|
et
|
|
piano bleu concarneau
Pascal Amoyel
Merci à Pascal Amoyel d'avoir répondu au questions de
Piano bleu pour la réalisation de cette page.
Biographie résumée
Pascal
Amoyel est né en Seine et Marne, à Rozay en Brie le 2 janvier
1971, et pour l'anecdote celui-ci précise : " à
3 heures 15 ! A cette heure, mon père contribuait une
deuxième fois à ma naissance, car c'est lui qui accouchait
ma mère !". Dès sa plus tendre enfance, il
est bercé dans un univers musical, par sa mère qui chante
des airs d'opéra et son père qui improvise au piano. C'est
d'ailleurs grâce à ce dernier qu'il a découvert le
piano :"Un jour, vers l'âge de 6 ans, je me suis approché
de lui et après avoir attendu qu'il ait fini de jouer, je me suis
installé au piano et j'ai reproduit exactement ce qu'il venait
de faire. De nombreux quatre mains sont ensuite venus agrémenter
nos week-end, alors que je n'avais alors encore aucune connaissance de
la musique."
Il prend ses premières leçons à l'école normale
de Paris, à l'âge de dix ans, période dont il garde
le souvenir d'une période difficile : "A l'époque
j'étais au lycée à temps complet et je menais les
études de piano de front. Cela ne me laissait donc pas beaucoup
de temps pour travailler mon instrument ! ". Selon la formule
"Passe-ton bac d'abord", il est d'abord encouragé par
son père, médecin, à poursuivre ses études
scientifiques jusqu'à ce niveau, mais au final, après avoir
obtenu un baccalauréat scientifique, c'est vers la musique qu'il
choisit de se diriger : "Aujourd'hui, je ne regrette rien, sauf
peut-être le temps que j'ai perdu à ne pas monter à
l'époque autant de répertoire que mes petits camarades musiciens
! Un manque que j'ai dû combler rapidement par la suite."
Pascal Amoyel entre au conservatoire national supérieur de musique
de Paris dans la classe de Jacques Rouvier et Pascal Devoyon. Bien qu'il
y ait obtenu en 1992 un premier prix de piano et un premier prix de musique
de chambre, il ne garde pas non plus un très bon souvenir de cette
période : "C'est la période où vous prenez
conscience que vous consacrerez toute votre vie à la musique et
où les responsabilités deviennent de plus en plus urgentes
(concours, répertoires
). C'est la société qui
vous façonne à faire de la musique un métier. En
réalité, seule la recherche intérieure m'intéressait
et je n'étais pas fait pour entrer dans ce moule. Cela dit, mes
professeurs m'ont tous beaucoup apporté. Mais je n'y avais pas
du tout été préparé, ayant été
auparavant principalement autodidacte."
Cependant les résultats montrent qu'il assume très bien
ces responsabilités puisque, la même année (1992),
il remporte le premier prix du concours international des jeunes pianistes
de Paris et devient lauréat de la fondation Menuhin et de la fondation
Cziffra. Il faut préciser que Pascal Amoyel a la chance d'avoir
rencontré dès son adolescence le pianiste György Cziffra
et qu'il en est d'ailleurs considéré comme un de ses héritiers
spirituels : "L'une de mes plus belles rencontres. Cziffra était
un homme d'une générosité et d'une bonté extraordinaires.
D'un simple regard, il pouvait vous communiquer ce que d'autres essayaient
de vous faire comprendre pendant des mois. La musique était pour
lui un prolongement de l'humain, de l'amour et de la fraternité.
Une vision que je tente de faire mienne à chacune de mes interprétations."
Depuis Pascal Amoyel se produit en soliste et en musique de chambre
dans de nombreux pays : Europe, États-Unis, Japon, Canada
"Les pays de l'est m'ont apporté les plus belles satisfactions:
la musique fait véritablement partie de leur vie là-bas,
et je me souviens de concerts à Moscou ou à St Petersbourg
avec des dizaines d'enfants assis aux premiers rangs sans bouger avec
des yeux tous ronds ! Une chose dont on ne pourrait que rêver ici
en France." Son plus beau souvenir de concert est le premier
qu'il a donné : "Je venais de participer à un stage
avec Cziffra, à l'issue duquel les lauréats se produisaient
devant un public et
devant le Maître ! J'étais terrifié
! Mais je n'oublierai jamais le regard qu'il m'a lancé à
la fin du concert. On aurait dit qu'il me disait : j'ai compris que vous
avez compris. Certainement l'un des moments qui m'a décidé
à poursuivre dans la musique."
Parallèlement à son activité de concertiste, Pascal
Amoyel s'investit beaucoup auprès du jeune public, ainsi il est
également professeur au Conservatoire National de Région
de Rueil-Malmaison. A la question de savoir quel est selon lui le professeur
de piano idéal, il répond : "La plus grande des
qualités est celle de guider l'élève, sans rien lui
imposer. Tout en restant ferme quand il le faut. Il faut avoir une vision
à long terme, en jugeant plus sur l'évolution que sur le
résultat, et en accentuant les côtés positifs de son
jeu pour lui donner confiance. C'est elle qui aboutira à la vraie
liberté, celle qui consiste à être non seulement fidèle
au texte, comme un moyen et non comme une finalité, mais aussi
fidèle à soi-même. Ce qui est important en
tout cas, c'est de développer le côté oral dans l'approche
d'une uvre, l'écrit ne venant le corroborer que dans un second
temps. Cela fait ressortir ensuite l'imagination et la liberté
que l'on aura vis-à-vis d'une uvre."
Il a également créé le "Juniors festival"
car pour Pascal Amoyel, il est essentiel d'impliquer, dès le plus
jeune âge, les enfants dans tous les domaines artistiques : "Le
but de ce festival est de faire jouer, dans une ambiance festive, des
enfants et de faire partager à d'autres le plaisir de les entendre
et de les rencontrer. Si seulement les pouvoirs publics pouvaient se rendre
compte que le développement de la sensibilité est une réponse
-et non des moindres- à beaucoup de formes de violence ! L'une
des plus grandes expériences de ma vie est certainement d'avoir
fait chanter des enfants autistes. Au début, ils étaient
complètement refermés sur eux-mêmes et puis la musique
a produit sur eux un effet complètement magique : ils chantaient
tous ensembles, main dans la main".
Dans la même démarche pédagogique, il a souhaité
raconter sous forme de dialogue entre un adulte et un enfant, et de la
manière la plus ludique possible, toute l'histoire de la musique
de la Préhistoire jusqu'à nos jours (voir ci-dessous le
livre "Si la musique t'était contée"), ce qui
s'est avéré pas si facile confie Pascal Amoyel : "
Il a fallu choisir entre différents compositeurs et le choix a
été parfois cornélien ! Mais j'ai tenté d'être
le plus exhaustif possible, et dans un esprit où un enfant qui
n'aurait aucun lien avec la musique puisse ensuite s'y intéresser."
En 2000, Pascal Amoyel a obtenu le Premier Grand Prix « Ars-Deux
Magots » attribué par un jury composé de grandes personnalités
du monde artistique, récompensant "un musicien aux qualités
d'ouverture et de générosité" et la récompense
"révélation de l'année" aux victoires
de la musique 2005. En 2006, le Ministre de la Culture
l'a ordonné Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres.
Son répertoire, ses compositions et ses projets
Pascal Amoyel compte nombreux compositeurs à son répertoire.
Il apprécie particulièrement Liszt, Chopin, Scriabine, Greif
: "Liszt est un visionnaire hors normes. On dirait que la liberté
que l'interprète peut prendre avec sa musique est insoupçonnée
du compositeur lui-même, et il arrive même que la conception
d'une de ses uvres laisse la place à une autre tout en restant
aussi convaincante. Chez Chopin, l'univers est plus clos, la marge de
liberté plus cadrée en terme de dynamique et de rubato,
mais pas moins riche. Mais si vous la dépassez quelque peu, vous
pouvez être complètement à contre sens! Scriabine
s'approprie le langage de ces deux derniers compositeurs avec une énergie
créatrice telle qu'il les transcende en les faisant cheminer vers
une recherche intérieure spirituelle dont l'esthétique musicale
même paraît échapper. Au 20e siècle, Olivier
Greif est l'un des plus importants compositeurs qu'il m'ait été
donné d'entendre."
Pascal Amoyel aime aborder des répertoires peu visités
ou mystiques. Sa passion pour les spiritualités en général
guide son appréhension des uvres artistiques :"Lorsqu'on
lit les grands Sages au cours des siècles, de Bouddha à
Krishnamurti, on se rend compte qu'ils parlaient tous à peu près
des mêmes choses : la dissolution du moi et le sentiment de non
division d'avec la nature. Finalement, nous musiciens, mais aussi l'auditeur,
sommes dans un état proche de l'éveil spirituel lorsque
nous appréhendons une uvre artistique : nous sommes dans
l'oubli de soi, délivré enfin du faux moi que représente
le mental. C'est peut-être pour cela qu'au-delà des notions
esthétiques, l'art nous touche et nous rapproche tous."
Il apprécie tout autant de jouer en solo qu'en musique de chambre
et avec orchestre : " Le récital en soliste reste mon activité
la plus fréquente, mais j'ai besoin aussi de retrouver parfois
l'intimité et le dialogue inhérent à la musique de
chambre avec mes amis musiciens."
Également compositeur, Pascal Amoyel est lauteur des cycles
« Job, ou Dieu dans la tourmente », et « Lettre à
la femme aimée au sujet de la mort » sur des poésies
de Jean-Pierre Siméon..."La création est pour moi
essentielle. C'est en quelque sorte un retour aux sources, ayant commencé
à jouer du piano sans l'avoir étudié en improvisant.
En outre, cette démarche me permet d'aller encore plus loin dans
mon travail d'interprète, me permettant de prendre conscience pleinement
du cheminement intérieur du compositeur."
Pascal Amoyel a nombreux projets, ainsi avec sa femme, la violoncelliste
Emmanuelle Bertrand, avec laquelle il partage autant la scène que
la vie et forme un duo depuis 1999 : "Nous avons le projet de
donner un spectacle dans lequel nous dirons également des textes
que nous avons adaptés, sur l'histoire vraie d'une violoncelliste
et d'un pianiste dont la vie fut sauvée par la musique au cours
de circonstances épouvantables de la seconde guerre mondiale. Un
spectacle que nous travaillons déjà depuis deux ans et qui
sera mis en scène par Jean Piat."
Des disques sont également en préparation : "Un
disque Strauss Reger sortira en janvier avec Emmanuelle Bertrand, et nous
enregistrerons ensuite la Sonate de Requiem et le Trio d'Olivier Greif.
J'enchaînerai ensuite en solo sur un disque Scriabine."
Écouter... et lire
Piano bleu a sélectionné :
|
|
Liszt
Harmonies Poétiques et Religieuses
Rêves d'amour
Ballade n°2 en si mineur
Romance,"O pourquoi donc"
Romance oubliée
Pascal Amoyel
Après un très remarquable double album des Nocturnes
de Chopin, qui a contribué à sa Victoire de la musique
"Révélation soliste" en 2005, et après
un disque de l'intégrale des Poèmes de Scriabine,
Pascal Amoyel revient encore avec un répertoire que l'on
peut qualifier de "tailler sur mesure" quand on a pu mesurer
son talent exceptionnel dans ses interprétations profondes
et poétiques, et sachant que Liszt est un de ses compositeurs
de prédilection. Nul n'est besoin de vous convaincre que
ce nouvel album est à ajouter sans hésitation aux
côtés des précédents, son interprétation
de Funérailles, la pièce la plus jouée de ce
recueil par nombreux pianistes, est assurément des plus prenantes
jamais entendues. Pour parvenir à ce résultat ne pas
la séparer des autres pièces du recueil "Harmonies
Poétiques et Religieuses"était sans doute
aussi un choix fort judicieux.... Pascal Amoyel a bien voulu répondre
à quelques questions autour de ce disque...cliquez
ici pour lire la suite et en écouter une pièce
|
|
|
Saint-Saëns
Sonate n°1 op32 et Suite op16
le Cygne et autres pièces
pour violoncelle et piano
Emmanuelle Bertrand, violoncelle
Pascal Amoyel, piano
Enfant prodige très doué Camille Saint Saëns
écrivit ses premières pièces pour piano en
1839 à trois ans et demi, composa de la musique de chambre
dès l'âge de cinq ans et cela jusqu'à sa mort
en 1921. La Suite pour violoncelle, un de ses morceaux favoris,
date de 1862. Cette suite débute par un splendide prélude
à l'esprit des suites pour violoncelle de Bach. Sa fréquentation
de nombreux violoncellistes incita Saint Saëns à enrichir
leur répertoire de 1866 à 1919. Ce disque n'est donc
pas une intégrale mais une sélection permettant de
découvrir des pièces créées à
diverses périodes de sa vie...cliquez
ici pour lire la suite
|
|
|
En se reportant à la petite biographie de Scriabine sur
le site piano bleu, les deux extrémités de la vie
d' Alexandre Scriabine expliquent à eux seuls une bonne part
de l'oeuvre de ce compositeur : il est né le 6 janvier
1872 à Moscou, son père était diplomate et
sa mère pianiste. Celle-ci étant morte un an après
sa naissance, il fut élevé par sa grand-mère.
C'est sa tante qui lui fît découvrir le piano et la
musique. [...]Alexandre Scriabine est mort brutalement le 27 avril
1915 (d'une septicémie provoquée par une piqûre
de mouche charbonneuse à la lèvre). Il avait alors
le projet de créer un " Mystère " qu'il
ne réalisa jamais, et que sa fille, Marina, décrit
ainsi : " Une oeuvre d'art total où s'entrelaceraient,
dans une trame serrée, contrapuntique, musique, paroles,
lumières, gestes, parfums, et même goûts et contacts".
Sans doute faut-il écouter ce nouvel album enregistré
par Pascal Amoyel, en ayant ces éléments en tête,
car assurément l'oeuvre pour piano de Scriabine, n'est pas
a priori très accessible et tient déjà du mystère...On
ne perdra pas de vue non plus que "Intéressé
par la philosophie, et en perpétuelle recherche d'un sens
à la vie en général, il découvrit la
théosophie (Scriabine croyait à la réincarnation)
et chercha à donner une dimension spirituelle et métaphysique
à son oeuvre." . Compositeur pour le moins tourmenté...
et qu'il faut rapprocher de Schumann tant dans l'esprit que dans
l'oeuvre....cliquez
ici pour lire la suite
|
|
|
Olivier Greif
Sonate de Requiem pour violoncelle et piano
Trio avec piano
Emmanuelle Bertrand
Pascal Amoyel
Antje Weithaas
Olivier Greif(1950-2000) est un compositeur qui, semble-t-il,
a très peu donné lieu à littérature,
il est ainsi très surprenant de ne pas le trouver dans l'imposant
dictionnaire de la musique Larousse alors que d'autres compositeurs
contemporains y figurent pourtant, et l'on peut se demander pourquoi
car en 2005, le cinquième "anniversaire" de sa
disparition a donné lieu à multiples concerts tous
fort bien accueillis par la presse.
Fort heureusement le livret qui accompagne ce disque, et Internet(voir
plus bas les liens donnés en référence), permettent
d'en savoir un peu plus . Sans doute est-ce finalement le prix de
la liberté qu'il a toujours voulu avoir...car ainsi que le
témoigne Brigitte François-Sappey qui donne quelques
repères sur Olivier Greif dans ce livret : " Olivier
Greif s'est toujours voulu libre, au dessus de la mêlée.
Issue d'une famille juive d'origine polonaise établie à
Paris, lui-même épris de la langue anglo-américaine,et
attiré par les enseignements de l'Inde millénaire,
il se sentait citoyen du monde. Ce monde, qu'il a toujours continuer
de fréquenter et sillonner, il s'en est retiré musicalement
parlant plus de dix ans(1981-1993) au profit d'une qu^ete spirituelle
étirée,elle, sur quelque vingt ans(1978-1998) durant
lesquels il prit le prénom d'Haridas, serviteur de Dieu en
sanscrit...". Pour ce qui concerne sa formation en musique
classique, il est entré à 10 ans au conservatoire
de Paris, a obtenu un premier prix de composition à 17 ans
avec une sonate pour piano et violon. Il a poursuivi par un cycle
de perfectionnement en musique de chambre et deux ans aux Etats-Unis
dont plusieurs mois auprès de Luciano Bério à
la Juilliard School de New-York. On retiendra également parmi
les autres repères donnés par Brigitte François-Sappey
: "Pianiste prodigieux, déchiffreur "surnaturel",
il pétrit son clavier à longueur de journée,
même s'il ne le travaille jamais. Mais pour chanter une élégie
sans texte, rien ne vaut s'adjoindre la voix du violoncelle".
Violoncelle et piano...sont justement les instruments de la Sonate
de Requiem, écrite par Olivier Greif après la mort
de sa mère en 1979 (Il revisa l'oeuvre en 1993 afin de l'alléger
essentiellement en supprimant les répétitions). Olivier
Greif indique que cette sonate est : "une méditiation
sur la mort, vue sous trois aspects principaux. En premier, la mort
comme perte. Perte de la vie pour celui qui s'en va, perte de l'être
cher pour ceux qui restent. En second la mort comme voyage. L'âme
du défunt quittant peu à peu "les régions
terrestres" (dont elle discerne encore les musiques), traverse
les plans successifs de conscience qui la séparent de son
séjour ultime. Enfin la mort comme contemplation. L'âme
arrivée au terme de son ascension, fait face à sa
Source et s'y laisse absorber."... L'image de la tempête
de neige(de Paul Amasy) qui illustre ce disque reflête parfaitement
l'atmosphère froide, angoissante et tumultueuse de cette
oeuvre, même si l'on peut parfois reconnaître une ballade,
un hymne ou une berceuse qui relie la naissance et la mort, c'est
assurément bien l'oeuvre d'un compositeur qui définissait
lessence de sa musique, comme "pessimisme mystique"
et dont on ne ressort pas allègre, si ce n'est rassuré
d'être encore en vie...
N'espérez pas trouver un chaleureux refuge dans l'oeuvre
suivante de cet album"Trio pour piano, violon et violoncelle"
...quoique...la lumière se cache parfois où on ne
l'attend pas...ou a une couleur qui "sort de l'ordinaire"...:
Olivier Greif explique :" le titre ""De profondis"
a beau ne désigner que son premier mouvement, il donne pourtant
sa couleur émotionnelle à l'oeuvre toute entière(dont
il fut pendant un temps le sous-titre général) : celle
d'un absolu désespoir , à peine adouci vers son terme.
Pour autant, ce désespoir n'est pas une finalité en
soi, mais- à l'instar de ce qui est dit dans le psaume 130
- un moyen de tendre vers Dieu et de l'atteindre. Aussi noir qu'il
soit ce désespoir est un absolu.", reprenant à
son compte cette phrase d'Albert Camus : "Au centre de notre
oeuvre, fût-elle noire, rayonne un soleil inépuisable".
Pour vous donner une idée de son atmosphère assez
effroyable sachez que le premier mouvement est ponctué au
piano par nombreux clusters des avant bras dont l'effet sonore est
pour le moins terrorisant... Si le second mouvement porte le nom
rassurant de Java et commence assez "bien" ou du moins
dans une certaine sérénité, elle se détructure
totalement à en devenir morcelée et tout autant funèbre,
fantomatique... le soleil ne rayonne qu'à partir du troisième
mouvement "Romanze" un peu plus paisible. Olivier Grief
estime le quatrième mouvement "Alla breve" comme
"une progression intinterrompue vers la l'éclat et
la lumière", mais l'oeuvre s'achevant sur une reprise
brillante et affirmative, du discours sombre du 1er mouvement De
Profundis. Une oeuvre torturante et violente, émouvante,
certes loin du bel canto italien mais qui va droit au coeur ou plus
exactement à l'âme.
Le pianiste Pascal Amoyel a
eu la chance de collaborer étroitement avec Olivier Greif,
dont il a déjà enregistré, en 2000, la "Sonate
de guerre" et c'est donc sur des terres(et cieux...) particulièrement
bien connus de lui qu'il nous conduit avec une grande maîtrise,
accompagnée une nouvelle fois par sa femme la violoncelliste
Emmanuelle Bertrand, avec laquelle il a enregistré nombreux
disques récompensés par la presse et récemment
créé un émouvant spectacle "Block 15"
dans lequel on peut d'ailleurs entendre des extraits de la Sonate
Requiem, et dont le propos se recoupe tout à fait avec le
spectacle qui relate la vie des musiciens dans un camp pendant la
seconde guerre mondiale. La violoniste Antje Weithaas, qui a remporté
nombreux concours internationaux, les rejoint dans une parfaite
symbiose dans le Trio pour piano, violon et violoncelle.
Cliquez sur l'image pour écouter des extraits et vous procurer
ce disque, qui a obtenu un diapason d'or et un R10 Classica/Répertoire.
* : sites à visiter pour en savoir plus sur Olivier Greif
Site de l'association Olivier Greif...cliquez
ici
Plusieurs pages sur le site Musique Nouvelles en Liberté...cliquez
ici
|
|
|
Richard Strauss
Romance en fa majeur - Sonate pour violoncelle et piano en fa majeur
op. 6
Max Reger
Sonate pour violoncelle et piano en sol mineur op. 28 - Petite Romance
en ré majeur op. 79
Emmanuelle Bertrand et Pascal Amoyel
Emmanuelle Bertrand et Pascal Amoyel, tous deux récompensés
d'une Victoire de la Musique, proposent ici un programme original
d'uvres inégalement accueillies par le public et les
critiques à l'époque de leur création. Ainsi
il fut reproché à l'uvre de musique de chambre
de Reger d'être trop proche de celle de Johannes Brahms, alors
que Richard Strauss, dont la sonate op.6 était inspirée
par l'uvre de Mendelssohn et Schumann, n'eut pas à
lutter contre de telles critiques de "plagiat". Point
n'est question ici de prendre parti pour l'un ou l'autre mais d'apprécier
la richesse et l'originalité de deux de leurs uvres
mises en parallèle, et cela même si les deux compositeurs
ont, parait-il, tous deux renié chacune de leur sonate, mais
il est vrai qu'il est tellement courant qu'un compositeur critique
ses "uvres de jeunesse" !... L'interprétation
lumineuse et harmonieuse donnée par le talentueux couple
de musiciens permet d'apprécier la créativité
des deux compositeurs sous son meilleur jour.
Cliquez sur l'image pour en écouter des extraits et/ou
vous procurer ce disque
|
|
|
Frédéric Chopin
Nocturnes(intégrale)
Berceuse
Pascal Amoyel
Les nocturnes de Chopin sont des "miniatures" qui ont
été très appréciées à
l'époque du romantisme et le reste encore pour la richesse
des mélodies, inspirée du "bel canto italien"
qu'affectionnait particulièrement le compositeur. Ce sont
des pièces très mélancoliques et tristes, selon
certains musicologues on peut y voir le "journal intime"
du musicien, même si certaines ont été écrites
à des périodes heureuses de sa vie puisque leurs compositions
s'étalent en plusieurs cycles de 1827 à 1846.
Les enregistrements en solo du pianiste Pascal Amoyel ont été
salués par la presse, pour "la maturité et la
densité" de ses interprétations.
Dans l'interview reportée dans le livret de l'album Pascal
Amoyel indique que pour lui les Nocturnes paraissent rejoindre le
mystère de l'existence en questionnant la solitude ou la
finitude de l'homme. Cet univers représente un univers secret,
une confession ... un filtre du moi profond du compositeur et peut-être
même de son inconscient. Pascal Amoyel dévoile qu'il
a souhaité que les enregistrements se déroulent la
nuit, plus propice au calme, à la sérénité.
La douceur de l'interprétation de Pascal Amoyel crée
effectivement une atmosphère très délicate
que l'on peut découvrir dès "La berceuse"
qui introduit ces nocturnes. Une atmosphère propice au recueillement
créée par un toucher particulièrement doux,
incitant aussi à écouter ces deux CD de préférence
dans le calme de la nuit pour en profiter pleinement et mieux partager
le chant intérieur du piano .
Cliquez sur l'image pour écouter des extraits et/ou vous
procurer ce très beau double album
|
|
|
DVD gratuit Génération Victoires
(DVD des révélatons des victoires de la musique classique
2005)
Pascal Amoyel
Totentanz, variations sur le Dies Irae( avec l'orchestre de Paris)
Chopin, Nocturne n°20 en ut mineur
Pascal Amoyel est le seul pianiste nommé pour la
récompense « Révélation Soliste instrumental
» de l'année 2005 aux Victoires de la musique 2005.
Pour qu'il soit nominé, soutenez-le en votant entre
le 3 janvier et 22 janvier 2005 au
08 92 68 33 33 (0,34 Euro la minute) , ou
en envoyant par la poste avant le 17 janvier le bulletin de vote
accompagnant le DVD gratuit .
Le DVD, support qui remplace le CD réalisé
les années précédentes, est édité
à 500 000 exemplaires et est diffusé dans le numéro
du 5 janvier 2005 de Télérama vendu en kiosque, et
il sera adressé gracieusement à tout abonné
de cette revue qui en fera la demande, à tout acheteur d'un
disque classique à la FNAC entre le 27 décembre 2004
et le 15 janvier 2005, dans le numéro de janvier 2005 de
DIAPASON(paraissant le 23/12/2004), et dans les agences des banques
CIC.
|
|
|
Charles-Valentin Alkan, Franz Liszt
Sonate pour violoncelle et piano, opus 47
Pascal Amoyel et Emmanuelle Bertrand
Pascal Amoyel et Emmanuelle Bertrand ont souvent enregistré
ensemble, et nombreux disques ont été récompensés,
celui-ci a obtenu un diapason d'or et un choc de la musique en 2002.
"Le caractère funèbre et élégiaque
des uvres tardives de Liszt, tout comme la splendide Sonate
pour piano et violoncelle op. 47 écrite par Alkan au milieu
du siècle, reflètent un idéal commun d'expression
épurée, ainsi qu'une vision poétique de la
musique instrumentale "(avis Fnac)
Cliquez sur l'image pour écouter des extraits et/ou vous
procurer ce disque
|
Pour écouter des extraits et/ou vous procurer des disques de
Pascal Amoyel .... cliquez
ici
|
|
Si la musique t'était contée
de Pascal Amoyel
Soucieux de permettre au jeune public d'accéder à
la musique, Pascal Amoyel a réalisé ce livre en 2001.
Sous forme d'un dialogue simple et vivant entre un adulte et un
enfant et à travers de nombreuses illustrations et définitions,
il aborde l'histoire de la musique, de la préhistoire à
nos jours en passant par Bach, Mozart, Chopin, Boulez ou Miles Davis,
de la manière la plus ludique et la plus plaisante.
Cliquez sur l'image pour vous le procurer(amazon.fr)
|
En savoir plus
Visitez le site officiel de Pascal Amoyel...cliquez
ici
Visitez également le site de Emmanuelle Bertrand...cliquez
ici
© pianobleu.com ---- contact :
- Agnès Jourdain
|