Communiqué*
Décès de la pianiste française Jacqueline
Eymar
La pianiste JACQUELINE EYMAR s'est éteinte le 6 décembre
2008 à Pourrières (Var), dans sa quatre-vingt-septième
année. Ancienne élève d'Yves Nat, elle avait
mené une riche carrière de soliste et de pianiste
de musique de chambre dans les trente années d'après
guerre.
Elle avait joué pour les grandes associations parisiennes,
enregistré de nombreuses émissions radiophoniques
en France et en Allemagne et entrepris de multiples tournées
en Europe, en URSS, en Asie du Sud-est et en Amérique.
Son répertoire large et varié laissait une place
de choix à la musique romantique et aux compositeurs contemporains.
En 1960, elle avait interprété le concerto de Khatchatourian
salle Pleyel, celui-ci dirigeant l'Orchestre national. En 1961,
elle avait obtenu le Grand prix de l'Académie nationale
du disque pour le " Zodiaque " de Georges Migot. A l'heure
de la réconciliation franco-allemande, elle avait activement
travaillé avec le trio Kehr, fondé par le violoniste
et chef d'orchestre allemand Günter Kehr.
(*)Par Isabelle Oehmichen,
pianiste, qui fut une amie durant les dernières années
de sa vie.
Jacqueline Eymar pianiste française
Née le 23 juin 1922 à Nice, élève
du pianiste et compositeur Yves Nat, Jacqueline Eymar a mené
dans les trente années d'après-guerre une riche
carrière de soliste et de pianiste de musique de chambre.
Jacqueline Eymar a interprété un répertoire
large et varié, dans lequel la période romantique
(Brahms, Schumann, Schubert...) et la musique française
(Debussy, Fauré, Franck...) occupaient une place de choix.
Soliste de l'Orchestre national et de l'Orchestre de la Radiotélévision
française, elle était également une habituée
des grandes associations parisiennes, jouant pour la Société
des concerts du conservatoire ou dans le cadre des concerts Colonne
et des concerts Lamoureux. Elle a réalisé en Europe,
en URSS (1958, 1961, 1967), en Asie du Sud-est (1965) et en Amérique
(1971) de nombreuses tournées, offrant au public des récitals
de piano ou des concerts de musique de chambre.
Outre son activité de soliste, Jacqueline Eymar a consacré
une partie importante de son travail à la musique de chambre,
collaborant activement avec Günter Kehr - violoniste et chef
d'orchestre allemand - et avec le trio Kehr, fondé par
ce dernier. A l'heure de la réconciliation franco-allemande,
ils se réunirent en quatuor et donnèrent ensemble
de nombreux concerts en France, en Allemagne et dans le monde.
La critique lui reconnaissait une puissance et une élégance
de jeu exceptionnelles, saluant le plus souvent la conception
architecturale qu'elle avait des uvres. Le 30 mars 1960,
René Dumesnil écrivait dans Le Monde : " J'ai
rarement vu possession si complète d'une interprète
par la musique qu'elle anime ". Le 13 février 1965,
le compositeur Luc-André Marcel s'adressait à elle
en ces termes : " La façon dont vous illuminez tel
détail, dont vous faites émerger tel plan second,
dont vous conduisez un crescendo, est d'une telle évidence
qu'on ne peut pas ne pas écouter. Par surcroît l'extrême
beauté du son et l'étonnante variété
des couleurs, l'absence totale d'arbitraires, de virtuosité
gratuite, rajoutent encore à cette impression d'entendre
une musique pure. "
Jacqueline Eymar a accordé une grande importance aux compositeurs
contemporains, faisant découvrir aux publics français
et étrangers des artistes tels qu'Arthur Honegger, Georges
Migot, Antoine Tisné, Marius Constant ou Luc-André
Marcel, dont elle a créé les deux concertos pour
piano. En 1960, elle interprète salle Pleyel, à
Paris, le concerto pour piano de Khatchatourian (1926), celui-ci
dirigeant l'Orchestre national. En 1961, elle obtient le Grand
prix de l'Académie nationale du disque pour l'enregistrement
du Zodiaque de Georges Migot (1932). L'enregistrement réalisé
en 1959-1960 et paru alors sous la forme de deux albums (Lumen
LD 3443/3445) a fait l'objet d'une seconde édition en 1984
(Cybelia CY 665-666) puis d'une parution en CD en 2005 (Intégral).
Les enregistrements sur disque de Jacqueline Eymar sont rares.
On notera les albums contenant des uvres de César
Franck (Philips N 00.597 L) et de Fauré, Brahms et Debussy
dans la collection " Pages célèbres "
(Le Chant du monde LD-M-8168, LD-S-8198 et LD-S8169). En outre,
son interprétation du quintette en fa mineur pour piano
et cordes de César Franck avec le quatuor Loewenguth (Philips
L 00.381 L, 1958, enregistrement de 1955, suivi de Prélude,
Choral et Fugue) reste, en dépit des ans, une référence.
Avec le trio Kehr, elle a effectué de nombreux enregistrements
radiophoniques à Paris (ORTF) et en Allemagne (Südwestrundfunk
Mainz Stuttgart, Westdeutscher Rundfunk Köln, Norddeutscher
Rundfunk Hannover notamment). Ensemble, ils ont également
enregistré sur disque les trois quatuors de Brahms (Da
Camera Magna, Heidelberg, 1968) et quatre quatuors et quintettes
de Fauré (1966/1970 Heinz Jansen, Südwest Tonstudio).
Ce dernier disque a été transcrit sur CD en 1992
(VoxBox). Il est toujours disponible. Dans les années 1980,
elle s'était retirée dans sa maison familiale de
Pourrières (Var), réservant ses interprétations
à un public d'amis mélomanes. Elle s'y est éteinte
le 6 décembre 2008.
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