Merci à Édouard Bineau d'avoir répondu
aux questions de pianobleu.com pour la réalisation de cette page.
Biographie résumée
Édouard
Bineau est né le 17 juillet 1969. Son père, qui joue du
jazz en amateur éclairé, lui fait découvrir les
pianistes Monk, Peterson, Ray Briant, Erroll Garner, Bud Powell
"Sans forcément y prêter attention, cela a été
ma culture au quotidien. Aussi quand plus tard vers 19 ans, je me suis
intéressé à la pratique du jazz, je me suis rendu
compte que j'avais une bonne connaissance des " standards "
et de ce que l'on nomme la musique ternaire, sans m'être posé
la question auparavant."
Auparavant, à quatorze ans, il s'est intéressé
au blues :"Un ami m'a fait découvrir, le blues à
travers des gens comme Muddy Waters, Howlin'Wolf, Hot tuna, Eric Clapton alors
j'ai acheté un harmonica, et j'ai commencé à "
repiquer " les disques. Parallèlement, j'écrivais
des textes de chanson, et m'accompagnait à l'aide d'une guitare,
ou du piano familial. Je talonnais pour trouver les accords, ou me faisais
aider dés que je croisais un musicien dans mon entourage"
C'est par hasard qu'Édouard Bineau se met à jouer plus
sérieusement au piano : "Je faisais du théâtre
et j'ai eu le rôle d'un pianiste... La première étape
pour me remettre au piano a été de "repiquer"
sur les disques tout ce que je pouvais, d'oreille(la mienne n'est que
relative et non absolue). Un ami pianiste, Philippe Bestion, m'a fait
gagner beaucoup de temps en m'initiant aux règles de l'harmonie,
notamment à travers les standards de jazz. Pour la pratique pure
de l'instrument, je l'ai abordé de manière autodidacte."
Le fait de devenir professionnel était une évidence
pour Édouard Bineau :"Je crois que je ne me posais même
pas la question, mon temps et mon énergie y passait, donc pas
possible de faire autre chose, soit je jouais soit je composais(c'est
toujours le cas aussi)".
Entre 1988 et 1999, il multiplie les expériences en groupe, sessions,
bufs, concerts, piano bar...."J'ai commencer le métier,
avec dans un premier temps deux urgences : progresser et manger : ça
fait encore parti des choses importantes aujourd'hui "
Édouard Bineau estime que beaucoup de rencontres comptent pour
un musicien..."Moi, je dirais que tous les gens avec qui j'ai
joué m'ont apporté, mais je dois reconnaître que
Arnaud Lechantre et Gildas Boclé (avec qui je joue en trio) sont
parmi les plus important, ils sont à la fois exigeants et enthousiastes,
et c'est une rythmique fantastique. Antoine Hervé, que je tiens
pour un des plus grands musicien actuellement, m'a beaucoup apporté
aussi dans les échanges que nous avons eu autour d'un piano,
ou d'un café ". Une autre rencontre qui a beaucoup
compté pour Édouard Bineau est celle de à Jean-Jacques
Pussiau :"La rencontre avec Jean-Jacques est l'une des plus
importante pour moi, car il m' a permis de concrétiser ce qui
n'était qu'un projet. Ce fut le cas encore ensuite avec "
Ideal Circus ", et aujourd'hui " l'Obsessioniste "."
Ses compositions
Édouard Bineau a nombreux compositeurs en référence
musicale : "Bill Evans , Miles Davis, Satie, mais aussi, Sting,
Muddy Waters, Hancock, Bjork, Elvin Jones, Debussy, Paul Bley, Steve
Swallow, Leon Parker, J.S. Bach et bien d'autres."
Hormis qu'il aime composer de nuit quand tout le monde dort, Édouard
Bineau, comme nombreux musiciens n'a pas de recette particulière
pour composer :"Mon point de départ est soit une mélodie,
une cadence, une idée rythmique, pour finir, c'est lié
à mon humeur. Certains morceaux sont écrits en une demi-heure,
d'autres six mois . "
Concernant son dernier disque : "L'Obsessioniste ", Édouard
Bineau confie :"J'ai découvert chez Sébastien
Texier un fabuleux musicien, cela a tout de suite marché entre
nous ça s'entend, je trouve. L'idée d'une musique pour
le " Palais du facteur Cheval " est né de la rencontre
entre Jean-Jacques Pussiau et Christophe Bonin(directeur du Palais).
Nous avions joué en trio, là-bas et c'était un
de ces concerts magiques. Jean-Jacques et Christophe m'ont proposé
ce projet et Je suis parti de mots, de termes, ce que m'évoquaient
Ferdinand Cheval et son uvre : l'obsession, la folie, le jusqu'au-boutisme,
l'harmonie, la rupture, paradoxalement une forme de sagesse, la pierre,
l'attachement à la terre J'ai écrit en pensant au
duo avec la clarinette, mais ça a été véritablement
une agréable surprise quand Sébastien a joué les
première notes : c'était mieux que ce que j'avais imaginé.
J'aime particulièrement le morceau " Alice ", mais
aussi "Maman rose ", Sébastien a un son terrible et
moi aussi !".
Écouter...
paru en février 2007
L'Obsessioniste
Édouard Bineau, piano
Sébastien Texier, clarinette
Dans un cadre verdoyant, dans la petite commune de Hauterives
(Drôme)s'élève un drôle de bâtiment,
classé monument historique, symbole de l'architecture naïve
: Le Palais idéal du Facteur Cheval. Construit par le facteur
Ferdinand Cheval(1836-1924) qui consacra, à partir de 1879,
trente-trois années de sa vie à modeler, nuit après
nuit, un monument "d'obstination", après avoir
buté, au retour de sa tournée quotidienne, sur une
pierre si bizarre qu'elle lui rappelle son rêve qui sombrait
peu à peu dans l'oubli : un palais féerique dépassant
l'imagination....
L'imagination ne manque pas aux musiciens de jazz et chaque
année, dans ce lieu féerique, se déroule
un festival jazz : "Jazz au Palais". En 2004, le pianiste
Édouard Bineau y a composé un morceau dédié
à l'uvre du Facteur Ferdinand Cheval : Ideal Circus...titre
de son précédent album en trio, avec le batteur
Arnaud Lechantre et le bassiste Gildas Boclé, et première
pierre du cheminement discographique vers cet album" L'obsessioniste"
qui parait aux éditions "Le Chant du monde",
cette fois en duo avec le clarinettiste Sébastien Texier....cliquez
ici pour lire la suite
Sélection du mois
Novembre 2005
Jazz
Édouard Bineau
Ideal circus
Existe-t-il un parcours idéal pour devenir un pianiste
qui joue... jazz ? A l'écoute de ce deuxième album
du pianiste Édouard Bineau, il semble que la réponse
est évidente : non. C'est seulement à l'âge
de 19 ans que, sans passer par les écoles, Édouard
Bineau s'est décidé à se lancer tout seul
dans l'aventure de la musique, en total autodidacte, et si son
entrée dans "l'arène" a pris quelques
années, il avait 33 ans en 2001 pour son premier album,
il a tout de suite reçu nombreux éloges, tel le
qualificatif de " enfant de Bill Evans et d'Erik Satie".
Certes il n'est pas seul ici, puisque Arnaud Lechantre l'accompagne
à la batterie de nouveau dans ce second disque, et le bassiste
Gildas Boclé boucle ce nouveau trio.Trois musiciens pour
offrir une musique pleine de poésie et de lyrisme, dans
laquelle Edouard Bineau soutenue par une rythmique parfaitement
équilibrée, peut jouer en confiance des standards
(comme « Interface » de Hank Jones, « Besame
mucho » de Consuelo Velasquez et Sunny Skylar ou "Sad
Lisa" de Cat Stevens) et ses propres compositions avec notamment
un morceau en deux parties(comme dans l'album Exodus) où
O be One est remplacé par une "Frédérique"
dont la poésie, le lyrisme et les silences éloquents
appellent plus à entrer dans le cirque idéal qu'à
l'exode.
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