|
|
piano bleu concarneau
Yaron Herman
Merci à Yaron Herman d'avoir répondu aux questions de
Piano bleu pour la réalisation de cette page
Biographie résumée
Yaron
Herman est né le 12 juillet 1981 à Tel-Aviv. Pas un seul
membre de sa famille n'était particulièrement musicien cependant
Yaron Herman précise : "Si personne ne joue d'instrument
dans ma famille, pour moi il y a "un musicien"dans chacun de
nous. Je crois que la musique ne se résume pas dans la pratique
physique instrumentale".
Il commence le piano relativement tard : à l'âge de 16
ans, ayant pour professeur le célèbre Opher Brayer..."
Je suis allé le voir car je voulais apprendre le piano. Au départ
c'était juste une envie d'apprendre à jouer du piano mais
pas pour devenir pianiste ! Avec lui j'ai eu comme une révélation.
J'ai découvert la force, la méthode, la profondeur et la
magie de la musique et en particulier le jazz et l'improvisation."
Très enthousiaste quant à l'enseignement d'Opher Brayer,
qui a d'ailleurs été son unique professeur, Yaron Herman
explique avec précision la méthode d'enseignement originale
de celui-ci : "L'enseignement d'Opher Brayer est unique. Sa méthode
était pour moi la façon idéale pour apprendre la
musique. Elle est basée dans son aspect technique sur l'utilisation
de mathématiques , inspirée des modèles de Schillinger
qui étaient ajustés pour être appliqués sur
la musique improvisée. Quand j'ai commencé le piano avec
lui, je n'ai pas commencé par les gammes, les modes ou le solfège
mais par les chiffres. L'apprentissage de la musique dans ce système
très complet et organisé , est présente dans une
façon de explorations, on apprend à voir et à prévoir
toutes les possibilités musicales , qui sont bien sur infinies
en vue de l'utilisations de tout le clavier et la dynamique. Par exemple
dans une de mes premières leçons il m'avait demandé
si je pouvais lui dire combien de mélodies je pouvais jouer en
utilisant do ré mi, sans les répéter. C'est un exemple
très simple pour montrer ce que je veux dire par "toutes les
possibilités". On peut jouer six mélodies. Do ré
mi - do mi ré - ré do mi - ré mi do- mi ré
do - mi do ré. Imaginez cela avec des patterns de 7 notes et plus."
Yaron Herman explique encore d'autres aspects très particuliers
de cet enseignement :"En dehors de tout aspect de la technique
musicale. Notre travail était d'ordre philosophique et psychologique.
En tant qu'êtres humains, on a tous une histoire, une enfance, des
traumatismes plus ou moins importants. Tous ces vécus laissent
des traces sur notre personnalité. Souvent on perd notre innocence
avec l'âge et un système de blocages et peurs s'installe
en nous. Ces blocages sont la plupart du temps ce qui nous empêche
de créer. Ce qui nous empêche de nous libérer et faire
ce qu'on a envie de faire et de "parler avec notre propre voix".
Dans le jazz, l'improvisation nous donne cette chance de "parler
avec notre propre voix". Et pour arriver à cela il faut se
libérer de toutes peurs et blocages. Pour moi ce travail était
très important , et a fait le lien entre ma vie et la musique.C'est
dommage que ce genre de discours est si souvent négligé
par les institutions. Le résultat est que l'on voit beaucoup de
musiciens qui jouent bien mais qui nous disent rien car ils ne se sont
jamais posés les bonnes questions....mais cela n'est jamais trop
tard !"
Il est vrai que cette méthode semble très efficace puisque
Yaron Herman a compris seulement six mois plus tard qu'il avait toutes
les qualités pour devenir pianiste professionnel :"J'ai
réalisé que je voulais jouer tout le temps et les autres
choses me paraissaient fades et inutiles comparées à la
musique. J'étais au lycée à ce moment là et
mes profs n'étaient pas contents .J'écoutais mon discman
en cours et je me fichais un peu de l'école. Finalement j'ai réussi
à trouver un arrangement avec mon lycée (qui avait un des
deux meilleurs départements de musique en Israël) : ils m'ont
autorisé à ne pas aller en cours et à ne venir qu'aux
examens. Il faut dire aussi que pendent ce temps je faisais des études
de philosophie à l'université de Tel Aviv."
A 17 ans seulement, Yaron Herman gagne le prestigieux prix Rimon dans
la catégorie " Jeune talent ". Il s'agit là d'un
cas unique dans l'histoire de la musique et du piano, d'une révélation
et d'une fulgurance des plus étonnantes, certainement dû
aussi à la précocité, et l'intelligence d'un enfant
surdoué...."Le prix Rimon est un prix qui est organisé
par la plus grande école de jazz en Israël. Je l'ai gagné
avec mes camarades de lycée. Cela ne m'a pas beaucoup apporté
sauf...le fait de l'avoir gagné et le fait que les gens ont commencé
à parler de moi !"
Yaron Herman donne des concerts dans les plus prestigieuses salles de
concert en Israël (Musée de Tel-Aviv, The Tel-Aviv Cinematek,
The Camelot, Givataim Théêtre, Einav Center). A 19 ans, il
part à Boston, où il compte bien fréquenter la Berklee
College School of Music. Le jeune homme avide de connaissances et de découvertes
n'y trouve pas la matière et l'inspiration, dans un système
fondé sur la compétition au détriment de l'épanouissement
individuel. Il décide de rentrer à Tel-Aviv deux mois après,
et fait une brève halte à Paris lors de son voyage retour.
Il rencontre, le soir même, quelques musiciens lors d'une Jam-session,
et se retrouve immédiatement engagé le lendemain. Il ne
quittera plus Paris dès lors. C'est une période de rencontres,
d'échanges musicaux, et Yaron Herman commence à se faire
un nom dans le milieu musical parisien..."Je pense que la France
occupe une position centrale dans le monde culturel . La France a toujours
défendu des valeurs humanistes et artistiques, et il y a en France
un respect relativement élevé des artistes par rapport à
d'autres pays. Les artistes reçoivent rarement le respect qu'ils
méritent , même en France ce n'est pas toujours évident,
mais comparé aux États-Unis par exemple, l'ouverture de
la société française aux arts est très importante."
Yaron Herman étonne par sa précocité, son talent,
sa fougue, et devient vite le pianiste dont tout le monde parle avec admiration
et stupéfaction. Il reçoit le Trophée " Nouveaux
talents " du Sunside, à l'unanimité du Jury. A l'âge
de 21 ans, il enregistre pour le Label Sketch son premier disque "
Takes 2 to know 1 " aux côtés du batteur Sylvain Ghio,
son compère et ami de toujours. En Juin 2005, Yaron Herman a remporté
les deux prix du Concours de la Défense, en soliste et avec le
groupe Newtopia.
Après un travail de plusieurs semaines en résidence au
Château de la Borie, moment unique à la réflexion
et à la concentration, Yaron Herman vient de réaliser son
premier album Solo sur le tout nouveau Label Laborie Jazz, où il
présente son concept des " Thèmes et Variations "...."Mon
séjour au château de la Borie a pu avoir lieu grâce
à ma rencontre avec les gens du label laborie et le centre culturel
de rencontre. J'ai joué en duo avec Sylvain Ghio un concert qui
s'est très bien passé, et en discutant avec les gens de
là-bas j'ai trouvé qu'on partageaient les mêmes idées
sur la préparation des projets. Par la suite, laborie a créé
leur label de jazz et classique(distribué par Naïve), et je
voulais enregistrer en solo. Donc mon séjour au château avait
pour but de préparer mon album. J'ai travaillé la plupart
du temps seul, mais j'avais de temps en temps des amis qui venaient me
rendre visite , mon professeur d'Israël et Jacky Terasson par exemple."
A 24 ans, le pianiste prodige va entamer maintenant une série
de tournées en Europe principalement en solo pour le plus grand
bonheur d'un public ébahi et très admiratif par chacune
des performances d'un musicien vraiment exceptionnel. Il se produira en
Autriche, en Chine, en Allemagne, en Scandinavie, en Pologne et en France...."Chaque
concert est important. Mais je dois avouer que ma série de concerts
à venir en Chine( du 4 au 15 juin 2006) m'enthousiasme particulièrement."
Ses compositions
Dans la biographie officielle de Yaron Herman, il est cité Paul
Bley, John Coltrane, Lennie Tristano, mais aussi Bach comme des influences
majeures de sa musique, sans oublier le folklore traditionnel de ses origines,
et la musique pop de sa génération (Björk, Beasty Boys
).
La musique, la philosophie, les mathématiques se rejoignent sur
le terrain où le musicien devient expert et un professeur très
écouté. Il analyse brillamment la musique de ses maîtres,
et notamment Keith Jarrett...."Pour moi ces trois domaines ne
sont pas séparés, on ne peut pas créer véritablement
sans connaître la technique, l'harmonie, le rythme, la mélodie-donc
la musique dont ces éléments sont basés sur les mathématiques.
Mais on ne peut pas faire de la technique de l'art si on ne se connaît
pas soi-même, si on ne se pose pas un certain nombre de questions
qui relèvent de l'introspection et l'évolution de sa propre
conscience- donc la philosophie. On peut faire de la philosophie sans
faire de la musique, mais on ne peut pas faire de la musique sans la philosophie.
Sans philosophie il n y a pas de sens, il n'y a que des belles notes.
Mais c'est comme des plantes en plastique, elles parfois belles , mais
seront jamais vraies !!"
Yaron Herman a développé une théorie musicale de
limprovisation appelée « Real Time Composition »,
qui lui a valu danimer un cycle de conférences à la
Sorbonne, invité par Laurent Cugny.
Au sujet de son nouvel album : "Variations", Yaron Herman
précise : "En fait , l'album a été enregistré
comme un concert d'un coup. Sauf les deux derniers qui sont un peu différents
du reste du disque mais toujours dans le même esprit. J'adore ce
thème de Sting donc je voulais le mettre dans l'album. Le morceau
de Clare Fischer était une proposition de mon agent et ami Christophe.
Après avoir fini d'enregistrer le répertoire que j'avais
prévu pour le disque, et quand tout était pratiquement bouclé,
j'ai demandé à mon agent (comme il restait un peu de temps)
s'il voulait que je lui enregistre un truc particulier. Je ne pensais
pas le mettre sur le disque , c'était pour le fun , comme on dit.
Il m'a passé la partition de l'hommage à Francis Paudras,
et je l'ai joué une seul fois. En écoutant on a trouvé
que ce n'était pas trop mal, et que ça serait bien de le
mettre dans l'album, et voilà ! Ce thème est une belle histoire
entre Clare Fisher et Francis Paudras (dont la vie a inspiré le
film autour de minuit) de Bertrand Tavernier."
Dans cet album, le livret comporte (uniquement) des photographies d'un
Yaron Herman très jovial...et Yaron Herman explique que c'est parce
que..."La vie est belle...tout au moins on doit toujours le penser
et le croire !"
Écouter...
|
|
Yaron Herman Trio
A time for everything
Yaron Herman, piano
Matt Brewer, contrebasse
Gerald Cleaver, batterie
Après deux remarquables disques : l'un en duo avec le batteur
Sylvain Ghio , l'autre en piano solo " Variations ", et
après sa récente nomination " Talent Jazz Adami
2007 " , Yaron Herman, revient cette fois accompagné
du batteur Gerald Cleaver et du contrebassiste Matt Brewer pour
un trio qui va encore faire parler de son leader en termes élogieux
car décidemment le pianiste Yaron Herman ne manque pas de
créativité comme le montre ce nouvel album
Il faut dire que le champ de son inspiration est très très
vaste : imaginer la réunion de Bjork et Britney Spears avec
Scriabine, tout en se référant aux grands du jazz
: Monk, Evans...a de quoi surprendre et pourtant ce disque s'écoute
en un seul flux continu, en un seul temps sans que l'oreille ne
se sente agressée mais bien au contraire se plaise dans cet
étonnant voyage qui conjugue adroitement le temps passé
avec le présent au futur. Un voyage qui mélange les
styles et les rythmes dans une sonorité bien homogène
grâce à la complicité de Yaron Herman avec les
deux autres musiciens qui le suivent au gré de ses humeurs
changeantes tantôt par un jeu léger, souple et aérien,
tantôt par un jeu plus soutenu et rythmé.....cliquez
ici pour lire la suite
|
|
|
Yaron Herman
Variations
Piano solo
Comme l'indique le titre du disque et comme vous avez pu le lire
plus haut Yaron Herman présente ici son concept des "
Thèmes et Variations ". Le pianiste a choisi trois thèmes
qui sont repris ensuite en variations, pour la plupart il s'agit
de compositions originales de Yaron Herman mais aussi d'autres morceaux
dont on s'amuse effectivement à retrouver la parenté
avec le premier thème .
Ainsi par exemple, le premier thème choisi, un standard du
jazz : "Summertime" de George Gershwin est suivi de deux
variations composées par Yaron Herman : "Blossom",
à caractère plus tendre que la seconde "Facing
Him" et la variation la plus nostalgique est sans conteste
la dernière : "Jerusalem of Gold " écrite
par N. Schemer où l'on retrouve effectivement le thème
de "Summertime". Choix ou arrangement subtile du pianiste
!
La seconde série de variations part quant à elle
d'une uvre de musique classique : "Libera me" de
Gabriel Fauré, dont Yaron Herman décline une fugue
des plus dynamiques, où le pianiste libère sa main
gauche avec une dextérité remarquable. Celle-ci est
suivi d'un arrangement d'une prière israélienne :
"Eli Eli" de David Zehavi et à nouveau d'un arrangement
d'une uvre de Gabriel Fauré : "Piu jesu".
Enfin Yaron Herman offre deux variations très contrastées
à partir d'un chant traditionnel arrangé par Yaron
Herman.
Les deux derniers morceaux du disque ne sont pas des variations...selon
les explications de Yaron Herman également plus haut dans
cette page : "J'adore ce thème de Sting donc je voulais
le mettre dans l'album. Le morceau de Clare Fischer était
une proposition de mon agent et ami Christophe. Après
avoir fini d'enregistrer le répertoire que j'avais prévu
pour le disque, et quand tout était pratiquement bouclé,
j'ai demandé à mon agent (comme il restait un peu
de temps) s'il voulait que je lui enregistre un truc particulier.
Je ne pensais pas le mettre sur le disque , c'était pour
le fun , comme on dit. Il m'a passé la partition de l'hommage
à Francis Paudras, et je l'ai joué une seul fois.
En écoutant on a trouvé que ce n'était pas
trop mal, et que ça serait bien de le mettre dans l'album,
et voilà ! Ce thème est une belle histoire entre Clare
Fisher et Francis Paudras (dont la vie a inspiré le film
autour de minuit) de Bertrand Tavernier."
Le tout nouveau label Laborie débute sa collection jazz
avec un très bel album : Yaron Herman qui n'a rien à
envier à Keith Jarrett, dont effectivement l'esthétisme
musical est très proche, est assurément un jazzman
de très grand talent, et sa joie de vivre qui traverse sa
musique produit un équilibre agréable entre lyrisme
et rythme, beauté et gaieté réunies...que demander
de plus ?
Cliquez sur l'image pour écouter des extraits et/ou vous
procurer le disque
|
Pour écouter les extraits d'autres disques de Yaron Herman...
cliquez
ici
Les prochains concerts de Yaron Herman
Tournée française :
MARS 2008 13/03 Reims - Caisse d'Epargne Reims (Solo), 15/03 Saint-Cosme
- Duo with Bertrand Chamayou, 22/03 Montbrison - Théâtre
des Pénitents Trio, 26/03 New-Morning - Paris- France -
La Nuit Yaron Herman, 29/03 Cogolin - Jazz Club -
AVRIL 2008 30/04 Solignac La Borie - Duo avec Emile Parisien , MAI 2008
: 01/05 Jazz dans le Bocage - Rocles - Trio 3/05 Coutances - Jazz Festival
- Trio 9/05 Saint-Gilles Croix de Vie - Festival - Trio , 12 ,13, 14 avril
Le Petit Journal Montparnasse - Paris trio, 15/04 Boulazac Trio,
16/04 Marly Jazz - Trio , 21/04 Versailles - Festival de Jazz - trio,
22/04 Valenciennes, Trio, 23/04 Paris - Eglise Saint-Germain - Saint Germain
Jazz Festival - Solo.
JUILLET 2008 : 11/07 Sete - Festival de Jazz Trio, 12/07 Millau
- Festival de Jaz Trio, 13/07 Juan les Pins - Trio ,
19/07 Beaupré- Festival de Jazz - Trio, 21/07 Montpellier- Festival
Radio France Trio, /07 Angers - Festival de Jazz, Trio, 27/07 Uzès,
Trio. OCTOBRE 2008 : 11/10 Festival Sonates d'Automne Solo, 16
/10Angoulême- Piano en Valois, Solo
En savoir plus
visitez le site internet de Yaron Herman...cliquez
ici
© pianobleu.com ---- contact : -
Agnès Jourdain
|