|
|
piano bleu concarneau
Karol Beffa - Compositeur - Improvisateur - Interprète
Merci à Karol Beffa d'avoir répondu aux questions de Piano
bleu pour la réalisation de cette page.
Son parcours
D'origine
polonaise, Karol BEFFA est né le 27 octobre 1973 à Paris,
dans une famille pas particulièrement musicienne - son père
est linguiste et logicien, sa mère mathématicienne de formation,
linguiste et ethnologue de profession - mais mélomane : "Mes
parents ont fait 10 ans de piano et j'ai eu un grand oncle 'homme-orchestre'
amateur". Il débute enfant acteur entre sept et douze
ans : "Comme j'étais assez turbulent, une institutrice
avait suggéré que je prenne des cours de théâtre.
Mon troisième téléfilm a été celui
de MOZART et j'en ai fait beaucoup ensuite. Ce feuilleton m'a donné
envie d'être compositeur car j'étais obligé de noircir
des portées devant la caméra. Je me suis sans doute pris
au jeu." Il aurait pu poursuivre dans la voie d'acteur puisque,
outre son interprétation de MOZART à huit ans dans le téléfilm
de Marcel BLUWAL, Karol BEFFA cumule ensuite nombreux rôles où
il côtoie de grandes vedettes du cinéma : "Dans le
film de Peter Kassowitz, " Dans la citadelle ", j'incarnais
le fils du héros, Claude RICH. Dans " Femmes de personne
" de Christopher FRANK, je jouais le fils de Marthe KELLER - qui
avait une liaison avec Jean-Louis TRINTIGNANT - et de Pierre ARDITI. Je
garde aussi un souvenir ému de " La Septième Cible
", dernier film de Lino VENTURA, où j'incarnais son fils."
Cependant, Karol BEFFA s'oriente bientôt vers d'autres horizons
: ses premiers cours de piano lui sont donnés par Marthe Nallet...
"une dame qui a aujourd'hui plus de 90 ans, élève
de Nadia BOULANGER ; je lui dois mes premières notions d'harmonie".
Il entre au Conservatoire National Supérieur de Paris en 1988 :"Je
suis entré très jeune, à 14 ans, en classe d'harmonie,
pour faire de l'écriture musicale. Pasticher des auteurs m'apparaissait,
quoique de manière assez floue, comme la voie royale pour la composition".
Il a notamment pour professeur de piano Victoria MELKI puis Pascal DEVOYON,
Thierry ESCAICH comme Professeur de Fugue et d'Improvisation au piano,
Marc-André DALBAVIE en orchestration. Il aura aussi la chance de
jouer très jeune devant Yvonne LEFEBURE. Au CNSM, il obtient de
nombreux Premiers prix : Contrepoint en 1996, Harmonie, Fugue et Ecriture
XXe en 1998 ; Analyse et Orchestration en 2000 ; Accompagnement vocal
(mention bien) en 2001 ; Improvisation au piano en 2002 et ..."je
suis assez fier de n'avoir obtenu aucune récompense au Prix de
composition en 2003 : les critères esthétiques qui prévalent
en France dans les cénacles de la musique contemporaine tendent
à produire des clones de Boulez plutôt que des émules
de Dutilleux " précise-t-il !
Mais la liste des diplômes de Karol BEFFA ne s'arrête pas
là, car parallèlement à ses études musicales,
il mène des études générales, et pas des moindres
: il est reçu 1er à l'École Normale Supérieure
(Ulm), il étudie l'histoire (Licence), l'anglais (Maîtrise),
la philosophie (Master à l'Université de Cambridge) et les
mathématiques (il est diplômé de l'École Nationale
de la Statistique et de l'Administration Économique)..."A
posteriori, je regrette beaucoup d'avoir arrêté le théâtre
et le cinéma. Quand je suis passé de l'Ecole des enfants
du spectacle au Lycée Henri IV, en classe de seconde, j'ai eu peur
de ne pas pouvoir continuer de front les tournages, la musique et les
études générales et j'ai refusé les rôles
qu'on me proposait. C'est mon plus grand regret. Si aujourd'hui un metteur
en scène me proposait de faire un film ou de monter sur les planches,
je n'hésiterais pas une seconde
"
En 1996, il est reçu premier à l'Agrégation de
Musique. Il enseigne depuis 1998 à l'Université Paris IV-Sorbonne
et, entre 1999 et 2004, il a enseigné l'orchestration et la composition
au Conservatoire du XVIIIe arrondissement..."Enseigner une matière
technique comme l'orchestration suppose d'être un très bon
pianiste lecteur. C'est aussi, pour moi, une façon d'approfondir
la connaissance de l'orchestre et c'est infini. C'est un domaine que l'on
peut explorer toujours davantage. Quant à l'enseignement de la
musicologie, cela me pousse à découvrir un répertoire
rare, à me plonger dans de nouvelles partitions, à renouveler
mon questionnement sur la musique".
Il a été nommé en 2003 Maître de Conférences
à l'École Polytechnique et Maître de Conférences
à l'École Normale Supérieure en 2004. En décembre
2003 il a soutenu une Thèse de Doctorat portant sur Les Etudes
pour piano de György LIGETI (Mention 'Très honorable avec
Félicitations du jury'). Karol Beffa indique quelques exemples
de sujets de cours :"Un séminaire prolonge mes recherches
engagées dans le cadre de ma thèse (sur la musique de LIGETI).
Un autre est assez iconoclaste et porte sur toute une série de
compositeurs dont les noms ont été effacés de l'histoire
de la musique ; il s'intitule " L'autre XXe siècle"."
A ses diplômes s'ajoutent nombreux prix et récompenses
: Karol BEFFA est boursier de l'Institut de France et lauréat de
la Fondation Lili et Nadia BOULANGER (2001), lauréat de l'Académie
de Villecroze et de la Fondation Natexis - Banques Populaires (2002).
Il a reçu en octobre 2005 le Prix Charles Oulmont qui récompense
chaque année un jeune créateur dans le monde de la musique,
du théâtre et des arts plastiques.
Actualité :
Le 16 mai 2008 sort son disque d'improvisations au piano, chez le label
INTRADA, sur des thèmes proposés par le public. Karol Beffa
est compositeur invité du festival dAuvers-sur-Oise (voir
plus bas concerts à venir) et dans le cadre de sa résidence
auprès de l'Orchestre National du Capitole de Toulouse, Boris Berezovsky
lui a demandé de lui écrire un concerto pour piano qui sera
créé en mai 2009.
Questions-réponses autour de ses multiples activités en
tant que pianiste, compositeur, improvisateur
- Pianiste, Karol Beffa se produit en soliste avec orchestre et a
donné des récitals Salle Cortot, Salle Gaveau, à
l'Auditorium Saint Germain, au Festival de Radio-France Montpellier, à
Saint Louis des Invalides...
-
En tant qu'interprète, quel est
votre répertoire, quels compositeurs préférez-vous
jouer ?
J'ai des goûts très classiques : BACH, MOZART, SCHUBERT,
SCHUMANN. J'aime aussi glisser des extraits de KOECHLIN ou des transcriptions
qui permettent de sortir de l'ordinaire du concert. Lorsque la possibilité
m'en est donnée, j'aime faire alterner interprétations
d'uvres du répertoire et improvisations sur des thèmes
proposés par le public.
-
Puisque vous êtes pianiste, ne préféreriez-vous
pas créer vos uvres vous-même ?
Non. Je préfère confier la création d'uvres
à des pianistes plus virtuoses que moi en général.
Par ailleurs, pour être certain que la forme d'une nouvelle
pièce me convient, il faudrait que je m'enregistre pour percevoir
l'uvre dans sa totalité comme auditeur et non comme interprète.
Et je préfère garder un peu de distance pour faire d'éventuelles
corrections.
-
Comment vivez-vous cette transmission à
d'autres pianistes ?
Si j'étais le seul à vouloir jouer ma
musique, ce ne serait pas très bon signe. Que d'autres la jouent
pour moi m'ouvre parfois des perspectives insoupçonnées.
-
Quel est votre meilleur souvenir de concert
?
En tant qu'interprète : avoir joué à dix-sept
ans le 23e Concerto de MOZART avec l'Orchestre de la Garde Républicaine.
- Improvisateur, Karol BEFFA accompagne des films muets à
l'Auditorium du Musée d'Orsay, au Forum des Images, à l'Archipel
; au Cinéma 'Le Balzac' et au Cinéma du Panthéon.
Il a par ailleurs composé des musiques de films et des musiques
de scène.
Et il donne - renouant ainsi avec un genre très peu pratiqué
depuis Franz LISZT - des concerts d'improvisation sur des thèmes
donnés par le public et il est l'un des rares pianistes à
le pratiquer en Europe actuellement. Le public peut ainsi s'approprier
le concert en participant à sa programmation.
-
Pouvez-vous expliquer le principe des
concerts d'improvisation sur des thèmes donnés par le
public et donner des exemples de thèmes que l'on vous a donné.
Comment vivez-vous ce type de concert ?
Les thèmes peuvent être littéraires,
musicaux, picturaux. A mon sens, les meilleures improvisations étaient
liées à des thèmes musicaux : " une rencontre
entre Bach et Scriabine ", " La Blue Note ", "
Un tango dans le style de Debussy ", " L'Oiseau prophète
dans le style de Debussy "
Mais on peut très bien
faire quelque chose d'imaginatif avec des thèmes d'un tout
autre ordre : " La Mort ", " Guernica "
Parfois, le public suggère des thèmes assez acrobatiques
- " quelque chose de joyeux à la main droite, de triste
à la main gauche " -, voire franchement fantaisistes -
" 30% de touches blanches ". L'essentiel reste que le thème
se prête effectivement à un traitement musical et que
l'auditeur n'ait pas pour seul objectif de se rendre intéressant.
Une fois le thème lancé, j'essaie d'attaquer tout de
suite l'improvisation, en réfléchissant au minimum ;
cela permet de donner une forme à la pièce au fur et
à mesure que les idées vous viennent sous les doigts.
Les sensations que je ressens à ces occasions s'apparentent
un peu, j'imagine, à celles d'un funambule sur sa corde. Mais
jusqu'à présent, je n'ai jamais eu le trac. Je peux
même dire que le fait d'inclure des improvisations dans mes
récitals m'a ôté tout trac pendant les interprétations
d'uvres du répertoire.
- Compositeur, les uvres de Karol BEFFA ont été
jouées en France , en Allemagne, en Italie, en Grande-Bretagne,
en Russie, au Etats-Unis et au Japon, par de grands interprètes
comme Gautier et Renaud CAPUÇON, Dana CIOCARLIE, Guy TOUVRON, Thierry
ESCAICH, Arnaud THORETTE, Geneviève LAURENCEAU, Lorène de
RATULD et Vincent WARNIER ; et des ensembles aussi célèbres
qu'A Sei Voci, la Maîtrise de Radio-France, les Cambridge Voices,
l'Orchestre Philharmonique de Radio-France, l'Orchestre de l'Opéra
de Lyon, l'Orchestre National des Pays de la Loire.
En 2000 la Biennale Internationale des Jeunes Artistes de Turin l'a sélectionné
pour représenter la France. En 2002 il était le plus jeune
compositeur français programmé au Festival Présences.
Il a de nombreuses commandes et plusieurs créations sont prévues
en 2006. Il a écrit également de la musique de chambre et
des oeuvres pour churs. De nombreux enregistrements vont paraître
prochainement chez Lorelei Productions (Concerto pour Trompette, par Guy
TOUVRON), Virgin Classics (Masques, par Renaud et Gautier CAPUÇON)
et vient de paraître chez Ameson (Six Etudes, Mirages et Voyelles
par Lorène de RATULD). La création de son Oratorio 'Marie
Madeleine' a eu lieu en juillet à St Maximim la Sainte Beaume et
à Marseille. En juillet dernier, il était membre du jury
du Concours Lily LASKINE pour lequel il avait écrit Eloge de l'ombre,
l'uvre imposée par Marielle Nordmann. Une partition de ses
Etudes pour Piano et de Sillages est disponible chez BILLAUDOT.
-
Comment définiriez-vous vos compositions
: à quel courant musical les rattacher ou à quels compositeurs
?
Je me sens assez proche d'un courant de musique française
qui partirait de RAVEL pour aller jusqu'à DUTILLEUX, FLORENTZ
ou NIGG.
-
Quels sont les compositeurs contemporains
que vous préférez et ceux du passé
?
Pour le passé : deux compositeurs presque opposés
: BACH et RAVEL, mais il y en aurait bien trop d'autres à citer.
En musique contemporaine, Steve REICH et LIGETI pour leur imagination
sonore. Et DUTILLEUX pour la beauté de son univers intérieur
et la perfection de son métier.
-
Ecoutez-vous seulement de la musique "savante"
?
Essentiellement. Ce qui ne m'empêche pas de m'inspirer de
jazz, de pop, de funk dans certaines de mes pièces : par exemple
pour Destroy, pour quatuor à cordes et clavecin ; et plus récemment,
pour une pièce très rythmique pour alto et piano écrite
à l'intention d'Arnaud Thorette et Johan Farjot (un enregistrement
à paraître chez Accord/Universal).
-
Qu'est ce
que la musique contemporaine doit selon vous avoir comme caractéristiques
pour être appréciée du public ?
Si le public reste étranger à 80% de la musique contemporaine,
il faudrait se demander si c'est à cause du public ou de la
musique contemporaine
Il me semble qu'à vouloir se priver
de toute balise perceptive, de tout thématisme et de tout sentiment
harmonique, certains compositeurs y perdent plutôt qu'ils n'y
gagnent en pouvoir d'expression
et il ne faut pas s'étonner
si le public a du mal à suivre.
-
Quels sont vos projets actuels ?
Je suis en train de terminer une pièce qui est une commande
du public de l'orchestre de Pau. Lancer une souscription aux abonnés
d'un orchestre se fait depuis longtemps à Birmingham et fréquemment
aux Etats-Unis, mais c'est une première en France. L'uvre
doit être créée les 23 et 24 mars par l'orchestre
de Pau dirigé par Fayçal Karoui, l'un des chefs français
les plus dynamiques et talentueux. Puis j'attaquerai une pièce
pour piano sur le nom de Mozart, à l'intention de Jonathan
Gilad. C'est une commande des Pianissimes de St Germain au Mont
d'Or. Ensuite je me lancerai dans l'écriture d'une commande
d'orchestre pour Radio France.
-
Comment composez-vous, selon qu'il s'agisse
ou non d'une commande, la méthode diffère-t-elle ?
Aujourd'hui, je compose pratiquement toujours sur commande. Cela n'a
d'ailleurs aucune incidence sur ma façon de composer.
-
Quelles sont vos principales sources d'inspiration
?
Je compose toujours au piano mais les idées peuvent venir en
toutes circonstances, particulièrement les moins attendues:
un bain de foule, un trajet dans le métro, un moment d'inattention
au concert. Le stimulus peut être poétique, tactile ou
visuel. Parfois, les idées sont simplement liées à
un sentiment intérieur. D'autres fois, c'est le pur produit
du hasard ou des circonstances.
-
Aimeriez vous composer la musique d'un
film. Avez vous eu des propositions dans ce sens ?
Oui, j'aimerais beaucoup en composer. A part la collaboration à
un film d'époque sur Arte, Rokoko, et la composition d'une
musique de film muet - un Roméo et Juliette italien de 1907
- je n'ai jamais écrit de musique de film proprement dit. En
revanche, certaines de mes pièces ont été utilisées
comme musique préexistante pour des films et des documentaires.
J'aimerais beaucoup effectivement écrire pour le cinéma,
d'autant que je me sens sans doute plus cinéphile que mélomane
J'attends
que l'occasion se présente. On m'a souvent dit que la musique
que j'écris ou que j'improvise, expressive, aux climats assez
variés, se prête assez bien à l'illustration,
qu'il s'agisse de cinéma, de littérature ou d'arts plastiques.
Il m'arrive fréquemment d'improviser pour accompagner des lectures
de texte : avec le Prix Nobel américain Toni Morrison dans
sa propre production, avec une sympathique bande de lecteurs, les
" livreurs-lecteurs sonores ", dans Proust ou dans de la
littérature contemporaine
J'ai aussi improvisé
à Chambéry à l'occasion d'une exposition de photographies
d'Alix Laveau..
-
Que pensez-vous de tous les événements
autour de la célébration de Mozart ? Ne pensez-vous
pas qu'elle se fait au détriment des compositeurs contemporains
?
Tant mieux si cela permet de mieux connaître MOZART. Tant
pis si les uvres les moins connues seront oubliées en
2007. J'aurais du mal à citer un seul compositeur contemporain
qui puisse se confronter à MOZART
donc si la célébration
de l'anniversaire occulte les compositeurs contemporains, ce n'est
pas vraiment illégitime.
-
Comment choisissez-vous vos interprètes
? Composez-vous en fonction de ceux qui doivent créer l'uvre
ou à l'inverse les choisissez-vous en fonction de votre uvre?
Comment travaillez-vous avec eux ?
Cela dépend des circonstances de la création et de
la commande.. Chez les pianistes, Jean-Frédéric
Neuburger et Bertrand
Chamayou sont des " déchiffreurs " exceptionnels
; paradoxalement, leur perception de la musique est à la fois
très intuitive et très réfléchie. Dana
Ciocarlie est la toute première pianiste pour laquelle
j'ai écrit de la musique (il y a de cela quinze ans
).
Jaime son éclectisme ; je partage son goût pour
Enesco et Bartok. C'est sous son impulsion que j'ai commencé,
il y a six ans, mon cycle d'Etudes pour piano. Lorène de
Ratuld a entendu pratiquement toutes mes compositions, a joué
l'essentiel de ma musique de chambre et a enregistré l'intégrale
de ma musique pour piano : c'est elle qui connaît le mieux ma
musique. Par ailleurs, j'adore me produire à quatre mains avec
elle ou avec Bertrand Chamayou.
-
Vous êtes à la fois pianiste,
compositeur et improvisateur. Laquelle de ces trois activités
préférez-vous et pourquoi ?
Jaime la diversité et pouvoir combiner les trois mapporte
un certain équilibre. La composition est une activité
solitaire, austère et parfois franchement déprimante.
Limprovisation me permet, quand jaccompagne une projection
de film muet ou une lecture de textes, de découvrir des chefs
duvre littéraires et cinématographiques
; par ailleurs, je ny ai encore jamais connu ce sentiment dimpasse
ou cette peur de la page blanche qui me guettent immanquablement comme
compositeur. Quant à l'interprétation, elle me permet,
via la musique de chambre, de travailler avec dautres musiciens.
Ecouter... et jouer
|
|
Dutilleux
Beffa
par Lorène de Ratuld
Lorène de Ratuld, dédicataire de la troisième
étude de Karol Beffa, interprète ici l'intégrale
des oeuvres pour piano écrites jusqu'à présent
par le jeune compositeur ainsi que l'unique sonate pour piano d'Henri
Dutilleux. Association très compréhensible puisque
la musique de Karol Beffa s'inscrit dans une tradition française
où résonnent les souvenirs de Debussy et Ravel, ainsi
que l'influence de Dutilleux. Elle prend sa source dans des évocations
visuelles et conduit l'auditeur plus à vivre des sensations
qu'à lui évoquer des sentiments.
Ainsi la première uvre de Karol Beffa qui a pour titre
Sillages, écrite en 2003, est très prenante
par la tension qu'elle crée par l'utilisation d'une mélodie
répétitive au tempo lent, une harmonie changeante
qui s'amplifie petit à petit, monte à son point culminant
puis redescend. L'auditeur est ainsi porté dans une rêverie
contemplative. Les Six Etudes (écrites entre 2000
et 2002) portent sur les intervalles : tierces et quintes, pour
la première ; octaves pour la deuxième ; septièmes
pour la troisième ; tierces pour la quatrième ; dixièmes
et quartes pour la cinquième ; sixtes pour la dernière.
Mais elles sont aussi des explorations autour de la sonorité.
Les annotations de Karol Beffa sur la partition sont éloquentes
sur le rôle important confié à l'inventivité
de l'interprète : " brouillé de pédale",
"changer l'harmonie imperceptiblement", "changer
de couleur"... Dans Voyelles, la plus longue de ses
uvres pour piano, d'une dizaine de minutes, transparaît
le souvenir de Ravel, particulièrement au travers du motif
de la cinquième des "Valses nobles et sentimentales".
uvre sombre, l'angoisse se fait sentir par touches progressives,
la polyphonie s'épaissit progressivement et donne naissance
à nombreux reflets sonores qui se démultiplient jusque
dans un splendide quintuple canon.
Dans la Sonate d'Henri Dutilleux, compositeur dont on vient de
célébrer les quatre-vingt dix ans, se trouve aussi
l'influence prononcée de Ravel. Bien que marié à
une pianiste : Geneviève Joy, dédicataire et créatrice
de l'oeuvre en 1948, ce compositeur a écrit très peu
d'oeuvres pour le piano, lui préfèrant l'orchestre.
Aussi ne faut-il sans doute pas s'étonner que cette composition
est elle-même très orchestrale, le dernier mouvement
de la sonate étant un grand Choral utilisant tout le clavier
!
Karol Beffa considère que la pianiste Lorène de
Ratuld est celle qui connaît le mieux ses uvres pour
les avoir pratiquement toutes entendues et avoir fréquemment
joué celles pour piano. Elle propose à ses côtés
des programmes mêlant interprétations et improvisations.
Elle est donc l'interprète idéale pour cette difficile
intégrale. Elle possède une très grande technique,
cumule de nombreux prix et récompenses, dont le Prix
de piano mention très bien au CNSM de Paris en 2000, prix
de Musique de Chambre en 2002, lauréate du concours international
de piano Seiler en 2003, plusieurs prix au Concours International
Piano Campus en 2004.
Cliquez sur l'image pour vous procurer ce disque
|
|
|
Dana Ciocarlie
Debussy en miroirs
La pianiste Dana Ciocarlie a souvent eu l'occasion de travailler
avec des compositeurs contemporains, et plusieurs lui ont d'ailleurs
dédié des oeuvres. Dans cet enregistrement, elle a
souhaité rapprocher des oeuvres de Claude Debussy et de quatre
jeunes compositeurs actuels, nés entre 1965 et 1975, qui
eux-même sont des virtuoses du piano, ainsi Karol Beffa
dont vous pouvez lire une interview sur le site Piano bleu , qui
lui a dédié plusieurs études.
Dans le livret qui accompagne le disque, paru chez le label Triton,
Dana Ciocarlie explique que dans la plupart des oeuvres qu'elle
a choisi de présenter, la référence à
Claude Debussy y est clairement affirmée...cliquez
ici pour lire la suite
Pendant tout le mois de juillet 2006 , Dana Ciocarlie offre
aux internautes de pianobleu.com l'écoute d'un morceau entier
de ce disque...cliquez
ici
|
vous pouvez vous procurer la partition "Sillages" en cliquant
ici
Vous pouvez vous procurer la partitions " Etudes" en cliquant
ici
Bientôt en concert :
CONCERTS
20 avril 2008 : auditorium du musée dOrsay, improvisations
sur Beethoven
29 avril : Toulouse, cinémathèque, accompagnement improvisé
de « Aimez-vous les uns les autres » de Dreyer
30 avril : Genève, Espace Mattom, concert dimprovisations
7 mai : accompagnement improvisé de « LAurore »
de Murnau, salle G. Charpentier de lhöpital Sainte-Périne
(14h30)
9 mai : à Dieulefit, François Salque et Saskia Lethiec jouent
Masques
13 mai : Khabarovsk, le Baltic Chamber Orchestra, dir. Emmanuel Leducq-Barôme
jouera Stèles
17 mai : Lise Berthaud jouera Metropolis et Tryptique à Radio France
en compagnie de musiciens de l'Orchestre National de France
23 mai : Geneviève Laurenceau joue Supplique de Karol Beffa à
Chateauroux.
30 mai : Rome, Académie Santa Cecilia. Création de Blow
up pour flûte, hautbois, clarinette, basson et piano, commande de
lAmbassade de France à Rome
7 juin : Paris, Ecole Normale Supérieure, improvisations sur lEcclésiaste
12 juin : Saint-Pétersbourg, théâtre Marinsky, lOrchestre
Philharmonique de Saint-Pétersbourg, dir. Emmanuel Leducq-Barôme
jouera Stèles
19 juin : Florence, Johan Farjot et Arnaud Thorette jouent Metropolis
20 juin : Paris, Ecole Normale Supérieure, improvisations sur des
lectures du poète Istvan Kemeny
23 juin : Turin, Romain Garioud et Maud Lovett jouent Masques
3 juillet : Sorrèze, lOrchestre National du Capitole de Toulouse,
sous la direction de Michal Klausa, jouera Dédales. Lorchestre
reprendra luvre les 22 et 23 juillet en Région.
5 juillet : festival de Colmar, 11h : Ophélie Gaillard (violoncelle)
créera Ellipses
5 juillet : festival « Les Pianissimes »
15h : projection du film « Mozart » de Marcel Bluwal
Esplanade du Château d'Ombreval
18h : Dana Ciocarlie jouera trois Etudes pour piano
21h : Jonathan Gilad créera Sur le nom de Mozart, commande du festival
« Les Pianissimes », Karol Beffa improvisera sur des thèmes
proposés par le public et tous deux joueront Mirages, pour piano
à quatre mains.
16 (Menet), 18 (Riom ès Montagne), 22 (Cunlhat), 23 (Chalinargues),
25 (Murat) juillet : création de la Messe de Karol Beffa, pour
soprano soliste, chur mixte, quatuor à cordes et piano ;
direction Johan Farjot, avec le compositeur au piano
19 juillet : le Trio con fuoco joue le Trio de Karol Beffa au festival
de Radio France Montpellier
20 juillet : Le Puy en Velay, concert dimprovisations et ciné-concert
en plein air, accompagnement improvisé de « LAurore
» de Murnau
23 juillet : Michael Nguyen jouera Sillages et la Troisième Etude
de Karol Beffa au festival de Radio France Montpellier
26 juillet : concert duvres du répertoire et dimprovisations
à Figeac
30 juillet : Reims (Flâneries musicales), Ophélie Gaillard
(violoncelle) rejouera Ellipses
8 août : concert de mélodies et airs dopéra
avec Ariana Vafadari (Limoges)
15 août : dans le cadre du festival du Périgord noir, accompagnement
improvisé de « LAurore » de Murnau et «
Loulou » de Pabst (cinéma Vox de Montignac)
Karol BEFFA, compositeur invité du festival dAuvers-sur-Oise
(mai-juin)
Samedi 17 mai 2008
21h> Eglise Notre Dame dAuvers-sur-Oise
Anastasya TERENKOVA, piano, jouera deux Etudes
Vendredi 23 mai 2008
21h> Eglise Notre Dame dAuvers-sur-Oise
ORCHESTRE DE CHAMBRE DE LA GARDE REPUBLICAINE_Sébastien BILLARD,
direction musicale, donnera La Nef des fous.
Samedi 24 mai 2008
Présentation par Karol Beffa de son uvre (avec interviem
conduite par Alain Cochard)
Dimanche 25 mai 2008
17h30> Eglise Notre Dame dAuvers-sur-Oise
En plein vent !_Romain LELEU, trompette_Mathias LECOMTE, orgue donneront
La Nuit étoilée
Mardi 27 mai 2008
20h30> cinéma Royal Utopia de Saint-Ouen
Accompagnement improvisé de « LAurore » de Murnau
Jeudi 29 mai 2008
21h> Eglise Notre Dame dAuvers-sur-Oise
Renaud CAPUÇON, violon_Gautier CAPUÇON, violoncelle jouent
Masques I et II
Vendredi 30 mai 2008
21h> Eglise Notre Dame dAuvers-sur-Oise
LES SINGPHONIKER_(Alfons BRANDL, Hubert NETTINGER, Manuel WARWITZ,_Michael
MANTAJ, Christian SCHMIDT, Berno SHARPF) chantent Credo
Samedi 31 mai 2008
21h> Eglise Notre Dame dAuvers-sur-Oise
QUATUOR MODIGLIANI joue « Quelques cercles
»
Dimanche 01 juin 2008
17h30> Eglise Notre Dame d'Auvers sur Oise
LE JEUNE CHOEUR DE PARIS_LES NOUVEAUX CARACTERES_(Geoffroy JOURDAIN /
Laurence EQUILBEY, direction) chantent Salve Regina
Jeudi 05 juin 2008
21h> Eglise Notre Dame dAuvers-sur-Oise
_EUROPEAN CAMERATA,_Laurent Quenelle, Michel DALBERTO, piano jouent «
Et la cîme
»
Vendredi 06 juin 2008
21h> Eglise Saint Quentin de Valmondois
Fanny CLAMAGIRAND, violon joue « Après une lecture de Bach
»
Samedi 07 juin 2008
21h> Eglise Notre Dame dAuvers-sur-Oise
_MAITRÎSE DE GARCONS DE COLMAR_(Arlette STEYER , direcion musicale)
chante « Notre Père »
Dimanche 08 juin 2008
17h30> Salon bibliothèque du château de Méry-sur-Oise
Création de Suite de Karol Beffa, uvre imposée au
concours
Jeudi 12 juin 2008
21h> Salon bibliothèque du château de Méry-sur-Oise
François DUMONT, piano et direction musicale_QUINTETTE VOCAL DONIZETTI,
chantent des extraits des Six Mélodies
Vendredi 13 juin 2008
21h> Eglise Notre Dame dAuvers-sur-Oise
Arnaud THORETTE, alto et Johan FARJOT, piano jouent Milonga
Jeudi 19 juin 2008
21h> Eglise Saint Denis de Méry-sur-Oise
Olivier CHARLIER, violon_Michel BEROFF, piano et Florent HEAU, clarinette
jouent Trio
Vendredi 20 juin 2008
21h> Eglise Saint Denis de Méry-sur-Oise
_Dominique MERLET, piano joue Sillages
Dimanche 22 juin 2008
21h> Abbaye du Val à Mériel
JEAN-YVES FOURMEAU crée les quatre Etudes pour saxophone
Mercredi 25 juin 2008
21h> Eglise Notre Dame d'Auvers sur Oise
ORCHESTRE ATELIER OSTINATO_Emmanuel CEYSSON, harpe_Clément DUFOUR,
flûte traversière_Jean-Luc TINGAUD, direction donnent Dédales
Jeudi 26 juin 2008
21h> Eglise Notre Dame dAuvers-sur-Oise
Les trilles du diable dir. Nemanja RADULOVIC) donnent Tango
Vendredi 27 juin 2008
21h> Eglise Notre Dame dAuvers-sur-Oise
Le tsar du clavier_Denis MATSUEV, piano
Joue deux Etudes de Karol Beffa
En savoir plus
Visitez la page consacrée à Karol Beffa sur le site de
l'Agence Dièse, partenaire de Piano bleu...cliquez
ici
© pianobleu.com ---- contact : -
Agnès Jourdain
|