Songs from the last century

Guillaume de Chassy, piano
Daniel Yvinec, contrebasse
Paul Motian, batterie
Mark Murphy, vocal
Songs from the last century

Guillaume de Chassy et Daniel Yvinec qui signent là leur troisième disque ensemble sous le label Bee jazz se sont isolés une semaine dans une maison au bord de l'océan atlantique pour éprouver quelques 150 chansons qui ont marqué le vingtième siècle provenant tant du patrimoine européen qu'anglo-saxon, et n'en conserver qu'une petite sélection. Derrière le joli visage de cette enfant symbolisant la jeunesse de ce répertoire figure quatorze de ces chansons, qu'ils ont enregistrés... de l'autre côté de l'Atlantique sans répétition préalable avec le réputé batteur Paul Motian et l'apprécié crooner Mark Murphy dont Ella Fitzgerald disait "il est mon égal" . Ce dernier en fait ne chante que quatre de ces titres, le chant étant avant tout instrumental et certes pianistique mais pas seulement Guillaume de Chassy offrant encore de très belles mélodies savamment mesurées dans lesquelles Daniel Yvinec et Paul Motian s'insèrent avec talent pour partager ce répertoire effectivement récent où Paul Mc Cartney croise Paul Simon, Neil Young, Prince, Gershwin...pour citer les plus célèbres. Guillaume de Chassy a bien voulu répondre à quelques questions autour de cet enregistrement :  
Quels ont été vos critères pour cette sélection de chansons et en quoi estimez-vous que celles que vous avez retenues ont marqué le 20 ème siècle plus que d’autres ?
Nos premiers critères ont été l'évidence de la mélodie d'une part et la possibilité de l'adapter à notre duo piano-contrebasse, d'autre part. De plus, il fallait que la matière harmonique de la chanson constitue un bon tremplin pour nos improvisations, sans que nous ayions à "aménager le terrain", au risque de dénaturer la chanson originale. La conjonction de ces critères nous a finalement amenés à une sélection de 20 titres seulement, ce qui ne signifie nullement qu'ils soient à nos yeux les seuls dignes d'intérêt pour le 20e siècle !
Comment se fait-il qu'au final seul un titre français ait passé le filtre de votre sélection : L’étang de Paul Misraki, tous les autres étant finalement anglo-saxonnes ?
Un deuxième titre français figure sur l'album, composé par Léo Chauliac : " I Wish you love", version américaine de "Que reste-t-il de nos amours", Toutefois, force est de constater que, si elle regorge de pépites, la chanson française reste modeste en quantité et en qualité face à l'énorme production de chansons anglo-saxonnes depuis les années 20 : Comédies musicales de Broadway, musiques de film d'Hollywood, puis Pop anglaise et américaine etc. Des compositeurs du calibre de George Gerswhin, Jule Styne, Paul Simon ou Paul Mc Cartney (pour ne citer qu'eux, puisqu'ils figurent sur notre album), représentent un panthéon incontournable.
Par ailleurs, il faut savoir que si l'album ne présente que 14 titres, nous en avons enregistré en réalité une dizaine d'autres avec Paul Motian. Nous les avons écartés par souci de cohérence mais aussi pour éviter un programme trop long. Ainsi sont passées à la trappe des chansons de Brassens ("Les Passantes "et "L'eau de la Clairefontaine"), Poulenc (Les Chemins de l' Amour) et Cabrel ("C'est écrit"). Matière première d'un prochain album ? A suivre ...
Les chansons du monde anglo-saxon sont-elles cependant plus adaptées pour un arrangement jazz ?
Sans doute, si j'en juge par les difficultés que nous avons rencontrées sur le répertoire de notre premier disque "Chansons sous les Bombes " (avec le chanteur André Minvielle), consacré aux chansons françaises de 1930 à 1950. Je crois que le secret est de concilier une mélodie très lisible avec un contenu harmonique riche. A l'évidence, les compositeurs anglo-saxons (en particulier ceux des Broadway-Shows) ont ce talent.
Etiez-vous tous deux toujours d’accord sur les choix ou bien chacun d’entre vous a-t-il défendu plus certains titres que d’autres ?
Nous sommes rapidement tombés d'accord sur ces choix. Au-delà des coups de coeur personnels, le résultat final reste une priorité. La question essentielle demeure : quelle est la musique la mieux adaptée à la couleur et aux modes de jeu du duo ? Sur quel terrain nous exprimons-nous le plus librement et le plus sincèrement ?
Vous dites sur votre blog « En demandant à Paul Motian de contribuer à ce projet, nous recherchions bien autre chose que la seule énergie motrice que peut apporter un batteur. Nous souhaitions plutôt attirer dans notre univers un poète et styliste unique dans l’histoire du jazz et voir ce qu’il adviendrait … Car Motian est autre chose qu’un batteur : il façonne la matière sonore, il colorie les formes, il propose des perspectives nouvelles, il élargit l’espace. » A –t-il été difficile de convaincre Paul Motian, réputé comme batteur, de Bill Evans, Keith Jarrett, Paul Bley… de travailler avec vous ?
Daniel Yvinec lui a envoyé un long mail, détaillant notre parcours et nos choix esthétiques en tant que duo, et se recommandant d'amis newyorkais communs. La réponse de Paul fut aussi prompte que laconique : "OK. PM". Ensuite, ce fut "Rendez-vous au studio à New York", sans autres préliminaires.
Toujours concernant plus particulièrement votre rencontre avec Paul Motian vous indiquez : «Entre nous trois, la musique, d’emblée, a coulé sans effort, avec une évidence qu’a priori seul de longs compagnonnages autorisent. Pourtant, tout au long de cette journée, Motian n’eut de cesse de nous déconcerter, passant dans la même minute d’une générosité artistique désarmante à des toquades de diva». ..à votre avis qu’est-ce qui explique cette alchimie finalement réussie ?
En tant que pianiste, j'ai ressenti physiquement, dès les premières notes échangées avec Motian, ce qui avait pu le faire apprécier de mes illustres prédécesseurs. : cette qualité d'écoute, cette souplesse et cet à-propos dans le geste musical, cette science du son et de l'espace ... bref, cette pure intelligence. Comme tant de grands musiciens, Motian a la faculté de s'adapter instantanément à chaque situation musicale en y apportant sa propre touche de magie.
Dès-lors, tout devient étonnamment fluide et presque facile. Cétait une sensation d'autant plus agréable que nous n'avions pas répété au préalable avec Paul.
Pourquoi la participation de Mark Murphy s’est-elle limitée à seulement quatre des quatorze chansons : préférez vous les chansons sans paroles ?
Dès le départ, le projet était centré autour de la rencontre du duo avec Paul Motian. Connaissant le caractère imprévisible de Mark Murphy, nous avons presque été surpris de le voir arriver au studio le deuxième jour, à bout de souffle mais parfaitement à l'heure.
Nous avons donc pu profiter de chansons avec et sans paroles, deux formats que nous aimons pour des raisons différentes. A propos des paroles, il est certain que le sens des mots dans une chanson comme "Then I'll be tired of you" a influencé notre jeu de façon déterminante.
Vous êtes très attaché à la qualité sonore ainsi vous avez choisi d 'enregistrer l’album, « à l’ancienne » , au Studio Sears Sound, une légende des 50s, dans des conditions d’enregistrement et de mixage direct, tous dans la même pièce, sans casques audio d’usage et sans « re-recording » et sans compression . Ces conditions contribuent-il pour vous à une poussée d’adrénaline supplémentaire indispensable ?
Bien sûr : elles ont contribué à notre intense concentration mais aussi à une restitution fidèle de l'émotion musicale, dont les technologies modernes sont incapables pour ce genre de projet.
Et que pensez- vous du fait que votre disque soit aussi diffusé en téléchargement ?
Je crois que c'est sans doute une bonne chose pour la diffusion de la musique dans des conditions économiques acceptables. Toutefois, Daniel et moi nous concevons chacun de nos disques comme un tout artistique : scénario musical, design de la pochette et textes de présentation . Il est donc dommage de vouloir s'en passer.
Envisagez-vous de faire également un spectacle à partir de cet enregistrement comme vous l’avez fait des deux précédents disques de cette trilogie ?
Oui et nous y travaillons activement .
Rendez-vous le 27 mai au Théâtre de l'Européen (Paris) pour la première.

A voir : EPK Songs from the last century

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