la direction de la Société Nationale de Musique à la mort de son maître en 1890 puis fonde la Schola Cantorum avec Charles Bordes. Fervent nationaliste et conservateur, son oeuvre se divise en trois périodes : la première est influencée par la musique germanique, en particulier Richard Wagner, la seconde opère un retour aux traditions, avec notamment la Symphonie cévenole ou Symphonie sur un chant montagnard français en 1886 et enfin les quinze années qui précèdent sa mort sont marquées par un dépouillement et un certain retour au classicisme. Influent sur le plan musical comme sur le plan moral, chef de file de toute une génération, il a formé de nombreux musiciens, dont Erik Satie, Arthur Honegger, Déodat de Sévérac et Joseph Canteloube, ces deux derniers s'inspirant ensuite de ses travaux de collecte et d'harmonisation de chants populaires. Laissant à la postérité trois volumes de son Cours de composition musicale, Vincent d'Indy est également à l'origine du renouveau de l'intérêt du public pour la musique française, particulièrement celle de Jean-Philippe Rameau.
CB-T
THÉODORE DUBOIS (1837-1925)
Né en 1837, Théodore Dubois fait de brillantes études au Conservatoire de Paris, remportant de multiples récompenses notamment en piano et en composition, dont un Grand prix de Rome en 1861. Professeur d'harmonie au Conservatoire dès 1871, il y devient dix ans plus tard professeur de composition, puis en est nommé directeur de 1896 jusqu'à sa retraite en 1905. Parallèlement à ces activités, il assure différentes fonctions musicales au service de l'Église, en particulier à l'orgue de la Madeleine où il succède à Saint-Saëns. Honoré par les milieux officiels, membre de l'Institut en 1894, il est sensible aux avancées de son temps, comme en témoigne son adhésion à la Société nationale de musique, tout en restant fidèle à ses idéaux de clarté et de respect de la tradition. D'inspiration éclectique, son oeuvre vaste et variée touche à tous les genres. Théodore Dubois est l'auteur d'un Traité d'harmonie encore étudié de nos jours.
CB-T
PAUL DUKAS (1865-1935)
Paul Dukas est un de ses artistes qui ne se résignent qu'au chef-d'oeuvre. Bien qu'ayant vécu soixante-dix ans, il limite son oeuvre à douze partitions, longuement mûries, qui personnifient la confrontation intellectuelle des compositeurs français avec l'art romantique allemand. Parmi elles, le poème symphonique L'Apprenti sorcier remporte dès sa création, en 1897, un triomphe qui ne s'est pas démenti depuis. Ses autres oeuvres : le Prélude élégiaque sur le nom de Haydn, La plainte loin du faune, la Sonate pour piano, les Variations sur un thème de Rameau... sont saluées également comme des monuments français, où l'écriture s'unit à celle de Debussy dans un même sens profond du mystère, tel que Maeterlinck l'exprime à travers ses drames. Exerçant parallèlement une importante activité de critique, Dukas est finalement nommé professeur de composition au Conservatoire de Paris en 1928, comptant parmi ses élèves Olivier Messiaen.
M-PM
HENRI DUPARC (1848-1933)
Limitée à quelques oeuvres, l'oeuvre de Duparc a bien les proportions d'un véritable monument. Marqué par l'enseignement de son professeur de piano, le grand César Franck, et par le souvenir de représentations de Wagner, Duparc s'initie à la composition en 1868, attaché d'emblée à la mise en musique d'illustres poèmes : L'Invitation au voyage (Baudelaire), La vague et la cloche (Coppée), Extase (Lahor), Élégie (Thomas Moore), Phydilé (Leconte de Lisle), Lamento (Gautier)... Ses treize mélodies, toutes remarquables par leur intensité d'expression, comptent parmi les plus hauts chefs-d'oeuvre du genre, assurant à elles seules la renommée universelle du compositeur. En 1885, sa santé déjà altérée lui rend tout travail impossible. Commence alors un long calvaire qui durera un demi-siècle. Duparc fera deux voyages à Lourdes avec Jammes et Claudel, perdra la vue et choisira finalement une vie contemplative, avant de mourir à Mont-de-Marsan, en 1933.
M-PM
MAURICE DURUFLÉ (1902-1986)
Dernier représentant de l'école de l'orgue symphonique français, Maurice Duruflé intègre très jeune la maîtrise de la cathédrale de Rouen où, en plus du chant, il apprend le piano et l'orgue. En 1919, il poursuit ses études à Paris et entre au Conservatoire l'année suivante ; ayant notamment suivi l'enseignement de Paul Dukas, il termine sa formation en 1928, couronné de cinq prix. Il devient alors l'assistant de Louis Vierne à Notre-Dame de Paris et sera à ses côtés lorsque celui-ci mourra à la tribune de son orgue. En 1930, Maurice Duruflé est nommé organiste titulaire de Saint-Étienne-Du-Mont, où il restera pendant 45 ans. Cette même année, son triptyque pour orgue Veni Creator reçoit le Prix de Composition des "Amis de l'Orgue". Il se diversifie en produisant des oeuvres pour orchestre, de musique de chambre, mais surtout des pages religieuses. Le chant grégorien, source d'inspiration permanente, est omniprésent dans son travail. Son Requiem est passé à la postérité et figure encore aujourd'hui souvent au programme de nombreuses salles de concert. Parallèlement à son activité de compositeur et de pédagogue (il est professeur d'harmonie au Conservatoire de Paris de 1943 à 1973), il a également eu une belle carrière d'interprète aux Etats-Unis et en Europe.
CB-T
HENRI DUTILLEUX (né en 1916)
Né à Angers, Henri Dutilleux entre au Conservatoire de Paris en 1933, où il suit notamment les cours de composition avec Henri Busser et d'histoire de la musique avec Maurice Emmanuel. Cinq ans plus tard, il remporte le Prix de Rome, mais son séjour à la Villa Médicis est interrompu par la guerre. À cette même époque, il étudie le traité de composition de Vincent d'Indy, découvre Stravinsky, Bartok et le sérialisme. Nommé en 1942, chef de chant à l'Opéra de Paris, il occupe la même fonction à la Radiodiffusion française puis devient directeur du service des illustrations musicales en 1945, occupant ce poste jusqu'en 1963. Auteur de partitions lentement mûries, Henri Dutilleux compose dans tous les genres musicaux. Son quatuor à cordes Ainsi la nuit rencontre un succès exceptionnel. Il écrit des oeuvres pour son épouse, la pianiste Geneviève Joy, ainsi que pour le violoncelliste Mislav Rostropovitch, la violoniste Anne-Sophie Mutter ou la soprano Dawn Upshaw. Sa reconnaissance est internationale, en tant que compositeur et en tant qu'enseignant. Il est invité dans de nombreux pays comme professeur et conférencier. En 2005, il reçoit le prix international Ernst von Siemens, parfois considéré comme le Nobel de la Musique, et qui vient récompenser "un des grands artistes de la musique française contemporaine dont la production organique se distingue par sa clarté poétique".
CB-T
GABRIEL FAURÉ (1845-1924)
Manifestant de précoces dispositions pour la musique, Gabriel Fauré quitte son Ariège natale et étudie le piano et la composition avec Saint-Saëns, qui deviendra l'ami et le protecteur. Organiste de 1871 à 1874, il devient chef de choeur à l'Église de la Madeleine où il reste de nombreuses années. En 1896, il est nommé professeur de composition au Conservatoire de Paris et cet éminent pédagogue forme des élèves de l'envergure de Ravel, Enesco, Koechlin ou encore Nadia Boulanger. Très respecté dans le milieu musical, Fauré prend la tête du Conservatoire en 1905. Loin des soucis financiers, il compose avec régularité mais ne connaît pas immédiatement le succès. À l'écoute de sa musique intérieure, Fauré reste sensible aux évolutions de son temps et cette intégration de la nouveauté lui vaut l'hostilité des conservateurs. Il crée un style personnel, à l'image de l'homme qu'il incarne ; sans artifice, d'un raffinement sans pareil, ses compositions portent l'empreinte d'une rayonnante et bienveillante douceur. Elles impressionnent par la sérénité de leur ton, la pureté des lignes mélodiques et une indescriptible nostalgie d'un "ailleurs". Fauré excelle en tant que mélodiste mais démontre aussi un réel talent dans ses oeuvres pour piano Romances sans paroles, Impromptus et de musique de chambre (oeuvres pour piano et violoncelle, notamment). Son oeuvre la plus célèbre, le Requiem, compte parmi les chefs-d'oeuvre les plus emblématiques de l'histoire de la musique.
AC
voir plusieurs disques dont certains avec des extraits :
Gabriel Fauré Nocturnes Hervé Billaut
Fauré intégrale volume 2 Jean Claude Pennetier
Gabriel Fauré Barcarolles Delphine Bardin
Gabriel Fauré oeuvres pour violoncelle et piano et Trio, Eric Le Sage, pianiste François Salque, violoncelliste, Paul Meyer, clarinettiste
Gabriel Fauré quatuors pour piano et cordes par le Trio Wanderer et Antoine Tamestit
JEAN FRANÇAIX (1912-1997)
Né au Mans, Jean Françaix développe très tôt d'exceptionnelles capacités musicales, rapidement soulignées par son professeur Nadia Boulanger. À 18 ans, il obtient son premier prix de piano, au Conservatoire National Supérieur de Paris. Deux ans plus tard, il représente, avec Claude Delvincourt, la jeune école française au Festival International de Vienne où ses Huit Bagatelles remportent un triomphe. Ce succès sera suivi par beaucoup d'autres et ses compositions seront dirigées par les plus grands chefs, parmi lesquels Hermann Cherchen, Pierre Monteux, Eugène Ormandy, Manuel Rosenthal, Herbert von Karayan, Seiji Ozawa, Georges Prêtre... Il a écrit les musiques de seize ballets, montés par des chorégraphes de grande réputation tels que Léonide Massine, Serge Lifar, Roland Petit ou Georges Balanchine. Également auteur de plusieurs opéras, de nombreuses pièces de musique de chambre, d'oeuvres vocales et symphoniques, son oeuvre majeure reste L'Apocalypse selon Saint Jean, oratorio pour choeurs, soli et orchestre, créé à Paris par Charles Munch en 1942. Jean Françaix s'est aussi illustré dans la musique de film, dont le célèbre Si Versailles m'était conté, écrit pour Sacha Guitry.
CB-T
CÉSAR FRANCK (1822-1890)
Jeune pianiste prodige, pressé par son père à devenir virtuose, César Franck délaisse rapidement les artifices de la scène pour privilégier la voie besogneuse, recueillie et spirituelle de la composition. Dans son enseignement comme dans son oeuvre, il prône une forme rigoureuse soumise à l'exigence d'une absolue sincérité, dont l'influence est remarquable. À l'heure où la France s'enthousiasme pour l'opéra, Franck s'impose tout d'abord comme rénovateur de la musique de chambre, montrant qu'il peut y avoir autant de musique dans un quintette que dans un opéra. Son influence est tout aussi prépondérante dans le domaine de l'orgue ; lui-même organiste de Sainte-Clotilde à Paris, il démontre les possibilités symphoniques de cet instrument et l'élève comme rival de l'orchestre. L'aura du compositeur se mesure enfin au véritable "mouvement" qu'il crée autour de lui, la "manière" de Franck étant clairement perceptible chez Chausson, Duparc, d'Indy, Debussy et Ravel.
M-PM
voir deux disques : Franck Oeuvres pour piano Sodi Braide
et un disque de César Franck Bertrand Chamayou
CHARLES GOUNOD (1818-1893)
Élève d'Antoine Reicha puis, au Conservatoire de Paris, de Jacques Fromenthal Halévy, Charles Gounod remporte le Grand Prix de Rome en 1839. Catholique fervent, il profite de son séjour à la Villa Médicis pou étudier la polyphonie religieuse et notamment Palestrina ; ce travail se retrouve dans ses nombreuses messes et oratorios, dont Mors et vita joué à Londres pour la reine Victoria en 1886. Depuis 1949, l'hymne officiel du Vatican est d'ailleurs sa Marche Pontificale. Considéré comme le véritable créateur de la mélodie française, il est surtout reconnu pour ses opéras, dont Sapho, Faust et Roméo et Juliette qui connurent un grand succès public malgré des critiques acharnées. L'art de Gounod ne s'explique pas sans la fascination que représentent les compositeurs germaniques que sont J-S Bach, Beethoven et Mozart. Admiré par Berlioz, son aîné de quinze ans, son oeuvre influença à son tour Massenet, Bizet, Saint-Säens et Fauré, qui lui rend hommage en ces termes "Trop de musiciens ne se doutent pas de ce qu'ils doivent à Gounod. Mais je sais ce que je lui dois, et je lui garde une infinie reconnaissance et une ardente tendresse".
CB-T
ENRIQUE GRANADOS (1867-1916)
Pianiste de formation, Granados étudie la composition auprès de Felipe Pedrell à Barcelone, avant de partir à Paris pour un séjour de deux années durant lequel il fréquente Vincent d'Indy, Paul Dukas et Camille Saint-Saëns. De retour en Espagne, il se consacre à sa carrière de pianiste de concert, tout en composant ses premières oeuvres, parmi lesquelles les douze Danses espagnoles pour piano à quatre mains, qui assurent sa popularité. Dès lors, il écrit de nombreuses autres oeuvres pour piano, dans un style postromantique traduisant les influences de Liszt, de Brahms ou de Grieg mais celles aussi de la musique populaire espagnole. Son chef-d'oeuvre reste incontestablement les Goyescas, une suite pour piano inspirée des peintures et eaux-fortes de Goya ; créé à Barcelone en 1911, cet ensemble de belles pièces imaginatives, qui conjugue harmonieusement la richesse harmonique héritée de la fin du romantisme et l'esprit populaire espagnol, avec ses rythmes et ses mélodies caractéristiques, remporte un franc succès, qui décide Granados à écrire, quelques années plus tard, une adaptation pour la scène. Il résulte de cette entreprise un opéra en un acte, créé avec succès à New York en 1916, malgré une intrigue un peu mince ; c'est lors du naufrage du bateau qui le ramenait en Europe que le compositeur, alors au faîte de sa gloire, meurt de façon prématurée.
SC
voir deux disques : Granados Danses espagnoles Guillaumme Coppola et Enrique Granados Luis Hernado Perez
CHARLES KOECHLIN (1867-1950)
Largement méconnu, Charles Koechlin n'en est pas moins l'une des personnalités les plus riches et les plus originales de la musique française de la première moitié du XXe siècle. Après un bref passage à l'École Polytechnique, il choisit de se consacrer entièrement à la musique et intègre au Conservatoire de Paris la classe de Fauré, dont il restera très proche - il lui consacre en 1926, une biographie qui fera longtemps autorité - et dont il orchestrera la partition de Pelléas et Mélisande. Admirateur de Franck, de Chabrier (dont il orchestrera la Bourrée fantasque) puis de Debussy, fidèle en même temps à l'héritage de Bach et à la tradition modale, il se révèle un excellent théoricien et un fin connaisseur de l'écriture orchestrale - son Traité d'orchestration influencera d'ailleurs de nombreux compositeurs. Sa curiosité inlassable et une exceptionnelle ouverture d'esprit l'amènent dans le même temps à pratiquer très tôt la polytonalité et l'atonalité ; il est aussi parmi les premiers compositeurs français à introduire l'usage des modes anciens, et à s'intéresser à des techniques d'avant-garde comme les ondes Martenot, inventées en 1928. Compositeur prolixe (son catalogue compte près de 200 oeuvres), il puise souvent son inspiration dans son amour pour la nature, comme en témoignent les titres de plusieurs de ses symphonies, Le Printemps, La Forêt..., ou de ses pièces pour piano, Paysages et Marines. Personnalité généreuse et multiple, il forme à Berkeley, de 1927 à 1937, puis à la Schola Cantorum, de nombreux élèves parmi lesquels Darius Milhaud, qui sera un de ses plus fervents admirateurs.
SC
ÉDOUARD LALO (1823-1892)
Né à Lille dans une famille de militaires d'ascendance espagnole, Lalo étudie le violon et le violoncelle dans sa ville natale, puis à Paris, où il commence à composer. Refusant de sacrifier à la mode des compositeurs d'opéras et d'opérettes dans le style de l'époque, il se consacre à la musique de chambre, alors délaissée en France, et à la musique d'orchestre : son Divertissement, comme son Concerto pour violon, créé par Sarasate en 1874, remportent des succès éphémères, jusqu'à la Symphonie espagnole pour violon et orchestre, oeuvre virtuose et brillante, vibrante de rythmes espagnols, qui apporte au compositeur une renommée internationale et demeure son oeuvre la plus connue hors de France. Venu tardivement à la musique de scène, Lalo accepte en 1882, la commande d'un ballet, Namouna, créé en 1882 à l'Opéra de Paris ; préfigurant les ballets de Diaghilev, cette oeuvre à l'instrumentation brillante ne touche guère le public de l'époque mais suscite l'enthousiasme de Debussy. Le chef-d'oeuvre incontesté de Lalo en matière d'opéra reste cependant Le Roi d'Ys, adapté d'une légende bretonne et qui remporta un triomphe lors de sa création à l'Opéra-Comique de Paris en 1888. Lalo apparaît aujourd'hui comme un musicien de transition qui, s'il suit la ligne des musiciens de sa génération, n'en ouvre pas moins la voie, par la délicatesse de son inspiration et la précision de son écriture, à l'art de Fauré, Debussy, Chabrier ou Duparc.
SC
OLIVIER MESSIAEN (1908-1992)
Olivier Messiaen est un compositeur majeur du XXème siècle. Élève au Conservatoire de Paris dans la classe de Paul Dukas pour la composition et de Marcel Dupré pour l'orgue, il considère lui-même que sa première oeuvre importante sont ses Huit Préludes pour piano, écrits en 1929, dans lesquels il cherche déjà à établir une relation entre les sons et les couleurs - suivant une démarche qui guidera désormais toutes ses recherches. Deux ans plus tard, il est nommé titulaire de l'orgue de l'église de la Trinité et occupe ce poste pendant cinquante ans. La même année, cet esprit ouvert et curieux découvre l'art de l'Orient à l'Exposition universelle ; il s'intéresse aussi très tôt aux rythmes grecs et hindous. Peu avant la guerre, Messiaen participe à la création du groupe Jeune France, fondé à l'initiative d'Yves Baudrier, aux côtés de Daniel-Lesur et André Jolivet. Fait prisonnier en Pologne en 1940, il écrit alors sa plus importante oeuvre de musique de chambre, le Quatuor pour la fin du temps. De retour à Paris, il devient professeur au Conservatoire, n'hésitant pas à dépasser les programmes officiels pour élargir son enseignement, et forme ainsi la nouvelle génération des compositeurs de l'après-guerre, parmi lesquels Boulez et Stockhausen. Les oeuvres d'Olivier Messiaen sont marquées par l'importance de sa foi chrétienne et son amour de la nature, en particulier du chant des oiseaux. Son langage musical privilégie la mélodie, l'absence de développement de la variation et une écriture rythmique complexe qui vise à "desserrer l'étreinte de la mesure".
CB-T
DARIUS MILHAUD (1892-1974)
Darius Milhaud est l'auteur d'une oeuvre prolifique dont l'élément principal est le recours à la polytonalité. Cette dernière provoque d'ailleurs un scandale en 1920, lors de la représentation de Protée, sur un texte de Paul Claudel. La collaboration avec l'écrivain se poursuit durant de nombreuses années et sera à l'origine, pour le compositeur, de la découverte des rythmes brésiliens qui tiendront une place importante dans ses créations ; l'exemple le plus connu en est Le Boeuf sur le toit. La réputation mondiale de Darius Milhaud est définitivement établie en 1930 lorsque son opéra Christophe Colomb est donné à Berlin. Pendant la guerre, il part pour les Etats-Unis à l'invitation de l'Orchestre symphonique de Chicago qui lui avait commandé une symphonie. Dès lors, il ne cesse de retourner régulièrement outre-Atlantique. Actif jusqu'à la fin de sa vie, il laisse des compositions empreintes de lyrisme, d'optimisme et d'une invention mélodique rare.
CB-T
MAURICE OHANA (1914-1992)
Compositeur et pianiste français d'origine espagnole, Ohana étudie le piano à Barcelone avec Frank Marshall ; poursuivant sa formation à Paris, il est l'élève de Lazare-Lévy en piano, et de Daniel-Lesur en contrepoint ; établi à Rome au moment de la Guerre, il étudie la composition avec Alfredo Casella à l'Académie Sainte-Cécile de Rome. Revenu à Paris, il participe à la fondation du groupe Zodiaque, qui s'attache à défendre la liberté d'expression dans un contexte de forte influence des courants post-weberniens. Doté de nombreux prix - Grand Prix national de la musique en 1975, Prix Maurice Ravel en 1985, Prix de la meilleure création contemporaine de la SACEM en 1992... -, Ohana se présente comme un compositeur indépendant ; puisant aux sources des traditions ibérique et nord-africaine et utilisant en même temps les techniques d'écriture contemporaines (l'électroacoustique notamment), il laisse une oeuvre variée - opéras, concertos, musique de chambre et de nombreuses oeuvres pour choeur - que marque un profond sens poétique.
SC
GABRIEL PIERNÉ (1863-1937)
Grand Prix de Rome en 1882 pour sa cantate Edith, Gabriel Pierné est l'élève de Jules Massenet et César Franck. Il succède à ce dernier comme organiste à Sainte-Clotilde de 1890 à 1898. Directeur des concerts Colonne pendant près d'un quart de siècle, il est, en 1910, le premier interprète de Stravinsky à Paris ; il a également révélé de jeunes compositeurs comme Albert Roussel et a été le défenseur de Darius Milhaud après la Première Guerre Mondiale. Son oeuvre, qui recouvre tous les genres, démontre une grande maîtrise de la composition et crée un langage personnel plein de charme et de délicatesse.
CB-T
voir deux disques :
Gabriel Pierné Oeuvres pour piano Laurent Wagschal
Gabriel Pierné par Gaëtane Prouvost et Laurent Cabasso
FRANCIS POULENC (1899-1963)
On ne saurait mieux présenter Francis Poulenc qu'en le disant "musicien français", par la clarté de ses oeuvres, le sens des proportions, la sensualité surtout et l'imagination visuelle. C'est d'ailleurs moins auprès des musiciens que des poètes et des peintres qu'il façonne ce langage imagé si personnel, caractéristique de toute son oeuvre : Le Bestiaire, sur un poème d'Apollinaire, L'embarquement pour Cythère, valse pour deux pianos rappelant un tableau de Watteau, Le Bal masqué, cantate profane sur des poèmes de Max Jacob... Contrairement à ses contemporains, Poulenc ne prétend pas révolutionner le monde sonore ; mais s'il n'a pas innové, il a bien rénové la mélodie pour chant et piano, le motet, Stabat Mater, l'opéra bouffe, Les Mamelles de Tirésias, l'opéra Le Dialogue des Carmélites. Dans ses oeuvres profanes comme dans sa musique religieuse, l'exigence de renouveau cède ainsi à cet impératif : charmer, toucher, enchanter par l'expression juste et la mélodie.
M-PM
MAURICE RAVEL (1875-1937)
Avec Debussy et Fauré, Ravel partage le titre de musicien "père" de la musique française du début du XXe siècle. Compositeur d'une profonde originalité, appartenant à la même mouvance que Debussy, il réalise à lui seul la synthèse de nombreuses contradictions. Formé au Conservatoire de Paris, second Prix de Rome malgré plusieurs tentatives pour obtenir le Grand Prix, il mélange curieusement, dès ses premières oeuvres, des éléments très novateurs comme les chaudes sonorités ibériques : Rhapsodie espagnole, L'Heure espagnole, avec un cadre structurel très classique. Du classique, Ravel possède le goût pour la perfection de la forme et de l'écriture ; du novateur, il a l'esprit de la recherche et l'audace des sonorités inédites, souvent piquées d'exotisme et d'orientalisme. Musicien d'une exigence extrême, il explore plus avant les possibilités des instrumentistes avec son incroyable Concerto pour la main gauche, joue avec la matière thématique : Le Boléro, chef-d'oeuvre internationalement connu, lancinante répétition d'un thème repris par chacun des instruments de l'orchestre, redore par ses dons de transcripteur bon nombre de merveilleuses partitions. Artiste discret, d'une élégance quasi aristocratique, Ravel jouit d'une totale consécration de son vivant. Il disparaît précocement d'une tumeur au cerveau en laissant à la postérité une oeuvre assez réduite mais d'une formidable richesse.
AC
JOAQUÍN RODRIGO (1901-1999)
Aveugle dès l'âge de 3 ans, Rodrigo manifeste très tôt des dons exceptionnels pour la musique. Comme ses compatriotes Albéniz et Granados, il part étudier à Paris, dans la classe de Paul Dukas qui devient son maître et son ami. De retour en Espagne en 1939, il occupe à partir de 1947 la chaire Manuel de Falla, créée pour lui à l'Université de Madrid. Connu surtout pour ses oeuvres pour guitare, - parmi lesquelles le fameux Concerto d'Aranjuez, composé en 1939 et qui compte parmi les oeuvres les plus célèbres du répertoire pour guitare -, Rodrigo n'en apparaît pas moins comme l'un des plus importants compositeurs espagnols du XXe siècle ; il a en effet composé dans de nombreux genres et, quoique sa musique reste assez conventionnelle, son style accessible, qui combine les influences de la musique populaire, avec ses mélorythmes typiques, et celles de la musique de Dukas, toute de subtilité, laissera une empreinte profonde.
SC

ALBERT ROUSSEL (1869-1937)
Roussel apparaît aujourd'hui comme l'un des plus importants compositeurs français de l'entre-deux-guerres. Venu tard à la musique - orphelin dès son enfance - il entre dans la marine à l'âge de 18 ans puis décide à 25 ans de commencer une carrière de compositeur. Profondément marqué par ses voyages en Asie du Sud-Est, qui lui ouvrent les portes de l'art oriental - l'une de ses principales sources d'inspiration par la suite -, il se forme auprès de Vincent d'Indy à la Schola Cantorum, composant dès 1906 ses premières oeuvres et, à partir de 1913, ses premiers ballets : le fameux Festin de l'araignée, ballet-pantomine, et Padmâvatî, opéra-ballet (1918). Traduisant l'influence des impressionnistes français et des ambiances exotiques ramenées d'Inde et d'Indochine, ces oeuvres témoignent aussi d'un sens aigu du théâtre, dont le compositeur ne se départira jamais, jusqu'à Bacchus et Ariane (1931), dont il tirera deux suites pour orchestre restées célèbres. Après 1918, Roussel amorce une transition vers un style qualifié de néo-classique (rigueur du modèle formel, orchestration classique, rythmes marqués à la Stravinsky... ), dont la Suite en fa, la Sinfonietta pour cordes ou les symphonies sont des exemples typiques. Cette époque de la maturité voit aussi fleurir un certain nombre d'oeuvres de musique de chambre du plus grand intérêt, et des mélodies, dont Jazz dans la nuit (1928), écrite dans un style franchement moderniste.
SC
CAMILLE SAINT-SAËNS (1835-1921)
Prodigieusement doué pour la musique, Camille Saint-Saëns réclame l'étude du piano à l'âge de 2 ans et demi, se produit devant un public à 5 ans, commence à composer un an plus tard et est invité à jouer à la Salle Pleyel à 11 ans. Ce génie de la musique, élevé par sa mère veuve et sa grand-mère, connaît une carrière des plus florissantes : formé à l'harmonie et à l'orgue au Conservatoire de Paris, il est organiste à l'Église Saint-Merri puis à la Madeleine. Il s'y distingue par ses talents de virtuose et d'improvisateur exceptionnels. Sensible à la pédagogie et afin d'encourager les jeunes musiciens français, il forme notamment Messager et Fauré et participe à la création de la Société nationale de la musique (1871). Une fois sa réputation bien assise, il se consacre à la composition, à la direction d'orchestre sans oublier l'orgue, son instrument de prédilection. Méfiant envers les élans de la modernité, il préfère fonder son art sur une technique solide. De fait, ses créations résultent d'une écriture incroyablement limpide et bien structurée et témoignent d'une fine sensibilité. Essentiellement connu pour sa fable musicale Le Carnaval des Animaux, Saint-Saëns est l'auteur d'une oeuvre très abondante. Si elles ne sont que trop rarement interprétées, ses pièces de musique de chambre, son opéra Samson et Dalila ou ses Symphonies n° 2 et n°3 méritent un grand intérêt.
AC
voir trois disques :
Saint Saens intégrale de musique de chambre avec vents et piano, Les solistes de l'orchestre de Paris, Laurent Wagschal et Pascal Godart
SAINT SAENS Piano Trios TRIO WANDERER
Camille Saint Saens Sonate et Suite Emmanuelle Bertrand et Pascal Amoyel
PABLO SARASATE (1844-1908)
Violoniste espagnol doué d'un talent précoce, Pablo Sarasate obtient très jeune une bourse pour étudier auprès de Sáez à Madrid, puis avec Alard au Conservatoire de Paris. Dès l'âge de 15 ans, il entame une véritable carrière de virtuose et acquiert, en 1866, un violon Stradivarius. Interprète renommé pour la pureté d'intonation de son jeu, sa perfection technique et sa grâce, ses tournées à travers le monde offrent une succession ininterrompue de triomphes. De nombreuses pièces lui sont ainsi dédiées : le Concerto et la Symphonie espagnole de Lalo, le Concerto n°2 et la Fantaisie écossaise de Bruch, les Concertos n°1 et n°3 de Saint-Saëns... Sarasate a lui-même composé un grand nombre de pièces brillantes pour violon, inspirées souvent du folklore espagnol, tels le Caprice basque, la Jota aragonesa, Navarra, Caprice-jota, Fantaisie sur Carmen...
M-PM
ERIK SATIE (1866-1925)
Le compositeur Érik Satie occupe une place singulière dans l'histoire de la musique française. Après des études non approfondies de piano, d'harmonie et de solfège au Conservatoire de Paris, il compose des oeuvres d'une grande économie harmonique, Ogives, simples, stylisées Trois Gymnopédies, Six Gnossiennes et d'une extrême puissance évocatrice. Pianiste accompagnateur au Cabaret du Chat-Noir, puis à l'auberge du Clou où il rencontre Debussy qui orchestre plusieurs de ses oeuvres, Satie s'oriente ensuite vers un art plus sobre et dépouillé. Il compose des recueils pour piano aux titres incongrus ou dérisoires, assortis d'annotations burlesques d'exécution : Trois Morceaux en forme de poire (1903), Véritables Préludes flasques pour un chien (1912). Associé à tous les mouvements d'avant-garde, lui-même fondateur d'une "École d'Arcueil", c'est davantage sa personne emblématique qui est revendiquée que son oeuvre, qui ne sera jamais vraiment comprise ni appréciée de son vivant, malgré son impressionnant travail de "pionnier". Artiste désillusionné à l'humour fin, Satie maîtrise plus que tout autre l'art de la dérision. Cette expression polie du désespoir, mais qui atteint, chez Satie, la grâce.
AC
FLORENT SCHMITT (1870-1958)
Mal connu du grand public, Florent Schmitt n'en figure pas moins parmi les grands compositeurs français de la première moitié du XXe siècle. Élève de Massenet et de Fauré au Conservatoire de Paris, Premier grand Prix de Rome en 1900, il effectue dans sa jeunesse de longs voyages en Europe et au Moyen-Orient. Ses premières oeuvres dénotent un tempérament puissant : révélé à l'attention du public par son grandiose Psaume XLVII pour soprano, choeur et orchestre, créé en 1904, et par son Quintette pour piano et cordes, oeuvre lyrique et généreuse, il crée l'année suivante La Tragédie de Salomé, vaste poème symphonique qui remporte aussi un franc succès. Profondément indépendant et ne se réclamant d'aucune école, il participe en 1909, avec Fauré, Ravel et Koechlin, à la Fondation de la Société Musicale Indépendante. Il compose désormais dans tous les genres ; caractérisée par une rythmique puissante et audacieuse, une richesse harmonique et une parfaite maîtrise de l'orchestration, son oeuvre abondante recèle de multiples facettes : délicat peintre de l'enfance avec le ballet Le Petit Elfe Ferme-l'oeil, orientaliste inspiré avec Antoine et Cléopâtre, Salammbô (d'après Flaubert) et le ballet Oriane et le Prince d'Amour, esprit caustique à travers des pièces plus légères telles que Les Canards libéraux ou Fonctionnaire MCMXII, il tend dans ses dernières oeuvres à un certain dépouillement.
SC
JOAQUÍN TURINA (1882-1949)
Compositeur espagnol, Joaquín Turina naît à Séville en 1882. Voyageur sensible et curieux, il s'imprègne de différentes cultures, étudie à Madrid, Séville et Paris, notamment auprès de Vincent d'Indy qui lui transmet le souci de la construction rigoureuse et le goût d'un certain classicisme. Originale et éclectique, son oeuvre s'inscrit dans un esprit résolument national. Ainsi ses pièces pour piano, Séville, Danses fantastiques, Femmes espagnoles ou encore El Castillo de Almodóvar, dont la couleur nationale convient parfaitement au sujet traité. De même, ses compositions pour orgue et pour guitare, ses quatuors et ses oeuvres pour orchestre, Sinfonia sevillana, La Procesion del Rocio, comme ses opéras, Margot, Jardin de Oriente, s'inspirent sciemment de la tradition andalouse. Soucieux de fonder un véritable style, Joaquín Turina conçoit même, aux dernières années de sa vie, un Traité de composition musicale.
M-PM
EDGARD VARÈSE (1883-1965)
Compositeur français naturalisé américain, Edgard Varèse entame ses études avec Vincent d'Indy à la Schola Cantorum, puis fréquente ensuite la classe de Widor au Conservatoire. Un séjour à Berlin lui permet de connaître Busoni. De retour à Paris, il assiste à la création du Sacre du Printemps de Stravinsky, oeuvre qui l'influencera longtemps. En 1915, il émigre aux Etats-Unis et se passionne alors pour les sciences, les univers technologiques, les divers projets de lutherie électronique, encore balbutiants. De retour en France, il fréquente l'avant-garde parisienne, dont Cocteau et Picasso. Son retour aux États-Unis en 1934 marque le début d'une longue traversée du désert. Durant seize ans, il écrit peu, s'essaie à plusieurs expérimentations infructueuses, notamment dans le domaine pour lui prometteur de la musique de film, entre des villes de l'Ouest américain et New York qu'il retrouve en 1941. Les progrès en électronique insufflent de nouveaux espoirs à Varèse et lui inspirent plusieurs réalisations pionnières. Avec Déserts, il signe l'une des premières "oeuvres mixtes" (orchestre et bande enregistrée), puis associe, pour l'Exposition universelle de Bruxelles, son fameux Poème électronique aux travaux de Le Corbusier et de Xenakis. Avant de s'éteindre en 1965, Varèse reçoit plusieurs distinctions aux États-Unis et enseigne à l'académie d'été de Darmstadt ; le monde des avant-gardes européennes - Boulez le premier - le reconnaît finalement tardivement comme une figure musicale majeure.
CB-T
LOUIS VIERNE (1870-1937)
Atteint dès l'âge de 7 ans d'une cécité presque totale, Louis Vierne commence des études musicales à l'Institut des jeunes aveugles de Paris ; admis par la suite au Conservatoire de Paris, dans les classes d'orgue de Franck puis de Widor, il commence une brillante carrière qui le verra s'affirmer comme l'une des figures marquantes de l'orgue français. Nommé en 1900, titulaire des grandes orgues de Notre-Dame - poste qu'il occupe jusqu'à sa mort -, il voit après la Première Guerre mondiale sa renommée s'étendre dans le monde entier, notamment aux États-Unis où il effectue plusieurs tournées. Professeur à la Schola Cantorum de 1912 à 1937, il comptera parmi ses élèves Marcel Dupré, Maurice Duruflé et Nadia Boulanger. Auteur de musique pour piano, de musique de chambre, de pièces symphoniques et vocales - dont Praxinoé, vaste poème lyrique pour orchestre, soli et choeur, aujourd'hui redécouvert -, Vierne a néanmoins dédié l'essentiel de son oeuvre à l'orgue : utilisant comme Franck, Widor et Tournemire (son contemporain) toutes les ressources de l'orgue symphonique - ses six Symphonies pour orgue comptent parmi les chefs-d'oeuvre du genre -, il n'en laisse pas moins s'épancher sa nature romantique ; empreinte de lyrisme, sa musique exprime aussi la douleur d'une vie marquée par les épreuves - le traumatisme de la Première Guerre et la perte successive, en 1913 et 1917, de deux de ses fils, l'un emporté par la tuberculose à l'âge de 10 ans, l'autre mort au combat à l'âge de 17 ans.
SC
RICARDO VINES (1875-1943)
Né en Espagne, Ricardo Vines arrive à Paris à l'âge de douze ans. Il est alors admis dans la classe de Charles de Bériot au Conservatoire. Doté d'une grande culture et d'une finesse d'esprit peu commune, il devient rapidement l'ami de nombreux artistes et intellectuels de l'époque. Sa carrière de concertiste s'est principalement déroulée dans la capitale française, où il a été le créateur de très nombreuses oeuvres phares du répertoire pianistique : les Jeux d'eau, La Pavane pour une infante défunte et Gaspard de la nuit de son ami Maurice Ravel, les Images et les Estampes de Claude Debussy, la Ballade pour piano et orchestre de Germaine Tailleferre. Ayant une affinité naturelle pour la musique de son temps, Ricardo Viñes est aussi reconnu pour ses interprétations de la musique de ses concitoyens espagnols comme Isaac Albéniz, Enrique Granados et Joaquin Rodrigo, ainsi que d'oeuvres russes et sud-américaines, parmi lesquelles le Concerto pour piano de Rimsky-Korsakov. Il s'est également consacré à l'enseignement, ses disciples les plus éminents étant Marcelle Meyer et Francis Poulenc.
CB-T
CHARLES-MARIE WIDOR (1844-1937)
Issu d'une famille d'organiste, Charles-Marie Widor est l'un des représentants de l'école romantique post-franckiste. Assistant de Saint-Saëns à la Madeleine à partir de 1868, il est nommé deux ans plus tard suppléant à l'orgue Cavaillé-Coll de Saint-Sulpice, poste qu'il ne quittera jamais. En 1880, il succède à César Franck comme professeur d'orgue au Conservatoire de Paris et aura notamment pour élèves Louis Vierne puis Arthur Honegger et Darius Milhaud en composition. Auteur de plusieurs oeuvres de musique de chambre, il rencontre à l'époque un certain succès avec son ballet La Korrigane, aujourd'hui oublié. Il est cependant plus connu pour ses compositions de musique orchestrale, notamment son poème symphonique La Nuit de Walpurgis, ses concertos et surtout ses dix symphonies pour orgue dont certaines sont basées sur des thèmes issus du chant grégorien. En 1921, il fonde le Conservatoire américain de Fontainebleau avec Francis Casadesus, école fréquentée par les plus grands compositeurs et interprètes.
CB-T

Rédaction CREA/Nantes
Ariane Charriau (AC), Sophie Chauveau (SC), Claire Chopot (CC), Aurélie-Jung Moron (A-JM), Séverine Meers (SM)
 
- Nicholas Angelich
- Iddo Bar-Shaï
- Jean-Efflam Bavouzet
- Boris Berezovsky
- Hervé Billaut
- David Bismuth
-Sanja et Lidija Bizjak
- Philippe Cassard
- Alphonse Cemin
- Bertrand Chamayou
- François Chaplin
- Guillaume Chilemme
- Claire Désert
- Michel Dalberto
- Shani Diluka
- Jean Dubé
- Abdel Rahman El Bacha
- Marie-Catherine Girod
- Philippe Giusiano
- Nathanaël Gouin
- Jean-François Heisser
- Etsuko Hirose
- Christian Ivaldi
- David Kadouch
- Momo Kodama et Mari Kodama
- Andrei Korobeinikov
- Adam Laloum
- Vincent Larderet
- Eric Le Sage
- Susan Manoff
- Jean-Frédéric Neuburger
- Jean-Claude Pennetier
- Luis Fernando Pérez
- Matan Porat
- Anne Queffélec
- Deszö Ranki
- Emmanuel Strosser
- David Violi
- Laurent Wagschal
 

Informations pratiques :

Billetterie
Billetterie
à partir du samedi 5 janvier 2013
Ouverture des guichets de la Cité, le centre des congrès de Nantes
samedi 5 janvier : à partir de 8h
dimanche 6 janvier : à partir de 13h
à partir du lundi 7 janvier : ouverts tous les jours de 13h à 18h
(fermés le samedi et le dimanche)
lundi 28 et mardi 29 janvier : de 12 h à 17 h
mercredi 30 et jeudi 31 janvier : à partir de 13 h
vendredi 1er, samedi 2 et dimanche 3 février : à partir de 8 h

Internet : www.follejournee.fr dimanche 6 janvier à partir de 10 h
Règlement par carte bancaire uniquement

Téléphone : 0892 705 205 (0,34 €/mn)
À partir du lundi 7 janvier, de 9 h à 19 h, du lundi au vendredi
Et de 9h à 13h le samedi
Règlement par carte bancaire uniquement

dans les Espaces Culturels E. Leclerc à partir du lundi 7 janvier
ATLANTIS : Saint-Herblain Distribution Centre commercial Atlantis Saint-Herblain
PARIDIS : Paris Distribution 14 route de Paris BP 20571 Nantes Cedex 3
Pour les scolaires accompagnés
Réservations uniquement par téléphone à partir du mardi 8 janvier au 02 51 88 21 38
de 10 h à 18 h, du lundi au vendredi

Réservez votre Hôtel avec Voyage SNCF

La Folle Journée en Région 2013

Informations pratiques

CHALLANS
A partir samedi 5 janvier 2013.
Ouverture : Samedi 5 janvier 2013 : de 10h à 16h non-stop (Théâtre Le Marais - 33 rue
Carnot ; uniquement ce jour)
Du 8 au 24 janvier 2013 : du mardi au vendredi de 8h45 à 12h30 et de 13h45 à 17h45; le samedi de 9h à 12h (Hôtel de Ville - 1 boulevard Lucien Dodin)
Tél. : 02 51 60 01 80 à partir du 8 janvier 2013
Courrier : Au Service Culturel de la Ville de Challans - Réservations Folle Journée 2013 - 1
boulevard Lucien Dodin - 85300 Challans (joindre un bulletin de réservation, 1 par personne, et une enveloppe timbrée à votre adresse ; Le bulletin de réservation est disponible à l'Office du Tourisme de Challans et sur le site Internet www.challans.fr)
Sur place : 30 minutes avant chaque concert en fonction des places disponibles
Règlement : en espèces, par chèque : à l'ordre Régie Recettes Folle Journée en Région, avec le pass Culture-Sport.

CHOLET
A partir du vendredi 04 janvier 2013 de 13h00 à 18h00.
Ouverture : Vendredi 04 janvier 2013 de 13h à 18h (accueil exclusivement réservé à la
billeterie "Folle Journée"). Horaires du 05 au 27 janvier 2013 : Du lundi au samedi : De 9h30 à 12h00 et de 14h00 à 18h00. Sauf le mardi : ouverture à 10h00 (Office de Tourisme du Choletais - 14 avenue Maudet BP 10636 - 49306 Cholet Cedex).
Tél. : 02 41 49 80 00 à partir du samedi 05 janvier 2013 à partir de 14h00 (confirmation
obligatoire par courrier).
Mail : info-accueil@ot-cholet.fr : samedi 05 janvier 2013 de 09h30 à 12h00 et de 14h à 18h.

FONTENAY-LE-COMTE
A partir samedi 5 janvier 2013.
Ouverture : Du lundi au vendredi de 13h30 à 18h00 et le samedi de 10h00 à 12h00 et en
continu au moment de la Folle Journée (Espace culturel René Cassin - service Billetterie-
Avenue de La Gare- 85200 Fontenay-le-Comte).
Tél. : 02 51 00 05 00
Sur place : 40 minutes avant chaque concert en fonction des places disponibles.

FONTEVRAUD
A partir samedi 5 janvier 2013.
Ouverture : Pour la billetterie, nous ne serons pas en mesure d'assurer une ouverture
physique puisque le site est fermé du 1er au 24 janvier inclus...
Tél. : 02 41 51 90 51 à partir du lundi 7 janvier : du lundi au vendredi de 10h à 17h.
Internet : www.abbayedefontevraud.com à partir du samedi 5 janvier.
La billetterie physique rouvrira ses portes le 25 janvier à 10 heures.

SAUMUR
A partir du 5 janvier 2013 de 10h00 à 20h00.
Ouverture : Du mardi au vendredi de 10h00 à 12h15 et de 13h45 à 18h00 et le samedi de 10h00 à 12h30 (Billeterie des spectacles- 8, rue Saint-Jean 49400 Saumur /
theatre.billetterie@ville-saumur.fr)
Tél. 02 41 83 30 83 (déconseillé les premiers jours).
Paiement par chèque ou espèce.

LAVAL
A partir du samedi 5 janvier 2013 de 09h00 à 18h30 sans interruption.
Ouverture : Du mardi au vendredi de 10h00 à 18h30 et le samedi de 10h00 à 13h00 et de 14h00 à 17h00 (Le Théâtre, 34 rue de la Paix- CS 71327- 53013 Laval)
Tél. : 02 43 49 19 55.
Les réservations sont possibles par téléphone seront possibles à partir du mardi 08 janvier.
Les places seront à retirer dans un délai de 48h sinon elles seront remis en vente.
Règlement uniquement par espèces, chèques bancaires et ou Pass Culture et Sport.

LA ROCHE-SUR-YON
A partir du samedi 5 janvier 2013 de 10h00 à 17h00.
Ouverture : du mardi au vendredi de 12h30 à 18h30 et le samedi de 11h00 à 17h00 (Le
grand R Scène nationale - Esplanade Jeannie Mazurelle - Rue Pierre_Bérégovoy - BP 681
85017 La Roche-sur-Yon Cedex- www.legrandr.com).
Tél. : 02 51 47 83 83 à partir du mardi 08 janvier 12h30, règlement par carte bancaire.
Courrier : A l'adresse du grand R Scène nationale en joignant le règlement.

LA FLÈCHE
A partir du samedi 5 janvier de 10h00 à 16h00.
Ouverture : lundi de 13h45 à 18h15, du mardi au vendredi de 10h00 à 12h00 et de 13h45 à 18h15, le samedi de 10h00 à 12h00 (Le Carroi - Espace Montréal, boulevard de Montréal BP 40028 72201 La Flèche - www.lecarroi.org et www.ville-lafleche.fr).
Tél. : 02 43 94 08 99 dès le samedi 5 janvier à partir de 14h00 puis règlement sous 72h.
Modes de règlement : espèces, chèques, CB.

SABLÉ-SUR-SARTHE
A partir du samedi 5 janvier de 10h00 à 12h00 et 14h30 à 16h00.
Billeterie partagée entre l'Office du Tourisme et le Centre Culturel Joël Le Theule.
Office de Tourisme - Rue du Château - 72300 Sablé-sur-Sarthe
Tél.: 02 43 95 00 60 - office.tourisme@sablesursarthe.fr
Ouverture : lundi, mercredi, vendredi : de 9h30 à 12h30 et 14h30 à 17h30, mardi et jeudi : de 14h00 à 17h30, samedi : de 10h00 à 12h00 et de 14h30 à 16h00.

Centre Culturel Joël Le Theule- 16 rue Saint-Denis BP 177 - 72305 Sablé-sur-Sarthe Cedex Tél.: 02 43 62 22 22 / Fax : 02 43 62 22 23- culture@sablesursarthe.fr
Ouverture : lundi et vendredi de 12h à 18h30 ; mardi, mercredi et jeudi de 14h à 18h30.
Possibilité de réservation sur place, par téléphone, par courrier en joignant le règlement.

SAINT-NAZAIRE
A partir du samedi 5 janvier à 14h00.
Ouverture : du mardi au vendredi de 14h00 à 19h00 et le samedi de 14h00 à 18h00 (Le
Théâtre - rue des Frères Pereire - Saint-Nazaire. Quartier Ville-Port).
Pas de réservation par téléphone.
Internet : à partir du samedi 5 janvier à 14h00 25/10/12 10:45sur le site internet du
Théâtre : www.letheatre-saintnazaire.fr
Accès : parking du Théâtre gratuit avec accès par la rue Henri Gauthier ou boulevard Paul
Leferme_Venir en bus au Théâtre : ligne U2 et U4 et ligne S/D- arrêt Square Delzieux.


Les Folles Journées 2013
25 - 27 janvier 2013 La Folle Journée en Pays de la loire
30 janvier - 3 février 2013 La Folle Journée à Nantes
1 - 3 mars 2013 La Folle Journée à Bilbao
26 avril - 9 mai 2013 La Folle Journée au Japon
août 2013 La Folle Journée à Montréal
septembre 2013 La Folle Journée à Rio de Janeiro
septembre 2013 La Folle Journée à Varsovie
décembre 2013 La Folle Journée en Chine

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Site de la folle journée ... cliquez ici

Site internet de la Cité des Congrès de Nantes ...cliquez ici

Site internet de ARTE qui diffusera nombreux concerts....cliquez ici

Pour mémoire : Folle journée de nantes 2012 ...cliquez ici

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