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piano bleu concarneau
Jean-Marc Luisada
Merci à Jean-Marc Luisada d'avoir répondu aux questions
de "Piano bleu" lors de son passage à Quimper à
l'occasion de son concert au festival "Semaines Musicales de Quimper".
Biographie de Jean-Marc Luisada
Né le 3 juin 1958 en Tunisie dans une famille non musicienne, Jean-Marc
Luisada se considère avec humour comme une "anomalie musicale"
dans celle-ci, même si sa mère avait une passion pour la
musique classique. Son amour du piano lui est venu tout jeune, alors qu'il
ne s'exprimait qu'à travers les jeux et l'électrophone de
celle-ci : "Mes parents s'inquiétaient parce que jusqu'à
mes trois ans je ne parlais pas mais je chantonnais en accompagnant de
très belles versions de musique interprétées par
Alfred Cortot, Wilhelm Kempff...".
Il débute le piano à Alès, où sa famille
avait déménagé, avec "des professeurs adorables
qui m'ont donné le goût de la musique", il a alors
six ans ..."ce qui n'a rien d'exceptionnel, précise-t-il,
je n'étais pas un génie mais tout à fait normal !"
et il poursuit l'étude du piano "avec désinvolture",
jusqu'à l'obtention d'un petit concours, à l'âge de
dix ans, qui le conduit à Paris :" les choses se sont
compliquées lorsque j'ai rencontré mon grand maître
Marcel Ciampi et son assistante Denyse Rivière, ce n'était
pas déplaisant au contraire, mais il fallait toujours travailler
en professionnel, je devais jouer au moins trois heures de piano par jour,
et j'ai eu la chance d'avoir très jeune, de très grands
maîtres avec un goût parfait qui m'ont appris ce qu'était
le bon style, la pédalisation, la forme de l'uvre, la belle
sonorité... d'autres ne font ce type de rencontre que vers
quinze ans, c'est une véritable chance de les avoir rencontrés
dès dix ans".
Jean-Marc Luisada réussit dès l'âge de 12 ans à
entrer à l'école Yehudi-Menuhin en Angleterre, où
Marcel Ciampi était également professeur : "J'ai
du beaucoup travailler pour pouvoir y entrer, j'étais, je crois,
le seul admis français depuis au moins une vingtaine d'année.
J'y ai partagé la chambre d'un musicien bien connu aujourd'hui
: Nigel Kennedy, c'était un grand copain". Il est resté
trois ans dans cette prestigieuse école : "J'avais également
comme professeur Maurice Gendron, Nadia Boulanger...et j'ai pu rencontrer
occasionnellement de grands musiciens comme Gérald Moore, Benjamin
Britten à son festival à Aldeburgh...". Accessoirement,
il y a aussi appris l'anglais.
Jean-Marc Luisada entre à l'âge de seize ans au Conservatoire
National Supérieur de Musique de Paris dans la classe de piano
de Dominique Merlet et la classe de musique de chambre de Geneviève
Joy-Dutilleux et obtient en 1977 le Premier prix dans les deux disciplines
: " Dominique Merlet m'a appris un autre manière de voir
le piano, une manière plus professionnelle de se comporter en concert".
En 1978, il continue à travailler avec Nikita Magaloff, Paul Badura-Skoda
et Milosz Magin.
En 1983, Jean-Marc Luisada est lauréat du concours Dino Ciani
à la Scala de Milan. En 1985, il est lauréat au concours
Chopin de Varsovie. Et pourtant Jean-Marc Luisada n'affectionne pas particulièrement
les concours :" Je déteste les concours. Les résultats
sont extrêmement bizarres, c'est une question de goût, de
composition du jury...hélas beaucoup de professeurs de piano font
partie du jury, ils y sont plus nombreux que les concertistes, or ils
s'attachent plus à la fausse note, une note liée ou pas...ils
ne savent pas ce que c'est le métier d'artiste, d'exploser sur
une scène. Il faudrait plus de pianistes concertistes dans les
jurys. Ainsi j'ai une photographie du jury du Concours International de
Piano Reine Élisabeth en 1956, le jury était extraordinaire
: on y voit Annie Fisher, Guido Agosti, Arthur Rubinstein, Nikita Magaloff,
Emil Gilels, Cor de Groot, Eduardo del Puyeo...et ce jury a récompensé
un premier prix qui était génial : Vladimir Ashkenasy et
les autres prix aussi : Lazar Berman, Cécile Ousset... Ce
sont de grands artistes qui devraient donner leur chance à de jeunes
pianistes, sinon on a des pianistes qui ont une technique flamboyante,
mais qui ne transmettent aucun message. Je prépare actuellement
un jeune élève extrêmement brillant pour le concours
Chopin de Varsovie, mais j'ai des craintes...si je me fie aux derniers
résultats. Je ne fais plus confiance à aucun concours".
Son succès à Varsovie le propulse sur la scène
internationale. Suivront alors des concerts à travers le monde.
Jean-Marc Luisada joue sous la direction de grands chefs d'orchestre :
Charles Dutoit, Adam Fischer, Theodor Guschlbauer, Eliahu Inbal, Hiroyuki
Iwaki, Marek Janowski, Emmanuel Krivine, Yehudi Menuhin, Michel Plasson,
Cord Garben, Jean-Bernard Pommier, Yutaka Sado, Stanislaw Skorwacewski
and Michael Tilson Thomas avec le LSO, NHK, Orchestre National de France,
Orchestre de la Suisse Romande, l'Orchestre de Saint Pétersbourg,
Sinfonia Varsovia, Orchestre du Capitole de Toulouse.... Il joue également
en formation de chambre et il est régulièrement invité
à participer à de nombreux festivals : Festivals de Besançon,
de la Roque d'Anthéron, de Radio France à Montpellier, de
Strasbourg, Bergen en Norvège et Valdemosa. Il se produit à
travers l'Europe dans les salles les plus prestigieuses, telles que Queen
Elizabeth Hall et Wigmore Hall, Londres; Suntory Hall, Tokyo; New Bilbao
Auditorium de Barcelone; Victoria Hall, Genève; Alice Tully Hall,
New York; Palais des Beaux Arts, Bruxelles; Musikhalle de Hambourg: Herkulessaal,
Münich; Teatro San Carlo, Napoli; Salle Verdi du Conservatoire de
Milan, Symphony Hall à Osaka, Conservatoire Tchaïkovski, Moscou;
Tonhalle, Zürich; à Paris: Salle Pleyel, Théâtre
des Champs-Elysées, Salle Gaveau, Théâtre du Châtelet...
Jean-Marc Luisada donne des concerts dans de nombreux lieux : à
New York (Carnegie/Weill), Varsovie, Porto, Vilnius, Münich, Prague,
Venise, Cagliari, Moscou, Kiev, Odessa, Dubrovnik, Londres, une tournée
au Japon avec l'Orchestre de Varsovie, et des concerts au Théâtre
des Champs-Elysées et au Théâtre du Châtelet
à Paris...."J'aime beaucoup jouer au Japon, les salles
sont splendides et le public merveilleux. J'aime aussi beaucoup les salles
des pays de l'Est : la salle Tchaikovski à Moscou...".
Cela ne l'empêche pas d'avoir à chacun de ses concerts un
peu le trac ..."Mais il parait que c'est une bonne chose alors...!".
Il se tient d'ailleurs à un rituel quelques heures avant ceux-ci
: il mange des pâtes et une sauce tomate qu'il cuisine lui-même
et dans la mesure du possible son labrador noir Bogey l'accompagne, même
sur scène.
Parallèlement à son activité de concertiste, Jean-Marc
Luisada enseigne à de nombreux étudiants et lors de masterclasses
: " Je donne une masterclasse tous les étés à
Cagliari et récemment je viens de faire une masterclasse pour la
télévision japonaise, enregistrée à la salle
Gaveau à Paris (transformée pour l'occasion en véritable
studio de cinéma), 15 heures d'émissions sur Chopin, et
nous avons auditionné dix magnifiques pianistes de toutes nationalités.
Ainsi a débuté depuis le 2 août sur une chaîne
équivalente à la chaîne française TF1 : NHK,
une émission "Chopin Super piano lesson" diffusée
tous les mercredis de 19h à 19h30 jusqu'à noël".
Passionné par l'enseignement , Jean-Marc Luisada précise..."Il
ne s'agit pas seulement de conseils techniques, j'y parle de tout : de
la profondeur philosophique de l'uvre et puis surtout j'essaie de
faire transformer le son des élèves, en donnant des conseils
afin que, par exemple, quelqu'un qui a un petit son obtienne un son plus
grand, plus chantant....car ce qui compte c'est qu'il y ait un changement.
Parallèlement les japonais ont fait publier les partitions que
j'ai enseignées, avec mes doigtés, mes annotations, mes
impressions sur les interprétations des uvres de Chopin,
des photographies et les japonais ont acheté ce livre de plus de
250 pages et regardent les masterclasses en suivant avec celui-ci. En
France ce genre d'émission n'est pas envisageable ou alors on veut
l'écouter à 2h30 du matin, cela d'ailleurs me désespère
!...mais j'espère qu'il en sortira des DVD qui seront achetés
par une télévision étrangère. Les masterclasses
sont données en français et tout a été sous-titré".
Nouveau : Jean-Marc Luisada dont on peut voir plus haut son intérêt
pour l'enseignement sera bientôt également enseignant à
L'Ecole normale de musique de Paris. ( Pour visiter le site internet de
cette école....cliquez
ici)
Son répertoire, son interprétation...
Jean-Marc Luisada aime particulièrement Mozart, Haydn, Chopin,
Beethoven et ..."tous les compositeurs que je joue actuellement
!"ajoute-t-il. Comme ils sont nombreux..il est fort difficile
de les citer. Parmi ses enregistrements, son disque préféré
est : "le dernier ! Pas seulement parce que c'est le dernier
mais parce que ce sont des uvres très belles, très
romantiques." L'idée de faire son disque "Sonates"
au programme original, et non consacré à un compositeur
unique, lui est venue spontanément tant il les apprécie.
Jean-Marc Luisada nourrit aussi son art d'autres passions, telle le
cinéma qu'il aime depuis toujours : " J'allais tout seul
au cinéma dès l'âge de neuf ans, adolescent j'ai pu
voir à Paris des films pour un public plus adulte : j'ai ainsi
vu et adoré "Le boucher" de Cabrol, "Mort à
Venise" de Visconti, "Le passager de la pluie" de René
Clément...après je conseillai ma famille ! ". Sa
passion s'accentue de jour en jour, il complète son importante
collection de DVD de tous les pays du monde lors de ses nombreux voyages
à l'étranger. Ainsi sa collection de films dépasse
les 8000 titres....Il s'intéresse surtout aux films des grands
maîtres, très bavard sur ce sujet, qui le passionne tout
autant que la musique, il cite : "Federico Fellini, Luchino Visconti,
Nicolas Ray, Martin Scorcese, Rainer Werner Fassbinder, Kurosawa, Robert
Bresson..." Mais il apprécie aussi les grands mélodrames
hollywoodiens, les films noirs américains, les films indiens....
Bien sûr, il trouve dans cet art un parallèle avec la musique
: "J'aime voir leur conception d'une oeuvre par le montage, étudier
les plans, la fluidité de ceux-ci, les fondus enchainés...comme
en musique". D'ailleurs il serait également très
tenté par la réalisation d'un film..mais "Pas forcément
sur le thème de la musique !". Jean-Marc Luisada apprécie
également la peinture comme par exemple les aquarelles de Pierre
Loti dont les couleurs l'émerveillent.
S'il aime jouer en récital solo pour son propre plaisir, Jean-Marc
Luisada apprécie aussi de partager cet amour de la musique avec
des amis en musique de chambre. Par contre, il reste plus réservé
sur les concertos : "J'aime les concertos à condition d'avoir
pour chef d'orchestre quelqu'un qui me connaît bien, ou avec qui
je puisse travailler un certain temps à préparer le concert,
et non pas seulement échanger quelques indications de tempo comme
cela se fait hélas parfois".
D'ailleurs parmi les projets à venir, Jean-Marc Luisada doit enregistrer
un concerto mais ne veut pas déjà en parler, il précise
juste : "C'est le plus beau concerto pour piano !"...alors
patience !
Ecouter...et voir Jean-Marc Luisada
La sélection de Piano bleu :
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Pour le pianiste Jean-Marc Luisada le piano n'est pas seulement
l'instrument roi mais aussi le "chanteur roi" et il prend
à coeur d'en faire oublier son aspect percussif au profit
du cantabile. Cette nouvelle compilation "Le chant du piano"
que sort actuellement le label RCA permet de mesurer au travers
de pièces pour certaines déjà parues mais aussi
de nouveaux enregistrements combien ce chant du piano est présent
depuis toujours dans les interprétations de ce pianiste.
Jean-Marc Luisada a bien voulu répondre à quelques
questions à l'occasion de la sortie de cet album..cliquez
ici pour découvrir ses réponses
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Dans son précédent disque "Sonates", riche
en émotions, Jean-Marc Luisada avait choisi des oeuvres
de compositeurs romantiques aussi Beethoven en était donc
exclu, bien qu'ayant composé 32 sonates. Aujourd'hui le pianiste
, lauréat du concours Chopin de Varsovie en 1995, prend un
tournant avec ce disque exclusivement consacré à Beethoven,
regroupant un concerto et deux sonates révélatrices
de l'évolution du compositeur. Jean-Marc Luisada a choisi
le concerto numéro 4 qui , il est vrai, présente dans
son premier mouvement l'originalité, souvent réutilisée
ensuite par les Romantiques, d'exposer le premier thème directement
par le piano et ceci avec un son très feutré avant
de le reprendre par l'orchestre. L'andante qui suit est un sublime
moment d'atmosphère romantique offrant un dialogue entre
le piano et l'orchestre de toute tendresse. Dans le troisième
mouvement le piano prend la main sur l'orchestre et Jean-Marc Luisada
offre un Rondo Vivace des plus enlevés et splendide !...cliquez
ici pour lire la suite
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Jean-Marc Luisada
Sonates pour piano
Quelle merveilleuse idée de regrouper les sonates, extrêmement
romantiques, illustrant , chacune à leur manière,
les états d'âme de trois compositeurs, en proie aux
passions, aux amours, aux vicissitudes de leur temps. La troisième
sonate de Chopin ( et particulièrement le troisième
mouvement) est une pièce absolument magnifique. La sonate
de Liszt est réputée pour sa complexité, principalement
en raison de la dualité de la personnalité qui y apparaît
(ange et démon). Wagner en a dit à Liszt : "ta
sonate est belle au delà de tout ce qu'on peut imaginer,
magnifique, profonde et sublime" que dire de plus ?!!!
Enfin si elle est plus courte , la 9ème sonate de Scriabine
"Messe noire",qualifiée par son compositeur de
"Poème satanique, est très prenante et sombre.
Aussi c'est encore, une excellente idée de ne pas terminer
là le disque mais d'offrir "en bis" l'étude
numéro 3 de Chopin, qui s'achève dans une "douleur
sereine". Jean-Marc Luisada est depuis longtemps réputé
pour son approche du répertoire romantique et ses interprétations
virtuoses, ce disque confirme une fois de plus son talent dans ce
répertoire qu'il nous fait partager au travers d'un "récital"
de rêve, riche en émotions.
Cliquez sur l'image pour écouter des extraits et/ou vous
procurer ce disque
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Frédéric Chopin
Jean-Marc Luisada
Dans ce disque enregistré en 1999, Jean-Marc Luisada propose
ici un très beau programme d'uvres de Chopin, qu'il
a sélectionné afin de dessiner un profil de l'uvre
de ce compositeur : "Ballade N°3 - Fantaisie - Scherzo
N°2 - Étude 'révolutionnaire' - Grande valse brillante
- Nocturnes - Préludes - Mazurkas . Ce disque peut être
un point de démarrage pour découvrir Chopin mais aussi
le talent d'interprète de Jean-Marc Luisada, à travers
l'uvre d'un compositeur qu'il aime particulièrement.
Cliquez sur l'image pour écouter des extraits et/ou procurer
ce disque....
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Feu sacré
George Sand et Frédéric Chopin
Le disque du spectacle inspiré de la vie commune de George
Sand et de Frédéric Chopin. Les lettres de l'écrivain
face à la musique du compositeur. Jean-Marc Luisada au piano
répond à Macha Méril. Un spectacle de Bruno
Villien
Cliquez sur l'image pour écouter des extraits et vous procurer
ce disque
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La leçon de piano de Jean-Marc Luisada
Passionné par l'enseignement, Jean-Marc Luisada a accepté
d'enregistrer pour la revue "Pianiste Magazine", une leçon
correspondant à des partitions parues dans le numéro
25. Il donne ses conseils de doigtés, de pédalisation...
Contrairement à ce qu'il vient de tourner pour la télévision
japonaise, il n'y a pas d'élève, c'est juste à
vous de mettre en application ces conseils forts utiles !
Au programme des partitions de tous niveaux :
Wolfgang Amadeus Mozart : allegro K3
Jean-Sébastien Bach : Musette BWV anh. 126
Henry Lemoine : Etude op.37 n°3
Ludwig Van Beethoven : Sonatine n°1 anh.5(Romance)
Frédéric Chopin: Nocturne opus posthume KK IVa n°16
Pour vous procurer ce DVD sur l'image(Site du magazine Pianiste)
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En savoir plus
Visitez le site officiel de Jean-Marc Luisada....cliquez
ici
© pianobleu.com ---- contact :
- Agnès Jourdain
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