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Vincent Coq - pianiste du Trio Wanderer

Merci à Vincent Coq d'avoir répondu aux questions de Piano bleu pour la réalisation de cette page.

Biographie résumée

Vincent Coq est né le 30 juin 1963 à Saint- Mandé, s'il y avait des mélomanes dans sa famille, il doit sa découverte du piano à...une voisine : "je l'entendais travailler et j'allais l'écouter chez elle.". Il prend ses premières leçons vers sept ans : "J'ai commencé avec un professeur itinérant dans un petit village de campagne mais j'ai vraiment découvert la musique et le piano avec un vieux professeur, Jean Alain, au conservatoire de Corbeil. Il était chef d'orchestre, le premier à avoir enregistré les Béatitudes de Franck et avait du arrêter sa carrière car il était devenu presque aveugle. Plus qu'un pianiste c'était un magnifique musicien de tradition française qui avait connu Cortot, d'Indy....il fut par ailleurs le professeur de Frank Braley."
En 1976, il poursuit sa formation avec Jacques Gauthier, alors élève de Pierre Sancan en troisième cycle au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris : "Je lui dois beaucoup car il s'est donné à fond pour ma formation, particulièrement en me donnant des bases techniques essentielles. Parallèlement, j'ai travaillé avec un de ses amis, Olivier Gardon qui a complété ma formation avant de rentrer au CNSMP. C'est lui qui m'a envoyé chez Dominique Merlet chez qui j'ai passé mon prix et poursuivi un troisième cycle de piano. J'ai appris tant de choses avec lui, les styles, la probité vis à vis des œuvres, comment aborder une partition nouvelle... Dominique Merlet a une très grande conscience de son rôle de professeur, et il est particulièrement exigeant avec ses élèves comme avec lui-même. Il est une des personnes dont l'avis compte toujours beaucoup pour moi." Il poursuit en parallèle des études jusqu'au bac en section C (scientifique à l'époque), par tradition familiale...."Je dois dire que je n'avais pourtant pas une grande passion pour les mathématiques. "
Vincent Coq obtient un premier prix de Musique de Chambre en 1984 (classe de Geneviève Joy-Dutilleux) et entre en cycle de perfectionnement dans la classe de Jean-Claude Pennetier : "Geneviève Joy-Dutilleux était quelqu'un de très vivant, qui secouait la routine chez les étudiants et elle ne prenait pas de gants. Avec Jean-Claude Pennetier ce fut une nouvelle et magnifique expérience. Il a un rayonnement et une profondeur telle qu'il arrivait à faire toucher du doigt à ses élèves les mystères intimes des œuvres. Imprévisible, curieux de tout, il a marqué toute une génération de pianiste".
Vincent Coq part ensuite un an au États-Unis où il travaille avec György Sebök : "Encore une nouvelle expérience, une autre école, une autre approche. Il était assez déroutant et fascinant au point que certains l'ont un peu dangereusement transformé en "gourou". Son approche technique toute en souplesse et en courbe, supprimant les tensions inutiles était nouvelle. Toujours très calme, il semblait percer à jour le cœur de ses étudiants. Il rentrait rarement dans le détail du texte mais essayait plus d'éveiller ses étudiants à une compréhension globale du corps en adéquation avec le texte musical. "
Il reçoit également les conseils de Menahem Presler : "Il a une sensibilité à fleur de peau. Il pousse l'élève sur chaque note. Il met de la vie partout et il est vrai qu'après avoir travaillé une œuvre, on avait l'impression de savoir la jouer parfaitement et de l'avoir comprise. Puis il faut se dégager de toutes ces informations et les digérer pour ne pas se laisser submerger par une telle personnalité." . Il participe à des master-classes de Leon Fleisher :" Là encore quelle présence, quelle puissance musicale. Je me souviens qu'il me disait qu'une des choses les plus importantes pour un musicien est l'expérience, connaître d'autres écoles, écouter, essayer, ne jamais s'installer sur ses acquis. "
Particulièrement attiré par la musique de chambre, en 1987 il fonde le Trio Wanderer avec le violoniste Jean-Marc Phillips-Varjabédian et le violoncelliste Raphaël Pidoux :"Le trio s'est formé lors d'un stage organisé par Olivier Gardon et Roland Pidoux, à Villecroze, une fondation crée par Annette Schlumberger". Le Trio Wanderer travaille sous la direction des membres du Quatuor Amadeus pendant deux ans et remporte de nombreux concours internationaux dont celui de Münich-ARD...."Norbert Brainin, premier violon du Quatuor Amadeus est certainement un des artistes qui m'a le plus marqué. Une expérience artistique et humaine inouïe se dégageait dans ses cours très peu conventionnels : en partant d'un Scherzo de Brahms il pouvait nous parler de Nicolas de Küs et des différences entre orthodoxie et catholicisme pendant 20 minutes, et pour Schubert, chanter l'air de Rosamunde ou nous raconter l'histoire du joueur de cithare, seul au fond de sa taverne, jouant pour Dieu ou la musique elle-même."
Alors que le Trio Wanderer fêtera l'année prochaine ses vingt ans d'existence, il est difficile pour Vincent Coq de dire les "secrets" de cette longévité : "Il n'y a pas de règle précise dans notre façon de travailler ensemble. Nous nous voyons en fonction des programmes à monter ou à reprendre. Donc ce peut-être tous les jours pendant une période et pas du tout pendant 15 jours. Il n'y a pas de grand discours. Nous nous connaissons depuis longtemps et beaucoup de choses se règlent à l'oreille plus qu'avec des mots. Le danger d'un groupe constitué est de tomber dans la routine. Il ne faut pas s'installer mais toujours avancer et aller plus loin dans la musique."
Avec le Trio Wanderer, Vincent Coq se produit depuis sur les plus grandes scènes internationales - Philharmonie de Berlin, Scala de Milan, Wigmore Hall de Londres, Library of Congress de Washington, Kioi Hall de Tokyo, Teatro Municipal de Rio de Janeiro, Théâtre des Champs-Elysées à Paris - festivals de Salzbourg, Stresa, Bath, Moscou, Osaka, La Roque d'Anthéron, Schleswig-Holstein-, avec des orchestres symphoniques prestigieux - Orchestre National de France, Symphonia Varsovia, Grazer Philharmoniker, Orchestre Philharmonique de Radio-France, RSO de Berlin, Kölner Philharmoniker - dirigés entre autres par Charles Dutoit, Christopher Hogwood, James Conlon et Yehudi Menuhin.… "Nous donnons environ 80 concerts par ans, maintenant plus à l'étranger, principalement en Europe, mais nous allons aussi régulièrement au Japon et en Amérique du Sud. Nous sommes peu allés aux États-Unis et nous avons même du annuler notre dernière tournée pour des problèmes de visa... Mais nous devons y retourner en 2008. J'aimerai beaucoup aller en Inde pour connaître ce pays fascinant mais il y a hélas peu de possibilité en musique classique. Sinon, l'Allemagne reste un pays roi pour la musique et particulièrement la musique de chambre, avec un public qui vient au concert souvent avec les partitions et qui connaît les œuvres sur le bout des doigts. J'aime aussi beaucoup l'Angleterre et particulièrement la merveilleuse salle de Wigmore hall à Londres où nous jouons presque chaque année. L'Espagne enfin est le pays qui a fait le plus grand bond en avant dans le domaine de la musique ces dernières années et je peux dire que les plus belles salles que nous rencontrons sont maintenant espagnoles".

Son plus beau souvenir de concert est :"Notre récital au Mozarteum de Salzbourg lors du festival 2004. C'est une salle à l'acoustique magique et nous avons été ce soir là pris par l' ambiance particulière qui se dégageait; c'est assez difficile à expliquer. Nous retournons d'ailleurs pour la troisième fois jouer dans cette salle cet été pour le festival 2006, du Mozart bien sûr!" , et parmi les concerts à venir lui tiennent également particulièrement à cœur :"les Concerts du Dimanche de Jeanine Roze en octobre qui sont un exemple pour la vie musicale française, nous avons deux concerts aux Konzerthaus de Berlin pour l'intégrale de la musique de chambre avec piano de Chostakovitch toujours en octobre que nous attendons avec impatience. Les Folles Journées de Nantes, Lisbonne ou Tokyo font partie maintenant de notre vie musicale. Elles vont à l'encontre des esprits chagrins qui ne cessent de débattre du déclin de la musique classique et nous ne les manquerions pour rien au monde."
Nouveau : Vincent Coq a bien voulu répondre à de nouvelles questions à l'occasion de la sortie d'un nouveau disque du Trio wanderer avec l'altiste Antoine Tamestit (voir plus bas)

Voir également plus bas une vidéo d'un concert du Trio Wanderer à la Folle journée de Nantes 2010

Son répertoire...

Avec le Trio Wanderer, Vincent Coq a enregistré plus d'une douzaine de disques, dont deux Victoires de la Musique comme meilleure formation de musique de chambre de l'année en 1997 et 2000, chacun consacré à des compositeurs différents de Haydn à Martinu... Beethoven, Schubert et Bartok sont les trois compositeurs que Vincent Coq citent spontanément comme ceux qui lui sont particulièrement chers :"Je ne peux pas dire vraiment pourquoi mais j'aurai envie de rajouter Haydn, Brahms, Debussy....." et difficile pour lui de citer ses œuvres favorites : "du Quintette avec clarinette de Mozart, au Quintette à deux violoncelle de Schubert, au Geister-Trio de Beethoven. Pour le concerto, je dirai le 4eme de Beethoven et pour la pièce de piano peut-être la dernière sonate de Schubert mais je m'en voudrais de laisser les Sonates de Beethoven, les derniers opus de Brahms et beaucoup d'autres. Je n'ai pas envie de choisir."

Brahms est le compositeur des trios et quatuor de leur plus récent enregistrement : "Ce disque est l'aboutissement de plusieurs années de travail sur ces trios. Ils sont une des pierres angulaires du répertoire de trio et de la musique de chambre en général. L'expérience est là encore très importante pour aborder ces chefs-d'œuvre, mêlant passion, puissance et spontanéité à une maîtrise, une profondeur une densité propre aux opus tardif de Brahms. On peut se laisser déborder et même écraser par ces pièces. L'opus 8 est assez caractéristique : composé dans sa jeunesse, il la profondément révisé à la fin de sa vie; on y trouve le lyrisme et la fougue originel mais magnifié par trente ans d'expérience musicale et humaine. "
Les prochains disques sont déjà programmés et l'un d'eux est consacré à un compositeur que Vincent Coq pourrait sans doute ajouter à sa liste de favoris puisqu'il sera un second disque d'un même compositeur, Mendelssohn, dont le Trio Wanderer avait réalisé un enregistrement en 1995 : "Nous enregistrons les trios de Mendelssohn en septembre et le Quatuor pour la fin du Temps de Messiaen courant 2007."
Vincent Coq se consacre uniquement à la musique de chambre : "Je n'aime pas jouer seul. II y a une pression avant, pendant et après le concert que je n'ai sincèrement pas envie de subir. De plus le trio et mes autres activités me prennent beaucoup de temps et je pense que la vie ne se résume pas au piano; peut-être suis-je un peu paresseux...?"
Avec le trio ou en dehors Vincent Coq a eu l'occasion de jouer avec de nombreux autres musiciens :"Il y a les amis comme Christophe Gaugué, Paul Meyer qui sont de magnifiques artistes et avec lesquels j'ai toujours plaisir de jouer. Mais il y a eu des rencontres captivantes avec Vladimir Mendelssohn, Michel Portal, Gérard Caussé ou plus anciennement avec Yehudi Menuhin et James Conlon. Il a plusieurs projets avec le grand baryton autrichien Wolfgang Holzmair et j'ai hâte de travailler le cycle An die Ferne Geliebte de Beethoven avec lui."
Parallèlement à son activité de concertiste, Vincent Coq enseigne de temps en temps :" J'enseigne très peu - je dois être vraiment paresseux - je donne quelques cours dans l'année chez moi ; avec le trio nous donnons des masters-classes assez régulièrement et tous les ans nous participons aux master-classes organisées par le festival de la Roque d'Anthéron et je dois dire que c'est un vrai plaisir car j'y retrouve des amis (Claire Désert, Christian Ivaldi et Emmanuel Strosser) pour travailler avec de jeunes professionnels le répertoire de musique de chambre dans des conditions que je n'ai jamais rencontrées ailleurs. René Martin invite les stagiaires, et leur propose parallèlement toutes une série de concerts. Beaucoup de jeunes pianistes français sont passés par là et il y a une quinzaine d'année c'était notre trio qui était élève de Menahem Pressler, Jean Hubeau ou Janos Starker. La roue tourne..."
Parmi les musiciens classiques qui l'ont particulièrement marqué, Vincent Coq cite :"Arthur Schnabel, Richter, Callas, David Oïstrakh, Amadeus Quartet et tant d'autres..." Il s'intéresse également à d'autres musiques :"il m'arrive d'écouter du jazz ou du tango par exemple. J'admire souvent les interprètes mais honnêtement je n'ai pas d'affinités particulières. Dans la chanson, là il y a des gens formidable comme Juliette et les grands classiques Brel ,Trenet, Barbara, Brassens sont mes favoris. Par contre, je suis de plus en plus allergique au rap et à la techno."
Enfin à la question de connaître ses autres centres d'intérêts qui nourrissent ou non son interprétation Vincent Coq répond : "Vivre sans livre me parait impossible ; j'aime tout ce qui touche à l'histoire. Je suis par ailleurs un chineur assidu, (collectionneur de faïence fine fin 18ème début 19ème pour être plus précis, un hobby très 'spécialisé') et j'aime beaucoup la grande cuisine, (où l'on retrouve d'ailleurs le piano, le chef, la batterie, la mandoline, la guitare, la baguette.....). De nouveau, toute expérience humaine, bonne ou mauvaise est utile pour un musicien. "

Écouter...

La sélection de pianobleu.com

Gabriel Fauré

Quatuors pour piano et cordes

Trio Wanderer
Jean-Marc Philips-Varjabédian, violon
Raphaël Pidoux, violoncelle
Vincent Coq, piano
et
Antoine Tamestit, alto

Quatuor pour piano et cordes n°1 op.15 en ut mineur
Quatuor pour piano et cordes n°2 op.45 en sol mineur

Sur la dizaine d'oeuvres de musique de chambre qu'il a composée, Gabriel Fauré a inclus le piano dans toutes hormis la dernière (un quatuor à cordes... seules). Remarquable pianiste il aimait se produire en compagnie de chanteurs et d'instrumentistes plutôt que d'occuper seul la scène, cependant il a créé presque toutes ses oeuvres de musique de chambre à la demande de la Société Nationale de Musique. Sa préférence allait aux instruments à cordes plutôt que ceux à vent, probablement en raison de la vibration des cordes plus proche de la voix humaine qu'il affectionnait aussi particulièrement. Il participa lui-même à la création de plusieurs de ses oeuvres de chambre, parmi lesquelles ces deux quatuors pour piano et cordes. Cet enregistrement produit par le label Harmonia Mundi réunit de très talentueux musiciens qui ont tous les quatre été récompensés de "Victoires de la musique classique" ainsi le Trio Wanderer qui a reçu pour la troisième fois en 2009( après 1997 et 2000) la "Victoire de la musique du meilleur ensemble instrumental de l'année", et l'altiste Antoine Tamestit, "Révélation instrumentale" de l'année 2007. Ils nous révèlent ici dans une interprétation très énergique et d'une très belle sonorité ces deux beaux quatuors peu souvent joués. Et c'est donc le pianiste Vincent Coq qui prend la place du compositeur, ce que, à l'écoute du disque, l'on peut supposer ne pas être une mince fonction ainsi pourrez-vous en jugez vous-même dans le Scherzo du quatuor n°2 (en écoute plus bas). Vincent Coq a bien voulu répondre à quelques questions pour présenter ce disque ...cliquez ici pour lire la suite et écouter l'extrait
Nouveau
paru en 06/2007

Mendelssohn Piano Trios
Trio Wanderer

Cet album, illustré d'une peinture que Camille Corot réalisa en Italie en 1840, contient l'enregistrement par le Trio Wanderer ( Vincent Coq, pianiste, Jean-Marc Phillips-Varjabédian, violoniste et Raphaël Pidoux, violoncelliste) des deux seuls trios pour piano, violon et violoncelle écrits par Félix Mendelssohn, le premier, opus 49, ayant été aussi créé en 1840, le second, opus 66, en 1845.

Dans l'un comme l'autre trio le piano tient une place particulièrement importante : la partie de piano du premier trio fût retravaillée sur les conseils de Ferdinand Hiller, un ami de Mendelssohn, et comprend des traits particulièrement virtuoses, celui-ci étant particulièrement féru des styles de Chopin et Liszt. Si l'on perçoit des traits Lisztiens dans le splendide premier mouvenent de l'opus 49, au caractère tempétueux et passionné, c'est une véritable paisible "romance sans paroles", caractéristique du style de Mendelssohn, qui ouvre le second mouvement du trio opus49. Le troisième mouvement(Scherzo) par son tempo rappelle quant à lui l'ouverture d'une autre oeuvre de Mendelssohn : Songe d'une nuit d'été, avec un piano dévalant les notes d'un pas agréablement "léger et vivace" . Dans le mouvement finale de ce trio le piano montre de nouveau une grande effervescence. C'est Mendelssohn lui-même qui joua la partie au piano lors de la création de l'oeuvre. Le succès fut total. Schumann, en tant que journaliste musical,en publia un compte rendu très enthousiaste : "C'est un véritable chef d'oeuvre du genre[...]une très belle composition qui, dans bien des années, réjouira encore nos enfants et petits-enfants." Il est vrai que cette oeuvre est particulièrement réjouissante par ses rythmes rapides et ses belles envolées mélodiques.....cliquez ici pour lire la suite
 

Brahms
Complete Piano Trios
Intégrale des trios avec piano
Trio Wanderer

Après un disque très "gai et coloré" d'œuvres de Camille Saint-Saens (sélection du mois en mai 2005 au Piano bleu) et l'enregistrement du concerto et concertino de Martinu tout autant rythmés et expressifs, le pianiste Vincent Coq et ses complices habituels : le violoniste Jean-Marc Phillips-Varjabédian et le violoncelliste Raphaël Pidoux, auxquels s'ajoutent cette fois l'altiste Christophe Gaugué pour le splendide quatuor avec piano op.25, offrent de nouveau pour cette" cuvée estivale 2006" un enregistrement(double album) tout autant tonique et expressif, tel à leur habitude, et contribuent une fois de plus à montrer que la musique de chambre, comme toute musique classique, est bien souvent loin d'être ennuyeuse mais bien au contraire plaisante et revitalisante. en l'occurence, si vous cherchez de la musique pour vous bercer dans votre hamac...choisissez autre chose ! Par contre si vous aimez la musique riche en rebondissement et contrastée n'hésitez pas à l'écouter.
Ainsi dans le trio en si majeur op.8, que Brahms composa à 21 ans, pas moins de cinq thèmes s'affrontent dans le premier mouvement allegro con brio (pas besoin de traduire ces mots !) et le "fugato" qui suit est tout autant foisonnant d'idées créatrices. D'ailleurs Brahms aurait, semble-t-il, aimé revenir sur cette oeuvre créée en pleine jeunesse peu de temps après sa parution, selon ses propos dans une lettre adressée à Clara Schumann. Ce n'est qu'en 1891, à l'occasion d'un changement d'éditeur, qu'il "élaga" le premier mouvement :" Ce mouvement pourrait tout de même se conclure un peu plus tôt, par exemple avant le fugato, dont l'irruption fait à peu près l'effet d'une citation latine dans un poème d'amour enflammé" selon ses propos en 1870. Sans vouloir dénigrer les citations latines, souvent pleines de sagesse, on voit là son souci de ne pas ennuyer l'auditeur ! Même l'adagio dominé par une très belle mélodie au violoncelle n'a assurément rien de soporifique par ses rebondissements sonores.
Ce n'est que vingt-six ans plus tard que Johannes Brahms entreprit simultanéement deux autres trios, durant l'été 1880. Seul l'un d'eux a été achevé (en 1882) et Clara Schumann toujours très enthousiaste accueillit celui-ci (le trio en ut majeur op.87) sans même l'avoir encore entendue( mais bien sûr lu la partition) par ces mots :"Quelle oeuvre splendide, dans laquelle chaque motif semble en faire jaillir une autre"...inutile d'en rajouter !
C'est encore durant la belle saison : en été 1886, que Brahms composa son trio n°3 en Ut mineur op.101, sur les bords du lac de Thoune en Suisse. Attention aux premières notes de l'allegro energico qui réveilleraient un mort ( je vous déconseile de l'écouter aussi en voiture ;-) ou alors baissez le son au risque sinon d'une fausse manoeuvre ! Brahms alors agé de cinquante- trois ans offre encore une œuvre tout autant vigoureuse et dynamique que les précédentes. Seul l'andante grazioso ramène à plus de sérénité.
"Désert, tempête, effroi, gel, destruction et désolation" tels furent les mots d'un sévère critique après la création viennoise du quatuor en sol mineur opus 25 de Johannes Brahms, mais il semble qu'il n'ait émis cet avis qu'en se référant au premier mouvement, le plus long de cette œuvre. Le violoniste Joseph Joachim à qui Brahms avait envoyé la partition avait d'ailleurs été plus conquis par les trois autres mouvements. A vrai dire à l'écoute on peut quand même se demander ce qui à l'époque était "désert"...et ce que penserait ce même critique, s'il vivait encore, d'oeuvres du vingtième siècle... tempête oui peut-être...désert ??? ou bien peut-être tempête de sable dans le désert alors... L'intermezzo est d'ailleurs si beau qu'il sert de générique à une émission radiophonique.
Cet enregistrement a été distingué par un Choc du Monde de la musique (06/2006) et le sera par un Diapason d'or Arte (Diapason de juillet 2006).Il est également "Le choix de France Musique"....tout cela pour confirmer bien évidemment qu'il ne faut donc pas passer à côté de ce disque(du label Harmonia Mundi) qui cumule un trés beau programme,  une excellente interprétation et une qualité sonore tout aussi bonne : il a été enregistré dans une salle à l'acoustique "hors du commun" : L'Heure ....bleue..à La Chaux-de-fonds en Suisse...cliquez ici ou sur l'image pour vous le procurer tant qu'il est à Prix vert sur fnac.com

Bohuslav Martinu
Concerto pour trio avec piano et orchestre à cordes
Concertino pour trio avec piano et orchestre à cordes
Lidice - Rhapsody for viola
Trio Wanderer
Tabea Zimmermann(alto, viola)
Gürzenich Orchester Köln sous la direction de James Conlon

Si vous jouez du piano, sans doute connaissez-vous le compositeur Bohuslav Martinu(1890-1959), : ses études ou encore ses danses, préludes...font partie de différents recueils et méthodes. Mais bien qu'il ait composé plus de deux cents morceaux pour le piano, il n'a pas, ou peu, laissé, d'oeuvres essentielles pour cet instrument. Le reste de son oeuvre, malgré l'importance qu'on lui reconnait aujourd'hui, n'est à l'heure actuelle, guère jouée en concert et cet enregistrement vient combler une absence non justifiée.

Bohuslav Martinu s'inspira de la tradition musicale de son pays d'origine sous une forme très personnelle. Né en Bohème, il fit l'apprentissage de la musique dans son pays natal et fut engagé comme second violon dans la Philharmonie Tchèque à Prague où il put se familiariser avec les compositeurs nationaux de Bohême mais aussi découvrir Ravel, Debussy ou Stravinsky. Ayant obtenu une bourse d'études, il vint à Paris pour rejoindre la classe de composition d'Albert Roussel pour y chercher :" l'ordre, la clarté, la mesure, le goüt, l'expression sensible, directe. En bref : les atouts de l'art français" qu'il admirait. Son séjour se prolongea 17 ans : car outre la musique français, il admira une femme de ce pays qu'il épousa : Charlotte Quennehen. Il dut cependant fuir pour les Etats-Unis en 1941, mis sur la liste noire des nazis pour ses activités patriotiques, et ne revint en Europe qu'en 1953.
Composé à Paris en 1933, le manuscrit du Concerto pour trio avec piano et orchestre à cordes, fut oublié pendant près de trente ans car on le confondait à tord avec celui du Concertino créé à la même époque et pour une même distribution instrumentale.Il parait que Bohuslav Martinu, n'attachait pas d'importance au fait que ses oeuvres soit publiées ou jouées : il lui importait plus de composer. Aussi ne faut-il sans doute pas s'étonner du sort du Concerto... même si aujourd'hui on le considère, ainsi que le Concertino, comme chef d'oeuvre. Composés tous deux à une époque où le rythme dominait particulièrement ses compositions, sous l'influence de la danse tchèque, de la polka et du ...jazz, qu'il aimait aussi depuis sa jeunesse, il faut savoir qu'il composa des Fox Trot pour les orchestres d'amateurs durant celle-ci !

Avec sa musique Martinu voulait "rendre un peu de l'affirmation de la vie paisible et heureuse", sans nul doute ce rythme très typique est élement de légèreté et gaieté ! Légereté et gaité certes mais pas seulement ainsi le splendide 'Andante du Concerto introduit par un piano seul suivi de l'intervention du violoncelle et du violon que dévoile, avec une grande expressivité, le Trio Wanderer ( Vincent Coq( piano), Jean-Marc Phillips Varjabedian (violon) et Raphael Pidoux(violoncelle) est plus sombre et profonde. D'une atmosphère plus proche de la composition orchestrale "Monument pour Lidice" que Bohuslav Martinu écrivit en 1943 à la mémoire des victimes innocentes de Lidice : Petite localité à 20km de Prague, dépeuplée et réduite en cendres par la Wallfen-SS , le 10 juin 1942.
Cliquez ici ou sur l'image pour vous procurer ce disque et pour en écouter des extraits sur le site du Trio Wanderer...cliquez ici


Camille Saint Saëns
Trios avec piano n°1 et 2
Trio Wanderer

Désireux de défendre la création française Camille Saint Saëns( 1835-1921) fonda en 1871 avec d'autres compositeurs (Fauré...), la société nationale de musique, dont la devise est "Ars Gallica", celle-ci contribua notamment à la diffusion de la musique de chambre, Camillle Saint Saëns est d'ailleurs l'auteur d'une cinquantaine d'oeuvres de chambre, et a composé la première seulement âgé de sept ans.

C'est à l'âge de 32 ans qu'il composa son premier trio pour piano, si cette oeuvre eut à l'époque un certain succès, elle a depuis été un peu oubliée, il parait que le mauvais caractère de Camille Saint Saëns en est peut-être la cause comme pour nombreuses autres de ses oeuvres... bon cela reste à vérifier, mais en tout état de cause c'est bien à l'inverse dans une bonne humeur flagrante que le Trio Wanderer joue ce répertoire, la légèreté et la clarté de tous les instruments donnent à l'enregistrement une sonorité estivale : gaie et colorée. Pas question de s'endormir en écoutant ce disque et particulièrement le splendide premier mouvement du second trio : à écouter et réécouter...

Tout au long de l'album les dynamiques rebondissements du piano donnent un ton particulièrement enjoué et une vivacité des plus plaisantes à l'ensemble, ce qui n'empêche pas d'apprécier par ailleurs le lyrisme de cette oeuvre ainsi dans le troisième mouvement du second trio, à la mélodie particulièrement poétique mais nullement ennuyeuse.

Cliquez sur l'image pour vous procurer ce disque. a défaut de pouvoir y entendre des extraits , visiter la page du Trio Wanderer, consacrée à ce disque....cliquez ici


Dimitri Chostakovitch, Aaron Copland
Trios opus 8,opus 67 et Trio Vitebsk
interprété par Trio Wanderer

C'est un programme très original et très différent de leurs derniers albums ( Haydn, Schubert) que proposent ici Vincent Coq (pianiste), Raphaël Pidoux (Violoncelliste) et Jean-Marc Phillips Varjabédian (violoniste). Le premier trio composé par Dimitri Chostakovitch à l'âge de 17 ans est déjà très riche en couleurs et d'une grande beauté mélodique. Le trio en mi mineur, composé vingt ans plus tard (en 1944) dévoile une douleur encore plus intense, dont le Trio Wanderer traduit avec talent toute l'émotion par un jeu très expressif. Il est dédié à la mémoire de l'un des plus chers amis du compositeur pour qui "les mots ne sauraient exprimer le malheur qui m'a frappé"). Enfin le trio Vitebsk, composé par Aaron Copland en 1927, et dont le point de départ est un chant juif, est surprenant tant au niveau harmonique que rythmique. Son intensité dramatique est très forte...Emotion garantie !
Cet album est aussi séduisant par sa très belle pochette (vive l'abandon des boîtiers hyper-cassables en plastique transparent), illustrée par un tableau de Kandinsky qui date de la même époque que le premier trio de Chostakovich et qui le symbolise à merveille !
Ce disque a obtenu un "choc de la musique".
Cliquez sur l'image pour écouter des extraits et vous procurer ce disque à La Fnac ou cliquez ici pour le retrouver sur Amazon

Pour écouter des extraits d'autres disques du Trio Wanderer...cliquez ici

Le trio wanderer interprète Liszt et Chopin à la folle journée de Nantes

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