Concerto de Karol Beffa créé par Boris Berezovsky

Mercredi 27 mai 2009, le pianiste Boris Berezovsky, interprète une création de Karol Beffa à la Halle au grains de Toulouse.
Séduit par son œuvre, Paradis Artificiels, Boris Berezovsky a souhaité que Karol Beffa lui compose un concerto ; l’Orchestre National du Capitole où le compositeur poursuit sa résidence en a fait la commande.
L'œuvre sera redonnée le lendemain, même endroit, même heure

Karol Beffa a bien voulu répondre à quelques questions avant cette première audition :

Pouvez-vous préciser les circonstances de cette commande ?
Depuis plusieurs années, j’ai la chance d’avoir suffisamment de propositions pour n’écrire que sur commande et pour pouvoir choisir parmi les propositions que l’on me fait. Ce concerto est la troisième commande que me passe l’Orchestre National du Capitole de Toulouse, après Paradis artificiels, créé en 2007, après mon Concerto pour violon avec Renaud Capuçon en soliste, créé en 2008 (co-commande de Radio France), et en attendant la pièce pour chœur et orchestre qui sera créée l’année prochaine.
Que pensez-vous du pianiste Boris Berezovsky ?
J’ai rencontré pour la première fois Boris Berezovsky à l’occasion de la création de mes "Paradis artificiels", en mars 2007, à la Halle aux Grains par l’Orchestre National du Capitole de Toulouse sous la direction de Tugan Sokhiev. Boris jouait la Rhapsodie sur un thème de Paganini de Rachmaninov dans le même programme. Comme souvent, l’œuvre précédait un concerto — en l’occurrence Rhapsodie sur un thème de Paganini, de Rachmaninov. J’étais sûr que pendant l’exécution de Paradis artificiels, Boris serait en train de faire le vide autour de lui, incapable d’écouter. Pas du tout : il était dans les coulisses, le casque sur les oreilles et la partition de ma pièce sous les yeux ! C’est vous dire les capacités de concentration de ce pianiste hors norme : il lui a suffi de l’intervalle de temps correspondant aux applaudissements et aux rappels pour rentrer dans la Rhapsodie, magistralement interprétée… C’est ce soir-là qu’il me proposa d’écrire pour lui un concerto.
Quelle a été votre source d’inspiration ?
Rien de très concret : ni texte, ni tableau, par exemple. Même si je pense que le concerto pourra susciter chez les auditeurs quantités d’associations visuelles : ville, vitesse, dynamisme, folie mécanique, etc.
Les premières idées de l’œuvre sont donc imprégnées de l’image de cet interprète prodigieux, aux moyens pianistiques époustouflants, sans aucune limitation technique, et dont le disque de musique pour piano seul de Ravel m’avait déjà ébloui lorsque je l’avais découvert quinze ans auparavant.
Dans ce concerto en deux mouvements, chacun progressant du lent vers le vif, et dont le second se veut l’écho amplifié et distordu du premier, le piano, extrêmement virtuose, joue certes un rôle prédominant, inspiré en partie par les Etudes pour piano mécanique de Conlon Nancarrow et certaines des Etudes pour piano de György Ligeti (lui-même grand amateur de Nancarrow), en particulier Désordre, Der Zauberlehrling et Fém. Mais j’ai aussi privilégié un orchestre vivant et différencié, comme je l’avais déjà voulu dans la conception de La Nef des fous (2006) et de Paradis artificiels (2007), qui sont en fait de véritables concertos pour orchestre. Je savais que cela me serait permis par l’excellence des divers pupitres de l’Orchestre du Capitole et la direction impeccable de son chef.
Le concerto s’organise ainsi selon un thème unique, décliné dans divers contextes, et contrepointé par quelques motifs obsédants qui entraînent peu à peu une impression d’inéluctable. De mélancolique, le thème passe au lyrique, ressurgit travesti en mélodie enfantine, comme une boîte à musique, se désarticule puis se perd, glauque, trouble, rongé de l’intérieur, submergé par la houle, et reparaît galvanisé par la frénésie grandissante de lignes qui se croisent, convergent ou s’ignorent dans un tempo accéléré. Dans la chorégraphie imaginaire qui se déploie, le piano se fait funambule, échange son caractère soliste avec les différents pupitres tour à tour, éclatant par endroits en une salve d’accords parfaits paradoxaux. La consonance y est percussive, la dissonance devient lyrique. A la fin, c’est une véritable folie polyrythmique, un débordement d’énergie, un hymne à la vitesse, cette mal aimée de la musique contemporaine.
Boris est un pianiste aux moyens exceptionnels. Je me suis donc laissé porter par le côté spectaculaire de sa technique : vélocité, puissance, déplacements, etc. C’est quand même l’un des seuls pianistes au monde capable de monter les concertos les plus difficiles en deux ou trois jours. De fait, mon concerto n’est pas à laisser entre toutes les mains… Mais Boris est aussi capable de dentelle et de lyrisme, et j’en ai évidemment tenu compte : j’ai découvert son jeu il y a quinze ans grâce un incroyable CD Ravel, avec une version de Gaspard de la nuit d’anthologie.
Un pianiste phénoménal et un chef hors pair (Tugan Sokhiev) : la barre des attentes a été placée assez haut… J’espère ne pas décevoir.
A voir un reportage sur Karol Beffa

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