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piano bleu concarneau
Guillaume Coppola
Merci à Guillaume Coppola d'avoir répondu
aux questions de Piano bleu pour la réalisation de cette page.
Biographie résumée
Guillaume
Coppola est né à Besançon le 16 juin 1979. Sa famille
maternelle est franc-comtoise, en revanche il a des origines siciliennes
du côté de son père et c'est sans doute par cette
branche familiale que lui est venue sa passion pour la musique...(et peut-être
aussi sa grande volubilité fort sympathique) : "Comme beaucoup
de siciliens, ma famille a traversé la Méditerranée
une première fois pour se rendre en Tunisie, où sont nés
mes grands-parents puis mon père ; en 1956, deuxième
expédition pour la France, et c'est comme ça que la famille
Coppola s'est installée à Besançon. Tout cela est
un peu compliqué mais porte une grande richesse, et je suis fier
d'être issu de ce mélange de cultures. Mon grand-père
Vincenzo Coppola n'avait aucune formation musicale mais connaissait un
nombre impressionnant de chansons populaires ; dans les réunions
de famille, il y avait toujours un moment où il entonnait un air
en sicilien, et alors toutes les conversations s'arrêtaient subitement.
Cela pouvait ne durer que quelques instants, mais il arrivait qu'il retrouve
une vieille chanson de sa mémoire que ses enfants n'avaient eux-même
jamais entendus! Mon père comme ses trois frères s'est mis
à la guitare pour le plaisir, et s'est accompagné en chantant
Brassens, Brel, Ferrat... Ils ont animé toutes les grandes soirées
de fête avec ce répertoire".
Par contre c'est une jeune voisine qui lui a donné envie de jouer
du piano : " Des voisins avaient une fille de deux ans mon aînée
qui jouait du piano, et j'ai eu envie d'en faire autant. Mes parents m'ont
alors acheté un piano, un bon Schimmel droit qui est encore dans
la maison familiale. Le jour où il devait être livré,
je me souviens l'avoir attendu pendant des heures, assis sur le perron,
sans pouvoir penser à autre chose ! "
Guillaume Coppola a suivi tout d'abord un an de solfège avant
de commencer les cours de piano dans l'atelier musical dans les locaux
de l'école maternelle de son village puis comme il présentait
de bonnes aptitudes, son professeur l'a préparé à
l'examen d'entrée au Conservatoire de Besançon :" Je
suis entré dans la classe de Lucette Touzet. Je travaillais en
alternance avec elle et son assistante Blandine Porez. J'ai des souvenirs
très précis de cette période, également de
mes cours de formation musicale avec Brigitte Rose qui m'a fait aimer
chanter et je garde une grande tendresse pour toutes ces personnes qui
ont su me donner le goût de la musique et l'envie d'apprendre. Ces
moments passent très vite mais ils sont fondamentaux pour la suite
d'un parcours, ils peuvent allumer une passion comme ils peuvent dégoûter
un enfant si l'initiation ne se fait pas dans de bonnes conditions. Quand
Lucette Touzet a pris sa retraite, après ma médaille, c'est
Cosima Joubert qui l'a remplacée, et là aussi la rencontre
a vraiment été heureuse. Nous avons fait pendant deux ans
un important travail pour arriver au niveau de l'entrée au CNSM."
Guillaume Coppola obtient la médaille d'or au CNR de Besançon
en 1997, puis travaille régulièrement
avec Bruno Rigutto pour préparer le concours du Conservatoire de
Paris :"Il m'a donné une grande impulsion et m'a vraiment
appris à donner ce qu'il y a de meilleur en moi; au conservatoire,
j'allais en cours comme si j'allais donner un concert, car il fallait
que de chaque exécution sorte quelque chose de grand. C'était
très dur, mais je crois que c'était une bonne école
d'exigence, car la Musique doit parler, et son message est si fort que
l'interprète ne peut pas se permettre de dire les choses à
moitié. Rigutto était obsédé par la qualité
du son, mais il ne donnait pas de clé, il voulait que l'on cherche,
que l'on exprime son individualité à travers son propre
son, vrai, authentique."
Parallèlement, Guillaume Coppola poursuit des études générales
:"En fait je crois que je n'ai pas vraiment choisi de devenir
pianiste professionnel, ça s'est imposé à moi: j'adorais
travailler mon piano et jouer en public, mais je n'osais pas vraiment
formuler ce désir d'être pianiste. Quand il s'agissait d'envisager
un avenir professionnel, j'étais un peu perdu car être pianiste,
ce n'était pas pour moi un métier, c'était plutôt
une sorte de rêve! C'est pour cela que j'ai continué des
études générales en parallèle, pour garder
en quelque sorte un pied dans la réalité si jamais le rêve
ne se réalisait pas... Mais je ne savais pas vers quoi me diriger,
en dehors de la musique, et comme je m'intéressais à beaucoup
de domaines et que mes résultats scolaires étaient assez
brillants, j'ai par conséquent un peu tout essayé: après
une Seconde économique et sociale, j'ai fait une Première
S, avant de bifurquer avec bonheur vers une Terminale littéraire!
Après cela j'ai fait un DEUG de Musicologie, mais mon emploi du
temps ne m'a pas permis d'aller plus loin !"
En 1999, Guillaume Coppola est admis à l'unanimité du
jury au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans
la classe de Bruno Rigutto, assisté de Nicholas Angelich et Hervé
Billaut, et travaille également dans les classes de musique de
chambre de Christian Ivaldi, Ami Flammer et Claire Désert...."Le
système des classes de musique de chambre au CNSM permettait que
l'on pratique différentes formations, avant de choisir un groupe
fixe avec lequel on travaillerait deux ans pour passer le prix. Si bien
que j'ai passé mon Diplôme en trio, après être
passé dans différentes classes et avoir exploré le
répertoire de sonate, quatuor, quintette et même deux pianos
et quatre mains ! "
Il s'en suit une série de récompenses qui l'encouragent
à vivre pleinement sa vocation : Premier Prix de Piano, puis Diplôme
de Formation Supérieure de piano et musique de chambre avec Mention
Très Bien, il est également lauréat de la Fondation
Cziffra, de la Fondation de France, de l'ADAMI et de plusieurs concours
internationaux : The International Holland Music Sessions, FLAME, Forum
Musical International de Normandie...."Les concours sont une carte
de visite, ils permettent de se faire connaître et d'avoir une légitimité
par rapport aux organisateurs de concerts. Leur nombre s'étant
multiplié depuis quelques décennies, je crois qu'ils ont
un peu perdu de leur prestige, et souvent un prix ne suffit plus pour
faire carrière. Les récompenses que j'ai obtenues m'ont
apporté des concerts, mais je pense que le plus important est ce
qui débouche de ces concerts."
Guillaume Coppola se perfectionne dans de nombreux séminaires
d'interprétation avec Dominique Merlet, John O'Conor, Claude Helffer,
Jean-Claude Pennetier..." J'ai un souvenir ému de ma rencontre
avec Claude Helffer, avec qui j'ai travaillé durant deux ans lors
de ses "cours du mardi", rendez-vous mensuels dans la tradition
de Nadia Boulanger. Il m'a ouvert les portes de la musique contemporaine,
son savoir était encyclopédique, et l'écouter parler
de tous les compositeurs qu'il avait côtoyés était
passionnant. Après cette période il est régulièrement
venu m'écouter en concert, et en février 2004, quelques
mois avant de quitter ce monde, il m'a écrit une carte très
émouvante où il disait "Tout ce qui est carrière,
c'est fini. A vous de vous lancer." J'ai gardé précieusement
cette lettre qui m'apporte le réconfort dont j'ai besoin dans les
moments de doute..."
Son jeu trouve aujourd'hui son épanouissement grâce aux
conseils de Marie-Françoise Bucquet et Jorge Chaminé....J'ai
fait la connaissance de Marie-Françoise Bucquet au Conservatoire,
en écoutant les conseils qu'elle donnait à un pianiste professionnel
qui venait de lui jouer un Concerto de Mozart, et je suis tombé
en admiration devant cette femme si cultivée, si précise
dans son écoute et ses commentaires, et qui a donné un autre
sens à la musique que je venais d'entendre. Par la suite, j'ai
suivi régulièrement en tant qu'auditeur ses cours de pédagogie,
puis j'ai intégré sa classe de musique de chambre, et finalement
j'ai participé aux ateliers "Avant-Scène" qu'elle
anime avec son mari le baryton Jorge Chaminé. Double rencontre
donc, d'une richesse inestimable, qui m'a été et m'est encore
très précieuse, puisque ce duo continue à suivre
de près mon évolution. Ils ont cette qualité rare
de favoriser l'épanouissement d'un artiste en lui prodiguant des
conseils adaptés et justes, tout en respectant sa personnalité."
Guillaume Coppola a également obtenu le diplôme d'enseignement
en 2000 :"Je n'ai pas de poste d'enseignant dans un établissement ;
mon activité dans ce domaine s'est limitée jusqu'à
maintenant à des remplacements de durée variable: j'ai passé
7 mois au CNR de Rouen l'an dernier, et 6 mois cette année à
l'École Nationale d'Aulnay-sous-Bois. Deux expériences courtes
mais très riches, car l'enseignement apprend aussi beaucoup sur
soi, et c'est très gratifiant de pouvoir aider d'autres pianistes
à progresser !"
Le tempérament très ouvert de Guillaume Coppola se devine
par ses longues réponses aux questions de Piano bleu, ainsi il
est ainsi également très enthousiaste quant il s'exprime
sur sa rencontre avec le pianiste Dmitri Bashkirov : "Dmitri
Bashkirov a été invité au CNSM en 2003. Les master-classes
sont en principe réservées aux étudiants en cycle
de perfectionnement, et j'étais à l'époque en cursus
de musique de chambre, mais je me suis tout de même inscrit sur
liste d'attente. La veille du premier jour de cours, je reçois
un appel téléphonique m'annonçant qu'une place était
libre le lendemain matin, suite à la défection d'un élève
souffrant. Angoisse mêlée d'excitation- j'accepte la proposition
inattendue. Bashkirov est réputé pour être très
dur, mais là, deuxième surprise, le contact est très
bon et mon cours se passe à merveille (je crois que c'est aussi
grâce à Schubert!). Après cela, j'assiste à
plusieurs autres leçons de la semaine et, autre choc, autre coup
de fil du Conservatoire : "Monsieur Bashkirov vous a choisi
pour jouer lors du cours public final". C'est à la suite de
cette expérience que j'ai été invité à
l'Académie de Savonlinna, seul français parmi huit pianistes,
pendant quinze jours avec le Maître. J'ai découvert à
cette occasion la grande école russe de piano, un son chaud et
puissant, la noblesse d'un Seigneur du clavier. Cette étape a été
très importante, et m'a permis d'acquérir davantage d'assurance
en scène."
Guillaume Coppola se produit en récital en France, notamment
à Paris - salle Cortot, Opéra Garnier, Archives Nationales
- et dans des festivals tels que la Folle Journée de Nantes en
région, Besançon/Franche-Comté, la Roque d'Anthéron
dans le cadre des Ensembles en résidence, le Festival Européen
Jeunes Talents, le festival Cziffra, Piano en Saintonge. Il se produit
également à l'étranger : Pays-Bas, Suisse, Italie,
Allemagne, Finlande, Pologne, Roumanie, Chine..."Je trouve que
voyager avec la Musique fait partie des plus grandes joies de ce métier;
si bien que chaque "aventure" m'a laissé de grands souvenirs.
Ma première "sortie" de pianiste s'est faite en Roumanie;
j'ai joué sur un piano dont il manquait un pied et qui tenait miraculeusement
appuyé sur une grande chaise. Malgré les conditions pas
vraiment idéales, j'ai un très beau souvenir de ce voyage,
et des gens pour qui la musique était quelque chose de très
naturel. Puis je suis allé en Pologne, où j'ai rencontré
le Professeur Jasinski qui m'a émerveillé en me parlant
du son chopinien. Pendant mes études au Conservatoire, j'ai fait
la création d'une pièce concertante du jeune compositeur
Sylvain Griotto, que nous avons joué à Paris puis en Allemagne.
L'Italie m'a donné beaucoup d'émotions, car j'ai l'impression
d'y retrouver une partie de mes racines. Il y a eu aussi le théâtre
de Vevey en Suisse, les Pays-Bas, la Finlande... mais mon choc le plus
récent a été la Chine, où je rêve de
retourner. C'est une sensation très étrange, car je ne me
suis pas senti fondamentalement bien là-bas, j'étais même
plutôt perdu, mais le dépaysement était tel que ma
curiosité s'est trouvée de plus en plus aiguisée,
et cela continue même depuis mon retour !".
A la question d'évoquer son meilleur souvenir de concert, Guillaume
Coppola répond : "J'ai un souvenir magique de fin de concert
à la Chapelle Royale Saint-Frambourg de Senlis (rebaptisée
Auditorium Cziffra) où je donnais en bis le Prélude en ut
dièse mineur de Rachmaninov; après en avoir fait sonner
les accords puissants, je terminais sur le grand decrescendo du glas disparaissant
au loin, et là, avant que le son ne soit éteint, les cloches
de la cathédrale de Senlis ont commencé à carillonner...
on aurait dit qu'elles prenaient le relais, c'était merveilleux !
"
Nouveaux concerts et voyages en perspective pour Guillaume Coppola,
celui-ci a été récemment choisi par les International
Holland Music Sessions pour participer à la série"NEW
MASTERS ON TOUR 2006-07..."Les Holland Music Sessions sont une
académie et un festival un peu particuliers: la sélection
se fait au niveau international, ensuite les artistes choisis participent
aux stages à Bergen (près d'Amsterdam) avec de grands maîtres,
certains apparaissent lors des master-classes publiques, et tous donnent
un récital dans la programmation estivale. Après cela sont
choisis chaque année quelques artistes, en général
trois ou quatre pianistes, deux violonistes et deux violoncellistes, qui
participeront à une tournée internationale. Ce sera l'occasion
pour moi de jouer en mars-avril 2007 dans des salles magnifiques comme
le Concertgebouw d'Amsterdam, le théâtre Diligentia de la
Haye, la Philharmonie de Bratislava ou encore le Rudolfinum de Prague.
Les concerts que j'ai donné en Hollande ont été des
moments très forts, j'ai découvert un public passionné,
très attentif et chaleureux, que j'ai hâte de retrouver lors
de la tournée des "New Masters Series". Ces concerts
me tiennent à curégalement pour le fait de jouer dans
des lieux mythiques, et de découvrir de grandes capitales, des
lieux chargés d'Histoire et de Beauté, comme Prague que
je ne connais pas encore. ""
Actualité : janvier 2008 : Guillaume Coppola était
en Chine fin octobre, où il a joué notamment Beethoven,
Schumann, Debussy, Liszt, ainsi quune pièce de Gao Ping,
compositeur chinois vivant actuellement en Nouvelle Zélande. A
cette occasion, il a bénéficié des conseils de lauteur
et de ses commentaires sur luvre « Night Alley »
composée en 2006. il se prépare à une tournée
en Europe du Nord en mars, en solo (Festival de Liepaja en Lettonie) et
duo avec le baryton Marc Mauillon et une tournée en Amérique
du sud en juin avec la soprano Bénédicte Tauran (8 concerts
: Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) ainsi que des récitals
à Pamiers (10 février), Besançon (Théâtre
Bacchus, 16 mai), Paris (Institut hongrois, 6 juin), Aulnay-sous-Bois
(19 février), Abbaye de Fontdouce et un concert avec le violoniste
Régis Pasquier et l'Ensemble Tetraktys (Festival de Marast, 4 juillet)
Mais avant il donnera un concert : Samedi 26 janvier 2008, 15h, Musée
Carnavalet, Paris III° récital Franz Liszt réservations
: 01 45 48 88 92
Son répertoire
Ne demandez pas à Guillaume Coppola de vous dire quels
sont ses compositeurs ou uvres préférés car
il vous répondra :"C'est une question difficile, d'autant
que cela dépend un peu des moments !"... Mais après
tout au contraire faudrait-il alors lui poser et reposer la question en
fonction du moment, aussi "pour le moment"...et "D'une
manière générale, je dirais que je me reconnais davantage
dans le répertoire romantique, où je peux exprimer la partie
exaltée de mon tempérament. Ainsi, après avoir eu
une longue période Liszt et Chopin, j'ai davantage exploré
Schubert et Schumann, et plus récemment Brahms qui maintenant figure
régulièrement dans mes programmes, avec les Variations op.18/II,
les Rhapsodies, l'opus 116, ou en musique de chambre. J'ai toujours eu
une fascination pour Franz Liszt, autant pour l'homme que pour le pianiste
ou le compositeur, et j'admire sa capacité à mettre en scène
la musique, la dramaturgie de son oeuvre, et la grande variété
de sentiments humains qu'il explore. Je rêve de jouer sa Danse Macabre,
Totentanz pour piano et orchestre, qui d'ailleurs a été
un de mes premiers disques- je l'ai écouté en boucle pendant
des années. Il y a dans cette uvre quelque chose d'envoûtant,
quand je l'écoute j'ai une sensation proche de l'ivresse! C'est
étrange d'ailleurs, mais je crois que j'ai une certaine attirance
pour les uvres noires, ou mystiques: outre celle que je viens de
citer, j'aime passionnément Funérailles, extrait des Harmonies
poétiques et religieuses, la Sonate "Funèbre"
de Chopin, ou dans un autre domaine le Requiem de Mozart... Ce que je
raconte ne va pas donner envie de me connaître! (sic) pourtant dans
la vie je suis plutôt quelqu'un de joyeux et optimiste...Mais j'aime
alterner un certain répertoire flamboyant avec des choses plus
calmes et contemplatives (est-ce dû au signe astrologique des Gémeaux
sous lequel je suis né?), comme la musique de Debussy que je joue
depuis longtemps, avec toujours le même plaisir. Parmi les domaines
que je souhaiterais explorer davantage, figure la musique espagnole, particulièrement
celle de Enrique Granados que je trouve très enivrante."
En ce qui concerne les interprètes, Guillaume Coppola a nombreux
artistes préférés qui l'inspirent, en fonction de
leur répertoire :" Parmi les pianistes du passé,
j'aime les témoignages qu'on laissés des Rachmaninov, Horowitz,
ou Lipatti. Dans la musique germanique, j'admire Schnabel, Fischer, puis
parmi les vivants Fleisher, et Brendel qui a fait une recherche tellement
poussée pour donner des interprétations mûries et
complètement abouties. Je suis totalement fasciné par le
panache, la vitalité d'Argerich qui n'a aucune limite technique,
ce qui lui permet d'exprimer absolument tout ce qu'elle veut à
l'instrument. Mais il y a aussi Lupu, Perahia, Freire... et parmi la jeune
génération, je reste sans voix devant le piano de Nicholas
Angelich."
Guillaume Coppola est encore très enthousiaste pour s'exprimer
sur ce qu'il apprécie dans chaque type de concert : "Ce
qui me fait le plus frissonner est le rapport qu'on a avec un orchestre
lorsqu'on joue en concerto. On se sent vraiment porté, ou emporté
par le souffle de cette masse sonore. Il y a quelque chose de très
puissant dans le fait d'être soutenu par l'orchestre, ou de lutter
contre lui, de dialoguer avec ses solistes... Le dialogue plus intime
est également jouissif en musique de chambre, où l'on essaie
de créer une complicité, une fusion entre les instruments,
une respiration commune. J'ai le privilège de partager cela avec
ma sur Cécile, qui est violoniste à l'Orchestre National
de Bordeaux-Aquitaine, car nous nous comprenons souvent de manière
instinctive, et notre travail vient conforter des sensations que nous
vivons ensemble.
Dans l'art de respirer avec un autre musicien, il ne faut pas oublier
le partenariat avec les chanteurs qui est une activité où
l'on apprend beaucoup. C'est en travaillant avec des voix que l'on acquiert
le cantabile cher à Mozart, que l'on parvient à soutenir
une longue phrase mélodique, et encore que l'on apprend à
connaître son corps pour mieux l'utiliser au piano. Parmi les chanteurs
avec qui j'ai particulièrement apprécié de collaborer,
citons le baryton Marc Mauillon, un échange formidable, et la soprano
Laia Falcon, que j'ai accompagnée notamment dans les "Siete
Canciones populares espanolas" de Manuel de Falla .
Mais j'adore le récital, c'est d'ailleurs ce que je pratique le
plus. Seul sur scène, on est vraiment maître à bord;
c'est plus difficile car on est livré à soi-même,
toutes les responsabilités nous incombent, mais on peut justement
exprimer plus directement ce qu'on a de plus intime, de plus profond et
authentique en soi. Le contact avec le public y est encore plus franc
et immédiat, et l'on peut se concentrer vraiment sur le message
que l'on souhaite délivrer, sans intermédiaire. Pour moi
le récital est une ascèse, on s'y découvre et on
en sort grandi."
Musicien complet et curieux, Guillaume Coppola a récemment pris
part à des productions mêlant poésie et musique :"J'ai
toujours adoré les auditions de piano que mes professeurs de Besançon
organisaient, où régulièrement le piano était
croisé avec un autre art. Dès ma première audition
au CNR, je me souviens que des élèves de la classe de danse
étaient intervenues (en revanche je ne me rappelle plus quelle
musique les accompagnait!). J'ai eu beaucoup de plaisir à lire
les extraits de contes de Perrault ou de Mme Leprince de Beaumont pour
Ma Mère l'Oye de Ravel, puis nous avions monté l'Enfant
et les sortilèges, La Boîte à joujoux de Debussy,
L'Histoire de Babar de Poulenc, avec à chaque fois des intervenants
d'autres classes comme celle d'Art dramatique. Ces expériences
m'ont donné le goût des rencontres de la musique avec d'autres
formes d'expression. Mon premier "concert-poésie" professionnel
était axé sur Victor Hugo, je partageais la scène
avec ma sur au violon et un récitant, Michel Cachot. C'était
très difficile pour la concentration, car tout s'enchaînait
avec une petite mise en scène, et entrer dans du Schumann ou du
Liszt au dernier vers d'un poème, en commençant dans l'obscurité,
ce n'est pas si naturel! Pourtant l'effet obtenu est lui très naturel,
quand on est bien rôdé ça devient magique, on entre
dans la musique comme dans un bain ! Plus récemment j'ai participé
à un spectacle sur Berlioz dont le comédien Didier Sandre
lisait des extraits de la correspondance, nous étions plusieurs
pianistes et chanteurs sous la houlette de Jeff Cohen. C'étaient
de très beaux moments, d'émotion et de partage, avec un
acteur profond et humble."
L'intérêt que porte Guillaume Coppola à la musique
ne se limite pas au répertoire classique :"Même si
j'écoute principalement du classique, j'ai parfois besoin de "changer
d'air", alors je me rafraîchis avec Bill Evans, Ella Fitzgerald...
J'ai découvert l'an dernier la chanteuse portugaise Misia, par
une élève qui m'a offert un de ses disques, et j'aime me
perdre dans ses fados vibrants !"
Le jeune pianiste a nombreux centres d'intérêts qui sont
pour lui source d'inspiration ou utiles pour jouer du piano
et c'est avec tout autant d'enthousiasme qu'il en parle aussi : "Je
pense que tout ce qu'on vit, qu'on voit, qu'on respire peut être
source d'inspiration, un poème, une peinture, un paysage, une personne...
parfois on peut réaliser subitement en voyant un tableau: "le
thème de telle sonate, c'est ça!", mais souvent ce
n'est pas appréciable sur le moment, les parallèles se font
a posteriori, et quand on ne s'y attend pas! Je me souviens avoir eu la
révélation du sens de Feuilles mortes de Debussy un jour
d'automne où je marchais en forêt; bien entendu j'avais auparavant
imaginé des situations, mais en voyant ce paysage c'est devenu
absolument évident! Mes autres centres d'intérêts
sont répartis dans plusieurs domaines, j'aime lire, aller au cinéma,
à des expos, je fais un peu de sport: les bienfaits de la natation
sur ma posture au piano ne sont plus à prouver... J'aime observer
les choses, les gens, la nature, j'aime voir grandir une plante, s'ouvrir
une fleur... Pour moi les fleurs sont l'essence de la Beauté et
la fragilité du monde. Et partager un bon dîner, du bon vin
et parler d'art et de la vie avec mes meilleurs amis fait partie des choses
fondamentales pour mon équilibre ! "
Écouter...
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Guillaume Coppola
CD Classica Découvertes
Chopin Schubert
Scriabine
Debussy
Liszt
Ce CD est paru avec le numéro de Décembre 2005/Janvier
2006 de la revue Classica Répertoire
Vous pouvez en écoutez un extrait : Impromptu op142 - n°4
de Franz Schubert (format mp3 et real player)
durant le mois d'avril 2006 dans la page Morceau du mois au Piano
bleu
Cliquez sur l'image de la pochette !
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et bientôt en concert en 2008
-
Samedi 26 janvier - 15h - Paris, Musée Carnavalet
Association Phares
Récital de piano
Franz Liszt
Lundi 4 février - 20h? - Paris
Concert privé pour une entreprise
Récital de piano
Franz Liszt
Dimanche 10 février - 16h30 - Pamiers (09)
Association Pro Musica
Récital de piano
Franz Liszt
Tel.: 05 61 67 29 59
Mardi 19 février - 20h30 - Aulnay-sous-Bois (93)
L'heure musicale, Auditorium du CRD
Récital chant-piano avec Marc Mauillon, baryton
Poulenc, Debussy, Milhaud
Tel: 01 48 79 65 21
Mercredi 27 février - h - Besançon (25), Musée
des Beaux-Arts
Carte blanche à Marc Mauillon
Récital chant-piano avec Marc Mauillon, baryton
Poulenc
Du 10 au 25 mars - Tournée en Europe du Nord / European Tour
Lettonia, Liepaja Piano Festival
Finland, Helsinki
Biélorussia, Minsk Philharmonie
Pologne, Varsovie / Poland, Warsaw
Récitals solo et récitals chant-piano avec Marc Mauillon
En savoir plus
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ici
© pianobleu.com ---- contact : -
Agnès Jourdain
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