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Boris de Larochelambert

Merci à Boris de Larochelambert d'avoir répondu aux questions de Piano bleu pour la réalisation de cette page.

Biographie commentée

Boris de Larochelambert est né le 20 mars 1981 à Mulhouse. Il a été bercé par la musique puisque, explique-t-il..."Mon père joue de la guitare et ma mère (qui a compté parmi mes institutrices en maternelle) a souvent eu recours à la méthode Kodaly (qui permet de familiariser les enfants très tôt et de façon naturelle à la musique), et si loin que je remonte, il me semble avoir toujours été fasciné par la musique, le rythme en particulier. Je devais avoir 4 ans lors de mon premier contact avec un clavier et 6 quand j'ai commencé le piano."
Il prend ses premiers cours avec Daniel Maurer à la MJC d'Illzach...."J'en garde le souvenir de quelqu'un de très ouvert et enthousiaste, qui m'a encouragé à composer très tôt et à développer imaginaire et fantaisie tout en martelant que "être un artiste c'est bien mais il faut quand même savoir se faire cuire des pâtes" (en d'autres termes garder les pieds sur terre)! Ça devait donc déjà se voir à l'époque..."
Dès l'âge de douze/treize ans son désir de devenir pianiste a émergé... " quand j'ai découvert Chopin, certains pianistes(Zimerman en particulier) et d'une manière générale le potentiel expressif de la musique. Je crois que mon besoin d'exaltation avait trouvé matière à s'exprimer. Si la musique n'avait pas été là.. je ne sais pas ce que j'aurais pu faire. Je me suis beaucoup essayé à la programmation informatique pendant mon enfance, surtout en lien avec la musique et le solfège.. peut-etre me serais-je orienté dans cette voie ?"
En 1995, il entre au Conservatoire National de Région de Strasbourg dans la classe de piano de Jean-Louis Haguenauer puis Amy Lin avec lesquels il apprend .."Avant tout l'exigence et la structuration de la pensée, une réflexion technique qui me faisait un peu défaut et l'attention portée à la qualité du chant."
Boris de Larochelambert entre en 1999 au CNSMDP dans la classe de Gérard Frémy - auquel succède Nicholas Angelich - et y obtient son prix de piano et de musique de chambre (dans la classe de Pierre-Laurent Aimard) en 2003. Il entre en 2004 dans la classe d'analyse supérieure de Michaël Levinas ainsi qu'en cycle de perfectionnement en musique de chambre dans les classes de Claire Désert/Ami Flammer et Alain Meunier et en formation pédagogique. Il reçoit également les conseils de Rena Shereshevskaya pendant deux années. "Gérard Frémy est malheureusement parti en retraite après une seule année de cours. Il m'a beaucoup stimulé et apporté par son approche à la fois noble et franche de la musique, sans doute l'héritage de la grande école russe. Mon contact avec Nicholas Angelich a été très à part, dans le sens où j'ai un peu procédé par imprégnation avec lui. C'est un pianiste et un musicien extraordinaire , qui m'a toujours poussé à chercher derrière l'évidence, à fuir la vulgarité, une approche très philosophique de la musique. Rena Shershevkaya m'a pour ainsi dire réconcilié avec mon pianisme, techniquement mais aussi du point de vue de l'expression, en me faisant sentir que le bon geste, le toucher adéquat s'imposent toujours si on fait confiance à son instinct. C'était très libérateur."
2001 marque la création avec le violoniste Philippe Talec et le violoncelliste Antoine Landowski du Trio Chausson...."J'ai rencontré Antoine et Philippe au CNSM; nous avons commencé en quintette et étions tous les trois motivés pour continuer ensemble. Le nom de Chausson s'est imposé à nous pour plusieurs raisons : nous nous sentons très proches de sa musique et de son trio en particulier - il y a chez lui une qualité poétique qui nous touche comme peu d'autres ; il possédait aussi des qualités humaines remarquables qui l'ont conduit à soutenir ceux de ses collègues et même de ses maîtres qui en avaient besoin par le biais des sociétés musicales dont il s'occupait. Philippe, Antoine et moi sommes très différents de caractère mais aussi très complémentaires ; chacun possède son domaine de prédilection et en fait profiter les autres ! J'apprécie chaque jour leur ouverture et leur curiosité, qui m'ont toujours beaucoup stimulé. Le travail et les concerts sont vraiment des moments de partage et c'est pour cette raison que nous avons décidé de nous consacrer exclusivement au trio (c'est d'ailleurs en 2004, au moment du concours Haydn, que nous avons pris cette décision commune). Je n'ai pas donné de concerts ni passé de concours en solo depuis 2004 et m'en porte très bien! Evidemment, je continue à cultiver mon répertoire et à déchiffrer pour moi. Je suis d'ailleurs toujours étonné de constater à quel point le trio a modifié ma conception de la musique ; il existe tant de dialogues cachés qui font tout le sel d'une oeuvre !"
Boris de Larochelambert a remporté divers prix, seul et avec le Trio Chausson :
1994: 1er prix du Concours de l’Institut Musical Européen de Besançon avec la plus haute note jamais attribuée
depuis la création du concours en 1966 : 20/20
1997: Prix du meilleur jeune espoir pianiste de la Regio (France-Allemagne-Suisse) et exécution du 1er
concerto de Chopin avec l’Orchestre de La Regio à Bâle.
2003: 2e prix du Concours Musical Français de piano (Paris)
2004 : Finaliste avec le Trio Chausson au concours international de musique Joseph Haydn à Vienne et 3ème Prix avec le Trio Chausson au concours international des Trophées Beychevelle.
2005 : 1er Prix Spedidam avec le Trio Chausson du concours international de musique de chambre d’Illzach et 1er prix du concours Joseph Joachim de Weimar en 2005..
"Les concours ont toujours marqué des étapes décisives dans ma vie, sûrement davantage que les examens. Le premier que j'ai gagné à 13 ans (Besançon) m'a conforté dans mon choix de carrière, le prix du jeune espoir de la Regio (1997) m'a permis de jouer le 1er concerto de Chopin, ce dont j'avais toujours rêvé; les concours en trio ont été encore plus importants puisque c'est suite au concours Haydn (2004, finalistes) que nous sommes rentrés en contact avec l'European Chamber Music Academy et Hatto Beyerle, son fondateur, un homme extraordinaire, qui nous a pris sous son aile. Cette période germanique de notre parcours a profondément modifié notre façon de sentir et de comprendre la musique de Haydn, Schubert, Beethoven, Brahms.. Disons que nous avons changé de libertés. Enfin, les concours nous ont fait monter beaucoup de répertoire, en particulier contemporain ! Un peu comme les folles journées, ils nous ont permis de jouer des choses moins connues et qui méritent d'être découvertes. Il m'est arrivé de jouer dans d'autres formations (sonate de Bartok pour 2 pianos et percussions en particulier) et en soliste mais le trio est notre priorité absolue. Le travail commun se fait d'ailleurs dès le départ, dès la découverte des oeuvres, ce qui est pour moi très important : nous déchiffrons ensemble, construisons ensemble notre vision. Ce qui n'est pas possible lorsqu'on travaille chacun dans son coin et qu'on ne se retrouve que lorsque tout est monté."
En 2007, le Trio Chausson est nommé «Rising Star », ce qui lui permet de se produire pendant un an dans toute l’Europe (Vienne, Athènes, Salzbourg, Paris, Stockholm...) ainsi qu’au Carnegie Hall (New York). Interrogé sur ses plus beaux souvenirs de concerts et sur les endroits où il aimerait jouer Boris de Larochelambert confie : "Je garde un excellent souvenir de la Brahms Saal du Musikverein de Vienne et du Wigmore Hall de Londres, pour leur acoustique incroyable, leur beauté et la chaleur du public. Pour des raisons affectives, j'aimerais jouer plus en Alsace - Mulhouse, Guebwiller, Colmar et Strasbourg sont mes premiers souvenirs de concerts après tout ! J'aimerais également découvrir l'Inde et le Moyen-Orient." Quant aux concerts à venir... il se réjouit particulièrement que le Trio Chausson ait bientôt une tournée en Russie.

Son répertoire, son interprétation...

Le répertoire de Boris de Larochelambert est en fait celui du Trio Chausson qui occupe désormais toute la place de sa vie musicale..."Mes goûts ne diffèrent pas en solo et en trio du point de vue du répertoire, même si je regrette l'absence de Bartok et de Prokofiev, nous y travaillons justement ! Nous avons toujours cherché à avoir le plus large répertoire possible; c'est pourquoi nous nous sommes essayés à Buxtehude et CPE Bach, avec beaucoup de plaisir d'ailleurs. Haydn a une place particulière dans notre coeur parce qu'il est véritablement le "père" du trio, et surtout parce que son langage permet une liberté énorme en termes d'ornementation, de cadences, de fantaisie.. Nous essayons d'improviser celles-ci autant que possible en concert, quitte à nous mettre en danger et à ne pas savoir où chaque note va nous mener ! Pour le reste, citons Beethoven et Brahms, qui sont une source de redécouverte inépuisable, Chopin, dont le rubato et le style si particuliers ne demandent qu'un archet pour s'exprimer, Chausson évidemment, et bien d'autres.."
Interrogé sur sa façon de travailler, Boris de Larochelambert indique..."En m'imprégnant du compositeur : autres oeuvres, autres formations, biographies.. Nous avons tous l'esprit saturé de références plus ou moins exactes, de versions entendues, d'images d'Epinal, d'idées reçues sur les oeuvres et les compositeurs; ça fait du bien de rafraîchir sa vision de temps en temps, d'aller à la source.". Quant à ce à quoi il attache le plus d’importance dans ses interprétations..."A la langue et la "psychologie" propre du compositeur, une façon de penser et de sentir dont tout le reste découle, le caractère en particulier. Nous nous attachons surtout à rendre la musique vivante et non abstraite."
Boris de Larochelambert se montre dans ses goûts musicaux très sensible au rythme..."Il m'arrive aussi d'écouter du jazz (j'aimerais avoir du temps pour assimiler ces harmonies juteuses!), du rock (le moins consensuel possible, je déteste le rock aseptisé qui ne véhicule rien), de la chanson.. à texte, qu'elle soit française ou étrangère. Peut-être l'aspect rythmique est-il le plus intéressant pour moi : la syncope beethovénienne, bien que chargée d'un affect et d'un poids propres, porte en elle une part de swing...". L'improvisation le passionne aussi... "En particulier du point de vue stylistique - saisir l'essence d'un langage, sa structure, sa poésie propre, c'est peut-être pour cette raison que j'en suis venu à faire des transcriptions en trio. C'est un exercice périlleux, on est constamment sur le fil du rasoir, entre fidélité et créativité. Ces séances de brainstorming sont passionnantes."
Boris de Larochelambert a un Certificat d’Aptitude à l’enseignement du piano, et cherche actuellement un poste de professeur de piano ou de musique de chambre, une fonction sur laquelle il a déjà un point de vue personnel qui laisse espérer qu'il trouvera ce poste sans tarder ..." Ce qui me paraît primordial dans l'enseignement, c'est de trouver ce dont un élève a besoin au bon moment. Il n'existe pas pour moi de parcours type, la technique et la personnalité se construisent ensemble et il faut savoir ne pas projeter sa propre expérience."

Ecouter...

La sélection de pianobleu.com :

Trio Chausson

Chopin (1810-1849)
Trio pour piano violon et violoncelle op.8
Liszt (1811-1886)
Tristia, Transcription pour piano, violon et violoncelle de la Vallée D'Obermann
Chopin (1810-1849)
Introduction et Polonaise brillante op.3
(Transcription Trio Chausson)

Philippe Talec, violon
Antoine Landowski, violoncelle
Boris de Larochelambert, piano

Ce disque est le troisième album, paraissant chez le label Mirare, du jeune trio Chausson, créé en 2001, dont le parcours en quelques années est remarquable, la dernière récompense en date étant leur nomination de "Rising Star" pour la saison 2007/2008. En cette année de célébration du bicentenaire de la naissance de Chopin, c'est à l'oeuvre de musique de chambre de ce compositeur qu'est consacré leur disque mais comme ce compositeur n'a en fait créé qu'un seul trio, leur propre transcription pour violon, violoncelle et piano de la Polonaise brillante et son introduction, écrite à l'origine pour piano et violoncelle par ce même compositeur, ainsi qu'une splendide transcription, Tristia, de Liszt à laquelle ils ont apporté quelques améliorations (Liszt lui même en fît trois adaptations) complètent leur enregistrement. Un programme original donc qu'ils ont d'ailleurs eu l'occasion de présenter récemment lors de concerts à la Folle journée de Nantes qui célébrait Chopin. Au disque comme à la scène, la complicité du trio Chausson se mesure dans son interprétation fluide et équilibrée, qualités primordiales pour ces oeuvres d'un grand lyrisme qui offre un dialogue instrumental vif et émouvant. Le pianiste Boris de Larochelambert a bien voulu répondre à quelques questions pour présenter ce disque...cliquez ici pour lire la suite et écouter un extrait

En savoir plus

Visitez le site internet du Trio Chausson...cliquez ici



  

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