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Philippe Bianconi

Merci à Philippe Bianconi d'avoir répondu aux questions de Piano bleu pour la réalisation de cette page.

Biographie résumée

Philippe Bianconi, né le 27 mars 1960 à Nice, confie devoir son amour de la musique, et du piano, à ses parents :"Sans avoir véritablement de culture musicale, mes parents étaient d'ardents mélomanes. Ils allaient fréquemment à l'opéra, et possédaient une petite collection de disques classiques et de jazz. Ils ont eu la bonne idée de me faire écouter de la musique dès ma plus petite enfance, et je crois que j'ai dû entendre ces disques en boucle du matin au soir, ou presque ! La musique a donc vraiment baigné mon enfance, sans qu'il y ait de musiciens à la maison. Parmi les disques classiques de mes parents se trouvaient de la musique symphonique, mais aussi quelques enregistrements de Kempff, Lipatti, Rubinstein, et j'ai donc été sensibilisé très tôt au piano en particulier. Je pense que c'est la raison pour laquelle, un peu avant mes 7 ans, j'ai dit à mes parents que j'aimerais jouer du piano, ça me semblait une chose tout à fait naturelle. Je n'ai jamais pratiqué, ni même songé à pratiquer un autre instrument. ".
C'est sur un clavier...en papier que Philippe Bianconi a joué ses premières gammes :"Lorsque j'ai dit que je souhaitais jouer du piano, mes parents, ne sachant pas vraiment vers qui se tourner, m'ont emmené chez une dame qui donnait des leçons dans notre quartier (une assez bonne musicienne d'ailleurs). Nous n'avions pas de piano à la maison évidemment, et pendant les quelques semaines qu'il a fallu à mes parents pour réunir un peu d'argent et acheter un petit Pleyel droit d'occasion, j'ai commencé à travailler sur un clavier que cette dame avait dessiné sur un grand morceau de papier ! Pendant quelques mois, elle m'a donné les premiers rudiments de piano et de solfège".

Assez rapidement, ce professeur décelant chez Philippe Bianconi quelques dons pour le piano, a la bienveillance de conseiller à ses parents de l'inscrire au Conservatoire de Nice. C'est Madame Delbert-Février qui lui donne alors des cours : "C'était vraiment une grande dame et une pédagogue exceptionnelle. Elle avait été l'élève de Marguerite Long et de Robert Casadesus et avait commencé une carrière de soliste avant de se marier, d'avoir des enfants et de se consacrer à l'enseignement. Elle m'a appris à jouer du piano, mais surtout à faire de la musique. Elle m'a appris à savoir m'écouter, respirer, l'amour du beau phrasé, la recherche inlassable de la sonorité juste, la pureté du style. C'était une femme réservée, discrète (que d'aucuns trouvaient pas assez énergique), mais c'était une nature ardente et elle était d'une exigence incroyable. Elle ne vous lâchait pas tant qu'elle n'avait pas obtenu ce qu'elle voulait, et ça pouvait être dur parfois ! Même lorsque j'étais encore dans les petites classes, elle se débrouillait pour que j'assiste aux cours des " grands " élèves, et j'absorbais véritablement ces leçons sur le grand répertoire. Au moment des examens ou des concours, juste avant que j'aille jouer, elle me prenait les mains dans les siennes, me regardait droit dans les yeux et me disait : " Maintenant, oublie tout ce que je t'ai dit, fais-toi plaisir et sois heureux ! "Je n'ai jamais oublié cette phrase et j'essaie de m'en souvenir parfois avant d'entrer en scène lorsque le trac ou la pression sont un peu trop forts !"
Philippe Bianconi considère qu'il a été en quelque sorte "l'objet d'une expérimentation " : "Pierre Cochereau était directeur du Conservatoire de Nice à l'époque, un directeur formidable, d'une grande envergure. Il a voulu prouver que l'on n'était pas obligé de passer par le Conservatoire de Paris pour réussir et il a misé sur moi. Après mon prix, il a réussi à convaincre Madame Delbert-Février et mes parents de commencer à me préparer à des concours internationaux. Madame Delbert, qui était restée en contact avec la famille Casadesus, m'a présenté à Gaby Casadesus qui a accepté de me faire travailler. A 16 ans, j'ai donc commencé à prendre des cours avec elle, et comme j'allais encore au lycée à Nice, je venais régulièrement à Paris pour prendre des leçons. Gaby Casadesus m'a énormément apporté, elle a affiné et consolidé ma technique, et elle m'a apporté sa propre expérience de soliste ainsi que celle qu'elle avait eu en côtoyant son mari Robert. Mais je n'étais pas dépaysé et je retrouvais un enseignement dans la lignée de celui de Madame Delbert, dans le respect du style, le travail sur la beauté de la ligne et du son."
Cependant Philippe Bianconi confie avoir ressenti quelques manques à ne pas avoir été au Conservatoire de Paris : " Ce qui m'a manqué c'est l'émulation, la stimulation que l'on peut connaître au contact d'autres jeunes musiciens tout aussi prêts à en découdre que vous. Et aussi ces liens d'amitiés que l'on noue à ce moment-là et qui durent parfois toute une vie. J'ai un peu souffert de cet isolement pendant assez longtemps. Plus tard j'ai ressenti le besoin de travailler avec quelqu'un d'autre, en dehors de l'école française que j'avais connue jusque-là. Par des amis qui avaient fait un stage avec lui, j'ai eu l'occasion de rencontrer Vitaly Margulis, un russe originaire de Léningrad, qui vivait à Freiburg-im-Breisgau à l'époque. Pendant quelques années j'ai fait le voyage pour aller travailler avec lui à Fribourg. Ce qui m'a surpris c'est que nous n'avons quasiment jamais fait de travail sur ma technique qu'il trouvait suffisamment solide, à quelques détails près. Il se concentrait plus sur l'ampleur du son et les ressources nécessaires à cette ampleur, ainsi qu'un travail sur les textures, et sur la grande architecture des oeuvres. Avec lui j'ai pu aborder un répertoire plus lourd et c'est ce qui m'a permis de pouvoir jouer les concertos de Brahms, Rachmaninov ou Prokofiev par exemple. "

Dès l'âge de douze ans Philippe Bianconi avait conscience que la musique serait très importante dans sa vie, cependant il a continué ses études générales et passé un bac scientifique à 17 ans. "J'aurais probablement pu continuer des études supérieures dans un domaine scientifique, mais je ne le souhaitais pas, et c'est le concours des jeunesses musicales de Belgrade que j'ai remporté trois mois après mon bac qui m'a décidé (et a convaincu mes parents) d'arrêter et de me consacrer à la musique.". Philippe Bianconi remporte en effet le Premier prix de ce concours en 1977 :"C'est André Peyrègne, qui allait bientôt remplacer Pierre Cochereau à la direction du Conservatoire de Nice, et faisait partie des Jeunesses Musicales de France, qui m'a convaincu de me présenter au concours. J'en garde encore un souvenir très ému, je ne pensais pas du tout que j'allais gagner et j'ai été le premier surpris. J'étais le plus jeune concurrent et je me souviens de l'accueil très chaleureux des belgradois qui m'entouraient de leur gentillesse et de leurs attentions. Et puis, c'était la première fois que j'allais dans un pays d'Europe de l'Est, ce qui était quand même une expérience à l'époque. C'est grâce à ce concours que j'ai donné mes premiers concerts professionnels. Les jeunesses musicales étaient très actives à l'époque et j'ai fait des tournées en France mais aussi en Italie, en Autriche, au Danemark et dans plusieurs pays d'Europe de l'est. Il y avait des concerts scolaires bien sûr, mais surtout de vrais concerts, parfois dans des grandes salles. Ce concours m'a vraiment mis le pied à l'étrier."
Philippe Bianconi remporte par la suite le Concours International Robert Casadesus à Cleveland en 1981 et la médaille d'argent au Concours Van Cliburn en 1985 :" Le Concours Casadesus m'a permis de mettre un pied au Etats-Unis, et de commencer à donne des concerts là-bas, mais c'est vraiment le concours Van Cliburn qui m'a lancé outre-atlantique. Il fait partie des très grands concours (même si son impact est plus limité en Europe que Chopin, Tchaikovsky ou Reine Elisabeth), et surtout il offre aux lauréats un très grand nombre d'engagements. Avec ma médaille d'argent j'ai eu beaucoup plus de concerts qu'avec un premier prix dans n'importe quel autre concours. Dois-je le regretter ? C'est un peu à cause de cela que pendant des années j'ai joué essentiellement aux USA et peu ailleurs. Passer des concours là-bas, c'était un choix et je l'ai assumé pleinement, étant données les immenses possibilités d'engagements qu'offrent les Etats-Unis. ".

Philippe Bianconi donne nombreux concerts dans le monde donnant nombreux concerts en Amérique du Nord : New York, Washington, Chicago, San Francisco, Philadelphie, Cleveland, Chicago, Pittsburgh, Atlanta, Minnesota, Dallas, Saint-Louis...et se produit également à Londres, Milan, Bruxelles, Berlin, Vienne, Paris... nombreuses salles au sujet desquelles il confie : "Parmi les salles que j'aime particulièrement, il y a Wigmore Hall à Londres, dont j'adore l'acoustique exceptionnelle, l'atmosphère intimiste idéalement adaptée aux récitals et à la musique de chambre et cette vibration très particulière aux lieux vraiment habités. Dans l'ensemble je dirai que j'aimerai pouvoir jouer plus souvent en Angleterre et surtout en Allemagne et en Autriche, dont les traditions et la vie musicales sont si riches. "
Si parallèlement à son activité de concertiste Philippe Bianconi n'est actuellement pas professeur dans un conservatoire, il a cependant enseigné très souvent :"Depuis 1994, je donne des cours presque tous les étés au Conservatoire Américain de Fontainebleau, je donne également de temps en temps quelques leçons en privé, et j'ai eu beaucoup d'occasions, notamment aux USA, de donner des master classes. Pour l'instant, je n'envisage pas d'enseigner de manière régulière dans un conservatoire, mais cela n'est pas exclu pour l'avenir. La transmission est une chose très noble, mais il faut aussi se sentir assez fort et assez mûr pour l'assumer. "
Dans les mois à venir Philippe Bianconi donnera nombreux récitals en France : à Saint-Tropez le 10 novembre 2007, à Angoulême dans le cadre du festival Piano en Valois le 18 novembre, à Lyon Salle Molière le 1er décembre, sur la Scène Nationale d'Evry le 15 décembre. En janvier 2008, il participera à la série de musique de chambre " Prades aux Champs-Elysées " les 23, 25 et 26 janvier, puis jouera le 3e Concerto de Prokofiev dans sa ville natale avec l'Orchestre de Nice les 1er et 2 février 2008..."Tous ces concerts me tiennent à coeur, simplement parce que j'ai tellement peu joué en France pendant des années, que je savoure maintenant toutes les occasions que j'ai de jouer dans notre pays ! Sinon, je suis très honoré d'avoir été invité à participer le 4 novembre prochain au 125e anniversaire de l'Orchestre Philharmonique de Berlin. Je ne jouerai pas de concerto, mais je participerai à une grande journée de musique de chambre à la Philharmonie, avec des musiciens de l'orchestre, pour jouer du Brahms. En avril prochain, ce sera à Wigmore Hall à Londres, où j'ai été invité à faire de la musique de chambre, cette fois avec des musiciens du London Philharmonic. J'adore ces occasions de faire de la musique avec des gens formidables, de haut niveau, qui n'ont pas souvent la possibilité de jouer en solistes, et qui donnent le meilleur d'eux-mêmes lors de ces concerts. J'attends aussi avec impatience des concerts que je dois donner cette saison aux Pays-Bas avec le merveilleux violoncelliste Xavier Phillips. En dehors de cela, je retournerai plusieurs fois aux USA et au Canada, pour ne pas perdre les bonnes vieilles habitudes !"

Son répertoire, son interprétation...

Philippe Bianconi, qui a récemment sorti une intégrale des oeuvres de Ravel, a été très tôt attiré par l'univers ravélien :" Lorsque j'étais encore dans les petites classes à Nice et que j'assistais aux cours des " grands " élèves, j'ai entendu travailler Ondine et Scarbo, et je me souviens du choc et de l'émotion que cela a été pour moi. J'étais émerveillé et ému par la magie, les miroitements, le scintillement d'Ondine, et fasciné et terrifié par les difficultés et le caractère diabolique de Scarbo. Intérieurement, je me jurais que je jouerais un jour cette musique merveilleuse ! Plus tard, j'ai eu la chance de travailler avec Gaby Casadesus qui faisait alors partie des quelques personnes encore vivantes, comme Vlado Perlemuter, ayant connu et travaillé avec Ravel. Tout ce qu'elle me disait venait directement de lui et j'avais la sensation de recueillir un héritage inestimable. Pour moi Ravel est un grand magicien, et je crois qu'il fait partie des compositeurs très difficiles à interpréter. Je pense souvent à sa boutade : " N'interprétez pas ma musique, contentez-vous de la jouer ". La formule est un peu brutale, mais il ne faut jamais l'oublier. Ce qui est difficile, c'est de parvenir à une liberté, à une intensité d'expression, à une grande sensualité et une grande naïveté à la fois, tout cela dans des limites relativement strictes. Il est très facile d'en donner des interprétations saisissantes en distordant le texte, en exagérant les effets. L'enjeu consiste à bouleverser l'auditeur et à approcher au plus près du mystère ravélien, tout en restant très fidèle au texte. Je m'y efforce sans cesse mais je ne suis pas sûr du tout d'y être parvenu."
Philippe Bianconi a aussi une grande passion pour un autre compositeur français, Debussy et nombreux compositeurs romantiques allemands : "J'ai toujours beaucoup aimé Debussy, sans toujours bien le comprendre, mais plus j'avance et plus je vois en lui un des plus grands génies de l'histoire de la musique. La place qu'il occupe dans l'évolution de la musique au XXe siècle est capitale. J'ai parlé du mystère ravélien, mais je crois que celui de Debussy est encore plus insondable. C'est sa part d'ombre qui me fascine et me bouleverse surtout, mais ses trouvailles de timbre et sa conception nouvelle du temps musical sont à la foi un défi pour les interprètes et une source perpétuelle d'émerveillement. Sinon, je dois dire que mon vrai jardin secret (enfin pas si secret après tout...), je le cultive auprès des romantiques allemands, ou disons germaniques. C'est la musique de Schubert, Schumann et Brahms qui me fait vibrer au plus profond et qui résonne en moi de la manière la plus forte et la plus intime à la fois. Evidemment pour moi, c'est peut-être Schumann qui est au coeur de cette triade. A ce mélange de fantaisie, d'humour, d'exaltation, de rêve, de passion, de dépression aussi, à tout ce qui caractérise la littérature romantique allemande, Schumann a réussi à donner une forme musicale absolument fulgurante, originale et nouvelle. Avec cette folie qui affleure à chaque instant et qui me bouleverse. Chez Brahms, on retrouve tout cela, mais suprêmement coulé dans la forme " beethovenienne ", ce qui est peut-être encore plus exaltant ! " Aussi à la question de savoir à quel compositeur il aimerait consacré ses prochains disques il répond sans hésitation : "J'aimerais beaucoup faire d'autres Schumann (sans parler de refaire certaines oeuvres que j'ai déjà enregistrées !), des Brahms (notamment les opus tardifs) et du Debussy."
Passionné de musique de chambre, Philippe Bianconi a notamment beaucoup joué, et même enregistré un disque, avec Gary Hoffman : " C'est un merveilleux violoncelliste. C'est avant tout un vrai musicien, profond, engagé, passionné qui joue avec une élégance rare et une sonorité souveraine. Il a une expérience immense de la musique de chambre, que je n'avais pas lorsque j'ai commencé à jouer avec lui, et j'ai beaucoup appris à son contact.".
Il a également souvent joué avec le violoniste Tedi Papavrami et vient d'enregistrer récemment avec lui les trois Sonates pour violon et piano de Brahms à paraître bientôt chez Aeon : "Avec lui, l'expérience a été très différente. Tedi est plus jeune, et lorsque nous avons commencé à jouer ensemble, nous étions aussi peu expérimentés l'un que l'autre. Au fil des années, nous avons mûri ensemble et nous avons développé une vraie complicité. Et je suis heureux de voir que son jeu s'est vraiment épanoui, il s'est ouvert, avec à la fois une intériorité plus grande et une chaleur plus communicative, et aussi une sonorité vraiment somptueuse. Nous avons enregistré dans de très bonnes conditions à la Chaux-de-Fond dans une salle à l'acoustique parfaite, avec un piano superbe et un directeur artistique et preneur de son exceptionnel, Jean-Martial Golaz. Je me réjouis beaucoup de la sortie de ce disque. ".
Philippe Bianconi aime tout autant donner des récitals seul, en musique de chambre ou avec orchestre et aurait du mal à se passer de l'une de ces formes de musique :"Le récital est merveilleux parce que l'on est seul maître à bord, avec une extraordinaire sensation de liberté, mais on a aussi tout le poids d'une soirée sur ses seules épaules, avec par conséquent une pression très forte. La musique de chambre, c'est le dialogue, l'écoute, l'échange et l'expérience formidable de recréer ensemble quelque chose. Quant au concerto, il procure cette ivresse extraordinaire d'être immergé dans la masse orchestrale, en particulier dans les concertos " symphoniques " qui sont ceux que je préfère. En même temps j'essaie toujours de développer un dialogue chambriste avec les divers groupes d'instruments ou les solistes au sein de l'orchestre"
Sur sa façon de travailler Philippe Bianconi confie : "J'ai toujours rêvé de travailler d'une manière méthodique, d'organiser mon travail pour la journée, la semaine ou même un planning sur le mois, sans jamais y parvenir ! En fait, je travaille d'une manière un peu anarchique, selon les besoins et souvent dans l'urgence. Ce qui fait alterner des périodes calmes et des périodes de travail très intense, évidemment stressantes ! En général, j'essaie de comprendre de quoi est faite une oeuvre, comment elle est construite, mais aussi de mettre à jour les émotions qu'elle suscite en moi, et ensuite de mettre en oeuvre tous les moyens pour communiquer au public cette émotion, pour la lui faire partager, tout en restant au plus près du texte. C'est le grand problème qui se pose à tout interprète : il faut s'efforcer de ne pas détourner le texte à son profit, mais en même temps, je ne peux faire abstraction du fait que la forme que je vais donner à la musique passe forcément par le prisme de ma sensibilité."

Quant à ce qui "nourrit" par ailleurs son interprétation Philippe Bianconi indique :"J'ai une passion pour l'opéra (que je dois en partie à mes parents), mais en prenant de l'âge, mon répertoire de prédilection s'est singulièrement rétréci (essentiellement Mozart, les grands Wagner, quelques baroques, Moussorgski, Debussy...). J'ai toujours beaucoup aimé le théâtre et la littérature et depuis quelques années j'ai développé un vrai goût pour la peinture et j'ai pu me faire dans ce domaine une petite culture que je n'avais pas quand j'étais plus jeune. Dans mes voyages, j'essaie maintenant de prendre du temps pour aller visiter des musées ou des expositions, et cela me fait un bien fou au milieu du stress des tournées ! Par ailleurs, j'ai eu l'occasion de faire récemment deux voyages en Inde et j'ai eu la chance de visiter des sites exceptionnels, où j'ai été absolument sidéré par la beauté des sculptures et de l'architecture des temples anciens. Je ne sais pas si tout cela est " utile " à mes interprétations, mais il est évident que toute expérience artistique et humaine vous enrichit intérieurement et émotionnellement, et subit, peut-être malgré vous, une sorte de transmutation quasi " alchimique " dans votre jeu."
Pianiste dont on peut mesurer toute la sensibilité musicale dans son interprétation au jeu très contrasté, Philippe Bianconi se révèle également une homme d'une grande sensibilité et sincérité en confiant pour terminer l'échange : "C'est un métier très difficile, on est sans cesse assailli par le doute, les remises en questions, on traverse des périodes de découragement, il m'est même arrivé parfois de vouloir tout arrêter. En prenant de l'âge, l'exigence se fait plus grande et cela n'arrange rien ! Mais il ne faut jamais oublier que c'est un vrai privilège que de pouvoir redonner vie à des oeuvres musicales, qui sans les interprètes resteraient sur le papier, et de pouvoir partager cela avec les autres. Et il faut, je crois, se montrer digne de ce privilège avec la plus grande humilité et la plus grande sincérité possibles."

Écouter Philippe Bianconi ...

Johannes Brahms
les sonates pour violon et piano
Philippe Bianconi, piano
Tedi Papavrami, violon

Ce n'est pas seulement la coïncidence du programme de ce disque avec le précédent disque du moment qu'il faut relever tout d'abord dans ce disque, c'est aussi pour l'un et l'autre de ces enregistrements la grande qualité sonore de ces albums qui combleront tous ceux qui aiment la musique de Brahms, le son des instruments si proche et naturel ici offert leur donne une grande présence. Un tel souci d'avoir une excellente qualité sonore laisse deviner qu'il serait évidemment dommage de se procurer ces enregistrements sous forme de mp3 compressés qui en atténueraient cette qualité, et bien d'autres, comme c'est souvent le cas pour la musique classique et le jazz. Comme l'indique Tedi Papavrami dans le livret, la qualité d'un enregistrement dépend de tous les "artisans" concourant à celui-ci, ainsi puisqu'il vient d'en être question, l'oeuvre de l'ingénieur du son, en l'occurrence Jean Martial Golaz, et il y a d'abord le compositeur qu'il place en début de liste : "Le plus incontournable, Brahms, demeure à la fois très présent et très lointain. Aurions-nous apprécié sa poignée de main ? son rire ? Aurions-nous été irrité par sa voix , fascinés par son discours ? Impossible de répondre, inversement à sa musique, elle, inscrite dans notre chair, au point de constituer la couleur d'une grande partie de nos vies, dans ce qu'elles ont de plus précieux."... le compositeur et sa musique donc, à dissocier sans doute l'un de l'autre...cliquez ici pour lire la suite

Ravel
Oeuvre pour piano
Philippe Bianconi

Plusieurs pianistes français ont enregistré ces dernières années une intégrale de l'oeuvre pour piano de Ravel, et il est amusant de constater qu'aucune d'entre elle ne respecte l'ordre chronologique de la création des pièces et que chacune d'ailleurs se distingue par un ordre différent des pièces, on peut s'interroger sur les choix respectifs de chacun des interprètes mais pour ce qui concerne Philippe Bianconi il est probable que son choix de "Jeux d'eaux" dans lesquels il emporte l'auditeur dès le début de son intégrale n'est pas étranger au fait qu'il se sente là parfaitement dans son élément naturel, d'ailleurs à la question de savoir quelle est sa pièce préférée (qui sera diffusée ce mois d'octobre 2007 sur piano bleu) Philippe Bianconi répond :" Le choix n'est pas facile mais si je devais choisir une seule pièce je crois que ce serait Ondine. C'est sans doute une des plus belles choses qui aient été écrites pour le piano, avec cette sublime ligne mélodique, cette poésie, ces irisations inouïes, ce frémissement du son que Ravel réussit à obtenir. Et pour moi, c'est toujours, des années après, le même émerveillement ressenti à la découverte de cette oeuvre lorsque j'étais enfant."...cliquez ici pour lire la suite

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Et bientôt en concert

Mardi 25 mars 2008 à Rouen
20h30 à l'Amphithéâtre Axelrad de l'Université -
1, rue Thomas Beckett - 76130 Mont-Saint-Aignan.
Brahms ( Klavierstücke opus 119),
Schumann ( Fantaisie opus 17),
Debussy (6 Préludes),
Chopin ( Barcarolle et 3e Scherzo)
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