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Antoine Didry-Demarle

Merci à Antoine Didry-Demarle  d'avoir répondu aux questions de Piano bleu pour la réalisation de cette page.

Biographie commentée

Antoine Didry-Demarle est né le 15 février 1982, à Valenciennes dans le Nord de la France dans une famille ouverte aux arts : "Mes parents, tous deux professeurs des écoles, étaient mélomanes et m'ont inscrit à l'école de musique sans me mettre aucune pression. Par ailleurs, j'ai eu aussi la chance qu'ils m'aient ouvert l'esprit sur d'autres domaines que la musique, comme la littérature, la peinture, le cinéma. "
Il a découvert le piano explique-t-il lors de ses premiers pas au conservatoire municipal de Denain : " J'ai d'abord été attiré par les percussions. Je me souviens que j'aimais le son que produisaient les baguettes sur le xylophone quand j'avais 5 ans. Mais j'aimais aussi le son de la harpe. Et puis j'ai vu un piano à queue dans l'auditorium du conservatoire. J'ai trouvé l'instrument tellement beau, à la fois si solide et si fragile, que j'ai voulu essayer. Je me souviens encore que l'odeur de l'intérieur du piano m'avait marqué. Finalement, avec le recul, je me rends compte que le piano m'a apporté ce que j'aimais à la fois dans les percussions et dans la harpe : un timbre caractérisé par une attaque percussive, puis une longue résonance. La puissance et la douceur réunies ! "
De ce conservatoire Antoine Didry-Demarle garde d'excellents souvenirs tout autant que de celui de Cambrai où il est entré quelques années plus tard : " Je me souviens de mes premiers cours de solfège à Denain. Je m'amusais beaucoup dans ces cours où l'on chantait et où l'on apprenait à écouter, à lire la musique, à comprendre le double aspect de la pratique musicale : d'un côté une science exacte basée sur la théorie, d'un autre, un art basé sur la sensibilité. C'était fascinant. Bien sûr il fallait apprendre rigoureusement toutes ces notions, mais j'aimais cela, alors c'est rentré tout seul. Et puis, le conservatoire de Denain m'évoque tout naturellement ma rencontre avec Philippe Keler, le pianiste et professeur qui m'a transmis sa passion et à qui je dois une très grande partie de ma technique pianistique. C'est ce professeur qui a allumé la flamme et que j'ai suivi ensuite au conservatoire national de Cambrai. C'était en 1995. J'avais 13 ans et j'entrais en cycle spécialisé, m'orientant de fait vers une voie professionnalisante. Dans ce cycle, j'ai perfectionné mes connaissances en harmonie et en analyse. J'ai découvert le répertoire de musique de chambre. C'est sans doute à cette époque que le conservatoire m'a offert des perspectives d'avenir dans la musique. Philippe Keler, véritable mentor, et Louis Tillet, directeur du conservatoire, n'ont cessé de m'encourager et de me guider vers le chemin des grandes écoles européennes."
A 12 ans, Antoine Didry-Demarle se distingue au Concours du Royaume de la Musique et il décroche le Premier Prix d’Excellence du Concours National Léopold Bellan à Paris :"Il existe quelques concours nationaux en France (Bellan, Concours Musical de France, Ufam...) qui permettent aux jeunes musiciens des conservatoires de mesurer leur talent avec d'autres musiciens de leur niveau venant de tout horizon en réalisant la plupart du temps un programme imposé. Quand j'avais 11 ans, Philippe Keler m'a d'abord préparé au niveau Supérieur du Concours Bellan. Ayant obtenu le 1er Prix à l'unanimité, nous avons décidé de repasser l'année suivante ce concours dans le degré d'Excellence, le niveau le plus haut. Je me souviens encore qu'à l'époque, venir jouer à Paris était pour moi très excitant. Mes parents prenaient des journées de congé pour pouvoir m'accompagner. C'est ainsi que j'ai obtenu le 1er Prix dans ce niveau à 12 ans, ainsi qu'un Prix d'interprétation pour l'oeuvre française. En plus d'une diffusion sur Radio France, j'ai touché un chèque de plusieurs milliers de francs. Ce n'était pas énorme bien sûr, mais quand on est enfant, cela compte beaucoup. C'est sans doute suite à cet événement que j'ai souhaité aller plus loin dans la musique. Je n'ai jamais considéré la musique comme une compétition loin de là. Les concours sont pour moi des objectifs qui permettent, dans leur préparation, l'élaboration d'un vaste répertoire. Je me souviens par exemple de l'une des oeuvres que j'avais jouée devant le compositeur Christian Manen, une Toccata de Paul Bazelaire, qu'il m'arrive encore de jouer dans mes programmes !"
Pas plus qu'il ne considère la musique comme une compétition Antoine Didry-Demarle ne pense pas avoir décidé un jour de devenir pianiste professionnel...." Je trouve qu'il est contradictoire de voir une activité d'artiste comme un métier. Même si la réussite dans quelques concours et l'encouragement des professeurs étant jeune sont des signes moteurs, disons que j'ai toujours vu cela comme un moyen de m'amuser. Un plaisir dans un premier temps transformé peu à peu en passion transmise par mon professeur. Passion qui s'est ensuite révélée comme une évidence, un mode de vie que je voulais mener. Un goût pour le travail. Un amour pour l'art. Une recherche encore aujourd'hui d'équilibre et d'épanouissement dans ma passion . Je n'ai jamais envisagé sérieusement de faire autre chose que de la musique. D'ailleurs, je n'ai pas fait d'autres études. Pourtant, beaucoup de domaines, en particulier scientifiques, m'intéressaient à l'école : comme la biologie, les sciences de la terre, mais aussi l'histoire-géographie, la philosophie.. En fait, tout ce qui se rapportait aux questions "d'où venons-nous ? pourquoi sommes-nous là ? où allons-nous ? Peut-être aurais-je fait de la recherche. Je trouve que les professeurs-chercheurs sont par bien des aspects comparables aux musiciens-enseignants : un goût pour la découverte, un travail de chaque instant, une recherche de la vérité, une envie de transmettre, de partager. Sur un autre plan, j'ai toujours était passionné de cinéma. De 12 à 17 ans, j'ai participé plusieurs fois au Jury-jeune des Festivals de Cinéma (Valenciennes, Genève) et ai souvent trouvé des ressemblances entre le travail des comédiens, des réalisateurs, et celui des musiciens et compositeurs... Enfin, j'ai toujours aimé faire rire les autres. Je pense que si le piano n'avait pas croisé ma route, une carrière de comédien ne m'aurait pas déplu."
Après avoir obtenu en 1996 ses médailles d'Or de Piano, de musique de Chambre puis d'analyse et d'harmonie l'année suivante pour obtenir son DEM Antoine Didry-Demarle est entré en 4ème Cycle (Perfectionnement) de 1997 à 1999, deux années durant lesquelles il a suivi les master-classes de Brigitte Engerer, François-Frédéric Guy, Georges Pludermacher, Aleksander Mazdar, Raymond Trouard : "Chacun de ces professeurs m'a aidé à avancer sur les plans musical et technique. Je me souviens que Raymond Trouard insistait beaucoup sur la manière de travailler, d'analyser et de comprendre une oeuvre, en quelque sorte de se mettre à la place du compositeur. Alexander Mazdar m'a aussi marqué car il est l'un des premiers à m'avoir fait réfléchir sur les silences dans la musique, en particulier dans celle de Beethoven. Avec lui, j'ai appris à interpréter le silence dans la musique, à le penser comme l'élément fondamental du discours musical. "
En 1999 Antoine Didry-Demarle entre au Conservatoire Supérieur de Musique de Genève (HEM-Suisse) où il obtient à 20 ans son Diplôme Supérieur de Piano avec la plus haute Distinction dans la classe d'Elisabeth Athanassova…"Genève a été pour moi le point de départ de mon émancipation à tous les niveaux. Sur le plan familial, j'ai quitté mon Nord-Pas-de-Calais natal pour aller vivre à 700km de là. Sur le plan relationnel, j'ai vécu pendant 5 années dans un foyer international d'étudiants, où je rencontrais régulièrement des personnes venus des 4 coins du monde pour étudier dans la prestigieuse Université de Genève, travailler dans l'humanitaire ou dans les nombreuses organisations internationales de la ville. Ce cadre a constitué pour moi une véritable ouverture sur le monde. Sur le plan musical, c'est aussi là que j'ai rencontré de formidables artistes (acteurs, danseurs, musiciens...) avec lesquels j'ai beaucoup joué en musique de chambre et avec qui je suis toujours en contact. La rencontre avec Elisabeth Athanassova, mon professeur dont les qualités musicales et humaines m'ont permis d'avancer avec confiance tout au long de mes études. Avec Elisabeth, j'ai appris à développer une véritable écoute musicale, une manière de respirer avec la musique tout en contrôlant systématiquement le dosage du poids pour l'équilibre du son. A Genève, je me suis aussi intéressé au monde de la musique contemporaine, en particulier grâce à Jean-Jacques Balet qui m'a permis de jouer plusieurs fois dans son ensemble contemporain. J'ai par ailleurs eu l'occasion de jouer en tant que pianiste d'orchestre dans les symphonies de Stravinsky, dans la Turangalilà symphonie de Messiaen. Toutes ces expériences ont développé ma curiosité pour la musique de chambre, la musique d'orchestre, et les musiques d'aujourd'hui. Sur une plan plus personnel, la ville de Genève constituait à mes yeux un endroit idéal pour étudier : une qualité de vie remarquable entre lac et montagne, une taille à échelle humaine, un réseau professionnel concentré, efficace et de qualité. Bien sûr la vie y est chère. Mais le système du mécénat en Suisse est bien développé et j'ai eu l'occasion d'obtenir 2 bourses pour financer mes études."
Antoine Didry-Demarle part ensuite en 2002 compléter sa formation à l’Université des Arts de Berlin (Allemagne) dans la classe de Lazslo Simon.."Après trois années passées à Genève pour obtenir la Licence (fin du Premier Cycle Supérieur), j'ai eu envie de découvrir autre chose avant de poursuive le Cycle de Master. J'ai donc postulé pour obtenir un échange ERASMUS dans une autre grande école européenne. Je crois qu'après hésitation avec Londres et Vienne, j'ai finalement opté pour Berlin ; d'une part parce que j'avais toujours eu envie de connaître cette ville, d'autre part car j'avais envie de travailler avec deux professeurs de l'Université des Arts : Laszlo Simon et son assistant Gabor Paska, tous deux issus de l'Académie Franz Liszt de Budapest. Je me souviens que ce travail en Allemagne m'a beaucoup remis en question. D'un côté, Gabor Paska, très méticuleux, avec lequel j'abordais surtout un travail technique. D'un autre Laszlo Simon, tour à tour passionné et enthousiaste puis colérique et déstabilisant, qui parlait toujours de l'oeuvre dans sa globalité. Il était très impressionnant au piano. Avec lui, l'exemple parlait de lui-même. Tout y était. Et puis, je crois que Lazlo Simon m'a aussi appris le principe de l'économie. Cette idée de savoir gérer le minimum pour pouvoir donner le maximum quand il faut. Pour avoir beaucoup travaillé Beethoven et Brahms mais aussi Liszt et Bartok avec ces professeurs, je pense avoir développé à cette époque un goût pour le répertoire allemand et hongrois."

A 21 ans, Antoine Didry-Demarle remporte le Premier Prix de la « European Music Competition » de Turin : "Les récompenses aux concours ou aux projets ne sont pas des fins en soi. Paradoxalement, le monde de la musique dite "classique" est un microcosme et pourtant il n'y a jamais eu autant de concours organisés pour les musiciens dans le monde entier ! Même s'il y a des gens pour qui cela est important, j'ai pour ma part toujours considéré les concours et projets comme des moyens d'avancer et non des fins. De toute évidence, un artiste doit savoir toujours se remettre en question et prendre du recul, c'est son garde-fou. Les récompenses permettent parfois d'être invité dans des saisons de concerts (comme pour le prix que j'ai eu à Turin). Mais la valeur de la récompense est surtout symbolique : pour moi, c'est une marque de confiance que l'on accorde pour dire "vous êtes sur la bonne voie, continuez", ou "votre projet est intéressant, voici les moyens de le réaliser". En fait, les récompenses sont plutôt des signes de soutien qui permettent d'avancer et de réaliser des projets comme "Ecouter, inventer, partager" au Conservatoire de Bamako au Mali."
Antoine Didry-Demarle obtient en 2005 la bourse de la fondation Agostini ainsi que son Diplôme de Concert au Conservatoire Supérieur de Genève. Lauréat du Mécénat Musical de la Société Générale en 2006, Antoine mène avec succès le projet
Ecouter/Inventer/Partager au Conservatoire de Bamako au Mali..."Le projet " Ecouter, Inventer, Partager " s'est déroulé au Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia (CAMM) de Bamako, au Mali (Afrique de l'Ouest). Sur les conseils du Ministère français des Affaires étrangères, le CNSMD de Paris a pris contact avec la directrice du Centre Culturel Français de Bamako, au sujet d'un éventuel partenariat avec le Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia (CAMM) de Bamako. La réponse enthousiaste de M. Abdoulaye Konaté, directeur du CAMM, à cette proposition et le soutien du Département de Pédagogie du CNSMDP m'ont encouragé à concevoir un projet pédagogique mené avec mon partenaire, le pianiste Sodi Braide.
L'un des points importants de notre travail était l'aide humanitaire. En effet, en tant que personnes-ressources, et en raison des besoins sur place ainsi que d'une demande très précise de la direction du CAMM, nous avons consacré une grande partie de notre temps à la préparation du projet pour le don et l'achat de partitions. Certaines partitions ont été transportées lors de nos deux voyages. Les partitions et livres donnés par la médiathèque du CNSMDP ont été envoyés par l'AIBM. Au total, ce sont près de 400 titres d'ouvrages musicaux, de dictionnaires, de partitions et de méthodes pédagogiques qui ont été offerts à la médiathèque du CAMM de Bamako. Par ailleurs, nous avons soumis au CCF la question de la formation du bibliothécaire. Celle-ci, prise en charge par le CCF, s'est 'effectuée au Centre National du Livre, avant de se compléter à la bibliothèque du CCF, au cours d'un stage de quelques semaines.
L'autre aspect important était pédagogique et artistique : le projet avait pour thématique générale le rapprochement de la musique traditionnelle et de la musique savante, en rapport étroit avec la danse et le dessin. Il s'est concrétisé sous la forme de trois ateliers menés au sein du CAMM de Bamako et avait pour principaux objectifs les points suivants : donner la possibilité aux élèves de percevoir la musique de façon globale ; tisser des liens, trouver des points communs entre les différentes cultures du monde ; réfléchir à la question de la notation (musicale, chorégraphique) ; renforcer la transversalité des disciplines, proposer des correspondances entre musique et danse, entre musique et images, entre musique et dessin, tisser des liens avec les autres arts. L'idée était de réussir à donner une forme finale à l'ensemble des réflexions et des travaux menés lors des ateliers dans un spectacle de musiques inventées, improvisées, créées ensemble autour du son. Les images, les dessins et la danse ont d'ailleurs eu leur place au côté de la musique, dans un partage commun entre tous les artistes, mais aussi bien sûr avec le public. Au terme de trois semaines de travail avec les professeurs et élèves du CAMM, ce spectacle final a été présenté au CCF de Bamako devant plus de 200 écoliers, lycéens, danseurs et artistes du Mali.
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A 25 ans, il est titulaire du Certificat d’Aptitude aux fonctions de professeur d’enseignement artistique au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. Professeur aux Conservatoires des 11ème et 15ème
arrondissements de Paris.."J'ai depuis toujours concilié les deux activités de musicien et d'enseignant. Peut-être parce que je suis issu d'une famille de professeur ai-je toujours eu une prédisposition pour transmettre moi aussi. En tout cas, je suis persuadé que les 2 activités se complètent et se nourrissent. D'un côté, l'expérience de la scène et le répertoire que je travaille pour mes concerts constituent la meilleure formation qu'un professeur puisse acquérir pour pouvoir transmettre (mes élèves joue du John Cage !) ; d'un autre côté, la rigueur, l'organisation et la méthode que demande le métier d'enseignant sont autant de qualités qui vont amener le musicien à savoir assurer sa promotion, mener des projets à terme, construire une interprétation jusqu'à l'évidence. Je crois aussi que l'enseignement apporte une prise de recul sur soi, nécessaire à toute pratique artistique."
Antoine Didry-Demarle se produit régulièrement en récital de piano et de musique de chambre en France, en Suisse, en Allemagne, en Italie, au Portugal. Il a également joué en Afrique et en Arménie. Invité des Festivals Archipel, Piano Concertus, Estivales de la Porte du Hainaut, il a par ailleurs travaillé dans l’Ensemble Contemporain de Jean-Jacques Balet (Journées Janacek au Grand Théâtre de Genève) et a joué sous la direction de Laurent Gay et de Stefan Ashburry au Victoria Hall de Genève et à la Tonhalle de Zürich. Il a réalisé la première européenne des Feuillets inédits pour piano et ondes-Martenot de Messiaen et s’est produit récemment sur la Scène Nationale Le Phénix de Valenciennes.." .." Ma satisfaction dans l'activité de concertiste, c'est de toucher différents publics, aussi bien celui du Musée de la vie Romantique à Paris, ou du Victoria Hall de Genève que celui du Théâtre de Valenciennes ou d'Erevan en Arménie. Dans le Nord-Pas-de-Calais, la communauté d'agglomération de la Porte du Hainaut organise un Festival en juillet - les Estivales - qui me tient particulièrement à coeur. Ces Estivales consistent à faire redécouvrir le patrimoine culturel des villes et villages de l'agglomération à travers différents concerts dont les programmes sont le plus souvent en lien avec l'histoire des lieux. Pour la première édition l'année dernière, j'avais ainsi eu l' occasion de pouvoir me produire dans trois récitals de piano, trois soirs de suite, dans trois églises différentes, dont l'histoire s'étend du Moyen-Age au 20ème siècle. Pour chaque concert, un spécialiste du patrimoine présentait l'église pendant l'entracte. Pour aller plus loin, j'aimerais pouvoir développer ma passion à des fins utiles sur les plans social ou humanitaire. En tant que professeur, j'ai souvent joué pour des écoles, collèges, lycées. Mais jouer pour des personnes à l'hôpital, des prisonniers ou dans des pays en voie de développement sont des expériences qui me restent à vivre : en Afrique, au Asie ou en Amérique du Sud. D'ici quelques années, j'aimerais par exemple pouvoir utiliser le réseau culturel à l'étranger (type alliances françaises, AFAA) pour pouvoir développer des projets d'ordre culturel (donc humanitaire!) dans ces pays."

Interrogé sur son meilleur et pire souvenir de concert il confie :"L'un de mes meilleurs souvenirs de concert : Avec l'Orchestre du Conservatoire de Genève, à la Tonhalle de Zürich, une salle incroyable, qui paraît immensément profonde depuis la scène. Un programme ambitieux : le Martyre selon St-Sébastien de Debussy et la Turangalila Symphonie de Messiaen, oeuvre gigantesque en 10 mouvements, mêlant à la fois poésie profonde et énergie palpitante. Le chef Stefan Ashburry qui dirige cette musique avec une précision et un dynamisme rare. Une écoute attentive du public pendant les 2 heures de concert. Après le dernier accord, les gens se lèvent et applaudissent pendant 15 minutes. Une ambiance mystique dans la Tonhalle de Zürich pour un soir de février où au sortir du concert, la capitale suisse nous offrait quelques flocons de neiges... Et l'un de mes pires souvenir de concert : La veille de l'un de mes récitals-examen dans la Grande Salle du Conservatoire de Musique de Genève, je me coupe le doigt par mégarde avec une lame de rasoir. L'entaille est assez profonde mais je décide tout de même de ne pas reporter l'échéance à la rentrée suivante. Je passe alors une nuit sans dormir, une poupée au doigt. Le lendemain, je me dirige sur scène face à l'immense Steinway qui ne semble pas d'humeur à me rendre la vie facile. Un petit pansement au doigt, je commence à jouer mon programme et arrive à enchaîner les oeuvres alors que la douleur commence à apparaître. A la fin du récital, alors que je commence à me détendre, la fugue finale des Haendel-Variations de Brahms déplace légèrement mon pansement. Sans m'arrêter, je vois alors petit à petit le sang qui imprègne les touches d'ivoire du Steinway de concert et une sensation désagréable de doigts collants m'envahit plus que la douleur. J'arrive finalement à la fin de la fugue et une fois le combat terminé, je clos le récital, laissant derrière moi un piano rouge et noir.. En descendant de scène, je glisse au régisseur, qu'il faudra peut-être nettoyer les touches... Heureusement, l'examen sera réussi"
Antoine Didry-Demarle se réjouit de l'approche de la fête de la musique : "J'aime les concerts de la Fête de la musique car ils s'adressent en général à un public beaucoup plus large que celui qui se déplace habituellement dans les salles. D'abord parce que ces manifestations sont gratuites, ensuite parce qu'elles sont festives. A Genève par exemple, on peut entendre la musique à chaque coin de rue pendant 3 jours complets : de l'Orchestre de la Suisse Romande qui joue une symphonie au Victoria Hall au groupe de musique traditionnelle africaine se produisant sur une esplanade, en passant par les élèves de l'Ecole de Musique du Conservatoire qui présentent leur spectacle dans la rue avec leurs professeurs..." Nombreux autres concerts à venir lui tiennent aussi à coeur : "Prochainement, je me produirais dans deux églises en récital de piano pour les Estivales de la Porte du Hainaut : le 11 juillet à l'église de Lieu-St-Amand et le 17 juillet à l'église de Oisy. Ces projets me tiennent à coeur d'abord car j'aime retourner jouer dans ma région natale, ensuite car ces projets permettent à des gens qui ne vont pas régulièrement au concert de découvrir à la fois la musique et leur patrimoine. Par ailleurs, à l'occasion de l'année de la Russie en France, j'ai choisi pour ces récitals un répertoire que j'affectionne particulièrement : Prokofiev, Roméo et Juliette ; Rachmaninov, Les Etudes-Tableaux Op. 39 , entre autres."
Un autre projet, et pas des moindres, lui tient aussi à coeur : "Un projet de film pour la télévision est actuellement en cours. Le réalisateur Didier Laroche, que j'ai rencontré suite à un concert du Duo Métamorphoses, est passionné de musique et va réaliser la captation vidéo de la performance pour deux pianos autour de Cage et Scarlatti que nous réaliserons l'année prochaine. L'idée est de placer la trame du film sous l'angle du parcours croisé entre Andrea Corazziari et moi-même tout en filmant nos séquences de travail, nos répétitions, nos concerts, bref, notre démarche artistique et pédagogique. C'est donc un portrait croisé qui sera réalisé avec l'ambition de mettre en avant la manière dont notre démarche s'est construite, les moments clefs et les décisions majeures qui nous ont conduits vers ce que nous faisons aujourd'hui, tout en portant un regard vers l'avenir. "
Actualité ... Si vous êtes en Suisse ou à proximité... sachez que le pianiste Antoine Didry-Demarle se produira en récital dimanche 13 novembre dans le cadre des Concerts de la Galerie La Primaire.
Une Heure Musicale où les oeuvres pour piano de Johannes Brahms, Claude Debussy et Zoltán Kodály composent un voyage riche et subtil où la poésie sonore est au service de l'imaginaire.
Dimanche 13 novembre 2011 à 17h
La Primaire
Chemin de Colombe 7
Genève, Conches, Suisse
et si vous n'êtes pas en suisse
voici les dates de ses prochains concerts
Prochains concerts :
- le 31 janvier 2012 au Théâtre de Cambrai - Nord
- le 19 février 2012 à Modane - Italie (Duo Métamorphoses)
- le 4 avril 2012 à la Galerie Colbert de l'INHA - Paris

Son répertoire, son interprétation....

Antoine Didry-Demarle veut éviter de se spécialiser dans un répertoire : "Un jour je tombe amoureux de Brahms, alors que la veille j'idolâtre Prokofiev et que le lendemain je craque pour Debussy ! ... et je ne parle pas de Scarlatti, Beethoven, ou Moussorgski ... Disons qu'en général, j'aime particulièrement la musique qui s'étend du milieu du 19ème siècle à la seconde guerre mondiale. On pourrait alors définir la plupart de mes programmes comme romantico-modernes. Ce que j'affectionne beaucoup chez Brahms, c'est ce sentiment de synthèse entre Bach et Beethoven. Une musique empreinte de fougue et de passion comme dans les sonates de jeunesse, de vitalité et d'invention comme dans les Haendel ou les Paganini-variations, ou encore de mélancolie et d'obscurité comme dans les pièces tardives Op. 117 à 119. Le plus souvent, on découvre la beauté de sa musique dans le temps et la lenteur d'une interprétation posée, alors que chez Liszt par exemple, c'est la rapidité et la réalisation virtuose qui bien souvent dévoilent une image clair de l'oeuvre. Et puis, par ses techniques de compositeur, de pianiste et d'improvisateur étroitement liées, Liszt a réussi en quelque sorte à écrire des partitions d'orchestre pour le piano. Et c'est aussi ce qui constitue le défi du pianiste : réussir à faire sonner son piano comme un orchestre !"
Antoine Didry-Demarle s'intéresse aussi aux compositeurs du 20ème siècle et il est d'ailleurs l’auteur du mémoire « John Cage : pour une autre écoute… » ...:" J'ai découvert John Cage en tombant un jour sur un disque de piano préparé. Sur le disque, le nom d'un seul pianiste et pourtant, une incroyable richesse de sons différents m'évoquait tantôt des percussions africaines, tantôt des gamelans indonésiens. En me penchant sur son oeuvre, j'ai découvert les Sonates et Interludes pour piano préparé que je joue maintenant régulièrement et pour lesquelles Cage demande de placer vis, boulons, écrous, rondelles, gommes, caoutchouc, sur les cordes du piano. Le résultat est évidemment très surprenant car le son du piano est transformé, mais il est surtout d'une incroyable poésie. En fait, Cage est intéressant par son message. Au milieu du petit monde d'avant-garde musical des années 50, cet artiste a posé une bombe : 4'33" de silence (1952). Je vous conseille de lire son essai Silence (édition Contrechamps) et d'écouter ses pièces pour piano préparé (Sonates et Interludes, Daughters of the lonesome Isle, The perilous Night), ainsi que ses Music of Changes pour piano et son incroyable oeuvre indéterminée : le Concert pour piano (1958). Pour Cage, l'oeuvre d'art n'existe pas, ce qui existe c'est la transformation qui s'opère chez un individu au contact d'une expérience. Musicien, compositeur, peintre, plasticien, graveur, découvreur de sons inouïs, inventeur de la musique électronique, du happening, du théâtre musical, philosophe pacifiste, orientaliste fan de bouddhisme zen, directeur musical de la compagnie de ballets de Merce Cunningham, John Cage a aussi été un mycologue reconnu, champion d'échec, enseignant, et surtout un poète en quête de formes inédites… Au delà de ses nombreux écrits, John Cage n'a cessé tout au long de sa vie de mettre en évidence les beautés de notre monde dont les portes sont grandes ouvertes sur l'art et sur la vie : apprendre à voir autrement, apprendre à écouter autrement, apprendre à vivre autrement. "
De même Antoine Didry-Demarle s'attache à éviter de se spécialiser dans une forme musicale particulière :" Je joue en récital la plupart du temps mais il y a des périodes où je préfère jouer en musique de chambre ou en deux pianos. L'avantage des récitals est que l'on peut monter un projet véritablement personnel. L'inconvénient est que l'exercice sur scène demande une énorme préparation, physique et mentale. Seul en scène, on est tout nu. Il faut avoir une disponibilité de l'esprit total et pouvoir se reposer sur un cadre psycho-affectif très solide pour réussir seul. L'entourage est très important. Je ne me vois pas comme un pianiste tourné vers lui-même et reclus devant son piano. Pour moi, ce qui compte avant tout, c'est l'échange. La musique est d'abord une expérience à partager, avec le public bien sûr, mais aussi avec d'autres musiciens, au contact desquels on apprend, on voit différemment les choses. C'est pourquoi je mène des projets ponctuels de musique de chambre ou plus réguliers avec le Duo Métamorphoses."
Antoine Didry-Demarle a en effet fondé en 2007 le Duo Métamorphoses avec le pianiste italien Andrea Corraziari mais il joue également avec d'autres musiciens :"Le Duo Métamorphoses s'attache à faire vivre le répertoire pour piano contemporain en dialogue avec le répertoire dit "traditionnel". Une manière de concevoir l'art et la musique de manière intemporelle, en créant des passerelles entre les époques, des correspondances entre les oeuvres. Ainsi, notre duo se produit dans de multiples formations : piano à 4 mains, deux pianos à 4 mains, piano et piano préparé. Nous nous intéressons au répertoire américain (John Cage, Steve Reich, George Crumb, John Adams...) ainsi qu'à des compositeurs européens comme György Ligeti, Giovanni Sollima, Fausto Razzi... Nous avons réalisé en février 2008 la création française de Musica per due pianoforti de Fausto Razzi. Notre démarche est donc à la fois artistique et pédagogique car nos projets proposent d'élargir l'ouverture aux mondes sonore, visuel et corporel en suscitant une manière différente de voir, d'entendre, de ressentir, de comprendre. L'idée est d'établir des parallèles, des points communs entre les arts, en impliquant activement le public à vivre l'expérience de l'écoute, en dirigeant l'attention par focalisation au milieu des interactions sonores et visuelles. Andrea Corazziari est le partenaire avec lequel je me produis le plus régulièrement. J'ai également beaucoup joué avec Sona Igytian, pianiste arménienne avec laquelle j'ai réalisé l'intégrale des Danses Hongroises de Brahms. Nous nous produisons d'ailleurs régulièrement dans ce programme et nous avons joué en France, en Suisse et en Arménie. A Genève j'ai rencontré beaucoup de musiciens talentueux venus d'Europe de l'Est (Hongrie, Bulgarie) ou d'Amérique du Sud (Venezuela, Colombie). En France, je viens de me produire sur la Scène Nationale du Théâtre de Valenciennes aux côtés d'un ami d'enfance, François Lemoine, clarinettiste, qui a fait ses premiers pas au Conservatoire de Denain et que j'avais perdu de vue depuis presque 20 ans ! Je le retrouverai bientôt pour les Estivales de la Porte du Hainaut."
Interrogé sur sa façon de travailler Antoine Didry-Demarle confie : "La plupart du temps, j'en viens à aborder un compositeur parce que l'une de ses oeuvres m'interpelle en particulier. En général, c'est au contact direct d'une interprétation entendue en concert, en disque, en bande sonore au cinéma, ou dans des spectacles de danse que je découvre ou redécouvre une oeuvre qui m'appelle. C'est comme si le travail de répertoire venait à moi plutôt que l'inverse. Les pianistes ont la chance d'avoir une littérature pianistique hors du commun. C'est un privilège mais c'est aussi une difficulté car face à une telle bibliothèque de partitions, il faut choisir. Et donc, il faut aussi bien se connaître. Une fois que j'ai la partition, je la déchiffre pour développer une vision globale et encore fraîche, ce qui est primordial, car bien souvent, la première lecture révèle des évidences musicales, des réflexes spontanés qu'il faut tenter de retrouver dans le travail d'organisation et de construction de l'interprétation qui vient ensuite. Une fois que je me suis fait une idée de ce que je voulais pour une oeuvre, alors je me mets à me renseigner sur le compositeur, à lire des livres, à écouter des disques, plus sur les oeuvres périphériques que sur l'oeuvre que je travaille réellement pour pouvoir être inspiré sans être influencé. Je pense par exemple qu'il est difficile de jouer les pièces tardives de Brahms si l'on n'a pas écouté ou joué ses lieders, ou sa musique de chambre ?"
Quant à son interprétation..."Je pense que le plus important dans une interprétation, ce n'est pas tant de se préoccuper du "bon goût", ou d'une manière de faire "à la mode" que de construire ses propres idées musicales pour rester en accord avec soi-même. Le terme d'interprétation ne veut pas dire grand chose puisqu'il dépend finalement d'une mode. Ce qui compte, c'est de jouer avec ses propres idées musicales en essayant de se rapprocher le plus possible de ce que l'on croit être l'idée du compositeur. C'est quand ces deux idées se rejoignent au plus près qu'une interprétation est à mon sens la plus juste et la plus belle."
....Et ses goûts musicaux : "Je n'écoute pas tant de musique dite "classique". En fait, je ne peux pas écouter de musique sans me concentrer. Mon oreille analyse et a besoin de comprendre le langage. Cela peut paraître compliqué mais c'est en fait une source de plaisir. Simplement, j'écoute avec parcimonie. De plus, en général, je trouve qu'il manque une dimension sur les disques, celle du vécu, celle du temps réel. Je préfère aller au concert. J'aime aussi les musiques de film. Le cinéma a bercé mon enfance et je suis devenu incollable sur les musiques des compositeurs américains John Williams, Alan Silvestri, James Horner, Danny Elfmann, Hans Zimmer et bien d'autres... Je ne connais pas toutes les musiques "actuelles". Le plus souvent, les musiques d'aujourd'hui sont tournées vers la variété, le spectacle, le divertissement, plutôt que vers l'écoute. Mais je ne reste pas indifférent face à des groupes de rock comme Archives ou Girls in Hawaï. Dans le domaine de la pop music, force est de constater qu'il y a eu un avant et un après Michael Jackson, comme il y avait eu un avant et un après Beatles. Chez les français, j'écoute Alain Bashung ou Jean-Louis Murat. Voilà des chanteurs qui arrivent à nous emmener dans un monde, dans un univers qui leur est propre. D'une certaine façon, ils nous inspirent par leur poésie. Bashung et sa tournée des Grands espaces... Murat qui chante Baudelaire..."
Nul doute que le réalisateur du film à venir aura fort à faire pour le suivre car interrogé sur ses autres passions il répond très longuement : "J'adore la peinture et vais régulièrement aux Musées d'Orsay et du Louvre. Je reste complètement en admiration face à ce que nous ont laissé les maîtres qui vivent dans ces musées. Comment peut-on rester indifférent face aux oeuvres du Caravage, du Titien, de Vermeer, de Ingres ou de De la Tour ?.. Et je ne parle pas des richesses incalculables et des trésors de l'Antiquité orientales, grecquo-romaines et égyptiennes au milieu desquelles je me plais à passer toute une journée pour essayer de comprendre d'où l'on vient et qui nous sommes. J'aime aussi la littérature et la poésie. Les Fleurs du Mal de Baudelaire font partie pour moi des textes les plus beaux jamais écrits et font évidemment directement écho à la musique symboliste que j'aime (Préludes de Debussy). J'ai une passion pour le cinéma. De Georges Méliès et Charlie Chaplin à Tim Burton et Quentin Tarentino. Les films qui m'ont marqué : Rain Man de Barry Levinson, Vol au-dessus d'un nid de Coucou de Milos Forman, Mon Oncle de Jacques Tati, Brazil de Terry Gilliam, Le Mépris de Jean-Luc Godard, Pulp Fiction de Quentin Tarentino, Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick...
De manière générale, j'ai le goût de l'aventure et des grands espaces. J'adore la randonnée. Je trouve qu'il y a des points communs entre la manière d'appréhender un chemin pour gravir une montagne, et la manière de travailler pour construire une interprétation. A chaque pas, une avancée vers l'inconnu et un sentiment mêlé de fragilité, d'envie et de chance d'appartenir à notre monde. Quand j'ai du temps devant moi, je pars découvrir les grands espaces de notre monde : la Cordillère Blanche au Pérou, le Massif du Mont-Blanc, les déserts d'Arizona et le Grand Canyon, le Pays Dogon au Mali et le déser du Sahara, la jungle du Triangle d'Or, à la frontière de la Birmanie et de la Thaïlande... Au coeur de ces voyages, la rencontre des locaux constituent bien souvent les moments inoubliables
."

Ecouter...

Debussy, Brahms, Liszt
Images croisées
Antoine Didry-Demarle

Il n'est pas un mystère que pour les jeunes musiciens il est de plus en plus difficile d'obtenir la production d'un disque pourtant c'est un outil qui leur est indispensable pour se faire connaître. Heureusement de nouvelles sociétés viennent parfois en aide à certains d'entre eux. Ainsi la société Becar Prod Limited qui a choisi de multiplier les moyens, notamment un excellent piano Fazioli, pour éditer le jeune pianiste Antoine Didry-Demarle dont le parcours est loin de démériter, bien au contraire puisqu'il a d'ailleurs été lauréat de la fondation Agostini en 2005 et du mécénat musical de la Société Générale en 2006...(voir ici son parcours)

Il a choisi d'enregistrer un programme de trois compositeurs qui occupent une place importante dans son répertoire ces dernières années alternant les Klavierstucke de l'opus 118 de Brahms à des préludes de Debussy et terminant par la Sonate en si mineur de Liszt. Dans l'Opus 118 de Brahms la musique évoque à la fois l'agitation d'une lointaine fougue amoureuse, la tendresse et la chaleur d'une histoire passée, mais aussi la tristesse et la mélancolie des jours heureux. Claude Debussy préfère suggérer une atmosphère propre à chacune de ses oeuvres, celles-ci étant de nature plus abstraite ainsi en témoignent d'ailleurs les titres de certains préludes :"les sons et les parfums tournent dans l'air du soir"..."Ce qu'a vu le vent d'Ouest" "La terrasse des audiences du clair de lune". Franz Liszt quant à lui met en scène dans sa sonate une histoire de grande ampleur dans laquelle il personnifie musicalement les héros de l'oeuvre du poète allemand Goethe: Faust, Méphistophélès, et Marguerite... Un programme fort bien construit et passionnant tant par la richesse de ces contrastes que par son unité logique qui ouvre l'imagination et qu'Antoine Didry-Demarle nous invite à vivre comme une exposition ou un voyage. Ce qui se fait sans peine grâce à son interprétation remarquable qui en exalte parfaitement les multiples couleurs et reliefs mais aussi les correspondances ainsi pourrez vous le découvrir dans deux extraits plus bas : le dernier intermezzo en mib mineur de l'opus 118 Brahms où des motifs mélodiques ne sont pas sans rappeler les formules lointaines de "la terrasses des audiences du clair de lune." de Debussy comme l'explique le pianiste. Vous pourrez également voir une vidéo prise lors de l'enregistrement de "Ce qu'a vu le vent d'ouest"....cliquez ici pour lire la suite, écouter deux extraits et voir une vidéo

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