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Piano bleu
Dana Ciocarlie
Merci à Dana Ciocarlie d'avoir répondu aux
questions de Piano bleu pour la réalisation de cette page.
Biographie résumée
Dana
Ciocarlie est née le 26 novembre 1967 à Bucarest(Roumanie)
dans une famille dans laquelle on était plutôt enclin vers
les lettres, pas tellement vers la musique :"Cela a eu un effet
de retardement de mon apprentissage musical ; mon père étant
une exception, car il aimait beaucoup la musique populaire, il était
assez doué pour l'accordéon et, pendant ses années
d'étudiant, il a fait partie d'un ensemble de danses folkloriques ;
je ne sais pas si cela a eu une influence sur moi, mais la musique inspirée
du folklore, surtout de celui d'Europe centrale est devenue une partie
importante de mon répertoire pianistique."
Dana Ciocarlie découvre le piano à 5 ans et demi, chez
une tante éloignée, professeur de musique dans les lycées :"J'étais
une enfant turbulente, pendant la visite que je lui faisais avec mes
parents, elle m'a joué une petite pièce pour me distraire
et me calmer : effet inverse, car (et je m'en souviens encore)
je n'ai pas voulu quitter la maison jusqu'à ce qu'elle m'ait
appris à jouer cette mélodie, et d'autres encore. Après
cette soirée, je n'ai eu de cesse de demander à mes parents
de me faire apprendre le piano , mais sans succès. Puisque j'étais
enfant unique, ils craignaient le caprice, or un piano et des leçons
impliquaient de lourds investissements; il a fallu que je passe ma première
année sur un piano en carton que j'avais dessiné et sur
lequel je m'inventais des chansons chantées avec la voix."
Parallèlement, Dana Ciocarlie commence la natation dans un
grand club sportif...."J'étais assez douée pour
"le dos" et on me prédisait un avenir brillant. Mais,
une année plus tard, avec la complicité de mère
(et en cachette de mon père, étant contre), je me suis
présentée au Lycée de musique de Bucarest(équivalent
du CNR, mais avec comme modèle les écoles soviétiques
pour surdouées) pour la seule place restée libre en 2ème
année, et que j'ai gagnée. Mais mes collègues étaient
déjà avancés en solfège et piano, certains
jouaient déjà avec des orchestres. Pour commencer le piano
,7-8 ans était considérait comme un âge déjà
trop tardif."
En une année, Dana Ciocarlie a du rattraper 3-4 ans de retard..."J'ai
eu la chance folle de tomber sur Florine Delatolla, un professeur qui
était handicapé (en fauteuil roulant) mais qui m'a traité
comme sa fille, et m'a donné toute sa confiance et son temps.
Je travaillais 6 heures pas jour et 8 heures par semaine avec lui. Avec
cette particularité qu'il lui était
impossible de me montrer des exemples au piano, donc tout passait par
des explications, mais, finalement cela a marché ! Quand
j'ai eu 16 ans, il est décédé, mais même
après sa mort il avait pris soin de moi, car il a demandé
dans son testament à son amie, madame Ludmila Popisteanu, un
des plus grands professeurs roumains et élève de Florica
Musicescu (le professeur roumain de Dinu Lipatti), de me prendre dans
sa classe..."
Dana Ciocarlie ne s'est jamais posée la question du professionnalisme
:"De toute façon, le système d'enseignement en
Roumanie ignorait la notion même d'amateur ; le lycée
de musique menait au bac (au terme d'examens sélectifs chaque
année), et là on restait 9 pianistes chaque année
dans chaque lycée du pays (il y en avait 5 en tout). Si seulement
un de ses examens était raté, c'en était fini de
la musique et de la carrière musicale à vie ! Or,
je ne m'imaginais pas vivre sans...Le conservatoire était une
Université (nous étions seulement 8 pianistes à
entrer chaque année dans les 3 Conservatoires du pays), donc
on avait tous les cours de formation musicale complète, mais
aussi langues étrangères, histoire, philosophie, roumain,
et même le...socialisme scientifique. J'ai été tentée
par l'orgue, mais il n'y avait plus de classe d'orgue en Roumanie et
le seul professeur était convertie en professeur d'accompagnement
donc, je l'ai convaincu, pendant nos cours d'accompagnement, de descendre
en cachette dans la salle de sports, (ou avait fini pas atterrir l'orgue
du conservatoire) pour prendre quelques leçons et avoir un rudiment
de cet instrument."
En 1990, Dana Ciocarlie remporte un premier prix de musique au conservatoire
de Bucarest et elle peut entrer en France à l'école normale
de musique Alfred Cortot..."A l'École Normale, c'était
ma 2ème grande rencontre pédagogique et musicale, avec
Madame Victoria Melki, elle-même élève d'Alfred
Cortot et de Geza Anda Là, je fais une petite parenthèse
: je dois dire que je suis très sensible à la notion de
filiation, de transmission d'un héritage spirituel, tant dans
mon propre parcours ,que dans le cheminement de l'histoire de la musique
.Ce n'est pas par hasard que mes deux derniers disques de piano seul
s'intitulent "La langue maternelle" ( la filiation contemporaine
hongroise issue de Bartok - Eötvös, Ligeti, Kurtag) et "Debussy
en miroirs" (en réalité le miroir de la musique française
d'aujourd'hui). Dans la classe de madame Melki, qui est devenue comme
ma deuxième maman, j'ai appris une rigueur de travail, une exigence
d'écoute inouïe; grâce à elle j'ai obtenu le
Diplôme supérieur d'Exécution, puis celui de concertiste
de l'École Normale".
Puis Dana Ciocarlie entre directement au Conservatoire National
Supérieur de Musique de Paris dans les classes de Dominique Merlet
et Georges Pludermacher..."J'ai adoré ces 2 années
dans le cycle de perfectionnement ; en plus, avec Dominique Merlet
(élève de Louis Hilbrandt, lui-même un des seuls
élèves de Dinu Lipatti à Genève) et avec
Georges Pludermacher (qui avait travaillé avec Geza Anda, comme
Victoria Melki), j'avais un sentiment de continuité avec mon
passé musicale et donc, de grande cohérence dans mon cheminement
(il ne fallait pas tout oublier et recommencer à zéro)
Je voudrais aussi parler de ma rencontre avec Christian Zacharias, en
1994, lors des Rencontres de Villarceaux, organisées par le festival
d'Ile-de-France autour des dernières oeuvres de Schubert; choc
musical qui m'a beaucoup marqué: lors de la première rencontre,
je lui ai joué le 2ème mouvement de la sonate D 960, et
il a m'a dit: "C'est le son de Schubert, comme c'est très
rare de l'entendre". L'année suivante, nous avons joué
à 4 mains au Musée d'Orsay et il m'a encouragée
à faire mon premier disque avec cette uvre, ainsi que d'organiser
une semaine entière autour de l'oeuvre de Schubert (c'était
à Paris, en 1997, à la Maison de la Poésie), 100
uvres de Schubert en une semaine ! J'aime beaucoup l'immersion
totale dans l'oeuvre d'un compositeur, ce que je suis en train de faire
avec Schumann"
Dana Ciocarlie est lauréate de la fondation Yamaha en 1993,
puis de la fondation Cziffra en 1994, elle remporte les Young Artists
International à Leipzig en 1995, puis le Prix Spécial
Sandor Vegh du Concours Geza Anda à Zurich, le Prix International
Pro Musicis et le Deuxième Grand Prix du concours Schumann en
1996, et est finaliste et lauréate du concours F. Busoni en 1997..."J'ai
participé à des concours internationaux sur une période
très courte, entre 1995-1997, pour plusieurs raisons. Les concours
sont faits pour de très jeunes musiciens (d'ailleurs, les limites
d'âge sont aujourd'hui vers 25-26 ans, et il y a 10 elles étaient
vers 32!), car la société est ainsi faite, elle veut être
impressionnée par les exploits de la jeunesse, par la performance
"sportive", et pas forcément par le vécu, la
réflexion et la maturité. Ensuite, passer un concours
est (en tout cas l'était pour moi un tel état de stress
et de quasi-maladie) si éprouvant, qu'il faut une certaine 'innocence",
voir "inconscience" de l'extrême jeunesse pour y parvenir
plus facilement; plus on est jeune, moins on se pose de questions pour
une telle épreuve qui, sommes toutes, est basée sur la
comparaison de l'incomparable (le don musical). Et, dernière
raison qui en découle des autres, c'est que, à cause du
régime politique roumain qui empêchait les jeunes de partir
à l'étranger de peur qu'ils ne reviennent plus, j'ai participé
déjà assez tard (j'avais 26-28 ans) Mais, je ne regrette
pas de l'avoir fait, surtout que le Prix Pro Musicis (par exemple),
m'a ouvert les portes de l'Asie et des États-Unis et le 2ème
Grand Prix Schumann à Zxickau (ville de naissance du compositeur),
est inestimable pour quelqu'un qui s'apprête à jouer en
concert toute l'oeuvre de Robert Schumann (piano, musique de chambre,
orchestre)"
Dana Ciocarlie confie que c'est le prix de la fondation Yvonne Lefébure
(reçu en 1996 à l'occasion de la finale du Prix "Pro
Musicis" qui est le plus cher à son cur :"Il
a des résonances qui se prolongent dans le présent et
qui dépassent la sphère musicale; car Marianne Hyafil-Bonnet,
pianiste et disciple de Yvonne Lefébure (qui représente,
avec Charles Guy, la Fondation) est devenue à la fois une amie,
une conseillère et mon lien avec tout un passé dont je
suis en partie issue (Yvonne Lefébure était assistante
d'Alfred Cortot et à eu Dinu Lipatti comme élève).
Je pense que la Fondation à plus fait pour moi qu'un des mes
concours internationaux, car elle m'a permis de réaliser mon
premier disque (le disque Schubert chez L'empreinte digitale")Et
là, il y a un recoupement avec la question antérieure
car, originellement, cette fondation organisait un concours à
Saint Germain en Laye; au bout de trois éditions, ils ont eu
le sentiment d'être plus dans l'esprit d'Yvonne Lefébure
en allant écouter des finales de plusieurs autres concours et
choisir (ou non) à ces moments-là des lauréats
qui leur rappelaient des facettes de la personnalité d'Yvonne
Lefébure(qu'ils avaient vraiment bien connue), plutôt que
de conférer cette tâche à un grand jury, qui aurait
un choix moins personnel"
Ses multiples activités à travers le monde en récital
ou en concert avec orchestre lont conduite aux États-Unis
(Boston, New-York, Los Angeles), au Canada (Montréal, Festival
de Lanaudière), à Hong-Kong, en Europe (Allemagne, Suisse,
Espagne, Belgique, Luxembourg, Italie, Pays-Bas, Roumanie), en France
: Cité de la Musique, Musée dOrsay, Radio-France,
Auditorium du Louvre, Salle Gaveau, Invalides, au MIDEM de Cannes, à
l'Opéra de Lyon, et dans différents festivals : Chopin
à Bagatelle, Berlioz de la Côte Saint-André, Labeaume
en Musiques, Périgord Noir, Radio-France-Montpellier, La Roque
dAnthéron
"Parmi les concerts à venir
Mon retour à La Roque d'Anthéron (le 13 aout dans un programme
Bartok) me rends très heureuse, et, en janvier, je vais participer
pour la première fois à la grande fête de la "Folle
Journéeà Nantes, autour des Écoles Nationales de
l'Europe Centrale. C'est aussi très excitant." Dana
Ciocarlie a rencontré le meilleur et le pire lors de ces nombreux
concerts :"Un de mes meilleurs souvenir est mon premier concert
à La Roque d'Anthéron, car l'organisation de ce festival
est un très grand luxe pour les artistes: avoir le choix du piano
( le matin, il y en a 5 sur la scène), le soin apporté
pour la préparation (un piano en permanence, des loges incroyables),
le public très chaleureux), j'ai hâte d'y retourner. Le
pire a été en Espagne: je devais jouer en tournée
avec orchestre le 2ème concerto de Rachmaninov dans la cathédrale
de Salamanque et, une heure avant le concert, je vois arriver... un
piano quart de queue. Evidemment, le concerto a été remplacé
par un demi-récital piano solo au pied levé..."
Dana Ciocarlie donne en moyenne 40 à 60 concerts par an, dont
la moitié en récital et l'autre en concertos avec orchestre
et musique de chambre...."J'aime beaucoup le public français
très chaleureux; mais, le pays ou j'aime le plus jouer est l'Allemagne:
je sens, de la part du public, une telle ferveur et une connaissance
approfondie des uvres (parfois, ils arrivent avec les partitions),
que l'interprète que je suis se sent "portée",
soutenue et comprise. Dans mes rêves de concertiste internationale,
il y a bien sûr le Japon, ou je n'ai pas encore eu l'occasion
de jouer; j'espère remédier à cette lacune dès
l'année prochaine."
.Les concerts sont parfois aussi l'occasion pour Dana Ciocarlie de
retourner dans son pays natal :"Je n'ai presque plus de famille
là-bas, alors j'y vais uniquement pour des occasions musicales.
Donc cela se présente environ une fois par an , la plupart du
temps pour des concertos avec orchestre; pour la saison prochaine, le
programme roumain sera plus rempli, car je vais jouer le Concerto de
Schumann avec l'Orchestre Philharmonique de Bucarest,( l'orchestre -
phare roumain), j'ai au programme un récital avec Irina Muresanu
à la salle de la Radiodiffusion à Bucarest et une tournée
des Instituts Français en Roumanie. Mais, mon grand rêve,
serait d'être invitée au plus grand Festival roumain, le
Festival international "George Enescu";ce serait une vraie
consécration pour moi comme interprète d'Enescu."
Parallèlement à son activité de concertiste,
Dana Ciocarlie enseigne depuis 7 ans au Conservatoire "Jacques
Ibert" du 19ème arrondissement de Paris et, depuis 4 ans,
elle est professeur assistant à l'École Normale de Musique
"Alfred Cortot" de Paris..."Je dois dire que ce poste
à L'école normale est une de mes grandes fiertés
et joies musicales. Tout d'abord, je suis l'assistante de madame Victoria
Melki, qui a été mon professeur de piano dans cette même
Ecole, durant mes toutes premières années en France; ensuite,
je pense que j' ai une vraie fierté d'être reconnue par
l'institution dans la quelle j'ai été élève,
c'est un vrai changement de statut. Et puis, à l'idée
que dans cette école, fondée par un des pianistes que
j'admire le plus, je marche sur le plancher de salles dans lesquelles
Dinu Lipatti et Clara Haskil eux-mêmes ont été formés,
c'est un sentiment très exaltant."
Actualité 2009 : Sortie
du disque Felix Mendelssohn uvres pour violoncelle et piano (voir
paragraphe écouter une nouvelle interview)
Son répertoire...
La
musique de Robert Schumann accompagne Dana Ciocarlie depuis ses débuts
au piano : "A mon tout premier concert, j'ai joué "Le
Croque mitaine" et le "Premier chagrin" de l'Album pour
la jeunesse), à travers les étapes les plus importants
de ma vie pianistique (à l'entrée au conservatoire de
Bucarest, j'ai joué "Les Etudes Symphoniques", à
la sortie du conservatoire la Première Sonate, à l'entrée
au 3ème cycle du CNSM de Paris "l'Humoresque" op. 20,
etc.), André Boucourechliev m'a dit à la sortie d'un concours
où il était dans mon jury "Vous êtes une schumanienne,
j'ai mis 4 Etoiles pour votre 2ème Sonate"; tout cela (plus
le fait que j'ai connu mon mari lors d'un récital ou j'ai joué
Schumann) crée un lien très fort avec sa musique, lien
que je voudrais garder toute ma vie. Voilà pourquoi je travaille
d'arrache-pied toute sa musique de piano pour être prête,
dès l'année prochaine, à la jouer en concert".
Dana Ciocarlie est dédicataire duvres de nombreux
compositeurs contemporains : Karol Beffa, Frédéric Verrières,
Nicolas Bacri, Stéphane Delplace, et est reconnue comme lune
des interprètes majeures de Horatiu Radulescu. Elle compare son
travail à celui d'un laboratoire de recherche, ayant à
coeur de ne pas passer à côté d'un compositeur contemporain
: "Ce qui me motive dans le travail de la musique écrite
de nos jours, c'est le travail "en équipe" avec un
compositeur. C'est tellement différent du chemin qu'on fait tout
seul avec une sonate de Beethoven par exemple, un travail presque d'archéologue,
de détective. Avec un compositeur bien vivant, qui sait très
bien ce qu'il veut, je me transforme en laboratoire de recherche à
moi toute seule. Vous imaginez, vivre en même temps que Schumann,
par exemple, et ne pas jouer sa musique, ne jamais essayer de travailler
avec lui ?"
Après un disque mettant en miroirs des uvres de Debussy
et de compositeurs contemporains, Dana Ciocarlie a également
le projet d'un disque d'oeuvres de Dvorak avec le quatuor Psophos :"Avec
les 4 filles du Quatuor Psophos, nous avons une grande complicité;
aussi, j'ai tout de suite répondu oui à leur invitation,
jointe à celle de Lydia Jardon, directrice artistique du label
Ar-Re-Se, pour enregistrer le quintette de Dvorak sur un disque à
paraître en octobre (sur lequel figure aussi un quatuor à
cordes de Dvorak). En plus, c'était pour moi l'occasion de retravailler
(comme pour le CD Magnard-Lekeu) aussi avec un preneur de son et directeur
artistique de génie, Jean-Marc Laisné. Pour la sortie
de ce disque, un concert est d'ores-et-déjà programmé
pour le lundi 4 décembre prochain au Théâtre de
l'Athénée-Louis Jouvet à Paris, un concert intitulé
"Mittel Europa".
En fait Dana Ciocarlie a nombreux projets, et pas des moindres car l'un
d'eux s'annnonce colossal : "Mon projet "de longue
haleine" qui me tient le plus à coeur est, évidemment,
l'intégrale de l'oeuvre de Schumann avec piano ( cela veut dire:
piano seul, piano en musique de chambre et piano et orchestre). Dans
l'immédiat, plusieurs projets sont déjà bien avancés
: un disque de sonates violoncelle-piano de Debussy, Vierne et Magnard
avec Sébastien van Kuijk, à paraître au printemps
2007 chez "Triton", un disque Bartok avec les Rhapsodies pour
violon et piano avec Jean-Marc Philips chez "Intrada" et,
enfin, un 2ème CD avec la violoniste Irina Muresanu pour Ar-Re-Se,
autour de Joseph Joachim."
La réponse de Dana Ciocarlie à la question de savoir
si elle préfère les récitals en soliste, en musique
de chambre ou avec orchestre, pourra déconcerter les gastronomes
qui n'ont pas pour plat préféré le caviar...mais
il est vrai que c'est le plat le plus cher, même s'il n'est pas
forcément le plus savoureux au goût de tous car sa réponse
est "Alors là, c'est comme si à un gastronome
on demandait: qu'est-ce qui est mieux, le fois gras, le homard, ou le
caviar? Toute réflexion faite, je crois que c'est le caviar (le
concerto avec orchestre)" Plus sérieusement, Dana Ciocarlie
ajoute : "Dans le récital , c'est la grande liberté
et responsabilité de cette forme; c'est un monologue, mais le
pianiste est la voie la plus directe, la plus intime entre l'uvre
et le public, c'est un saut sans filet. La musique de chambre (et j'inclue
dans cette forme le concerto avec orchestre qui est une musique de chambre
avec 70 personnes...) ,c'est du pur plaisir ; c'est l'effort de construire
un son unique, donc un seul instrument formé de la superposition
de différents modes de production du son ; quand on y pense,
c'est de la folie, mais, ça marche !"
Parmi ses interprètes de référence, Dana Ciocarlie
cite..."d'abord les roumains: Dinu Lipatti, Clara Haskil, Radu
Lupu. Chacun à sa sonorité très distincte, mais
moi je sens qu'ils ont en commun la chaleur, "le feu" si particulier
roumain qui "couve" dans leur jeu. Parlons de feu, évidemment
Martha Argerich, on aime son jeu ou on le déteste (moi je suis
fan), mais elle a définitivement marqué ses dernières
30 années de vie musicale internationale. Je pourrais dire la
même chose concernant Krystian Zimmermann. Une rencontre qui m'a
marqué pour toujours, bien sur, est celle avec Christian Zacharias,
un des plus grands pianistes de nos jours. Je suis une inconditionnelle
des grandes figures de la première moitié du 20ème
siècle : Cortot, Schnabel, Fischer,Gieseking, Myra Hess. Je suis
très touchée par la liberté et la poésie
de Samson François."
Dana Ciocarlie avoue écouter 80% de musique classique..."Depuis
mon adolescence je suis restée une fan des Beatles, qui d'ailleurs
avait une créativité folle en matière d'orchestration,
des mélanges très audacieuses d'instruments, d'un goût
très sûr, et montrant un vraie interêt pour les styles
musicaux (je pense à "Norvegian Wood" et à "Eleanor
Rigby"). J'écoute beaucoup de chanson française de
la "grande époque" et beaucoup de chanson de Brel,
de Barbara ou "Avec le temps" de Léo Ferré me
font pleurer à chaque fois. Et de voir Jacques Brel dans ces
concerts filmés, c'est une expérience artistique unique ;
un tel engagement, don de soi, émotions, voir même pouvoir
de médium, je crois que tous les musiciens devrait en prendre
exemple. J'aime aussi réécouter de temps en temps de la
musique "psychédelique" des années 70-80, des
groupes comme Pink Floyd, Genesis, Yes, car ce sont de vraies oeuvres
musicales, chaque album est formellement construit (comme en musique
classique) et on sent la recherche philosophique derrière les
chansons"
A côté de sa passion pour la musique, Dana Ciocarlie
révèle être une grande cinéphile et théâtrophile
dans l'âme. "Dans mes années d'étudiante
à Bucarest, j'allais à la Cinémathèque et
pouvais visionner 3 films à la suite: j'ai vu tout Greta Garbo
(mon actrice préférée), inclus ses films muets
et tout Hitchkock comme ça. Dans une autre vie, j'aurais aimé
produire des films, m'occuper des castings, travailler avec les scénaristes
et non être comédienne, cela je le fais dans mon travail
de pianiste, qui comporte une grande partie de recherche psychologique
sur les oeuvres, tout comme un comédien pour un rôle Jouer
un récital c'est passer du role d'Ophelie à celui de Nastassia
Filipovna et à celui de Berenice en un instant, avec le changement
de compositeur et de style. Madame Popisteanu, mon professeur en Roumanie,
demandait à tous ses élèves de lire 'Le travail
de l'acteur avec soi-même", le livre capital de Stanislavski,
celui-là même qui a servi de base à l'Ecole de L'Actor's
Studio à New-York."
Ecouter...
La sélection de pianobleu.com
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Felix Mendelssohn (18091847)
uvres pour violoncelle et piano
Sonate n° 1 pour violoncelle et piano en si bémol
majeur op.45
Sonate n°2 pour violoncelle et piano en ré majeur op.58
"Romance sans parole" en ré majeur op.109
"Albumblatt" pour violoncelle et piano op. 117
"Variations concertantes" pour violoncelle et piano
en ré majeur op. 17
Dana Ciocarlie, piano
Sébastien Van Kuijk, violoncelle
Pour célébrer le bicentenaire de la naissance
de Felix Mendelssohn le label Intrada a choisi de produire un
enregistrement consacré aux oeuvres pour violoncelle et
piano du grand compositeur romantique allemand. Le duo qu'il a
choisi pour cette interprétation, la pianiste Dana Ciocarlie
et le violoncelliste Sébastien Van Kuijk, s'avère
un remarquable ambassadeur de cette musique très contrastée
dont il donne une interprétation passionnée, d'une
très grande vivacité et qui en exalte merveilleusement
toute la beauté lyrique. Si l'on connaît bien Dana
Ciocarlie l'on découvre ici Sébastien Van Kuijk,
notamment lauréat du concours Rostropovitch, et Dana Ciocarlie
qui ne manque pas d'éloges à son égard a
bien voulu nous en dire plus sur son partenaire ainsi que sur
cette intégrale....cliquez
ici pour lire son interview et écouter
un extrait
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Dana Ciocarlie
Debussy en miroirs
La pianiste Dana Ciocarlie a souvent eu l'occasion de travailler
avec des compositeurs contemporains, et plusieurs lui ont d'ailleurs
dédié des oeuvres. Dans cet enregistrement, elle
a souhaité rapprocher des oeuvres de Claude Debussy et
de quatre jeunes compositeurs actuels, nés entre 1965 et
1975, qui eux-même sont des virtuoses du piano, ainsi Karol
Beffa dont vous pouvez lire une interview sur le site Piano bleu
, qui lui a dédié plusieurs études.
Dans le livret qui accompagne le disque, paru chez le label Triton,
Dana Ciocarlie explique que dans la plupart des oeuvres qu'elle
a choisi de présenter, la référence à
Claude Debussy y est clairement affirmée...cliquez
ici pour lire la suite
Pendant tout le mois de juillet 2006 , Dana Ciocarlie offre
aux internautes de pianobleu.com l'écoute d'un morceau
entier de ce disque...cliquez
ici
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Sonate en sol
Guillaume Lekeu,
Sonate opus 13
Alberic Magnard
Sonates pour violon
Dana Ciocarlie, piano
Irina Muresanu, violon
Paradoxalement, Dana Ciocarlie a connu Irina Muresanu à
travers le Prix International Pro Musicis, et non pas en Roumanie
(elles sont toutes les 2 roumaines); elles ont gagné ce
prix la même année: Dana Ciocarlie à Paris
et Irina Muresanu à l'édition de New-York. Tout
de suite, elles ont été engagées pour une
série de concerts à Hong-Kong, et depuis, elles
jouent au moins deux-trois concerts pas an ensemble (Irina habite
Boston ou elle enseigne au Boston Conservatory).Donc, cette année,
elles fêtent leur 10 ans de duo avec la sortie de leur premier
disque "Magnard - Lekeu : Sonates pour violon et piano"
pour le label AR-RE-SE, avec des concerts au Serres d'Auteuil
, au Festival des Forêts et aux Rencontres de Musiciennes
à Ouessant et un nouveau projet de disque....cliquez
ici pour lire la suite
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Les autres disques enregistrés par Dana Ciocarlie...cliquez
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En savoir plus
Visitez les pages concernant Dana Ciocarlie sur le site de l'agence
Ponticello....cliquez
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Agnès Jourdain
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