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Florian Noack

Merci à Florian Noack d'avoir répondu aux questions de pianobleu.com pour la réalisation de cette page ( deux entretiens en janvier 2012 et mai 2013 à l'occasion de son second disque)

Biographie commentée

Florian Noack est né le 15 janvier 1990 en Belgique, à Auderghem (Bruxelles). Son père, flûtiste professionnel, et sa mère qui pratique aussi cet instrument en amateur, l'ont orienté non pas vers la flûte mais vers le piano ! :" Nous sommes trois enfants, chacun a appris le piano à l'âge de 4 ans environ. Mes parents ne voulaient pas spécialement que l'un d'entre nous devienne professionnel, mais cela faisait partie d'une certaine éducation. Chaque jour, il fallait faire environ une demi-heure de piano. Le choix de commencer le piano et non pas un autre instrument était également un choix parental (quoique ma soeur ait appris le violon également). Je ne me suis jamais posé la question de savoir si j'aurais préféré commencer un autre instrument. Et je n'ai jamais regretté par la suite le choix de cet instrument !
Vers 8-9 ans, j'ai aussi suivi quelques années de cours de clavecin."
Florian Noack commence donc l'étude du piano dès l'âge de 4 ans auprès de Yuka Izutsu et, quelques années plus tard, de Michel Wiggers. Il se distingue à 11 ans en remportant plusieurs concours en Belgique, et est admis l'année suivante à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth dans le cycle préparatoire pour jeunes talents exceptionnels..."A ce moment là, je suivais ces cours de piano sans penser qu'un jour le piano deviendrait ma vie et mon métier. Mais, comme je travaillais régulièrement, j'ai fait pas mal de progrès, et j'avais un niveau relativement bon. Michel Wiggers m'a donc proposé de participer à un premier concours de piano en Belgique (le Concours Epta). J'avais 11 ans. Je suis passé en finale, et pour préparer la finale (qui avait lieu quelques mois plus tard), je me suis inscrit à un stage de piano avec Yuka Izutsu, que j'avais déjà eue comme professeur étant petit. Au cours de ce stage, j'ai rencontré des élèves pianistes plus âgés, qui jouaient des morceaux plus développés, plus virtuoses –tout cela m'a enthousiasmé et fait rêver. J'ai voulu apprendre à jouer ces oeuvres (j'ai découvert à cette époque l'étude Op.10 No.12 de Chopin, la ‘Révolutionnaire' dont j'étais tombé amoureux à l'époque !).
A partir de là, le piano est vraiment devenu une passion. C'est vraiment le contact avec le répertoire de notre instrument qui est à l'origine de la passion que j'ai eu pour celui-ci. J'ai passé des heures chaque jour à déchiffrer des nouveaux morceaux (qui étaient bien sur beaucoup trop difficiles pour moi, mais que je rêvais de pouvoir jouer).
Florian Noack est admis l'année suivante à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth dans le cycle préparatoire pour jeunes talents exceptionnels. Il y étudie avec Yuka Izutsu pendant deux années, durant lesquelles il reçoit l'enseignement de grands maîtres tels que A. R. El Bacha, Brigitte Engerer, Dmitri Bashkirov, Vitaly Margulis... "Mon séjour à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth a duré deux ans. Le Cycle préparatoire pour Jeunes Talents exceptionnels qui venait d'être créé, était destiné aux jeunes entre 12 et 18 ans, qui avaient un niveau équivalent à celui du conservatoire, sans pouvoir y étudier (en Belgique, on ne peut rentrer au conservatoire qu'après avoir obtenu le bac, donc en théorie à 18 ans). J'avais reçu les prospectus pour l'examen d'entrée 2 semaines avant l'examen, j'avais du monter un programme spécialement pour l'occasion (par exemple, je n'avais encore jamais joué de prélude et fugue de Bach). Ca a été une surprise pour moi que d'y être admis –j'ai été le seul pianiste sélectionné dans ce cycle. Nous étions 4, un violoniste (Lorenzo Gatto), et deux violoncellistes (Romain Dhainaut et Claire-Lise Démettre). J'étais le plus jeune. L'année suivante, une pianiste japonaise a également été admise. Le cursus comportait des cours de piano, d'harmonie et de musique de chambre. J'ai pu choisir le professeur avec lequel je souhaitais travailler durant cette période. J'ai donc continué à étudier avec Yuka Izutsu. "
Florian Noack estime que ces deux années ont été vraiment essentielles pour lui : "C'est à ce moment que ma passion s'est orientée vers une optique plus professionnelle. Yuka Izutsu m'a fait travailler afin d'acquérir une base technique solide (position de la main, énergie des doigts, détente des bras). Il a fallu faire un travail de base assez poussé et parfois fastidieux (perdre des mauvaises habitudes que j'avais acquises... ). Je n'avais pas énormément de patience pour tout cela, je dois l'avouer. Mais encore aujourd'hui (surtout aujourd'hui !) je réalise à quel point ce travail a été bénéfique. Ces années ont été importantes également au niveau personnel. Je pouvais enfin commencer à travailler les oeuvres de je rêvais (2ème Sonate de Schumann notamment). A partir de là, le travail est devenu de plus en plus ‘gratifiant' pour l'enfant que j'étais. Enfin, -cela faisait partie de la formation-, durant ces deux années, de nombreux concerts ont été organisés, qui ont permis d'acquérir un peu d'habitude de la scène, d'apprendre à gérer le stress, à rôder des programmes. A mieux se connaître en situation de concert. Outre les concerts et les cours, des grands professeurs venaient parfois de l'étranger pour donner des master class. C'est ainsi que j'ai rencontré Dmitri Bashkirov, Brigitte Engerer, A. R. El-Bacha."
Entre 14 et 15 ans, Florian Noack remporte le Premier Prix des Concours Grétry, Charlier, Excellentia, Breughel, Dexia, EPTA, et Kaufmann. Ces succès lui permettent de se produire lors de nombreux concerts en Belgique (Palais des Beaux-Arts, Conservatoire Royal de Bruxelles, Aula Magna, Théâtre Royal de la Monnaie, etc.), en France, en Italie et en Allemagne. Durant cette période, il continue de se perfectionner auprès de Yuka Izutsu et Johan Schmidt.
C'est à cette période qu'il a envisagé sérieusement d'être pianiste professionnel et en fait il n'a jamais envisagé d'autre métier mêm s'il a pu s'intéreser à nombreuses autres activités : "Lorsque j'avais 14 ans j'ai choisi de suivre l'enseignement par correspondance pour pouvoir vraiment me consacrer au piano, et travailler 6 heures par jour. C'était à ce moment-là un vrai sacrifice, et je l'ai fait parce que j'envisageais vraiment la possibilité d'une carrière professionnelle. Etant petit, j'étais passionné par le jeux d'échecs, et je rêvais de devenir joueur professionnel. Je participais de temps à autre à des tournois. Mais j'aime aussi énormément la littérature ou l'histoire. Depuis peu, j'ai commencé à apprendre la prestidigitation, et j'ai commencé il y a quelques années des cours de salsa. Mais tout cela reste des passes-temps plus ou moins prenants. En fait il n'y a aucune autre activité professionnelle qui aurait pu s'imposer à la place du piano."
A l'âge de 16 ans, Florian Noack se distingue lors du Concours ‘Prix du Public' en remportant le prix du jury et le prix du public. Ensuite, il obtient le prix ‘Coup de Coeur du jury' et le prix récompensant la meilleure interprétation de l'oeuvre imposée lors du concours ‘Piano Campus' - et quelques mois plus tard, il remporte le Concours Adilia Alieva avec le 1er prix, prix spécial de virtuosité, et prix pour la meilleure interprétation d'une oeuvre française (‘Scarbo' de Ravel). La même année, il est admis à la Musikhochschule de Cologne, en Allemagne, où il se perfectionne actuellement auprès du pianiste et compositeur russe Vassily Lobanov.A 17 ans, il obtient le Premier Prix au concours International de Mérignac, et l'année suivante le prix du Public lors du Concours à la mémoire d'Alain Marinaro.
En février 2009, il est le plus jeune candidat admis en finale au Concours Vibrarte à Paris, où il remporte le 2ème prix, ce qui lui permet de se produire à la Comédie des Champs Elysées, lors du concert des lauréats, qui a été retransmis en direct à la télévision dans toute l'Europe. Il est lauréat de la Fondation Belge de la Vocation, et s'est vu décerner le Prix ‘Grandpiano 2009', récompensant chaque année un artiste prometteur, pour ses qualités musicales, techniques et humaines. Enfin, à l'âge de 20 ans il remporte le 2ème prix ainsi que le Prix du Public lors du Concours Rachmaninov en Allemagne....Nombreux concours au sujet duquel il a beaucoup à dire : "Les concours ont été très présents jusqu'à aujourd'hui dans mon développement. J'en ai fait relativement beaucoup, et chacun m'a appris quelque chose. Le concours a en soi quelque chose de très contestable (subjectif, parfois injuste, potentiellement destructeur). Cela fait en quelque sorte partie des 'règles du jeu', et si on décide de s'inscrire, cela implique de les accepter. A titre personnel, les concours représentent surtout deux choses : d'abord un objectif de travail, qui m'oblige (à cause de la concurrence) à considérer mon travail sans indulgence et sans narcissisme, à aller au maximum de mes possibilités... Ensuite, les concours représentent quand même une opportunité particulière de rencontrer des gens, qu'ils soient musiciens, critiques, chefs d'orchestre ou mélomanes. Cela peut même se produire indépendamment d'un résultat -il se peut que l'on soit éliminé, mais qu'une personne dans la salle vous ait particulièrement remarqué et décide de vous soutenir pour le reste de votre carrière. Bien sur, un prix facilite les choses!
Je pourrais citer quelques concours qui ont été vraiment importants pour moi : d'abord mon tout premier concours, le concours EPTA, qui a été en partie à l'origine de ma passion pour le piano lorsque j'avais 11 ans.
Ensuite, le Concours Seiler en Allemagne, lorsque j'avais 15 ans. A l'époque, je venais de remporter 5 ou 6 premiers prix d'affilée dans différents concours en Belgique, j'avais acquis sans doute un peu trop d'assurance. A ce concours, mon premier concours à l'étranger, je me suis fait éliminer pour la première fois de ma vie (au premier tour!), et j'ai pris conscience du niveau pianistique sur la scène internationale, dont je n'avais jusqu'alors aucune idée. Cela a été une bonne douche froide, et une bonne remise en question qui m'a poussé à être plus exigeant envers moi-même et à aller plus loin dans mon travail.
Il y a eu beaucoup d'autres concours... Au cours des dernières années, il y a eu le Concours Vibrarte où j'ai remporté le 2ème Prix ex-aequo avec Anastasya Terenkova. Le Concours Rachmaninov où j'ai remporté le 2ème Prix ainsi que le Prix du public, ou encore le Concours de Cologne où j'ai obtenu il y a deux semaines le 3ème Prix.
Il y a également d'autres concours, moins typiques, mais que j'ai énormément appréciés, comme par exemple le Concours Piano Campus (où j'avais obtenu en 2006 le Prix de l'imposé et le Prix Coup de coeur du jury, et en 2008 le Prix du Barreau du Val d'Oise). C'est un concours qui se déroule dans un esprit assez différent, mais où j'ai chaque fois pu lier des liens privilégiés avec les autres candidats, où nous avons tous été dans des conditions idéales. L'aspect plus 'relax' n'influençait en rien le niveau pianistique du concours qui était chaque fois excellent. Par contre il apportait une atmosphère moins compétitive, plus détendue et agréable. C'est un des concours qui m'a apporté le plus au niveau des contacts en France
. "
Plus particulièrement interrogé sur la façon dont il vit ces nombreux concours, et s'il a envie de se présenter encore à d'autres concours puisqu'il n'a que 21 ans Florian Noack confie : "En ce qui me concerne, c'est amusant, parce que j'ai remarqué un processus un peu systématique qui se produit dans la préparation à chaque concours : un mois avant le début, j'ai un moral d'enfer et une confiance en moi énorme, bref je pars avec l'idée de gagner tous les prix disponibles. Puis, au fur et à mesure qu'on se rapproche du concours, cette confiance fond comme neige au soleil, et j'arrive au concours comme un survivant ou presque! J'ai toujours tendance à me représenter les autres candidats comme exceptionnels et bien meilleurs que moi. Ce qui fait que lorsque je passe en demi-finale ou en finale, j'ai rarement l'impression que c'est mérité, mais plutôt la sensation d'être un rescapé. Et ce n'est que rétrospectivement, plusieurs jours plus tard, que j'arrive à voir un peu plus lucidement si le résultat que j'ai obtenu était vraiment mérité ou pas. Mais dans le coeur de l'action, je m'exagère toujours beaucoup le danger, et j'ai du mal à évaluer mon niveau par rapport aux autres.
Ce qui n'est peut-être pas plus mal, car je crois qu'en concours il faut se concentrer sur soi-même, sur ce que l'on veut faire passer, sans trop se laisser déstabiliser par ce qui se fait autour de soi. Ce qui n'empêche pas bien sur de s'intéresser vraiment aux autres candidats, dont on peut apprendre beaucoup -mais il vaut mieux le faire une fois qu'on est en dehors du concours, ou bien que l'on a déjà joué.
Une dernière chose importante, que je garde toujours en tête avant chaque concours, c'est que le résultat dépend de nombreux facteurs (l'âge, le programme choisi, la concentration, quel candidat joue avant, quel candidat joue après, le style, le jury qui est différent d'une fois à l'autre, etc...) et beaucoup de ces paramètres ne sont pas en notre possession. La seule chose qu'on puisse faire est d'essayer de jouer le mieux possible -et parfois le résultat peut sembler en inadéquation avec cela. Il faut s'y préparer avant même le début du concours. Il y a des concours où je pense avoir particulièrement bien joué, et où je me suis fait éliminer, et d'autres dont j'ai été lauréat, alors que d'autres méritaient de gagner autant que moi. Tout peut arriver, il y a une question de chance ou de malchance qu'il faut pouvoir accepter.
C'est la condition qui fait qu'un concours n'a jamais été une expérience destructrice pour moi
.
Chaque concours est assez éprouvant pour les nerfs, et je n'apprécie rien autant que la fin d'un concours. Paradoxalement, une semaine après être sorti d'un concours, je commence déjà à en envisager d'autres! Je crois que j'ai besoin d'avoir un objectif permanent, un projet vers lequel tourner mon énergie
."
Florian Noack est l'invité de nombreux festivals en France (Piano en Valois, Festival Chopin à Paris, Pianissimes de Lyon, Nuits de la Citadelle à Sisteron, Festival d'Annecy, etc.)... Plus que le lieu ou la salle de concert ce qui importe à Florian Noack c'est d'avoir la liberté du programme qu'il jouera :"Ce n'est que depuis quelques mois que j'ai commencé à quitter un peu l'Europe (concerts en Chine et aux USA) et j'ai plutôt vécu chaque voyage comme une chance inattendue. Je suis toujours heureux de jouer n'importe où, mais il n'y a pas un endroit particulier où je rêve de jouer. Mais en tant qu'amateur de raretés du répertoire (Medtner, Alkan, Lyapounov, Dohnanyi...), j'ai une préférence évidemment pour les concerts où j'ai la liberté dans mon programme de sortir un peu des sentiers battus... ainsi récemment pour le Festival l'Esprit du piano à Bordeaux j'ai eu une pleine et entière liberté pour construire le programme, constitué d'une part d'oeuvres de Scarlatti, Chopin et Liszt, et d'autre part de deux de mes transcriptions –Shéhérazade de Rimsky-Korsakov, et Aleko de Rachmaninov qui sera créé à cette occasion. Bref, un projet très motivant !"
Quant à son meilleur souvenir de concert : "C'est difficile à évaluer. J'ai parfois joué des concerts en me sentant extraordinairement bien sur scène, en ayant une confiance absolue dans mes moyens, et la sensation de survoler les difficultés techniques, bref une sorte de transcendance. Et puis parfois, en réécoutant des enregistrements, je réalise que ma sensation personnelle sur le moment ne correspond pas tellement à ce qui se dégage dans la salle. C'est parfois décevant. Mais l'inverse est vrai aussi, des concerts où je me sentais moins bien en jouant, et pourtant en les réécoutant, ils me paraissent très convaincants. Je relativise donc beaucoup mes impressions sur le moment, car l'écoute qu'on a en jouant est très différente de celle qu'on a lorsque l'on se réécoute après coup, et qu'on voit ce qu'il en était réellement. J'aurais du mal à définir mon meilleur ou mon pire souvenir de concert."
Actuellement Florian Noack se perfectionne à la Musikhochschule de Cologne, auprès du pianiste et compositeur russe Vassily Lobanov : " J'ai entendu Vassily Lobanov en concert au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles lorsque j'avais 15 ans. Il jouait en quatuor avec Viktor Tretiakov, Yuri Bashmet et Natalia Gutman. J'ai été complètement par la palette sonore de ce pianiste. J'ai immédiatement voulu étudier avec lui. Il m'a donc reçu dans sa classe à Cologne lorsque j'avais 16 ans. Il est à la fois compositeur et pianiste (peut-être davantage orienté vers la musique de chambre que la carrière de soliste. Il a joué avec les plus grands musiciens, notamment Sviatoslav Richter avec lequel il a joué en duo pendant plusieurs années). Son approche musicale est assez différente de ce que je connaissais jusqu'alors. Extrêmement intuitif, même dans son approche technique. J'ai appris beaucoup en ce qui concerne la liberté d'interprétation, la fantaisie musicale, et, pianistiquement, en ce qui concerne le son. Il m'avait dit une fois, afin de développer l'imagination musicale lorsque je joue un morceau, de s'entraîner à jouer dix versions radicalement différentes de la même oeuvre (tempo, caractère, nuance, couleur... ). Et sur scène, de trouver la onzième version !"

Son répertoire

Interrogé sur son répertoire Florian Noack constate : " Je crois que j'ai un peu découvert le répertoire du piano à l'envers ! Cela est du à un livre (le Dictionnaire de Guy Sacre) qui a piqué ma curiosité pour tous les grands compositeurs inconnus/oubliés. A 14 ans, je jouais davantage de Clementi que de Beethoven, et de Medtner que de Rachmaninov, et je travaillais des études d'Alkan alors que je n'avais jamais joué le moindre morceau de Liszt ! J'ai joué les 'Sillages 'd'Aubert, la 4ème Sonate de Macdowell, les études de concert de Dohnanyi... Aujourd'hui, j'ai tendance à 'redécouvrir' les grands morceaux du répertoire, et à avoir envie de m'attaquer à des pièces telles que l'Appassionata de Beethoven, ou la Méphisto Valse de Liszt...
Mon répertoire au cours des dernières années s'est centré sur la musique romantique (essentiellement Schumann-Chopin, récemment Liszt), post-romantique (Rachmaninov, Medtner) et sur la première moitié du 20ème siècle (surtout Ravel et Prokofiev...). Mais il y a des compositeurs que j'adore et que je ne joue presque jamais, comme Schubert ou Brahms. Il y a trop de compositeurs pour citer tous ceux que j'aime. J'en choisirai donc quelques uns.
Mon grand coup de foudre musical était Medtner, lorsque j'avais 14 ans et que j'ai commencé à découvrir ses sonates. Tout me plaisait à l'époque : la beauté des mélodies, la surenchère pianistique, l'imagination un peu légendaire ( dans les skazki, ou 'contes de fées'), tout cela allié à une construction et une structure extrêmement précise, bref tout cela me parlait beaucoup. Et son catalogue pour piano est assez énorme (14 sonates...), il y avait matière à découvrir et à s'émerveiller. De Medtner, je suis passé ensuite à Rachmaninov, moins germanique et plus russe. Mais chez Rachmaninov, ce n'est pas sa musique pour piano solo que je préfère, mais les Mélodies, les Concerti, son opéra Aleko...
J'ai toujours aimé Schumann particulièrement aussi, autant pour sa musique que pour le personnage qui m'a toujours touché par sa sincérité et son authenticité.
Il y a un autre compositeur qui me plait énormément, c'est Lyapounov. Ce n'est pas un compositeur révolutionnaire, mais c'est une esthétique qui me séduit beaucoup : une écriture pianistique très raffinée, très colorée, des mélodies inspirées du folkore russe ou caucasien. C'est un compositeur que j'aimerais jouer davantage et contribuer autant que possible à faire connaître davantage
."
Florian Noack a joué plusieurs fois en soliste avec orchestre des concertos de Rachmaninov, Ravel, Grieg et Beethoven. Son répertoire s'étend à des compositeurs moins connus, comme Medtner, Lyapounov, Alkan, Dohnanyi…C'est à l'pagede 15 ans qu'il a donné son premier concert avec orchestre, et les nombreuses autres rencontres qu'il a pu avior ensuite l'ont toutautant enthousismé : "J'ai joué le Concerto en Sol de Ravel avec l'Orchestre Charlemagne au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles. J'ai toujours considéré comme une chance de jouer avec orchestre, j'ai donc chaque fois apprécié l'expérience, que ce soit avec des orchestres professionnels ou semi-professionnels. A 16 ans, j'ai joué le 2ème Concerto de Rachmaninov avec l'Orchestre des Etudiants de Louvain-la-neuve. Il y avait quelque chose de grisant, dans le fait de jouer aussi dans des toutes grandes salles, et d'être entouré par une formation aussi riche et colorée qu'un orchestre...
J'ai également joué le 3ème de Beethoven en finale du concours de Mérignac, le 21ème de Mozart en finale du concours de Cologne, et le concerto de Grieg. Il y a encore beaucoup d'autres concertos que je rêve de jouer (2ème de Prokofiev, 1er de Medtner, Schumann...)
."
Florain Noack aime jouer de la musique de chambre...: "Je dois avouer que ces derniers temps, j'ai particulièrement apprécié de jouer en duo. C'était assez nouveau pour moi, puisque depuis mes 14 ans, je n'avais presque plus jamais fait de musique de chambre. Peut-être la nouveauté explique en partie mon attrait pour cela, mais il y a quelque chose de magique dans la communication musicale entre deux personnes.
Bien sûr, les concerts en solo restent mon objectif premier, mais chacun est une épreuve physique et mentale, alors que les derniers concerts de musique de chambre que j'ai faits ont été pour moi des vrais moments de plaisir sur scène
. "
Quant à sa façon de travailler Florian Noack confie : "J'ai une approche un peu intuitive de chaque partition "je répète souvent chaque passage, afin de l'apprendre assez rapidement par coeur, de développer les réflexes et l'instinct. Les idées viennent au fur et à mesure... J'ai tendance à ne presque jamais écouter d'enregistrement d'oeuvres que je travaille. C'est peut-être un tort, mais cela me permet de développer un idéal de l'oeuvre personnel. J'ai généralement tendance à focaliser un peu mon attention sur le son, la couleur. Mais il y a encore beaucoup d'autres aspects en musique, et j'ai encore beaucoup à apprendre. "
Et la vie aussi à encore beaucoup à lui apprendre estime le jeune pianiste aussi se ressource-t-il dans les arts : "Presque toutes les formes d'art m'intéressent, avec peut-être une préférence pour la danse et surtout la littérature (j'ai assez peu l'occasion d'aller au théâtre par exemple, bien que j'y sois toujours allé avec beaucoup de plaisir, et je m'y connais assez peu en peinture). Je ne cherche pas vraiment consciemment à faire de connections, du moins conscientes entre cela et mon interprétation. Mais il est certain que tout se rejoint d'une certaine façon. Mon professeur Vassily Lobanov m'a plusieurs fois recommandé de lire les grands auteurs, afin de se développer humainement. Comment, à 21 ans, se trouver confrontés par la musique à des sentiments qu'il ne nous est jamais arrivé d'éprouver ? J'y ai pensé en jouant la Sonate Op.26 de Beethoven, dont le 3ème mouvement est une marche funèbre. D'une certaine façon, c'est un mouvement qui ne m'est pas proche, pas familier, qui n'évoque rien de personnel en moi.
Mais peut-être qu'indirectement, par la littérature, on peut découvrir et ressentir par empathie des émotions qui ne font pas partie de notre vie quotidienne, et donc essayer de les exprimer musicalement
. "
Emotions qu'il peut ressentir au travers peut-être aussi des chanteurs qu'il aime écouter même s'il ne saurait le dire : "Depuis tout petit, j'ai écouté beaucoup de chants populaires russes chantés par Ivan Rebroff, que j'aime toujours énormément aujourd'hui. En dehors de cela, j'ai une passion pour Jacques Brel et Georges Brassens, qui sont les chanteurs que j'écoute le plus. Parfois j'écoute un peu de salsa, de tango ou de musique tzigane. Et quelques amis ont tenté de m'initier au rap français ! De là à dire que cela m'aide pour jouer de la musique classique... Je ne sais pas. Peut-être inconsciemment."
Florian Noack est également l'auteur de plusieurs transcriptions (d'après Tchaïkovsky, Rachmaninov, Rimsky-Korsakov, Strauss etc.), remarquées notamment par Dmitri Bashkirov et Boris Berezovsky, qui ont été créées avec succès en Espagne, en Belgique, en France et en Allemagne, sujet dont il sera question dans la page sur son disque qui comporte des transcriptions...voir ci-dessous

Ecouter...


paru en
mai 2013

Sergei Lyapunov Florian Noack

Sergei Lyapunov (1859-1924)
Oeuvres pour piano
Premier Volume
Florian Noack, piano

Mazurkas, valses, Tarentelles

Le pianiste belge Florian Noack, qui a été notamment formé à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth dans le cycle préparatoire pour jeunes talents exceptionnels durant deux ans, où il a pu bénéficier de l'enseignement de grands maîtres tels que Abdel Rahman El Bacha, Brigitte Engerer, Dmitri Bashkirov, Vitaly Margulis... ne participe pas actuellement au concours Reine Elisabeth de Belgique mais s'il n'est pas exclu qu'il le fasse lors de la prochaine session, ainsi le confie-il à l'occasion d'un nouvel entretien à l'occasion de la sortie de son second disque , c'est dans un projet qui s'annonce aussi de très grande envergure qu'il s'engage puisque cet album est le premier d'une intégrale de l'oeuvre pour le piano qu 'il a choisi de consacrer à un compositeur peu connu, Sergei Lyapunov ( ou Sergueï Liapounov), qui a écrit plus d'une quarantaine d'opus pour cet instrument !...cliquez ici pour lire la suite, écouter un extrait et voir une vidéo


Paru en Janvier 2012

Initium

Florian Noack, piano

Tchaïkovsky/F. Noack - Suite de Concert d'après «Le lac des cygnes» (Scene - valse- Danse des petits cygnes- Moderato - Danse russe)
S. Rachmaninoff - Etude-tableau Op.39 No.2
R. Schumann - Concert sans orchestre (Grande Sonate ) Op.14
F. Chopin - Nocturne Op.55 No.2
J. Strauss/F. Noack - Paraphrase d'après « Fruhlingsstimmen» Op.410
Voici le premier disque d'un jeune pianiste, Florian Noack, qui aura vingt et un ans dans deux jours mais qui a eu le temps de cumuler nombreux prix de concours internationaux et il ne pense pas s'arrêter là ! Il a commencé très jeune à jouer du piano : à quatre ans, sous les conseils de ses parents flûtistes qui ont choisi d'orienter leurs trois enfants vers le piano ! Une excellente idée pour ce qui le concerne puisque le pianiste d'origine belge est entré dès l'âge de 11 ans à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth dans le cycle préparatoire pour jeunes talents exceptionnels et poursuit actuellement ses études en Allemagne, il a déjà donné nombreux concerts dont plusieurs en France... Florian Noack ne se contente pas d'être interprète : il est également l'auteur de plusieurs transcriptions (d'après Tchaïkovsky, Rachmaninov, Rimsky-Korsakov, Strauss etc.), remarquées notamment par Dmitri Bashkirov et Boris Berezovsky, et il présente d'ailleurs dans ce disque conçu comme une "carte de visite" deux transcriptions, qu'il a lui même écrites et qui ont récemment été ajoutées au catalogue des éditions Filimbi....cliquez ici pour lire la suite, écouter deux extraits et voir une vidéo

En savoir plus

Visitez le site internet de Florian Noack ...cliquez ici

 


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