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Dominique Fillon
Merci à Dominique Fillon d'avoir répondu aux questions
de Piano bleu pour la réalisation de cette page.
Biographie commentée
Dominique
Fillon est né le 25 février 1968 au Mans, et a passé
une enfance bercée par la passion de son père pour la
musique classique (Mahler, Ravel, Bach, Villa-Lobos
) et le goût
prononcé de ses trois grands frères pour la pop-music
(Beatles, Rolling Stones, Pink Floyd, Crosby Stills and Nash
)
"J'ai commencé par me situer un peu entre toutes ces
influences. Je me souviens d'avoir aimé d'abord des détails
dans tout ce que j'entendais. Je me souvenais non pas d'une oeuvre que
j'aimais mais de quelques parties d'instruments ou de couleurs qui m'interpellaient.
Je comprends maintenant que c'était un goût prédestiné
pour l'arrangement plus que la composition. Plus-tard j'ai re-découvert
tous ces artistes, Malher, Ravel, The Beatles, Pink-Floyd, Supertramp...en
analysant plus particulièrement leur écriture. J'avais
donc à l'époque, une approche curieuse et mes goûts
étaient ceux de mon entourage. Quand j'ai pu m'acheter des disques,
j'ai commencé à faire des choix plus personnels et ils
se sont portés vers une musique plus "colorée, plus
métissée", la Funk, la musique brésilienne
ou africaine...".
Dominique Fillon était très attiré par le piano
et par tous les instruments de musique en général, espérant
que les amis de ses parents à qui ils rendaient visite en possèdent
un pour lui donner l'occasion de jouer et chanter :"Nous chantions
beaucoup et quand j'ai chanté à peu près juste,
mes parents me faisaient chanter devant tout le monde ! Chaque
fois que j'avais l'occasion de toucher un piano, j'expérimentais
les sons, les touches les unes avec les autres et j'avais remarqué
qu'avec deux doigts, on pouvait, sur les touches blanches, retrouver
le thème de la 9ème de Beethoven !".
C'est à onze ans qu'il a vraiment commencé le piano : "L'année
de la 6ème je suis allé dans un collège où
il y avait un piano à queue et un élève de terminal
y jouait très bien : Arnaud Mange. Je lui ai immédiatement
demandé de m'apprendre et il m'a assuré qu'à la
fin de l'année je saurai jouer la "lettre à Élise
" et 'l'Arnaque". Je ne sais toujours pas jouer ça
mais j'ai très vite joué plein d'autres trucs ! A
la même époque, un de mes frères jouait dans la
fanfare de Jazz de l'école de médecine et il m'embarquait
parfois pour jouer de la batterie."
Ses parents l'ont inscrit dans des cours de musique classique mais
le rythme des cours ne convenait pas à Dominique Fillon :"J'avançais
tellement vite tout seul à l'oreille, que ces cours ne m'apportaient
rien. Du coup, l'écart s'est très vite creusé entre
mon oreille, mon jeux, et la lecture qui permet de jouer des partitions
classiques et des exercices.". Il est vrai que le jeune garçon
montrait de très grandes capacités pour se débrouiller
tout seul : " J'écoutais tout avec une oreille très
analytique. Que ce soit à l'arrière de la voiture de mes
parents ou au supermarché, j'ai toujours voulu comprendre ce
que j'entendais. Comment fait-on cette harmonie, ce rythme, ces écarts
de notes, cette couleur de timbre etc... J'expérimentais tout
sur mon clavier pour retrouver la sensation que m'avait donné
une chanson, un thème, la musique d'un film ou d'une pub. Et
dès le départ j'ai chanté avec mon piano ou la
guitare. La mélodie m'a toujours semblé être le
propos principal à comprendre, et l'harmonie et le rythme le
contexte qui aide à exprimer ce propos."
Son goût pour la musique brésilienne date de ses 15 ans
: "Je suis venu passer un week-end à Paris et j'ai été
invité à écouter un concert au "Baiser Salé".
Il s'agissait d'un groupe brésilien dont je n'ai jamais su le
nom. Un chanteur guitariste, un clavier, une basse, une guitare. J'ai
eu un vrai choc. Ce mélange des plus beaux rythmes et des plus
belles harmonies m'a marqué à vie.
En rentrant dans ma Sarthe j'ai cherché des disques de musiques
brésiliennes et le premier fut "Lilas" de Djavan. J'avais
aussi, comme tout le monde, à la maison les disques de Joao Gilberto
et Stan Getz. La musique brésilienne représente le mélange
parfait entre l'Afrique, l'Amérique et l'Europe. Elle me parle
plus que toute autre, me rassure, me remet en forme, me contente et
m'apprend le monde. C'est une musique du coeur et du peuple."
Dominique Fillon fait ses premières expériences de concerts
dans des groupes de rock ou de pop-rock :"Au fond de mon jardin,
il y avait une maison avec des gens très sympathiques, dont deux
frères plus âgés que moi. J'avais vu l'un d'entre
eux jouer de la guitare électrique et j'avais été
impressionné par ses reprises de Santana. Je suis allé
les voir et ils m'ont acheté un clavier pour les accompagner
dans leurs concerts. Leur groupe s'appelait : Deux points à
la ligne et revendiquait "la Poésie Rock". Nous étions
dans les années 80 et il y avait 200 000 groupes de rock
en France ! C'était donc mon premier groupe, avec les mythiques
répétitions dans les garages, les premiers concerts avec
nos copains aux premiers rangs et mes premières chansons dont
une s'appelait "Le pianiste amoureux" ! Lors d'un de ces concerts,
les membres du groupe Orgon sont venus m'embaucher. Orgon était
un groupe avec des moyens plus importants, où j'avais encore
plus de place pour composer et chanter mes chansons. Nous avons même
réalisé un 45t dans un studio à St Lo. Encore la
belle époque des groupes de rock et des studios en boîte
à oeufs, où nous étions réveillés
par de l'omelette et du rouge...!"
Vers l'âge de 17ans, il a un coup de foudre pour le jazz lors
d'un concert organisé par sa mère pour une association
: "Il s'agissait d'une trio avec Guylain Deppe au piano. Je
suis resté scotché et j'ai immédiatement décidé
de me concentrer uniquement sur mon jeu et l'apprentissage des standards
de Jazz car je sentais que ce serait la meilleure école pour
moi. J'ai troqué mes synthés pour un Fender Rhodes et
j'ai intégré l'école de Jazz du Mans, sa bande
de Jazzmen dirigé par Philippe Duchemin, pris des cours avec
Guylain Deppe, et après avoir été choisi pour jouer
deux soirs par semaine dans un piano bar, arrêté le lycée
: mon père notaire, avait vendu un fond de commerce à
deux personnes voulant créer un Piano bar au Mans. Il leur a
parlé de moi et ils ont décidé de m'engager pour
les vendredi et samedi soirs. J'ai commencé avec un blues et
les feuilles mortes et petit à petit j'apprenais d'autres thèmes
semaine après semaine. Philippe et Guylain jouaient au Stan avec
plein de musiciens manceaux et invitaient de grandes stars du Jazz :
Monty Alexander ou Spanky Wilson, Sarah Lazarus ou Jean-Lou Longnon.
Nous jouions beaucoup les uns avec les autres et nous écoutions
beaucoup de concerts."
A 20 ans, il vient à Paris pour entrer à lAmerican
School of Modern Music, mais, finalement, il ny reste que 3 mois
préférant continuer à étudier en solo, expérience
qu'il juge aujourd'hui comme... "Pas une mauvaise expérience
au sens où l'école n'est pas bonne mais au sens où
n'importe quel système éducatif collectif ne m'a jamais
convenu. Peut-être que ça allait trop vite ou peut-être
pas assez ! Et puis les gens autour de moi m'intéressaient
plus que la théorie. Je me régalais aux ateliers du samedi
matin où Steve Carbonara venait faire un boeuf avec moi, et je
m'ennuyais à mourir dans les cours collectifs."
Dominique
Fillon est ensuite engagé au « cafconc »
pour jouer et chanter un répertoire de jazz rock, de funk et
de fusion, il y reste un an et demi . A partir de cette époque
sa biographie pourrait se résumer en un seul mot : rencontres...sur
lesquelles il confie : "Beaucoup de rencontres m'ont marqué.
Peut-être toutes ! C'est ce qui me plaît dans ce métier.
Faire des rencontres et y puiser l'inspiration. Pour citer quelques
bons souvenirs : mon engagement au Cacf'conc par Chris Henry, avec qui
j'ai partagé des heures de bonheur musical. Notre groupe entier
au Caf'conc. Chris Henry, Neslon Baltimore, Eric Sauviat, Fatia Messaoudi
et Caroline Pascaud Blandin. Jean-Christophe Maillard qui est venu me
chercher pour jouer avec Michel Fugain, Jeff Baillard qui m'a engagé
dans l'équipe de Ralph Thamar, Lokua Kanza qui m'a fait jouer
dans plein de disques dont Goeffray Auriema..., Marijosé Alie
et Christophe Monthieux, ma deuxième famille, qui m'ont apporté
leur écoute et m'ont donné confiance en mes compositions,
Pascal Arroyo qui m'a engagé dans l'équipe de Lavilliers,
Marco Papazian avec lequel je continue à jouer aujourd'hui, et
puis Jean-Philippe et Thierry Fanfant qui m'ont donné toutes
les clefs de la musique latine et caribéenne. Steve Rodby bien
sûr qui a accepté de venir de Chicago pour enregistrer
mon album et qui m'a offert son amitié, Marc Berthoumieux pour
sa passion et ses conseils, Bernard Faulon qui m'a apporté toute
son expérience de technicien du piano et de pianiste. J'ai changé
mon son de piano à son contact. Julio Gonçalvez qui m'a
fait rentrer dans le monde des brésiliens à Paris, Sergio
Farias, mon complice sur ce disque qui m'a adopté dans sa famille
au Brésil. Je pourrais continuer sur 10 pages. Toute mon inspiration
est faite de gratitude envers ces rencontres enrichissantes."
Quant aux autres sources de son inspiration, Dominique Fillon cite
comme pianistes jazz de référence :" Keith Jarret
pour le son et l'improvisation, Herbie Hancock pour l'inventivité
et le groove. Oscar Peterson pour sa folie et sa vélocité."mais
bien d'autres musiciens d'autres styles complètent cette liste
:"Pour la musique Classique, Mahler, Ravel, Gershwing...La
Pop, Beatles, Elton John, Supertramp, Dire Straits, Mickael Jackson.
Le Blues, rythm and blues et la funk. Je rêve de monter un groupe
de funk pour y jouer du Rhodes et du Clavinet...".
Vers 30 ans, sa rencontre avec Michel Fedoroff à la fin de
la production de Zambouya, deuxième album de Marijosé
Alie et première réalisation de Dominique Fillon, se révèle
aussi très importante pour lui : "Il avait été
amené par Philippe Lavil pour éditer et produire ce disque.
Je suis allé le voir ensuite pour lui proposer la production
d'un artiste Africain "Alioune K" et nous avons entamé
une collaboration qui ne s'est plus arrêtée. Je lui amène
des artistes et nous les produisons. Parfois directement ou parfois
avec l'aide d'autres producteurs. Je lui ai par exemple présenté
Sanseverino et notre projet de disque "Le Tango des gens"
qu'il a bien voulu proposer à Christian Hergott. Ils ont produit
ensemble. Nous n'avons pas de label puisqu'à chaque fois nous
cherchons des partenaires différents suivant les projets."
Son projet d'album date de 2005, avant le résultat final (voir
plus bas) "Détours", un premier projet, avec plus de
chanteurs, a été réalisé mais n'a pas été
gardé car le piano n'était pas assez en avant. Nombreuses
personnes ont collaboré à ce projet instrumental dont
le piano est l'acteur principal : "Sergio Farias est le premier
collaborateur. J'avais besoin d'un guitariste brésiliens pour
soutenir et et donner la couleur aux compositions. Il m'a apporté
bien plus. Une expérience, une culture et m'a emmené dans
son pays. Steve Rodby m'a apporté sa confiance, ce qui n'est
pas rien quand on fait un premier album et que personne ne vous connaît.
En séance il m'a apporté son expérience de producteur
car il a co-produit tous les albums de Metheny et bien d'autres comme
Noa. Il me donnait plein de conseils pour l'interprétation, le
moment pour enregistrer etc.... Sur un titre où j'étais
seul au piano il m'a proposé de s'asseoir près de moi
dans le studio pour que j'aie un auditeur direct et que mon jeu s'en
ressente ! Stéphane Huchard était le batteur idéal
à mes yeux pour les titres les plus jazz. L'élégance
de son jeu, de ses cymbales... Jean-Philippe Fanfant mon complice de
toujours m'a apporté son swing latin inégalable. Et Luiz
Augusto est le roi de la bossa-nova. Finesse, élégance
et douceur. Les percussionnistes : Julio Gonçalvez pour le son
brésiliens, Steve Shéhan pour l'inventivité et
Nicolas Montazaud pour la polyvalence...
A la question de savoir ce que son frère, François,
Premier Ministre, pense de cet album, Dominique Fillon confie :"Je
ne sais pas trop ce qu'il en pense. Je l'entends dire plein de jolies
choses dessus. Je crois que nous avons dans la famille une grande admiration
les uns pour les autres. Je me souviens d'une de ces phrases quand j'étais
adolescent : "Fais ce que tu veux mais fais le bien".
Je suis tellement d'accord avec ce principe..."
Faire bien et aussi faire beaucoup car parallèllement à
ce projet Dominique Fillon a travaillé sur les arrangements et
la réalisation du troisième album de Sanseverino. Depuis
2006, il est également le directeur musical d'un projet qui s'appelle
"Domtomfolies" pour les Francofolies. Ce projet, est la phase
finale d'un concours qui a lieu dans tous les Dom-Tom et qui a pour
but de découvrir chaque année, les nouveaux talents des
départements et territoires d'Outre-Mer :" Marijosé
Alie est à l'origine de ce concept. Chaque année un ou
deux artistes se détachent du lot. Même s'ils sont tous
intéressants. J'ai eu une affection particulière pour
un grand grand artiste rencontré dans ce projet. Il s'appelle
Gulaan. Mais ils sont tous merveilleux. Chris Combette, Tyssia, Colo
Barst, Mikidache..."
Dominique Fillon donne de plus en plus de concerts grâce à
son tourneur "Caramba", les musiciens avec lesquels il joue
sont nombreux et varient selon leur disponibilité : Jean Philippe
Crespin, Jean Philippe Fanfant, Kevin Reveyrand, Diego Imbert, Julio
Gonçalvez etc... et une tournée en France est en préparation
pour "Détours" , mais quant à dire quel est
son meilleur souvenir de concert, il confie :"A l'heure actuelle
c'est celui de mon mariage, il y a quelques jours [fin aout 2007]:
cinq heures de musique avec mes amis, où nous avons retracé
tous les styles de musique que j'ai entendu dans ma vie. Inoubliable."
Pour ce qui est des projets qui sait si son prochain voyage qu'il
confie être "Au Japon pour visiter la famille de mon épouse"
ne débouchera pas sur de nouvelles compositions... et par ailleurs
comme il révèle avoir aussi "Une passion pour
la grande épopée de L'Aéropostale. Mermoz, St Exupéry
etc.....Je ferai un jour un album sur cela", il ne reste qu'à
espérer de nouveaux voyages musicaux dont il a le secret.
Nouveau en mai 2010 : voir une nouvelle
interview à la sortie de son disque Americas ci-dessous
Ecouter...
Nouveau
parution
en juin 2010

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Americas
Dominique Fillon, piano
Nic Cecire, batterie
Steve Rodby, basse
Invités :
Youn Sun Nah, chant
Ulf Wakenius, guitare
Olivier Roman Garcia, guitare
Ce n'est ni au Japon ni dans l'espace que Dominique Fillon nous
conduit cette fois comme l'on aurait pu peut-être s'y attendre
à lire sa précédente interview sur son parcours
, mais il est vrai qu'avec ce pianiste, compositeur, arrangeur
et réalisateur, avide de rencontres musicales il faut s'attendre
à nombreux détours avant d'arriver à destination...
et un voyage vers les amériques avait aussi toutes les
bonnes raisons de s'imposer pour cet amoureux de la samba et du
jazz.
Ainsi l'on devine qu'il n'a pas du se faire beaucoup prier pour
suivre les conseils du bassiste Steve Rodby, déjà
présent sur son précédent disque, même
si c'est un batteur australien, Nic Cecire, qui vient compléter
le trio cette fois-ci....cliquez
ici pour lire la suite et voir plusieurs vidéos
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Dominique Fillon
Détours
Pour son premier album le pianiste Dominique Fillon a choisi
une illustration(photographie de Maxime Ruiz) qui symbolise parfaitement
ses compositions et son désir d'offrir par sa musique un
beau voyage aux bienheureux auditeurs qui se laisseront agréablement
bercer sur une mer calme même si le ciel où navigue
le piano n'est pas bleu, et au sujet duquel le musicien confie
: "J'aime beaucoup le fait qu'il y ait des nuages. Je
n'aime pas l'idée de l'Amérique latine donnée
par un palmier et un ciel bleu. C'est tellement plus riche que
ça.".
Il est vrai aussi que sa musique est tellement plus riche qu'une
simple musique du monde mais une véritable osmose entre
jazz et bien d'autres musiques d'influence espagnoles, brésiliennes,
cubaines, caribéennes
car le compositeur a collaboré
avec un grand nombre de musiciens également influencés
par ces musiques : Michel Fugain, Philippe Lavil, Bernard Lavilliers,
Angélique Kidjo, Marijosé Alie, Ralph Tamar, Lokua
Kanza, Sanseverino, ont fait appel à lui....cliquez
ici pour lire la suite
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Bientôt en concert : au Sunside à Paris le 5 juin avec
Olivier Roman Garcia, Kevin Reveyrand et Francis Arnaud.
En savoir plus
Visitez le site officiel de Dominique Fillon...cliquez
ici
© pianobleu.com ---- contact :
- Agnès Jourdain
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