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piano bleu concarneau
Dana Ciocarlie
Merci à Dana Ciocarlie d'avoir répondu aux
questions de Piano bleu pour la réalisation de cette page.
Biographie résumée
Dana
Ciocarlie est née le 26 novembre 1967 à Bucarest(Roumanie)
dans une famille dans laquelle on était plutôt enclin vers
les lettres, pas tellement vers la musique :"Cela a eu un effet
de retardement de mon apprentissage musical ; mon père étant
une exception, car il aimait beaucoup la musique populaire, il était
assez doué pour l'accordéon et, pendant ses années
d'étudiant, il a fait partie d'un ensemble de danses folkloriques ;
je ne sais pas si cela a eu une influence sur moi, mais la musique inspirée
du folklore, surtout de celui d'Europe centrale est devenue une partie
importante de mon répertoire pianistique."
Dana Ciocarlie découvre le piano à 5 ans et demi, chez une
tante éloignée, professeur de musique dans les lycées :"J'étais
une enfant turbulente, pendant la visite que je lui faisais avec mes parents,
elle m'a joué une petite pièce pour me distraire et me calmer :
effet inverse, car (et je m'en souviens encore) je n'ai pas voulu quitter
la maison jusqu'à ce qu'elle m'ait appris à jouer cette
mélodie, et d'autres encore. Après cette soirée,
je n'ai eu de cesse de demander à mes parents de me faire apprendre
le piano , mais sans succès. Puisque j'étais enfant unique,
ils craignaient le caprice, or un piano et des leçons impliquaient
de lourds investissements; il a fallu que je passe ma première
année sur un piano en carton que j'avais dessiné et sur
lequel je m'inventais des chansons chantées avec la voix."
Parallèlement, Dana Ciocarlie commence la natation dans un grand
club sportif...."J'étais assez douée pour "le
dos" et on me prédisait un avenir brillant. Mais, une année
plus tard, avec la complicité de mère (et en cachette de
mon père, étant contre), je me suis présentée
au Lycée de musique de Bucarest(équivalent du CNR, mais
avec comme modèle les écoles soviétiques pour surdouées)
pour la seule place restée libre en 2ème année, et
que j'ai gagnée. Mais mes collègues étaient déjà
avancés en solfège et piano, certains jouaient déjà
avec des orchestres. Pour commencer le piano ,7-8 ans était considérait
comme un âge déjà trop tardif."
En une année, Dana Ciocarlie a du rattraper 3-4 ans de retard..."J'ai
eu la chance folle de tomber sur Florine Delatolla, un professeur qui
était handicapé (en fauteuil roulant) mais qui m'a traité
comme sa fille, et m'a donné toute sa confiance et son temps. Je
travaillais 6 heures pas jour et 8 heures par semaine avec lui. Avec cette
particularité qu'il lui était
impossible de me montrer des exemples au piano, donc tout passait par
des explications, mais, finalement cela a marché ! Quand j'ai
eu 16 ans, il est décédé, mais même après
sa mort il avait pris soin de moi, car il a demandé dans son testament
à son amie, madame Ludmila Popisteanu, un des plus grands professeurs
roumains et élève de Florica Musicescu (le professeur roumain
de Dinu Lipatti), de me prendre dans sa classe..."
Dana Ciocarlie ne s'est jamais posée la question du professionnalisme
:"De toute façon, le système d'enseignement en Roumanie
ignorait la notion même d'amateur ; le lycée de musique
menait au bac (au terme d'examens sélectifs chaque année),
et là on restait 9 pianistes chaque année dans chaque lycée
du pays (il y en avait 5 en tout). Si seulement un de ses examens était
raté, c'en était fini de la musique et de la carrière
musicale à vie ! Or, je ne m'imaginais pas vivre sans...Le
conservatoire était une Université (nous étions seulement
8 pianistes à entrer chaque année dans les 3 Conservatoires
du pays), donc on avait tous les cours de formation musicale complète,
mais aussi langues étrangères, histoire, philosophie, roumain,
et même le...socialisme scientifique. J'ai été tentée
par l'orgue, mais il n'y avait plus de classe d'orgue en Roumanie et le
seul professeur était convertie en professeur d'accompagnement
donc, je l'ai convaincu, pendant nos cours d'accompagnement, de descendre
en cachette dans la salle de sports, (ou avait fini pas atterrir l'orgue
du conservatoire) pour prendre quelques leçons et avoir un rudiment
de cet instrument."
En 1990, Dana Ciocarlie remporte un premier prix de musique au conservatoire
de Bucarest et elle peut entrer en France à l'école normale
de musique Alfred Cortot..."A l'École Normale, c'était
ma 2ème grande rencontre pédagogique et musicale, avec Madame
Victoria Melki, elle-même élève d'Alfred Cortot et
de Geza Anda Là, je fais une petite parenthèse : je dois
dire que je suis très sensible à la notion de filiation,
de transmission d'un héritage spirituel, tant dans mon propre parcours
,que dans le cheminement de l'histoire de la musique .Ce n'est pas par
hasard que mes deux derniers disques de piano seul s'intitulent "La
langue maternelle" ( la filiation contemporaine hongroise issue de
Bartok - Eötvös, Ligeti, Kurtag) et "Debussy en miroirs"
(en réalité le miroir de la musique française d'aujourd'hui).
Dans la classe de madame Melki, qui est devenue comme ma deuxième
maman, j'ai appris une rigueur de travail, une exigence d'écoute
inouïe; grâce à elle j'ai obtenu le Diplôme supérieur
d'Exécution, puis celui de concertiste de l'École Normale".
Puis Dana Ciocarlie entre directement au Conservatoire National Supérieur
de Musique de Paris dans les classes de Dominique Merlet et Georges Pludermacher..."J'ai
adoré ces 2 années dans le cycle de perfectionnement ;
en plus, avec Dominique Merlet (élève de Louis Hilbrandt,
lui-même un des seuls élèves de Dinu Lipatti à
Genève) et avec Georges Pludermacher (qui avait travaillé
avec Geza Anda, comme Victoria Melki), j'avais un sentiment de continuité
avec mon passé musicale et donc, de grande cohérence dans
mon cheminement (il ne fallait pas tout oublier et recommencer à
zéro) Je voudrais aussi parler de ma rencontre avec Christian Zacharias,
en 1994, lors des Rencontres de Villarceaux, organisées par le
festival d'Ile-de-France autour des dernières oeuvres de Schubert;
choc musical qui m'a beaucoup marqué: lors de la première
rencontre, je lui ai joué le 2ème mouvement de la sonate
D 960, et il a m'a dit: "C'est le son de Schubert, comme c'est très
rare de l'entendre". L'année suivante, nous avons joué
à 4 mains au Musée d'Orsay et il m'a encouragée à
faire mon premier disque avec cette uvre, ainsi que d'organiser
une semaine entière autour de l'oeuvre de Schubert (c'était
à Paris, en 1997, à la Maison de la Poésie), 100
uvres de Schubert en une semaine ! J'aime beaucoup l'immersion
totale dans l'oeuvre d'un compositeur, ce que je suis en train de faire
avec Schumann"
Dana Ciocarlie est lauréate de la fondation Yamaha en 1993, puis
de la fondation Cziffra en 1994, elle remporte les Young Artists International
à Leipzig en 1995, puis le Prix Spécial Sandor Vegh du Concours
Geza Anda à Zurich, le Prix International Pro Musicis et le Deuxième
Grand Prix du concours Schumann en 1996, et est finaliste et lauréate
du concours F. Busoni en 1997..."J'ai participé à
des concours internationaux sur une période très courte,
entre 1995-1997, pour plusieurs raisons. Les concours sont faits pour
de très jeunes musiciens (d'ailleurs, les limites d'âge sont
aujourd'hui vers 25-26 ans, et il y a 10 elles étaient vers 32!),
car la société est ainsi faite, elle veut être impressionnée
par les exploits de la jeunesse, par la performance "sportive",
et pas forcément par le vécu, la réflexion et la
maturité. Ensuite, passer un concours est (en tout cas l'était
pour moi un tel état de stress et de quasi-maladie) si éprouvant,
qu'il faut une certaine 'innocence", voir "inconscience"
de l'extrême jeunesse pour y parvenir plus facilement; plus on est
jeune, moins on se pose de questions pour une telle épreuve qui,
sommes toutes, est basée sur la comparaison de l'incomparable (le
don musical). Et, dernière raison qui en découle des autres,
c'est que, à cause du régime politique roumain qui empêchait
les jeunes de partir à l'étranger de peur qu'ils ne reviennent
plus, j'ai participé déjà assez tard (j'avais 26-28
ans) Mais, je ne regrette pas de l'avoir fait, surtout que le Prix Pro
Musicis (par exemple), m'a ouvert les portes de l'Asie et des États-Unis
et le 2ème Grand Prix Schumann à Zxickau (ville de naissance
du compositeur), est inestimable pour quelqu'un qui s'apprête à
jouer en concert toute l'oeuvre de Robert Schumann (piano, musique de
chambre, orchestre)"
Dana Ciocarlie confie que c'est le prix de la fondation Yvonne Lefébure
(reçu en 1996 à l'occasion de la finale du Prix "Pro
Musicis" qui est le plus cher à son cur :"Il
a des résonances qui se prolongent dans le présent et qui
dépassent la sphère musicale; car Marianne Hyafil-Bonnet,
pianiste et disciple de Yvonne Lefébure (qui représente,
avec Charles Guy, la Fondation) est devenue à la fois une amie,
une conseillère et mon lien avec tout un passé dont je suis
en partie issue (Yvonne Lefébure était assistante d'Alfred
Cortot et à eu Dinu Lipatti comme élève). Je pense
que la Fondation à plus fait pour moi qu'un des mes concours internationaux,
car elle m'a permis de réaliser mon premier disque (le disque Schubert
chez L'empreinte digitale")Et là, il y a un recoupement avec
la question antérieure car, originellement, cette fondation organisait
un concours à Saint Germain en Laye; au bout de trois éditions,
ils ont eu le sentiment d'être plus dans l'esprit d'Yvonne Lefébure
en allant écouter des finales de plusieurs autres concours et choisir
(ou non) à ces moments-là des lauréats qui leur rappelaient
des facettes de la personnalité d'Yvonne Lefébure(qu'ils
avaient vraiment bien connue), plutôt que de conférer cette
tâche à un grand jury, qui aurait un choix moins personnel"
Ses multiples activités à travers le monde en récital
ou en concert avec orchestre lont conduite aux États-Unis
(Boston, New-York, Los Angeles), au Canada (Montréal, Festival
de Lanaudière), à Hong-Kong, en Europe (Allemagne, Suisse,
Espagne, Belgique, Luxembourg, Italie, Pays-Bas, Roumanie), en France
: Cité de la Musique, Musée dOrsay, Radio-France,
Auditorium du Louvre, Salle Gaveau, Invalides, au MIDEM de Cannes, à
l'Opéra de Lyon, et dans différents festivals : Chopin à
Bagatelle, Berlioz de la Côte Saint-André, Labeaume en Musiques,
Périgord Noir, Radio-France-Montpellier, La Roque dAnthéron
"Parmi les concerts à venir Mon retour à La Roque
d'Anthéron (le 13 aout dans un programme Bartok) me rends très
heureuse, et, en janvier, je vais participer pour la première fois
à la grande fête de la "Folle Journéeà
Nantes, autour des Écoles Nationales de l'Europe Centrale. C'est
aussi très excitant." Dana Ciocarlie a rencontré
le meilleur et le pire lors de ces nombreux concerts :"Un de mes
meilleurs souvenir est mon premier concert à La Roque d'Anthéron,
car l'organisation de ce festival est un très grand luxe pour les
artistes: avoir le choix du piano ( le matin, il y en a 5 sur la scène),
le soin apporté pour la préparation (un piano en permanence,
des loges incroyables), le public très chaleureux), j'ai hâte
d'y retourner. Le pire a été en Espagne: je devais jouer
en tournée avec orchestre le 2ème concerto de Rachmaninov
dans la cathédrale de Salamanque et, une heure avant le concert,
je vois arriver... un piano quart de queue. Evidemment, le concerto a
été remplacé par un demi-récital piano solo
au pied levé..."
Dana Ciocarlie donne en moyenne 40 à 60 concerts par an, dont la
moitié en récital et l'autre en concertos avec orchestre
et musique de chambre...."J'aime beaucoup le public français
très chaleureux; mais, le pays ou j'aime le plus jouer est l'Allemagne:
je sens, de la part du public, une telle ferveur et une connaissance approfondie
des uvres (parfois, ils arrivent avec les partitions), que l'interprète
que je suis se sent "portée", soutenue et comprise. Dans
mes rêves de concertiste internationale, il y a bien sûr le
Japon, ou je n'ai pas encore eu l'occasion de jouer; j'espère remédier
à cette lacune dès l'année prochaine."
.Les concerts sont parfois aussi l'occasion pour Dana Ciocarlie de retourner
dans son pays natal :"Je n'ai presque plus de famille là-bas,
alors j'y vais uniquement pour des occasions musicales. Donc cela se présente
environ une fois par an , la plupart du temps pour des concertos avec
orchestre; pour la saison prochaine, le programme roumain sera plus rempli,
car je vais jouer le Concerto de Schumann avec l'Orchestre Philharmonique
de Bucarest,( l'orchestre - phare roumain), j'ai au programme un récital
avec Irina Muresanu à la salle de la Radiodiffusion à Bucarest
et une tournée des Instituts Français en Roumanie. Mais,
mon grand rêve, serait d'être invitée au plus grand
Festival roumain, le Festival international "George Enescu";ce
serait une vraie consécration pour moi comme interprète
d'Enescu."
Parallèlement à son activité de concertiste, Dana
Ciocarlie enseigne depuis 7 ans au Conservatoire "Jacques Ibert"
du 19ème arrondissement de Paris et, depuis 4 ans, elle est professeur
assistant à l'École Normale de Musique "Alfred Cortot"
de Paris..."Je dois dire que ce poste à L'école
normale est une de mes grandes fiertés et joies musicales. Tout
d'abord, je suis l'assistante de madame Victoria Melki, qui a été
mon professeur de piano dans cette même Ecole, durant mes toutes
premières années en France; ensuite, je pense que j' ai
une vraie fierté d'être reconnue par l'institution dans la
quelle j'ai été élève, c'est un vrai changement
de statut. Et puis, à l'idée que dans cette école,
fondée par un des pianistes que j'admire le plus, je marche sur
le plancher de salles dans lesquelles Dinu Lipatti et Clara Haskil eux-mêmes
ont été formés, c'est un sentiment très exaltant."
Son répertoire
La
musique de Robert Schumann accompagne Dana Ciocarlie depuis ses débuts
au piano : "A mon tout premier concert, j'ai joué "Le
Croque mitaine" et le "Premier chagrin" de l'Album pour
la jeunesse), à travers les étapes les plus importants de
ma vie pianistique (à l'entrée au conservatoire de Bucarest,
j'ai joué "Les Etudes Symphoniques", à la sortie
du conservatoire la Première Sonate, à l'entrée au
3ème cycle du CNSM de Paris "l'Humoresque" op. 20, etc.),
André Boucourechliev m'a dit à la sortie d'un concours où
il était dans mon jury "Vous êtes une schumanienne,
j'ai mis 4 Etoiles pour votre 2ème Sonate"; tout cela (plus
le fait que j'ai connu mon mari lors d'un récital ou j'ai joué
Schumann) crée un lien très fort avec sa musique, lien que
je voudrais garder toute ma vie. Voilà pourquoi je travaille d'arrache-pied
toute sa musique de piano pour être prête, dès l'année
prochaine, à la jouer en concert".
Dana Ciocarlie est dédicataire duvres de nombreux
compositeurs contemporains : Karol Beffa, Frédéric Verrières,
Nicolas Bacri, Stéphane Delplace, et est reconnue comme lune
des interprètes majeures de Horatiu Radulescu. Elle compare son
travail à celui d'un laboratoire de recherche, ayant à coeur
de ne pas passer à côté d'un compositeur contemporain
: "Ce qui me motive dans le travail de la musique écrite
de nos jours, c'est le travail "en équipe" avec un compositeur.
C'est tellement différent du chemin qu'on fait tout seul avec une
sonate de Beethoven par exemple, un travail presque d'archéologue,
de détective. Avec un compositeur bien vivant, qui sait très
bien ce qu'il veut, je me transforme en laboratoire de recherche à
moi toute seule. Vous imaginez, vivre en même temps que Schumann,
par exemple, et ne pas jouer sa musique, ne jamais essayer de travailler
avec lui ?"
Après un disque mettant en miroirs des uvres de Debussy
et de compositeurs contemporains, Dana Ciocarlie a également le
projet d'un disque d'oeuvres de Dvorak avec le quatuor Psophos :"Avec
les 4 filles du Quatuor Psophos, nous avons une grande complicité;
aussi, j'ai tout de suite répondu oui à leur invitation,
jointe à celle de Lydia Jardon, directrice artistique du label
Ar-Re-Se, pour enregistrer le quintette de Dvorak sur un disque à
paraître en octobre (sur lequel figure aussi un quatuor à
cordes de Dvorak). En plus, c'était pour moi l'occasion de retravailler
(comme pour le CD Magnard-Lekeu) aussi avec un preneur de son et directeur
artistique de génie, Jean-Marc Laisné. Pour la sortie de
ce disque, un concert est d'ores-et-déjà programmé
pour le lundi 4 décembre prochain au Théâtre de l'Athénée-Louis
Jouvet à Paris, un concert intitulé "Mittel Europa".
En fait Dana Ciocarlie a nombreux projets, et pas des moindres car l'un
d'eux s'annnonce colossal : "Mon projet "de longue haleine"
qui me tient le plus à coeur est, évidemment, l'intégrale
de l'oeuvre de Schumann avec piano ( cela veut dire: piano seul, piano
en musique de chambre et piano et orchestre). Dans l'immédiat,
plusieurs projets sont déjà bien avancés : un disque
de sonates violoncelle-piano de Debussy, Vierne et Magnard avec Sébastien
van Kuijk, à paraître au printemps 2007 chez "Triton",
un disque Bartok avec les Rhapsodies pour violon et piano avec Jean-Marc
Philips chez "Intrada" et, enfin, un 2ème CD avec la
violoniste Irina Muresanu pour Ar-Re-Se, autour de Joseph Joachim."
La réponse de Dana Ciocarlie à la question de savoir si
elle préfère les récitals en soliste, en musique
de chambre ou avec orchestre, pourra déconcerter les gastronomes
qui n'ont pas pour plat préféré le caviar...mais
il est vrai que c'est le plat le plus cher, même s'il n'est pas
forcément le plus savoureux au goût de tous car sa réponse
est "Alors là, c'est comme si à un gastronome on
demandait: qu'est-ce qui est mieux, le fois gras, le homard, ou le caviar?
Toute réflexion faite, je crois que c'est le caviar (le concerto
avec orchestre)" Plus sérieusement, Dana Ciocarlie ajoute
: "Dans le récital , c'est la grande liberté et
responsabilité de cette forme; c'est un monologue, mais le pianiste
est la voie la plus directe, la plus intime entre l'uvre et le public,
c'est un saut sans filet. La musique de chambre (et j'inclue dans cette
forme le concerto avec orchestre qui est une musique de chambre avec 70
personnes...) ,c'est du pur plaisir ; c'est l'effort de construire un
son unique, donc un seul instrument formé de la superposition de
différents modes de production du son ; quand on y pense,
c'est de la folie, mais, ça marche !"
Parmi ses interprètes de référence, Dana Ciocarlie
cite..."d'abord les roumains: Dinu Lipatti, Clara Haskil, Radu
Lupu. Chacun à sa sonorité très distincte, mais moi
je sens qu'ils ont en commun la chaleur, "le feu" si particulier
roumain qui "couve" dans leur jeu. Parlons de feu, évidemment
Martha Argerich, on aime son jeu ou on le déteste (moi je suis
fan), mais elle a définitivement marqué ses dernières
30 années de vie musicale internationale. Je pourrais dire la même
chose concernant Krystian Zimmermann. Une rencontre qui m'a marqué
pour toujours, bien sur, est celle avec Christian Zacharias, un des plus
grands pianistes de nos jours. Je suis une inconditionnelle des grandes
figures de la première moitié du 20ème siècle
: Cortot, Schnabel, Fischer,Gieseking, Myra Hess. Je suis très
touchée par la liberté et la poésie de Samson François."
Dana Ciocarlie avoue écouter 80% de musique classique..."Depuis
mon adolescence je suis restée une fan des Beatles, qui d'ailleurs
avait une créativité folle en matière d'orchestration,
des mélanges très audacieuses d'instruments, d'un goût
très sûr, et montrant un vraie interêt pour les styles
musicaux (je pense à "Norvegian Wood" et à "Eleanor
Rigby"). J'écoute beaucoup de chanson française de
la "grande époque" et beaucoup de chanson de Brel, de
Barbara ou "Avec le temps" de Léo Ferré me font
pleurer à chaque fois. Et de voir Jacques Brel dans ces concerts
filmés, c'est une expérience artistique unique ; un
tel engagement, don de soi, émotions, voir même pouvoir de
médium, je crois que tous les musiciens devrait en prendre exemple.
J'aime aussi réécouter de temps en temps de la musique "psychédelique"
des années 70-80, des groupes comme Pink Floyd, Genesis, Yes, car
ce sont de vraies oeuvres musicales, chaque album est formellement construit
(comme en musique classique) et on sent la recherche philosophique derrière
les chansons"
A côté de sa passion pour la musique, Dana Ciocarlie révèle
être une grande cinéphile et théâtrophile dans
l'âme. "Dans mes années d'étudiante à
Bucarest, j'allais à la Cinémathèque et pouvais visionner
3 films à la suite: j'ai vu tout Greta Garbo (mon actrice préférée),
inclus ses films muets et tout Hitchkock comme ça. Dans une autre
vie, j'aurais aimé produire des films, m'occuper des castings,
travailler avec les scénaristes et non être comédienne,
cela je le fais dans mon travail de pianiste, qui comporte une grande
partie de recherche psychologique sur les oeuvres, tout comme un comédien
pour un rôle Jouer un récital c'est passer du role d'Ophelie
à celui de Nastassia Filipovna et à celui de Berenice en
un instant, avec le changement de compositeur et de style. Madame Popisteanu,
mon professeur en Roumanie, demandait à tous ses élèves
de lire 'Le travail de l'acteur avec soi-même", le livre capital
de Stanislavski, celui-là même qui a servi de base à
l'Ecole de L'Actor's Studio à New-York."
Ecouter...
La sélection de pianobleu.com
Nouveau
Disque
sorti fin 2006
Dana Ciocarlie interprète avec le quatuor Psophos
le Quintette avec piano n°2 de Dvorak
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Dana Ciocarlie
Debussy en miroirs
La pianiste Dana Ciocarlie a souvent eu l'occasion de travailler
avec des compositeurs contemporains, et plusieurs lui ont d'ailleurs
dédié des oeuvres. Dans cet enregistrement, elle a
souhaité rapprocher des oeuvres de Claude Debussy et de quatre
jeunes compositeurs actuels, nés entre 1965 et 1975, qui
eux-même sont des virtuoses du piano, ainsi Karol Beffa dont
vous pouvez lire une interview sur le site Piano bleu , qui lui
a dédié plusieurs études.
Dans le livret qui accompagne le disque, paru chez le label Triton,
Dana Ciocarlie explique que dans la plupart des oeuvres qu'elle
a choisi de présenter, la référence à
Claude Debussy y est clairement affirmée...cliquez
ici pour lire la suite
Pendant tout le mois de juillet 2006 , Dana Ciocarlie offre
aux internautes de pianobleu.com l'écoute d'un morceau entier
de ce disque...cliquez
ici
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Sonate en sol
Guillaume Lekeu,
Sonate opus 13
Alberic Magnard
Sonates pour violon
Dana Ciocarlie, piano
Irina Muresanu, violon
Paradoxalement, Dana Ciocarlie a connu Irina Muresanu à
travers le Prix International Pro Musicis, et non pas en Roumanie
(elles sont toutes les 2 roumaines); elles ont gagné ce prix
la même année: Dana Ciocarlie à Paris et Irina
Muresanu à l'édition de New-York. Tout de suite, elles
ont été engagées pour une série de concerts
à Hong-Kong, et depuis, elles jouent au moins deux-trois
concerts pas an ensemble (Irina habite Boston ou elle enseigne au
Boston Conservatory).Donc, cette année, elles fêtent
leur 10 ans de duo avec la sortie de leur premier disque "Magnard
- Lekeu : Sonates pour violon et piano" pour le label AR-RE-SE,
avec des concerts au Serres d'Auteuil , au Festival des Forêts
et aux Rencontres de Musiciennes à Ouessant et un nouveau
projet de disque....cliquez
ici pour lire la suite
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Les autres disques enregistrés par Dana Ciocarlie...cliquez
ici
En savoir plus
Visitez les pages concernant Dana Ciocarlie sur le site de l'agence
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Agnès Jourdain
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