Dutilleux
Beffa
Piano
par Lorène de Ratuld


Lorène de Ratuld, dédicataire de la troisième étude de Karol Beffa, interprète ici l'intégrale des oeuvres pour piano écrites jusqu'à présent par le jeune compositeur ainsi que l'unique sonate pour piano d'Henri Dutilleux. Association très compréhensible puisque la musique de Karol Beffa s'inscrit dans une tradition française où résonnent les souvenirs de Debussy et Ravel, ainsi que l'influence de Dutilleux. Elle prend sa source dans des évocations visuelles et conduit l'auditeur plus à vivre des sensations qu'à lui évoquer des sentiments.

Ainsi la première œuvre de Karol Beffa qui a pour titre Sillages, écrite en 2003, est très prenante par la tension qu'elle crée par l'utilisation d'une mélodie répétitive au tempo lent, une harmonie changeante qui s'amplifie petit à petit, monte à son point culminant puis redescend. L'auditeur est ainsi porté dans une rêverie contemplative. Les Six Etudes (écrites entre 2000 et 2002) portent sur les intervalles : tierces et quintes, pour la première ; octaves pour la deuxième ; septièmes pour la troisième ; tierces pour la quatrième ; dixièmes et quartes pour la cinquième ; sixtes pour la dernière. Mais elles sont aussi des explorations autour de la sonorité. Les annotations de Karol Beffa sur la partition sont éloquentes sur le rôle important confié à l'inventivité de l'interprète : " brouillé de pédale", "changer l'harmonie imperceptiblement", "changer de couleur"... Dans Voyelles, la plus longue de ses œuvres pour piano, d'une dizaine de minutes, transparaît le souvenir de Ravel, particulièrement au travers du motif de la cinquième des "Valses nobles et sentimentales". Œuvre sombre, l'angoisse se fait sentir par touches progressives, la polyphonie s'épaissit progressivement et donne naissance à nombreux reflets sonores qui se démultiplient jusque dans un splendide quintuple canon.
Dans la Sonate d'Henri Dutilleux, compositeur dont on vient de célébrer les quatre-vingt dix ans, se trouve aussi l'influence prononcée de Ravel. Bien que marié à une pianiste : Geneviève Joy, dédicataire et créatrice de l'oeuvre en 1948, ce compositeur a écrit très peu d'oeuvres pour le piano, lui préfèrant l'orchestre. Aussi ne faut-il sans doute pas s'étonner que cette composition est elle-même très orchestrale, le dernier mouvement de la sonate étant un grand Choral utilisant tout le clavier !
Karol Beffa considère que la pianiste Lorène de Ratuld est celle qui connaît le mieux ses œuvres pour les avoir pratiquement toutes entendues et avoir fréquemment joué celles pour piano. Elle propose à ses côtés des programmes mêlant interprétations et improvisations. Elle est donc l'interprète idéale pour cette difficile intégrale. Elle possède une très grande technique, cumule de nombreux prix et récompenses, dont le Prix de piano mention très bien au CNSM de Paris en 2000, prix de Musique de Chambre en 2002, lauréate du concours international de piano Seiler en 2003, plusieurs prix au Concours International Piano Campus en 2004.

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